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vendredi, 06 mars 2015

Peut-on se ressaisir au FPI ?

PEUT ON SE RESSAISIR AU FPI.jpgY a-t-il quelqu’un qui comprenne quelque chose à la crise qui secoue le FPI depuis quelque temps ? C’est la question qu’un ami, le weekend dernier, a osé poser pour tirer la langue des autres comme on dit. Nous étions au nombre de 5, nous venions de savourer des délicieux pains de foutou trempés dans du « biokeusseu ». La causerie se poursuivait autour de quelques bons vins débouchés. Chacun y est allé de son grain de sel à la suite de cette question qui ne pouvait pas manquer d’alimenter cette petite réunion. Je suis resté très coi parce que, malgré tous les écrits que j’ai pu ingurgiter sur cette crise, je continuais de ne rien y comprendre. Je ne comprenais pas comment on pouvait autant se tirer les chignons dans un parti politique censé draguer un électorat par son élégance et sa prestance. Au bout d’une vingtaine de minutes, on est passé à un autre sujet. Je n’ai pas souvenance qu’on est partagé une même conclusion. Dans la méditation qui s’est emparé de moi après, je me suis égaré dans la recherche d’une compréhension et d’une solution. J’en arrive quelque fois à une évidence : même si le Président Gbagbo, depuis la Haye, se prononçait de façon plus univoque sur cette question il n’est pas sûr qu’il règle de façon définitive le problème. Il s’est personnalisé et a éclipsé les textes du parti. On ne sait plus qui en fait la juste interprétation. Les ambitions personnelles se sont mises à brouiller les cartes du jeu.
Affi a-t-il vraiment été corrompu par le pouvoir en place ? Si c’est le cas, le préjudice moral est vraiment lourd, mais cela justifie-t-il toute cette bousculade qui montre bien plus notre barbarie que notre ruse. Entre nous, qu’est-ce que celui qui a dérouté tous ses adversaires politiques pour se hisser à la tête de la Côte d’Ivoire à partir de sa minorité ethnique nous aurait conseillé : barbarie ou ruse ? Ceux qui l’ont traité de boulanger étaient loin de savoir à quel point ils le complimentaient parce qu’en politique, ce qui est en réalité inélégant et laid c’est de trahir son peuple en violant sa Constitution. Sinon, le bon politicien tel qu’on le vénère en Laurent Gbagbo, c’est celui qui, à travers toutes ses frasques, n’oublie pas de s’adosser et de respecter la Loi fondamentale.
Alors, à tous les militants du FPI, je dirai que nous avons perdu trop de temps et nous en perdons encore à donner dans l’émotif. Le pouvoir nous fait encore des clins d’œil et nous sourit de nouveau. Sortons donc nos textes et tenons-nous en à ce qu’il dit. Mettons le reste sur le compte de la ruse personnelle à vouloir le perchoir. Le véritable combat nous attend. Celui que nous devons mener contre ceux qui prêtent serment par courrier. Ne faisons pas comme eux pour donner de la solidité à nos arguments au moment venu. Pour l’heure, Laurent Gbagbo est le Président élu de la Côte d’Ivoire et Affi N’Guessan, le Président du Front Populaire Ivoirien. Laissons ce dernier dérouler sa stratégie, confédérer toutes les forces vives de la Nation pour que sorte de prison le premier. On n’a pas donné les rênes du parti à Affi pour que, comme une marionnette, il soit balloté au gré de tous les vents contraires de nos sensibilités. Pour la petite histoire, Mandela n’a pris officiellement la tête de l’ANC que quand il est sorti de prison. Pas avant. Et c’est lui qui l’écrit.

