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jeudi, 16 janvier 2014

Le mur du « démocrate »

Alassane Ouattara va-t-il s’étrangler de lui-même ? La question vaut certainement son pesant d’or dans cette course contre la montre qui emmène aux échéances électorales de 2015. Si les élections doivent avoir lieu en octobre 2015, il ne reste plus que 725 jours au « démocrate » venu restaurer la situation politique en Côte d’Ivoire. Dans une conversation avec des amis, le sujet s’est invité dans le débat. J’étais, pour ma part, convaincu que Ouattara pourrait même passer 2015 sans organiser les élections et cela ne changerait rien dans ce pays. Ce monsieur a déjà violé maintes fois la Loi Fondamentale sans conséquence majeure pour sa gouvernance; le soutien de la communauté internationale étant très intéressé, leur soi-disant promotion des valeurs démocratiques relève de la pure hypocrisie et j’ai des raisons objectives de ne pas croire en un soulèvement populaire dans un pays dirigé par des personnes qui ont désacralisé la vie humaine et qui ont créé leur propre dieu en leur ascension sociopolitique. La peur est un sentiment humain et Ouattara, peut toujours jouer sur cette donne naturelle pour se maintenir au pouvoir en continuant d’entretenir le climat de terreur en Côte d’Ivoire. L’un des interlocuteurs s’est souvenu de cette sagesse de l’Ecclésiaste qui dit que chaque chose a son temps et que toute chose a une fin. Pendant combien de temps Ouattara tiendra-t-il avec cette tension sociopolitique ? C’est contre lui, ajoute mon vis-à-vis, que se serre l’étau du temps qui passe parce qu’au-delà des intérêts bassement matériels, les animateurs de la communauté dite internationale ont engagé leur honneur et la crédibilité des Institutions communautaires qu’ils dirigent en s’engageant derrière Ouattara en qui, ils ont vu avant tout un "démocrate". Vont-ils donc le laisser rater l’échéance des élections présidentielles de 2015 ? Toutes ces organisations internationales vont-elles laisser prospérer l’idée qu’elles ont contribué à remplacer le démocrate par le dictateur ? Cette argumentation peut paraitre naïve à tous ceux qui observent la démarche de la communauté dite internationale dans la crise ivoirienne uniquement sous le prisme d’une grosse combine. En revanche, pour peu qu’on pense qu’ils prennent leur idée de gouvernance mondiale au sérieux, il faut envisager avec rigueur qu’elles n’ont pas installé Ouattara au pouvoir en Côte d’Ivoire pour qu’il y foute la pagaille. Il y a au minimum un cahier de charge qu’ils lui ont confié pour ne pas perdre totalement la face dans cette grosse forfaiture du 11 avril 2011. C’est contre l’exécution de cette feuille de route que le temps presse. Aux pieds du mur des exigences démocratiques, Ouattara semble décevoir ses mandataires qui, s’ils sont sérieux, devraient songer à changer de fusil d’épaule. De quoi s’agit-il ? La liste des reformes à faire avant les élections de 2015 est encore impressionnante quant on la met en rapport avec le temps qui reste. Youssouf Bakayoko est toujours à la CEI. Chaque jour qui passe réduit la marge de manœuvre de son successeur pour organiser une élection transparent. Les 60 000 ex-combattants à désarmer pour sécuriser cette échéance électorale, continuent leur rodéo criminel. Cette fois, sur toute l’étendu du territoire. Le dialogue politique qui doit consacrer l’adhésion populaire à la politique de réconciliation pour qu’on aille à cette élection dans un climat apaisé, est au point mort. Quel temps faut-il pour le toilettage de la liste électorale ? Depuis 2010, nombreux sont ceux qui ont eu l’âge de voter qu’il faut introduire et nombreux sont qui ont disparu et qu’il faut extraire… le « démocrate» Ouattara est-il sur le point de reproduire le schéma du « dictateur » Gbagbo ? Le temps qui passe nous conduit vers le point de rupture qui révélera l’impossibilité de Ouattara d’incarner un démocrate, même avec tous les moyens dont n’a pu disposer Laurent Gbagbo. Il faudra en tirer les conséquences salutaires pour le peuple de Côte d’Ivoire.

Joseph Marat

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