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jeudi, 06 septembre 2018

La malhonnêteté de l'UE

Soro Kigbafori Guillaume est encore au Canada, en "mission", au moment où j'écris ces lignes. Son absence aux festivités de la fête nationale pourrait être remarquable. J'ai vu ce samedi 4 août, au journal de 20h, Bruno Nagbané Koné, ministre de Ouattara ranger son arrogance congénitale dans un placard de fortune morale pour présenter ses plates excuses au peuple ivoirien devant l'échec des logements sociaux. "Ko, nous reconnaissons que tout n'est pas parfait". Le dernier rapport de l'UE est passé sous son nez comme une poudre de cocaïne mal coupée. Vous entendrez certainement dire aujourd'hui que l'une des grandes gueules du rdr s'en est pris à l'objectivité de ce rapport . Argutie : " certains ambassadeurs sont contre nous" comme si l'unanimisme devrait absolument prévaloir comme principe pour détecter une dictature. Ce sont là des faits, des signes montrant le déclin d'un régime qui a porté l'espoir de toute la communauté internationale et d'une partie congrue de la population ivoirienne. On pourra toujours tirer des épilogues sur ce que prépare Guillaume Soro au delà de sa mission prolongée au Canada, sur la subite humilité de Bruno Koné et la panique du sérénissime Touré Mamadou, mais il faut avoir vécu la crise poste électorale dans tout son cynisme pour comprendre la duplicité du rapport de l'UE. Nous n'irons pas jusqu'à dire, comme ceux d'en face, que ce rapport est bancal. C'est ce que les moins initiés de la politique en Côte d'Ivoire ont toujours au minima pensé et nous sommes même très surpris de la virulence du rapporteur européen. L'opposant le plus dur, sous ce régime de Ouattara, aurait même tourné 7 fois la langue avant de se résoudre à la fermer. On en revient difficilement que l'UE des privations de visas d'entrée au clan Gbagbo, du gel des avoirs des hautes personnalités du régime Gbagbo, de l'embargo sur les produits pharmaceutiques et agricoles en 2010, ait été à même de pondre un tel rapport. Tout excité, j'ai dit à un ami que si l'Union Européenne a ainsi lâché Ouattara, c'est qu'elle a déjà trouvé un accord avec Laurent Gbagbo, lui a demandé pardon de s'être méprise et trouver les moyens de le rétablir dans ses droits. Ne soyons pas naïfs m'a rétorqué l'ami. Tout le contenu de ce rapport n'est pas nouveau. Il est même édulcoré par rapport à ce qu'on peut lui prêter de savoir. L'UE aurait même pu produire un rapport d'une telle teneur au lendemain de la présidentielle de 2010. Écrire aujourd'hui contre Ouattara, 3 décennies après l'avoir dressé comme un chien de chasse pour descendre tout un peuple, relève d'un opportunisme au qualificatif inconnu. Nous attendons plutôt de l'UE un mea culpa empreint de sincérité et pas besoin d'autant de lignes. "Nous nous sommes trompés. Nous nous retirons de nous mêler désormais de vos affaires. Cela pourrait largement suffire à côté de cette logorrhée insipide qui cache mal le projet manipulateur de l'UE de vouloir sauver et sa face et sa mise dans le dénouement d'une tragédie qu'elle a montée de toutes pièces.

Joseph Marat

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