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jeudi, 30 janvier 2014

L’anti colonialisme dogmatique à l’épreuve de la crise burkinabé

Alassane Ouattara a envoyé la semaine dernière une délégation composée de Soro Guillaume, Ahmed Bakayoko et Ouattara Brahima le gérant des butins de guerre postélectorale ivoirienne au Burkina Faso pour sauver le soldat Blaise pris dans la nasse de ses propres turpitudes. Après 28 ans au pouvoir l’idée lui serait venue de changer encore la constitution de son pays pour rempiler cette fois ad aeternam. Une mission de bon office qui achève de nous montrer que Blaise Comparé est le père du régime en Côte d’Ivoire. Sa difficulté ne peut être que ressentie comme une menace pour les satrapes ivoiriens. C’est par instinct de survie qu’ils s’y rendent, ce qui dans le fond ne manque pas d’être une démarche légitime. Seulement les missionnaires de Ouattara s’y sont très mal pris. Ils auraient pu conseiller à Blaise Compaoré de se trouver un successeur qui continuerait son œuvre pour que, selon la Constitution de son pays, il aille jouir d’une retraite dorée. De vous à moi, il faut être sage et démocrate dans l’âme pour envisager de telle issue dans une crise politique. Mais que voulez-vous ? Que peut-on attendre de Ouattara et de ses poulains qui ont une toute autre vision de la direction des hommes, la profondeur de la crise au Burkina Faso aurait voulu qu’on prenne du recule pour donner une position avisée. La crise est profonde parce que pour l’heure ce sont les partisans, les soutiens politiques du beau Blaise lui-même qui quittent le bateau. Les véritables opposants dont la position est connue observent encore de loin le remue ménage dans le camp de ceux qui hésitent à tripatouiller la loi fondamentale sous prétexte qu’il n’y a qu’eux qui possèdent le cerveau nécessaire pour diriger leur peuple. C’est insultant et maladroit. C’est pourtant cette trompette que Soro Guillaume est ses acolytes ont embouché pour aller régler une crise qui, en fait, n’en est pas une au Burkina Faso parce qu’interne au parti au pouvoir. Et depuis, on voit voler des boit vers sur la toile pour rappeler à Soro Guillaume toute la contradiction de sa démarche. Lui qui a mené la fronde d’une rébellion sanguinaire contre le régime de Laurent Gbagbo sous le prétexte, à lui, d’être exclus du jeu politique de son pays, va-t-il cautionné l’exclusion de toute une génération de Burkinabé à prétendre diriger un jour, eux-aussi, leur pays ? Lui qui a lancé la croisade des FRCI, contre l’élection de Laurent Gbagbo sous son prétexte à lui qu’il voulait s’accrocher au pouvoir, va-t-il insulter le peuple burkinabé en leur recommandant de laisser Blaise Compaoré s’accrocher au fauteuil présidentiel ? Ce que j’ai compris de toutes les réactions de burkinabé dans les medias est simple, ils sont déçus de celui qu’ils avaient pris pour un Che Guevara. Ils découvrent un patin mû par les seuls intérêts de son nombril. Pour ma part je me demande si le Soro que nous avons connu sous la politique d’Houphouët Boigny et d’Henri Konan Bédié et même de Laurent Gbagbo aurait-il eu une telle démarche de crabe ? Nous sommes là devant la limite d’une doctrine de son mercenaire de conseiller Franklin Nyamsi. Prêt à défendre toutes les incongruités sous le concept creux et vaseux d’un anti colonialisme dogmatique. Pourvu qu’il passe à la caisse chaque fin de mois.

Joseph Marat

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