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jeudi, 30 janvier 2014

A la cuisine comme à la politique (1)

C’est un ami qui me prête le mot : cuisine. Quoique nous l’ayons tous appris sur les bancs et dans la connotation qu’elle va prendre dans ce texte de la bouche de ce vénérable personnage d’Aimé Césaire : le Roi Christophe. Il disait quelque part qu’il n’il n’y pas de différence entre la politique et la cuisine. Peut-on cuisiner sans se salir ? Et peut-t-on faire la cuisine sans faire son marché.
En Côte d’Ivoire le monde de la presse a rejoint la classe politique actuelle dans la gadoue de la place publique. Corrompre et être corrompu est un métier aussi vieux que la presse. Dans ce qui a l’air d’être un scandale dans l’actualité ivoirienne sur la tentative de corruption du DP de « L’Eléphant Déchainé » par Mme le Ministre auprès du Premier Ministre, chargé de l’Economie et des Finances, chacun a sa carte. Le Sieur Tiemoko Assalé crie au loup moins par probité que parce qu’il croit qu’on lui a coupé la route. Il ne renonce pas à rencontrer Mme Kaba, mais l’ultimatum qu’il lui envoie a tout l’air de dire « Est-ce vraiment 500 000 F CFA que vous m’avez envoyé ? » il connait son milieu. La destinataire qui est un Ministre de la République n’a pas inventé la pratique. C’est à cela que servent les services de communication dans toutes les structures. Apparemment, Mme kaba Nialé n’en a pas. Cela relève du noviciat qu’elle se retrouve être mise en demeure de répondre à l’ultimatum d’un journaliste. Dans ce genre de situation on ne cite pas l’autorité. C’est le chargé de communication qui dit au journaliste « je ne veux pas que ma patronne soit citée dans cette affaire » et non « c’est ma patronne qui m’envoie ». Le jour que Niale Kaba voudra rompre le silence, pour un peu d’oxygène dans cette atmosphère viciée, il faudra qu’elle se démette. La démission du président de l’UNJCI, n’était pas évitable. C’est d’abord un aveu de tentative de corruption et s’il avait voulu se substituer au service de communication de Mme le Ministre, il a montré qu’il n’en a pas eu l’intelligence. Pouvait-il continué de diriger l’Union des Journalistes de Côte d’Ivoire avec cette qualité en moins ? Je demanderai à mon ami Alafe wakili d’arrêter de vouloir se justifier parce qu’il ne convainc personne. Il y perd son latin et sa philosophie. Pour celui qui gagne sa vie à coups de barbouzes, le silence en pareille circonstance préserve la notoriété. Quant au CNP, il ne nous fera pas croire qu’il n’a pas trempé dans le jeu de la corruption. Arracher les cartes de presse ne suffira pas pour sauver l’honneur. Raphaël Lakpé a tout de même tenté, sous injonction de la Présidence ou du Ministre, de ramener le feu follet Tiemoko à la raison. Il n’y est pas arrivé et cette pression a tout l’air d’une tentative de corruption morale…
Au Burkina Faso, c’est Blaise Comparé qui fait son marché. Je tiens cette image de mon ami quand j’ai fini de lui confier mes doutes quant à la supposée révolution qui se prépare dans ce pays au dessus cité. Nous donnons tous l’impression que Blaise Compaoré est menacé et pourtant …A suivre.

Joseph Marat

A la cuisine comme à la politique (2)

Après mon avis sur l’affaire « L’Eléphant Déchainé » contre l’UNJCI et Kaba Nialé, je disais précisément ceci : « Au Burkina Faso, c’est Blaise Comparé qui fait son marché. Je tiens cette image d’un ami quand j’ai fini de lui confier mes doutes quant à la supposée révolution qui se prépare dans ce pays. Nous donnons tous l’impression que Blaise Compaoré est menacé et pourtant … »
En effet, il nous faudra faire attention aux apparences qui nous emballent un peu trop facilement et faussent nos analyses politiques. Dans les contingences actuelles, il est difficile à un homme politique sérieux, surtout Blaise Compaoré, de vouloir tripatouiller la Constitution de son pays sans soulever l’ire de son peuple et même celui de ses soutiens internationaux. Et comme c’est un homme politique qui a au minimum 3 décennies de pratique derrière lui, le moins qu’on puisse lui reconnaitre c’est l’expérience des vieux renards qui savent scénariser leur sortie. Tout le mouvement politique que nous observons au Burkina Faso m’a bien l’air d’une mise en scène, d’un scenario hollywoodien orchestré par le beau Blaise pour continuer à garder la main sans être au pouvoir. Je peux me tromper, mais c’est bien la première fois, dans la cosmogonie politique africaine, que les caciques d’un parti politique, qui doivent porter la voie du mentor, quittent le bateau justement au moment où celui a besoin de leur soutien. S’est-on une seule fois demandé s’ils étaient en mission dans leur ruée vers l’opposition. La combine est simple. Les hommes sûrs de Compaoré investissent l’opposition et comme ce sont eux qui ont les moyens matériels et financiers accumulés trente ans durant, ils le phagocytent. Sans toucher à la fameuse Constitution, les burkinabés, sans s’en rendre compte, vont se donner comme président un poulain de Blaise Compaoré qui lui aménagera une sortie honorable et pourquoi pas un retour après un repos bien mérité de cinq bonnes années ?
Un ami me demandait ce matin si ce qui se passe au Madagascar ne me rappelait pas Poutine et Medvedev. Je lui ai répondu que c’est en cela que le jeu de la politique est passionnant. Tant qu’il est le lieu de la confrontation des intelligences dans le strict respect des textes fondamentaux, et non celui des armes qui remettent en cause notre simple fait d’exister, cela devrait nous arracher des « standing ovation ». C’est quand elle est faite par des roturiers qui n’ont jamais lu une seule ligne de la Constitution du pays qu’ils prétendent diriger, qu’elle devient terrorisante. Suivez mon regard….
A mon humble avis donc, ce qui se passe au Burkina ressemble bien plus à une orchestration politique du seul marionnettiste de la place qu’à une véritable contestation de voir Blaise Compaoré rempiler en changeant la constitution. Ce dernier est en train de faire son marché pour farcir demain le peuple, l’éternel dindon de la farce.

