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jeudi, 06 septembre 2018

La décapitation politique

Je ne me suis jamais expliqué pourquoi Jean le Baptiste a eu le sort qui fut le sien. Emprisonné et décapité par le roi Hérode au cours d'un dîner gala en l'honneur d'une courtisane, Hérodias la femme de son frère Philippe. Jean Baptiste était très réputé comme un homme de Dieu, un vrai. Il est celui qui, comme le prophète Élie, a annoncé l'avènement du Messie. Il est celui qui l'a, le premier, reconnu et baptisé quand il ne s'en trouvait pas digne. Il fut atrocement assassiné par tout ce qu'il y avait de plus païen à l'époque. La fille d'une courtisane a demandé sa tête sur un plat, alors que celui à qui les saintes écritures le compare en terme de mission, n'a pas de sépulcre. Élie aurait été enlevé par Dieu parce qu'il était trop pur pour mourir et connaitre la putréfaction de la chaire. Pourquoi le juste Dieu a-t-il permis que le contraire arrive à Jean-Baptiste ? Jésus Christ dont il fut le précurseur sacerdotal dira même de lui que le plus petit d'entre nous est plus grand que lui dans le royaume céleste. Beaucoup de mystères dans les saintes écritures ont conquis ma raison sauf celui-là. Je vis en revanche ma foi en espérant que mon esprit s'ouvre un jour.
J'y ai repensé ce matin en lisant un article de presse rendant compte de la visite faite par le professeur Danon Djédjé au président Laurent Gbagbo à Scheveningen. Le dernier aurait dit au premier, après avoir exprimé sa satisfaction quant aux démarches et décisions prises par Aboudramane Sangaré, que de tous les émissaires qu'Affi N'Guessan lui a envoyés, un seul a rapporté la vérité à son mandataire. C'est parabolique et il me revient que le Christ avait dit aux émissaires de Jean-Baptiste qui doutait du fait qu'il soit le Messie "allez lui dire que les paralytiques marchent, les aveugles voient et les malades guérissent". Décryptage. Les grands hommes parlent rarement de façon explicite. Platon a eu son allégorie sur la vérité, le Christ, ses paraboles, Le philosophe Allemand Nietzsche avait un style aphoristique, Hegel était pédant. Laurent Gbagbo a-t-il aujourd'hui ce style elliptique qui veut que ses disciples ne cherchent pas forcément a recevoir des signes mais à les comprendre ? L'otage de l'Occident impérialiste ne prendra jamais le micro à un meeting pour désigner le camp qui roule pour lui. De tous ceux qui lui rendent visite, Danon Djédjé n'est pas forcément le plus crédible à mes yeux, le compte rendu de visite m'a simplement ouvert l'esprit sur un fait. La foi. Celle qui vient de la compréhension des signes. Jean le Baptiste avait perdu cette grande foi en Dieu et son plan. Dans le cachot d'Hérode, le doute s'était installé en lui. Or Il est aussi écrit que Dieu est plus sévère avec ceux qui perdent la foi qu'avec ceux qui ne l'ont jamais eu. D'où cette atroce décapitation. Revenant à cette visite, Gbagbo aurait confié à Danon Djédjé qu'il a déjà signifié à Affi N'Guessan d'aller créer son parti. Nous sommes dans le symbolisme de la décapitation politique. Laurent Gbagbo n'est ni Dieu, ni Hérode, mais Affi ne fait rien pour être dissemblant de Jean le Baptiste.

Joseph Marat

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