UA-108822782-1
topblog Ivoire blogs

vendredi, 06 mars 2015

Peut-on se ressaisir au FPI ?

PEUT ON SE RESSAISIR AU FPI.jpgY a-t-il quelqu’un qui comprenne quelque chose à la crise qui secoue le FPI depuis quelque temps ? C’est la question qu’un ami, le weekend dernier, a osé poser pour tirer la langue des autres comme on dit. Nous étions au nombre de 5, nous venions de savourer des délicieux pains de foutou trempés dans du « biokeusseu ». La causerie se poursuivait autour de quelques bons vins débouchés. Chacun y est allé de son grain de sel à la suite de cette question qui ne pouvait pas manquer d’alimenter cette petite réunion. Je suis resté très coi parce que, malgré tous les écrits que j’ai pu ingurgiter sur cette crise, je continuais de ne rien y comprendre. Je ne comprenais pas comment on pouvait autant se tirer les chignons dans un parti politique censé draguer un électorat par son élégance et sa prestance. Au bout d’une vingtaine de minutes, on est passé à un autre sujet. Je n’ai pas souvenance qu’on est partagé une même conclusion. Dans la méditation qui s’est emparé de moi après, je me suis égaré dans la recherche d’une compréhension et d’une solution. J’en arrive quelque fois à une évidence : même si le Président Gbagbo, depuis la Haye, se prononçait de façon plus univoque sur cette question il n’est pas sûr qu’il règle de façon définitive le problème. Il s’est personnalisé et a éclipsé les textes du parti. On ne sait plus qui en fait la juste interprétation. Les ambitions personnelles se sont mises à brouiller les cartes du jeu.
Affi a-t-il vraiment été corrompu par le pouvoir en place ? Si c’est le cas, le préjudice moral est vraiment lourd, mais cela justifie-t-il toute cette bousculade qui montre bien plus notre barbarie que notre ruse. Entre nous, qu’est-ce que celui qui a dérouté tous ses adversaires politiques pour se hisser à la tête de la Côte d’Ivoire à partir de sa minorité ethnique nous aurait conseillé : barbarie ou ruse ? Ceux qui l’ont traité de boulanger étaient loin de savoir à quel point ils le complimentaient parce qu’en politique, ce qui est en réalité inélégant et laid c’est de trahir son peuple en violant sa Constitution. Sinon, le bon politicien tel qu’on le vénère en Laurent Gbagbo, c’est celui qui, à travers toutes ses frasques, n’oublie pas de s’adosser et de respecter la Loi fondamentale.
Alors, à tous les militants du FPI, je dirai que nous avons perdu trop de temps et nous en perdons encore à donner dans l’émotif. Le pouvoir nous fait encore des clins d’œil et nous sourit de nouveau. Sortons donc nos textes et tenons-nous en à ce qu’il dit. Mettons le reste sur le compte de la ruse personnelle à vouloir le perchoir. Le véritable combat nous attend. Celui que nous devons mener contre ceux qui prêtent serment par courrier. Ne faisons pas comme eux pour donner de la solidité à nos arguments au moment venu. Pour l’heure, Laurent Gbagbo est le Président élu de la Côte d’Ivoire et Affi N’Guessan, le Président du Front Populaire Ivoirien. Laissons ce dernier dérouler sa stratégie, confédérer toutes les forces vives de la Nation pour que sorte de prison le premier. On n’a pas donné les rênes du parti à Affi pour que, comme une marionnette, il soit balloté au gré de tous les vents contraires de nos sensibilités. Pour la petite histoire, Mandela n’a pris officiellement la tête de l’ANC que quand il est sorti de prison. Pas avant. Et c’est lui qui l’écrit.

Joseph Marat

Les commentaires sont fermés.