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mercredi, 07 mars 2012

Pas d’université dans la république des dozos

On a combattu la République des professeurs pour installer quelle république ? J’ai lu, comme la plupart des résistants ivoiriens, la contribution du politologue français Michel Galy. Comme une hirondelle dans les prés, il n’est pas sûr qu’il fasse le printemps d’une révolution mentale au service de la véritable renaissance des peuples opprimés. Mais, à l’occasion de cette brillante contribution sur la situation de l’université en Côte d’Ivoire, nous sommes tous invités à une réflexion sur l’histoire de nos rapports avec ceux qui nous font souvent la morale d’être toujours à la traîne du progrès humain. Si nous sommes encore sous développés, n’est-ce pas parce qu’on nous veut ainsi ? En-deçà des discours qu’on tient en bombardant nos palais, il ya une logique implacable de nous maintenir dans l’état de sous-développés. Sinon comment comprendre que ceux qui hier se sont mobilisés au nom de toutes les valeurs que renferme la démocratie pour l’évolution d’un peuple se taisent aujourd’hui sur la destruction par un régime de tout un système éducatif ? L’Onu, l’Unesco, l’Unicef, la Francophonie…toutes ces organisations d’habitude promptes à faire même la morale aux gouvernements dont les écoles marchent sont devenues aphones. C’est de bonne guerre. Toutes ces organisations sont justement des instruments de ceux qui trouvent leur compte dans l’abrutissement des peuples opprimés. C’est ainsi qu’on perpétue le rapport du maitre et de l’esclave. Mais le plus ridicule dans cette affaire c’est quand le produit du système se croyant affranchi, prend les autres pour des nez percés. Soro Guillaume, le ″noble rebelle″ ivoirien s’est indigné la dernière fois sur le plateau de la RTI de l’état dans lequel il a trouvé l’université d’Abidjan comme si nous devrions penser qu’il est le messie tant attendu pour le salut de notre système éducatif. Il ne peut certainement pas savoir qu’il est un instrument dans les mains des esclavagistes pour tirer la société ivoirienne vers le bas. Quand Soro Guillaume attaquait la Côte d’Ivoire en 2002 avec ses hommes, elle était sur le point de se doter d’une cinquième université. Deux à Abidjan, une respectivement à Bouaké, Daloa et Korhogo. Après cinq ans d’emprise sur les zones CNO dont toutes les universités ont délocalisé au sud et cinq autres années comme premier ministre de toute la Côte d’ivoire, la dernière année comme premier ministre de celui qui a promis une université par an au pays, à qui appartient ce bilan d’un Etat sans université ? Nous avons tout compris, la logique veut qu’on ne fasse la guerre à la République des professeurs que pour la remplacer par une république de z…

Joseph Marat

La primature comme pot de vin


Le Pdci officiel est aux anges depuis avant-hier. Dramane Ouattara s’est déplacé spécialement comme à l’accoutumé chez Konan Bédié pour lui annoncer cette fois-ci que Guillaume Soro a lâché l’os. Qu’il peut désormais tenir son engagement en cédant la primature au parti qui a joué de tout son poids imaginaire pour qu’il l’emporte à la dernière présidentielle de 2010. Cela a d’ailleurs trop tardé. L’intrigue s’est noué entre les deux tours de la présidentielles et les termes s’éclairent nettement aujourd’hui : « abandonne tes réclamations et laisse moi y aller parce que de toutes les façons c’est moi qui détient les moyens nécessaires de dégager Laurent Gbagbo même si je perds. Quand j’aurai fini avec lui, je te donne la primature.» Les termes de l’accord étaient réalistes pour le PDCI qui non seulement n’avait aucune chance de l’emporter face à Gbagbo, mais était totalement infichu de bombarder un palais présidentiel pour s’installer. La certitude d’une primature face à l’incertitude d’une victoire, il faut reconnaitre que le sphinx de Daoukro a vu loin. Seulement, il n’avait pas compté avec la variable Soro qui a en fait pris la tête de la croisade contre le pouvoir de Gbagbo et qui ne pouvait pas vouloir moins que la tête du gouvernement Ouattara. Même si le pot de vin vient après une attente d’un an, on n’a pas tort de se réjouir au Pdci parce que ce n’était pas donné. Le notable de la rébellion de 2002 n’avait vraiment pas envie de lâcher un si gros morceau. On se demande en revanche si, au regard de tous les remous qu’il y a eu ces dernières semaines dans le vieux parti, il n’est pas trop tard pour espérer l’effet escompter de ce deal. Un parti politique doit aussi défendre des valeurs. Quel dépôt moral et quelle leçon politique le Pdci communiquera-t-il au peuple de Côte d’Ivoire s’il montre qu’il est désespéramment un parti de compromission, prêt à se prostituer au détriment de l’intérêt national ?

