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jeudi, 30 janvier 2014

A la cuisine comme à la politique (2)

Après mon avis sur l’affaire « L’Eléphant Déchainé » contre l’UNJCI et Kaba Nialé, je disais précisément ceci : « Au Burkina Faso, c’est Blaise Comparé qui fait son marché. Je tiens cette image d’un ami quand j’ai fini de lui confier mes doutes quant à la supposée révolution qui se prépare dans ce pays. Nous donnons tous l’impression que Blaise Compaoré est menacé et pourtant … »
En effet, il nous faudra faire attention aux apparences qui nous emballent un peu trop facilement et faussent nos analyses politiques. Dans les contingences actuelles, il est difficile à un homme politique sérieux, surtout Blaise Compaoré, de vouloir tripatouiller la Constitution de son pays sans soulever l’ire de son peuple et même celui de ses soutiens internationaux. Et comme c’est un homme politique qui a au minimum 3 décennies de pratique derrière lui, le moins qu’on puisse lui reconnaitre c’est l’expérience des vieux renards qui savent scénariser leur sortie. Tout le mouvement politique que nous observons au Burkina Faso m’a bien l’air d’une mise en scène, d’un scenario hollywoodien orchestré par le beau Blaise pour continuer à garder la main sans être au pouvoir. Je peux me tromper, mais c’est bien la première fois, dans la cosmogonie politique africaine, que les caciques d’un parti politique, qui doivent porter la voie du mentor, quittent le bateau justement au moment où celui a besoin de leur soutien. S’est-on une seule fois demandé s’ils étaient en mission dans leur ruée vers l’opposition. La combine est simple. Les hommes sûrs de Compaoré investissent l’opposition et comme ce sont eux qui ont les moyens matériels et financiers accumulés trente ans durant, ils le phagocytent. Sans toucher à la fameuse Constitution, les burkinabés, sans s’en rendre compte, vont se donner comme président un poulain de Blaise Compaoré qui lui aménagera une sortie honorable et pourquoi pas un retour après un repos bien mérité de cinq bonnes années ?
Un ami me demandait ce matin si ce qui se passe au Madagascar ne me rappelait pas Poutine et Medvedev. Je lui ai répondu que c’est en cela que le jeu de la politique est passionnant. Tant qu’il est le lieu de la confrontation des intelligences dans le strict respect des textes fondamentaux, et non celui des armes qui remettent en cause notre simple fait d’exister, cela devrait nous arracher des « standing ovation ». C’est quand elle est faite par des roturiers qui n’ont jamais lu une seule ligne de la Constitution du pays qu’ils prétendent diriger, qu’elle devient terrorisante. Suivez mon regard….
A mon humble avis donc, ce qui se passe au Burkina ressemble bien plus à une orchestration politique du seul marionnettiste de la place qu’à une véritable contestation de voir Blaise Compaoré rempiler en changeant la constitution. Ce dernier est en train de faire son marché pour farcir demain le peuple, l’éternel dindon de la farce.

Joseph Marat

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