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jeudi, 16 janvier 2014

Le complexe de Caïn

J’ai récemment publié un texte sur la popularité du Président Laurent que j’ai intitulé « Le peuple le réclame et ils le savent ». J’y tirai la conclusion toute simple qu’à partir du baromètre de la presse qui faisait son chou gras à partir de l’image de Gbagbo, celui-ci était incontestablement l’homme le plus populaire de Côte d’Ivoire. Que ce soit en bien ou en mal, ce monsieur représente beaucoup dans l’imaginaire collective. Au point que les organes de presse ne vendent réellement que quand ils ont quelques chose de nouveau à dire sur le président Laurent Gbagbo. Je me souviens qu’une fois, le journal Aujourd’hui, en ses débuts, précisément en juin 2011, avait mis à sa Une la Photo de Ouattara avec le titre « Le dictateur ». Le promoteur voulait certes donner dans la provocation dans cette période de répression totale contre tous ceux qui osaient remettre en cause le caractère démocratique de son accession au pouvoir, mais il voulait surtout faire du chiffre. Il nous confiera plus tard que le dernier objectif n’a pas été atteint. Le chiffre de vente n’a jamais été aussi mauvais. Cela s’est répété plusieurs fois. Nous en avons tiré la conclusion que l’image de l’homme passe difficilement dans le public ivoirien. C’est pourquoi on voit rarement la Photo de Ouattara sur les journaux bleus. Ce qui n’est pas le cas du Président Gbagbo sur les journaux verts. Il intéresse les « rattrapés ». C’est une activité inconsciente qui fait qu’ils veuillent tout savoir sur cet homme qui, dans son retrait d’une prison internationale, continue de les fasciner.
Alors j’ai été surpris d’enregistrer le plus grand taux de réactions du camp vert à mes papiers à la suite de « Le peuple le réclame et ils le savent ». Je devrais m’y attendre puisque j’ai touché au fétiche. Elles étaient toutes insultantes, parce qu’en réalité, j’ai frappé dans le mil d’une conscience hantée par le retour psychologique du fratricide. On reconnait aisément le complexe de Caïn qui mentit à celui qui sait tout. En Genèse 4 verset 9 à 12 on lit ceci : « L’Eternel dit à Caïn : Où est ton Frère Abel ? Il répondit : je ne sais pas ; suis-je le gardien de mon frère ? Et Dieu dit : qu’as-tu fait ? La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu’à moi. Maintenant, tu seras maudit de la terre qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère. Quand tu cultiveras le sol, il ne te donnera plus sa richesse. Tu seras errant et vagabond sur la terre. ». Ils n’ont pas en réalité tué Laurent Gbagbo, mais ils ne veulent plus qu’il existe politiquement. Pour preuve cette affiche de tous les chefs d’Etat de Côte d’ivoire, que je ne vois plus vendre aux feux des artères d’Abidjan (parce qu’elle est mensongère), sur laquelle l’image de Gbagbo ne figure pas. Le message ici, quoique subliminale contraste fortement avec l’intérêt qu’ils portent à son sort. Ce projet irréaliste s’est mué en une sorte de polymanie de celui qui veut une chose et son contraire. Caïn qui voulait attirer l’attention de Dieu sur ses offrandes a fait ce qu’il ne fallait. Les adorateurs veulent la réconciliation mais pensent pouvoir y arriver en excluant ceux avec qui ils doivent se réconcilier. Ils parlent de sécurité et essaiment le pays de dozos et rebelles. Ils veulent la justice et maintiennent dans les liens de la prison les innocentes personnes. Ils se croient dans un Etat de droit alors que violer constamment la Constitution est leur sport de prédilection. Ils veulent faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent, mais le ciel s’est asséché sur leur tête…

Joseph Marat

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