Joseph Marat

mardi, 06 mars 2012

Guillaume Soro annonce la fin de son parcours


Guillaume Soro a beaucoup communiqué ces dernières 24 heures. Invité de Rfi, très tôt le matin du lundi 6 février, et invité du grand format d’une heure et demie sur la RTI le soir à 21 h, en passant par les passages en boucles de France 24 dans la même journée, on ne peut pas l’avoir vu et écouté avant hier. Pour une personne qu’on a vu rarement depuis le 11 avril 2011, ce n’est certainement pas anodin cette fièvre subite de communication. Celui qui était très avare en parole le matin sur Rfi, est devenu très prolixe le soir sur tous les réseaux de la Radio Télévision Ivoirienne. A-t-il convaincu ? Apparemment non parce que le plus valorisant pour un homme politique n’est pas d’avoir une réponse à toutes les questions mais de pouvoir communiquer une vision politique au peuple. De tout ce qu’on a entendu de Soro Guillaume ces dernières heures, nous pouvons retenir deux choses : les contre vérités d’un premier ministre sans bilan et l’aveu de sa disparition prochaine du champ politique ivoirien dont le signe premier est un manque total de vision optimiste quant à son avenir politique.
Il a dit sur la RTI que le 11 avril 2011 dernier, son gouvernement et lui ont hérité d’un pays qui était au bord du gouffre avec -8% de croissance. Cette année 2012, en moins d’un an et demi, alors nous avons tous l’impression que nous y sommes descendus, Soro Guillaume dit sans sourciller au peuple de Cote d’ivoire qu’il vit actuellement une croissance de plus de 8%. On se demande pourquoi, les institutions financières ne leur ont pas encore accordé le point d’achèvement PPTE. Acculé par les journalistes sur la cherté de la vie qui devient intenable, le même, au même endroit et dans l’instant suivant va passer du chaud au froid pour ne pas dire une monstruosité : «Oui, c’est vrai que nous sommes dans une situation de décroissance économique, mais nous comptons ramener d’ici la fin de l’année le taux d’inflation de 5 à 3%.» Allez-y comprendre quelque chose !
Le plus intéressant dans toute cette campagne de communication, c’est le sentiment que Soro ne maitrise plus son destin politique. A toutes les questions portant sur son avenir politique après la primature, l’homme s’en est remis à Dramane Ouattara. Est-ce l’expression de la loyauté envers un supérieur hiérarchique ou bien l’attitude lucide d’un homme qui se sent de toute façon pris au piège de la CPI ? Quand on sait à quel point Soro a été loyal envers Laurent Gbagbo on est bien tenté de dire que l’homme nous dit au revoir, en route pour la CPI.

