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jeudi, 06 septembre 2018

Liesse et merci

L'onction populaire ne se force pas. C'est l'expression d'un sentiment qui vient naturellement. Elle est spontanée. Madame Gbagbo est sortie de prison le 07 août dernier avec le fameux sourire qu'on lui connaît. Elle n'avait aucunement l'air de forcer l'évidence. Elle était dans une sorte de révélation. Cette foi et assurance qui animent tous ceux qui marchent dans le chemin de la juste cause. Ils ont une espérance transcendantale qui les transfigure. Madame Simon Gbagbo était plus rayonnante que son geôlier qui la veille dans une sorte de précipitation, le regard perdu, lisait l'ordonnance de sa libération. Ce qui s'en est suivi est tout aussi sublime. Une onde de choc heureuse s'est emparée de tout le pays. Le domicile de l'ostracisée est devenu un lieu de pèlerinage politique depuis. Dans l'autre camp c'est le deuil. La liesse populaire qui entoure la sortie d'une militante de parti contraste énormément avec la peur qui s'est emparée du pays le 02 décembre 2010 alors que Ouattara venait d'être désigné président de la république par Youssouf Bakayako.
Leur "Ouattara n'a subi aucune pression" sonne creux parce qu'on est tenté de leur demander pourquoi rompre subitement le cours de ce confort politique ? De quel chapeau, ceux qui se targuaient hier d'être le régime le plus démocratique au monde avec zéro prisonniers politiques, ont-ils sorti 800 bagnards ? Alors des voix s'élèvent pour réclamer qu'on disent merci à Ouattara. Comble de l'histoire, que ces prisonniers qui ont survécu organisent une festivité à la magnanimité de leur bourreau. A eux, je dis que cela ne coûterait rien matériellement, mais beaucoup moralement, parce que cela impliquerait qu'on reconnaisse tacitement que le tyran a gracié des bandits de grands chemins. Le merci aurait pu être à ceux qui lui ont tordu le bras si et seulement si ce ne sont pas eux les marionnettistes de notre triste histoire.

Joseph Marat

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