Joseph Marat

L’anti colonialisme dogmatique à l’épreuve de la crise burkinabé

Alassane Ouattara a envoyé la semaine dernière une délégation composée de Soro Guillaume, Ahmed Bakayoko et Ouattara Brahima le gérant des butins de guerre postélectorale ivoirienne au Burkina Faso pour sauver le soldat Blaise pris dans la nasse de ses propres turpitudes. Après 28 ans au pouvoir l’idée lui serait venue de changer encore la constitution de son pays pour rempiler cette fois ad aeternam. Une mission de bon office qui achève de nous montrer que Blaise Comparé est le père du régime en Côte d’Ivoire. Sa difficulté ne peut être que ressentie comme une menace pour les satrapes ivoiriens. C’est par instinct de survie qu’ils s’y rendent, ce qui dans le fond ne manque pas d’être une démarche légitime. Seulement les missionnaires de Ouattara s’y sont très mal pris. Ils auraient pu conseiller à Blaise Compaoré de se trouver un successeur qui continuerait son œuvre pour que, selon la Constitution de son pays, il aille jouir d’une retraite dorée. De vous à moi, il faut être sage et démocrate dans l’âme pour envisager de telle issue dans une crise politique. Mais que voulez-vous ? Que peut-on attendre de Ouattara et de ses poulains qui ont une toute autre vision de la direction des hommes, la profondeur de la crise au Burkina Faso aurait voulu qu’on prenne du recule pour donner une position avisée. La crise est profonde parce que pour l’heure ce sont les partisans, les soutiens politiques du beau Blaise lui-même qui quittent le bateau. Les véritables opposants dont la position est connue observent encore de loin le remue ménage dans le camp de ceux qui hésitent à tripatouiller la loi fondamentale sous prétexte qu’il n’y a qu’eux qui possèdent le cerveau nécessaire pour diriger leur peuple. C’est insultant et maladroit. C’est pourtant cette trompette que Soro Guillaume est ses acolytes ont embouché pour aller régler une crise qui, en fait, n’en est pas une au Burkina Faso parce qu’interne au parti au pouvoir. Et depuis, on voit voler des boit vers sur la toile pour rappeler à Soro Guillaume toute la contradiction de sa démarche. Lui qui a mené la fronde d’une rébellion sanguinaire contre le régime de Laurent Gbagbo sous le prétexte, à lui, d’être exclus du jeu politique de son pays, va-t-il cautionné l’exclusion de toute une génération de Burkinabé à prétendre diriger un jour, eux-aussi, leur pays ? Lui qui a lancé la croisade des FRCI, contre l’élection de Laurent Gbagbo sous son prétexte à lui qu’il voulait s’accrocher au pouvoir, va-t-il insulter le peuple burkinabé en leur recommandant de laisser Blaise Compaoré s’accrocher au fauteuil présidentiel ? Ce que j’ai compris de toutes les réactions de burkinabé dans les medias est simple, ils sont déçus de celui qu’ils avaient pris pour un Che Guevara. Ils découvrent un patin mû par les seuls intérêts de son nombril. Pour ma part je me demande si le Soro que nous avons connu sous la politique d’Houphouët Boigny et d’Henri Konan Bédié et même de Laurent Gbagbo aurait-il eu une telle démarche de crabe ? Nous sommes là devant la limite d’une doctrine de son mercenaire de conseiller Franklin Nyamsi. Prêt à défendre toutes les incongruités sous le concept creux et vaseux d’un anti colonialisme dogmatique. Pourvu qu’il passe à la caisse chaque fin de mois.

Joseph Marat