Joseph Marat

mercredi, 04 mars 2015

La candidature de Ouattara est une promesse de fraude

« Le Chef de l’Etat, Alassane Ouattara, a assuré que les élections présidentielles de 2015 seront « libres, justes et transparentes » pour garantir la démocratie, la stabilité et la paix en Côte d’Ivoire ». Lu sous la plume de Armand Depeyla dans le Soir Info du 25 février dernier. Info ou remplissage ? Une chose est certaine, après avoir relu l’article, c’est la seule occurrence sur ce que pense faire Ouattara pour les prochaines élections. Ce qui intrigue, ce n’est certainement pas cette tautologie. Aucun régime au monde ne fait la promesse à son peuple de lui organiser une élection « non transparente ». En revanche, C’est connu, quand un politicien s’empresse de faire de telles promesses, on peut être sur qu’il y a une partie de son cerveau qui pense le contraire. Et c’est ce contraire qui nous intéresse. C’est ce que Ouattara ne dit pas et qu’il aurait dû dire en pareille circonstance qui nous intéresse. Sera-t-il candidat aux élections qu’il compte organiser dans la transparence ? C’est à partir de sa réponse à cette question que son discours sur la transparence des élections de 2015 devient crédible ou non.
Si Ouattara n’est pas candidat aux prochaines élections présidentielles, on peut, peut-être, espérer qu’il jouera la transparence, parce que rien ne nous garantit qu’il ne veuille pas mettre l’un de ses pions en scelle pour avoir une retraite paisible. Sa candidature pour 2015 est donc déjà une promesse de fraude. Pourquoi ? Il y a suffisamment de littérature sur la question ces jours-ci. Même, la réponse de Francis Wodié à la lettre que lui a adressée, tout frileux, Gnénéma Coulibaly pour requérir son avis sur la modification de la constitution est un savoureux faisceau de lumière. Alassane Ouattara n’est pas éligible s’il ne recoud pas sur mesure et par voie référendaire la Constitution Ivoirienne. Ce qui sera un paradoxe aux yeux du peuple Ivoirien qui s’est donné cette Loi fondamentale à plus de 86% parce qu’en son temps le bravetchè avait dit qu’il se sentait visé mais pas concerné. Plus près, en 2010, il a laisse le Président Gbagbo faire de lui un candidat exceptionnel. Il ne s’est pas opposé à cette exception qui confirmait tacitement qu’il était bel et bien concerné par l’article 35. Ouattara et nous savons donc tous qu’il n’est pas éligible et que son cas ne peut prospérer à la suite d’un referendum sans qu’il ne confesse aux Ivoiriens qu’il est concerné même par le « ou » ; sans qu’il n’avoue enfin cette vérité qu’il a toujours su et pour laquelle, il leur a fait subir une décennie de calvaire. En somme, si Ouattara n’est pas éligible et ne peut l’être dans les 8 mois à venir, comment peut-il, en y participant, organiser des élections transparentes ? Sa participation est déjà une fraude, le viol de la règle qui régit la concurrence. Le chef bandit rentre par effraction dans votre maison, vous bâillonne et vous dit : « je vous promets d’être équitable avec vous dans la redistribution des biens de la maison ». Allez-y comprendre quelque chose.

Joseph Marat

mardi, 03 mars 2015

Le secours de Joël N’Guessan !

Joel_Nguessan1.jpgQuand une affaire est pendante en justice, la bienséance voudrait qu’on ne cherche pas à influencer la décision du juge par des déclarations politiques. Mais que voulez-vous ? Joël N’Guessan nous aura, finalement, habitués aux frasques du garçon un peu trop gâté par la nature pour se conformer aux règles de la décence.
Je me suis efforcé de lire la déclaration qu’il a publiée dans la presse cette semaine, pour sauver la face du régime dans le conflit qui l’oppose à Simone Gbagbo aux assises du palais de justice d’Abidjan. Tous les comptes rendus de l’intervention de cette Dame, épurée par 4 ans de souffrance inutile, sont unanimes. Le régime de Ouattara boit la tasse. Les témoins apprennent mal leurs récitations, les avocats de l’accusation sont à retourner sur les bancs de la fac de droit et le juge Tahirou apparemment s’agace de ne pas pouvoir avoir la tâche facile face à une Simon Gbagbo plus que jamais magistrale et cassante.
On peut comprendre que Joël N’Guessan veuille plonger au secours du navire RDR qui se noie dans ce procès en mondovision, mais on comprend difficilement sa rhétorique. Dans un procès qui engage la vie d’un Etat dit de droit, les opinions subjectives ne devraient pas prospérer comme preuve de l’inculpation, pour atteinte à la sureté de l’Etat, d’une autorité aussi importante que Simone Gbagbo. Les trois arguments fondamentaux de sa déclaration sont les suivants :
1-que Laurent Gbagbo s’est fait investir dans des circonstances vives de la crise postélectorale, comme si la Loi fondamentale était muette sur la question et qu’il devrait attendre l’avis de son adversaire, en l’occurrence Ouattara ;
2-que c’est Laurent Gbagbo qui a demandé la certification de l’élection présidentielle dans une rencontre privé à Pretoria. Etait-ce une invitation à modifier la Constitution ou le désir d’un président-candidat de jouer la transparence jusqu’au bout dans une élection que son régime organise ? Cet argument montre que ceux qui l’évoquent ne savent rien du concept de certification, à commencer par le Coréen Choi. Ce dernier aurait pu se limiter à montrer comment ces présidentielle de 2010 n’obéissent pas aux normes internationales d’une élection présidentielle au lieu de foutre le bordel dans un Etat en vendant sa certification au plus offrant des candidats. Preuve qu’il n’a finalement rien certifié, mais vendu son cachet ;
3- que c’est Laurent Gbagbo qui a appelé le panel de l’Union Africaine pour dire qui a gagné la présidentielle de 2010. Signe que Laurent Gbagbo ne tarissait pas d’initiatives pour éviter qu’on épilogue sur le nombre macabre de morts, suite à une crise postélectorale. Le lui reprocher aujourd’hui, montre qu’on sait difficilement de quoi on parle.
Il y a en revanche une chose que Joël N’Guessan ne dit pas et qui aurait pu tenir la route comme preuve, au minima moral, pour accabler le camp du Président Gbagbo. C’est cet accord matériel, dont a parlé Simone Gbagbo, entre les candidats Gbagbo et Ouattara. Ils ont paraphé un document stipulant qu’ils devraient attendre et respecter la décision du Conseil Constitutionnel. J’ai l’impression qu’on louche ou qu’on boite un peu trop au RDR quand il s’agit de sortir cette preuve matérielle, à la lumière de quoi, tout se clarifie entre le filou et l’élu.

Joseph Marat