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jeudi, 16 janvier 2014

« Ouattara est assis sur nous »

Le ridicule ne tue pas. Sauf que pour un régime, il est pire qu’une gangrène. Il ronge le capital crédit qu’on croit avoir auprès du peuple. Les ivoiriens n’ont rien demandé à Alassane Ouattara. La preuve, il a fallu que Bédié demande que ses électeurs rapportent leur voix sur lui au deuxième tour de la présidentielle de 2010 pour qu’il se sente élu. Et même cela n’a pas suffit. Son clan et lui ont dû, comme des vulgaires preneurs d’otage, kidnapper le président de la commission électorale indépendante, l’enfermer dans un QG de campagne pour qu’il sorte de son chapeau, des résultats controversés. Et là, nous n’étions toujours pas au bout du compte. Le « démocrate » Alassane Ouattara s’est trouvé dans le besoin d’ameuter tous les mercenaires de la sous-région et les légionnaires de l’armée française pour venir à bout de son adversaire politique qui ne demandait que le recomptage des voix. Il était tellement sûr de transformer ce pays en un eldorado qu’il trouvait que ce serait une perte de temps de passer un mois ou deux à recompter des voix.
Il ya bientôt trois ans que Alassane Ouattara a été installé, dans le fauteuil présidentiel en Côte d’Ivoire. Et depuis, le sentiment que les ivoiriens partagent le plus communément est que rien ne va. Tout se passe comme si la pièce Ouattara n’était pas adaptée à la mécanique ivoirienne. Il y a du sable dans l’engrenage de la société ivoirienne. Très tôt, des expressions du genre « Gbagbo Kafissa » nous avaient déjà prévenus de nos premier pas dans le désert. Désert de véritable vision politique, désert électoral, désert de paix, désert de cohésion sociale, désert d’argent qui ne circule plus… Une anecdote révélatrice en passant. Il parait qu’aujourd’hui dans le nord, l’expression malinké pour dire qu’on est misérable, se traduit littéralement comme suit : « Ouattara est assis sur moi ». La brutalité de cette image rappelle bien les conditions de son ascension au pouvoir et nous étouffons, avec l’impossibilité de nous indigner.
Lui qui s’est toujours pris pour le N’Zueba des milliards, aux pieds du mur de la gestion d’un Etat, Ouattara s’est vu obliger de pondre une formule controversée : « l’argent ne circule pas, il travaille ». Il y a eu des gens pour soutenir cette incongruité devant l’évidence que le travail de l’argent consiste à circuler. Ouattara s’est retrouvé récemment au Congo devant une banderole digne d’un véritable incident diplomatique. Officiellement en visite d’Etat. Mais nous allons apprendre plus tard qu’il y était en fait pour demander l’argent qui a cessé de pleuvoir et de circuler chez lui. Quand des ivoiriens se sont indignés d’être ainsi trainés dans la gadoue, il s’est encore trouvé des analphabètes pour charger Laurent Gbagbo. Celui-ci aurait vidé les caisses de l’Etat avant d’être transféré à la Haye. Ce serait pourquoi Ouattara a des problèmes de trésorerie. Ils ne savent pas que le budget de l’Etat s’équilibre en recettes et en dépenses et qu’un régime n’a pas pour vocation de faire des épargnes, cela est laissé aux citoyens, mais de travailler pour redistribuer le maximum de biens et services. Ils feraient peut-être mieux de demander à Ouattara combien il a laissé à Bédié en 1993 ou combien celui-ci a laissé à Guei dans sa fuite … Ces chiffres qu’ils détiennent tous au RHDP intéresseraient bien les ivoiriens.

Joseph Marat

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