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dimanche, 19 janvier 2014

Et si Mandela avait déjà montré le chemin ?

Je me souviens de ce texte écrit à plusieurs mains mis sur mon blog le 27 septembre 2013. Le titre était « faut-il toucher au fétiche ? » Avec la contribution des internautes comme Joël Curtis, Arsène Dogba, Ayaké Germain Kokou, j’avais remué le sujet de la possibilité de remplacer la cause de Gbagbo pour poursuivre le combat avec celui qui est désormais sur le terrain c'est-à-dire Affi N’Guessan. Même en terminant mon texte avec cette idée : « Ceci n’est pas un reniement encore moins un froid sur la détermination à conquérir notre dignité d’être humain à travers le retour de Gbagbo au pouvoir. » cela n’enlevait rien au fond du débat. Pour moi, il ne fallait pas cristalliser la résistance dans un culte à la personne de Gbagbo pour ne pas tomber dans les travers politiques des « adorateurs » et des « suiveurs ».
J’ai lu récemment un très bon texte de Koné Katina à l’occasion des funérailles de Mandela où il faisait une sorte de comparaison entre le destin de celui-ci et celui de Laurent Gbagbo. Koné Katina pense contrairement à ce que j’ai pu penser que la libération de Gbagbo n’est pas négociable, comme ne l’a jamais été celle de Mandela jusqu’à ce qu’elle vienne mettre fin à l’apartheid. Il profitait pour donner son avis sur l’entrée ou non du FPI dans le gouvernement de Ouattara. Pour lui la velléité de remplacer Mandela pour poursuivre la lutte a existé au sein de l’ANC, mais l’intelligence a voulu que sa liberté sans condition soit le symbole et la marque de la fin de l’apartheid. C’est cet exploit que le monde entier salut aujourd’hui en la personne de Mandela, oubliant, ce qui n’est pas grave, la dextérité politique des animateurs de l’ANC.
J’avoue que dans une sorte de conversion intellectuelle, je me suis posé la question comme beaucoup de mes lecteurs actuellement. Vais-je me renier ? Un ami au sens de jugement pointu a qui j’ai demandé de relire le texte du Ministre Katinan, a plutôt trouvé qu’une démarche intellectuelle qui intègre les données historiques objectives pour s’affiner ne se renie pas. Au contraire elle affiche sa démarche dialectique et critique.
J’ai pensé à un moment donné qu’on pouvait faire de la libération du Président Laurent Gbagbo, une préoccupation secondaire, arracher le pouvoir à Ouattara et le libérer nous-mêmes. Je crois finalement que c’est ce qu’il faut qu’on évite de faire si nous voulons éviter le piège des marionnettistes qui se sont tous retrouvés en Afrique du Sud pour saluer la détermination et la grandeur de celui qu’ils avaient d’abord qualifié de terroriste, poseur de bombes. En Côte d’Ivoire, l’histoire nous enseigne qu’à libération du « criminel contre l’humanité » enfermé injustement à la Haye, nous devons notre salut. Devant cette préoccupation et ce combat pour la liberté de Gbagbo, ce sont les autres questions qui deviennent secondaires. Ce n’est même pas un préalable. Si je me souviens encore des derniers passages de « Un long chemin vers la liberté » de Mandela, quelques temps avant qu’il ne franchisse officiellement les portes de Robben Island, c’est lui qui a posé les préalables de la liberté des Sud Africains.

Joseph Marat

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