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jeudi, 16 janvier 2014

Le Patriote dans tous ses états.

Quand j’ai fait la revue de presse ce matin, j’ai remarqué que Laurent Gbagbo occupait encore goulument l’espace médiatique ivoirien. Selon un papier de Guillaume Gbato, sourcé du service de la communication de la CPI, 86% des ivoiriens souhaitent qu’il rentre chez lui pour que la famille se reconstitue et se réconcilie. Ce taux rappelle celui de la participation au premier tour de la présidentielle de 2010 et celui du résultat de la consultation électorale pour la constitution de 2000. On sait désormais à quel taux se mesure la cohésion nationale. Que ce soit en bons et mauvais termes, la question de la liberté provisoire occupe une fois encore le terrain. A croire même que les autres, ceux qui ont promis monts et merveilles au peuple ivoirien dès qu’ils l’auraient neutralisé, se sont mis en congé de communiquer leurs rêves aux Ivoiriens. Ceux-ci sont tous devenu nostalgiques de revoir le Woody de Mama dans le jeu politique. Même ceux qui s’en défendent ignorent à quel point leur subconscient les trahi. Parler d’un « vulgaire criminel » alors que le chantier du bonheur des « Ivoiriens sans Gbagbo » demeure encore intact, est symptomatique. Le journal Le Patriote, qui devrait être avare en espace pour parler de celui qu’ils ont voulu refouler dans le « ça » des ivoiriens, lui a consacré sa Une et 4 bonnes pages intérieurs dans le numéro d’hier. Je parie que le promoteur de ce canard a rarement eu autant de verves pour parler des prouesses de la gouvernance de Ouattara.
J’ai essayé de me taper toute la logorrhée des pages de ce journal qui donne toujours dans l’excès, pour comprendre ce qui pourrait bien me permettre de doutée de la tournure du vent en faveur du Président Gbagbo. J’ai perçu une seule chose : la panique du camp Ouattara. Une panique qui les emmène à perdre totalement le sens critique de la réalité. Premièrement qu’est-ce ce le RDR, qui prétend travailler à la réconciliation des Ivoiriens, gagne à vouloir maintenir en prison celui dont la libération apaisera la grande partie des Ivoiriens ? Cette attitude qui consiste à distendre la cohésion sociale, toute en prétendant y contribuer, n’est-elle pas aussi criminelle que tout ce qu’on peut reprocher au Président Gbagbo ? J’ai voulu comprendre les arguments dont le poids, dans la balance, peuvent amener des hommes qui souhaitent la paix et le bien-être des Ivoiriens à vouloir que Gbagbo reste en prison. J’ai donc lu à la Une « l’impossible libération d’un criminel ». Alors que tout tend à associer le retour de la paix en Côte d’ivoire à la libération de Gbagbo, que vise cette volonté manifeste de ramer à contre courant ? Cette panique est réjouissante parce qu’elle prouve au moins que les ennemis de Gbagbo ont échoué à faire évoluer le débat vers sa détention définitive. A la deuxième page Charles Sanga échoue à montrer que la Cpi fera une erreur en libérant Gbagbo. Dans l’un de ses arguments majeurs, il avance que Gbagbo à citer un verset biblique qui dit ceci : « mille morts à gauche, mille morts à droite, moi j’avance. » Bizarre ! Il faut condamner Gbagbo parce qu’il a osé espérer vivre alors que ses ennemis semaient la mort autour de lui. Pour Charles Sanga l’espoir de Gbagbo devant le chaos que sèment les partisans de Ouattara est un crime contre l’humanité. A la page 3, le journal a trouvé un certain Ali Ouattara pour expliquer le mot provisoire « Même avec la liberté provisoire, la procédure n’est pas arrêtée ». Ils refusent de se laisser abattre par l’idée qu’ils ont échoué à écroué un « crapuleux criminel » devant une cour de justice acquise à leur cause. A la page 4, ils relèvent les graves crimes du président Gbagbo. Où, ces preuves étaient-elles passées, depuis qu’on les cherche à la CPI ? La page 5, rappelle tous les chefs d’accusation contre le Président Gbagbo. Quel intérêt ? Ils oublient que c’est par faute de les avoir prouvées qu’on parle aujourd’hui de liberté provisoire.

Joseph Marat

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