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jeudi, 16 janvier 2014

Le paradoxe de l’absence de preuve contre Gbagbo

Les professeurs Raymond KOUDOU Kessié, Hubert OULAYE et Félix TANO viennent de publier chez l’Harmattan un livre sur la « Cour Pénale Internationale : l’introuvable preuve contre le président Laurent Gbagbo ». Il est prévu qu’il soit en librairie dès le 02 décembre prochain. Les auteurs sont des partisans du célèbre prisonnier de la Haye et ils sont en exil pour sa cause. Cela est suffisant pour douter de l’objectivité de cette œuvre. Le moins qu’on puisse attendre des partisans de Gbagbo qui peuvent écrire des livres est qu’ils produisent des œuvres qui le défende. Nous sommes tous dans cette logique. Celle de défendre par tous les moyens notre champion. De toute façon, il ne nous incombe pas de trouver des preuves de la culpabilité du président Gbagbo. Nous sommes comme lui dans le box des accusés. Il revient à l’accusation d’apporter la preuve de leur plainte. Les professeurs ne font donc rien d’extraordinaire.
Je n’ai pas moins été plongé dans un questionnement intérieur à la vue de l’annonce de la sortie de ce livre. Quelques observations devraient donner à la sortie de ce livre tout le caractère d’un événement loin d’être anodin. La première observation vient du titre des auteurs. Ce sont des professeurs d’université qui écrivent avant tout pour l’élite intellectuelle et pour défendre aussi leur notoriété dans l’intelligentsia ivoirienne. Il faut subséquemment s’attendre à ce que le livre ne soit pas un tissu de ragots, mais une œuvre de démonstration intellectuelle rigoureuse. Sans quoi et ils sont les premiers à le savoir, le silence aurait été mieux. Les professeurs Hubert Oulaye, Félix Tano et Koudou Kessié sont loin d’être la racaille intellectuelle qui pullulent dans l’ex-rébellion au pouvoir pour soutenir sans rigueur le contraire de ce qu’on a pratiquement finit par nous faire admettre depuis le 11 avril 2011. Après tout ce qui s’est passé et tout ce qu’on a pu dire sur la crise ivoirienne, que des intellectuels s’élèvent pour écrire qu’il n’y a pas de preuves contre Gbagbo ne peut être dénué d’intérêt. Au contraire c’est même un paver dans la grosse m… que l’impérialisme entretient en Côte d’Ivoire.
La seconde observation reste justement le sujet du livre. Dire que les preuves contre le président Gbagbo sont introuvables ne devrait laisser, toute personne éprise de justice, indifférente. Laurent Gbagbo est enfermé dans une prison internationale depuis la fin de l’année 2011. Pour les preuves de crime contre l’humanité, nous sommes tous d’accord que la crise ivoirienne a fait au bas mot 3000 morts. Où se trouve donc le problème ? Sous la plume d’un éminent juriste comme Hubert Oulaye, il y a certainement une énigme qui se dénoue. Ce livre devrait intéresser les pontes du régime Ouattara, eux qui exhument les corps par ci et par là. Comprendront-ils ce qu’on leur demande de produire comme preuve. Ce fameux lien de commission de crime entre les corps qu’ils exhibent et le président Gbagbo. Ceux qui ont fait irruption dans la politique en brandissant des armes comprendront-ils qu’il y a une différence irréductible entre la vérité dans un prétoire et les agrégats de faits macabres qu’on veut à coups de bruits médiatiques attribuer à l’innocent.

Joseph Marat

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