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vendredi, 27 février 2015

La scène du dramaturge

Tiburce Koffi et l'autre tribaliste Venance Konan.jpgChers lecteurs permettez que je revienne, une fois de plus, sur un sujet qui a fait l’actualité il n’y a pas longtemps. Pas que le présent soit pauvre en sujet, mais pendant mon absence, j’ai eu des positions que j’aimerais partager avec vous à travers cette rubrique. Il s’agit du réveil, que je juge tardif, de Tirbuce Koffi. A ceux qui me diront qu’il n’y a pas de réveil du tout si c’est pour défendre la chapelle de CK Banny, je répondrai, qu’apparemment le coma ne semble plus être très profond et que Tirbuce Koffi est un comédien. Je tiens cette sentence de l’analyse froide des écrits et du comportement de l’individu dans des circonstances bien précises.
A la commémoration littéraire de Zadi Zahourou au lendemain de son décès, dans une salle de conférence de la mairie de Cocody, Tiburce Koffi a sorti le grand jeu du fils éploré à travers une apparition et un discours qui avaient laissé pantois l’auditoire. Feu Anasse Anasse, journaliste émérite, qui nous a quittés trop tôt et qui connaissait bien le personnage, me chuchota à l’oreille : « Tirbuce vient de sortir le grand jeu de l’acteur pour rendre hommage à son maitre.» Comment ? « Tout ce que tu as vu est le fruit d’une préparation minutieuse. Son entrée, son discours et sa sortie sont faits exprès pour faire de l’effet. Il vient de transformer la salle en une salle de spectacle et son intervention était la pièce de théâtre à ne pas manquer. » En effet, Tirbuce est entré dans la salle de façon impromptue, simulé une maladie qui a failli l’empêcher de venir, rendu un témoignage bien plus poétique qu’ordinaire de sa rencontre avec Zadi, et il est sorti aussitôt après, comme si la suite des hommages au père du Didiga, ne comptait pas.
C’est avec un rictus que j’ai accueilli la dernière sortie de T. Koffi contre l’appel de Daoukro. Je suis devenu hilare, quand deux jours après je lisais l’autre tribaliste, Venance Konan, lui ruer dans les brancards pour son accointance avec Banny. La politique Ivoirienne ou toute la Côte d’Ivoire n’est-elle pas devenue une gigantesque scène de théâtre pour le dramaturge Tiburce Koffi ? Je me suis posé cette question devant tout le bouillon de journalisme qui traitait le sujet parce que je me souvenais aussi avoir produit deux ou trois textes contre T. Koffi qui, aujourd’hui, me paraissent quelque peu trop sévères. Quand on est éclairé, on n’a que faire des bouffonneries d’un comique. Que celui qui regrettait hier que Laurent Gbagbo ne soit pas mort sous les décombres des bombardements français comme un rat (bété en baoulé), s’offusque aujourd’hui de son emprisonnement à la CPI, relève bien plus de Molière que de Hegel. On se trompe trop souvent à prendre T. Koffi au sérieux parce qu’on devrait comprendre que le génie de l’art réside aussi dans l’association harmonieux des contraires.

Joseph Marat

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