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vendredi, 27 février 2015

Question de turpitude

Une autre histoire rangée dans un petit coin de notre armoire collective et qu’on ressortira au moment venu. Ce moment viendra-t-il ? Sûrement, quand Francis Wodié daignera expliquer au peuple de Côte d’Ivoire, ce qui l’a poussé à rendre sa démission de la tête du Conseil Constitutionnel. Je parie, pour ma part, que cela n’arrivera jamais.
Deux personnalités politiques ivoiriennes pensent par contre le contraire ou du moins, sont dans l’attente, comme tout le monde, qu’il parlera un jour. Ce sont Séri Gouagnon, anciennement Secrétaire National chargé des Droits de l’Homme, de la Justice et des libertés du FPI, aujourd’hui, chargé des relations avec les grandes institutions de l’Etat pour le compte de son parti, KKB, militant PDCI, candidat à la présidence de la République. J’ai lu leur texte respectif, la semaine dernière sur la toile. Pour le premier, une interview accordée à un journal de la place et pour le second une déclaration politique. Un bout de la réflexion de monsieur Séri m’amène à penser qu’il ne devrait pas espérer que Wodié l’ouvre un jour. Lisons : « Le Président Wodié est un juriste émérite. Tous ceux qui se réclament aujourd’hui juristes (…), sont des disciples ou des élèves du Président Wodié. Donc, du point de vue de la connaissance du Droit, personne ne peut contester son mérite et sa compétence. C’est pour cela d’ailleurs que le Président Wodié a été la cheville ouvrière de la mise en place de la Constitution de 2000. Donc, nous avons été surpris lorsque le Président Wodié a accepté, en violation de la Constitution, d’être porté à la tête du Conseil constitutionnel. Et de ce fait, il a rompu en fait l’armure qu’il y avait autour du Conseil constitutionnel. En acceptant de prendre un mandat à la succession d’un Président du Conseil constitutionnel qui n’avait pas terminé son mandat, d’une part. D’autre part, il a accepté de banaliser en fait le pouvoir du Conseil constitutionnel, puisque cette Institution, a rendu, contrairement à ce que prévoient les textes, deux décisions dans une seule élection. Alors que le Conseil constitutionnel qui est le juge des élections, ne rend qu’une seule décision, et elle est exécutoire. C’est tout cela que le Président Wodié a voulu couvrir par sa prestance en acceptant d’être le Président du Conseil constitutionnel, illégalement nommé. » Tout semble être dit, sauf cette célèbre formule de son éminence grise du droit qui nous avait tous cloués le bec en 2011, quand nous vociférions sur la défense de notre Loi Fondamentale et l’irrévocabilité de la décision du Conseil Constitutionnel. Wodié avait dit ceci : « Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude. » je me suis jeté sur mon dictionnaire et j’ai trouvé les synonymes suivants de turpitude : « déshonneur, indignité, honte, opprobre, indignité, bassesse… » Que va-t-il donc bien vouloir nous dire ? Wodié va-t-il se prévaloir de tous ces mots et maux ? Le pari n’est peut-être pas gagné. Lors de la passation de charge au Magistrat Koné Mamadou, il n’a pas manqué de moquer le régime des zozos avec l’évocation de l’allégorie de la porte ouverte et fermée à la fois. Prêter serment avant d’aller à la tâche n’est pas une question de mode, c’est un rituel qu’impose la Constitution. Entende qui peut, cet autre sourire en coin du maître Wodié.

Joseph Marat
Francis Wodié.jpg

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