Joseph Marat

Au delà des mots de Soro


Soro Kigbafory Guillaume était l’invité de RFI hier matin. A ceux qui ont encore le courage d’écouter cette radio qui manie bien plus l’art de la propagande que de l’information, nous sommes tentés de dire « passez, il n’y a rien à entendre ». En effet, l’auteur de « pourquoi je suis devenu rebelle » n’est pas encore prêt à nous faire des confidences sur les raisons pour lesquelles il n’a pas encore été transféré à la CPI et pourquoi à la place du chef rebelle, à l’évidence "auteur direct″ des crimes punis par cette cour internationale, c’est un ″co-auteur indirect″ que son gouvernement a déporté à la Haye. D’habitude prolixe, Soro Guillaume a été non seulement avare en mots, mais il ne s’est pas, une seule seconde, départi de la langue de bois. Le malaise était perceptible et avec un peu d’application, tout ce qu’il refuse de dire transparaît entre les lignes. Quelque fois en mettant quelques vérités à la place des contre-vérités véhiculées par cette interview, on se rend compte à quel point l’image du premier ministre ivoirien est devenue irrécupérable. Morceaux choisis. « C’est le gouvernement ivoirien lui-même qui a demandé à la CPI de faire venir des enquêteurs en Côte d’Ivoire ». Pourquoi un gouvernement qui est venu pour restaurer la justice attend-il un an avant d’autoriser des enquêtes sur la culpabilité de ceux qui, sans présomption d’innocence, ont été condamnés dès les premières heures de sa gestion du pouvoir d’Etat ? « Le président de la République a pris un engagement, il est tout à fait normal qu’il respecte cet engagement. (…) j’ai toujours envisagé de quitter la primature dès le premier jour ou j’y ai été nommé ». Alors devinette pour adulte : s’il faut un an a un gouvernant, pour respecter un engagement, combien de mandats faut-il à celui qui en a pris chaque jour pendant au moins un an ? Et si celui qui, dès le premier jour à la primature ne voulait pas y rester, y a fait au moins un an, combien de temps faudra-t-il à celui qui veut vraiment y aller pour qu’il s’en lasse ?

Joseph Marat

Françafrique : la fin d’un système nocif (1)

Sortir des rapports vicieux

Les Etats francophones d’Afrique et l’ex-puissance coloniale, la France, sont aujourd’hui à la croisée des chemins. On ne pourra certainement plus étouffer la voix qui sourd de toutes les souffrances des peuples africains opprimés et la France ne pourra certainement plus nier le constat de l’échec du système "françafrique". Lors de la dernière visite d’Etat de Dramane Ouattara en France, le quotidien "Aujourd’hui" a barré sa Une d’une image fortement parlante : Un maigrelet qui portait sa pitance à la gueule grandement ouverte d’un repu. La dernière "Une" de l’hebdomadaire "Jeune Afrique", l’organe panafricain le plus françafricain ne pouvant plus étouffer l’émergence de la question ne dit que ceci : « France-Afrique : le grand débat. Sur l’Afrique et le mode arabe, Hollande n’a rien à proposer ; Sarkozy a échoué, une autre politique est possible». Tout un programme révélateur d’une préoccupation naissante dans le cheminement des peuples que l’histoire a lié dans un destin commun. Les ex-colonies françaises vont-elles continuer d’être les marchepieds d’une France qui leur prend presque tout dans une "coopération" inique qui plombe aussi sa propre croissance ? Pendant que tous ces Etats d’Afrique, cinquante ans après leur indépendance, trainent encore les tares des accords dits de défense qui sont en fait des contrats occultes de prédation de leurs ressources, la France, elle-même, comme un enfant gâté qui attend tout d’une Afrique nourricière, n’a pu se construire une économie compétitive en Europe. La voilà, malgré tous ses tentacules coloniaux, à la traine de l’Allemagne qui en a pourtant été dépouillée après la deuxième guerre mondiale. Aussi sommes nous fondés à penser que cette problématique qui pointe à l’horizon de cette nouvelle ère de notre relation avec l’Occident, l’est pour la véritable renaissance de nos peuples. Si, selon "Jeune Afrique", Hollande n’a pas de solution, c’est certainement parce qu’il sait que la méthode Gaullienne héritée de la conférence de Berlin de 1885 et du projet nazi de l’assujettissement totale de la France ne peut plus prospérer après ce que Nicolas Sarkozy en a fait dans son rapport avec l’Afrique. En n’ayant vraiment rien à proposer, Hollande nous offre là une bonne opportunité de vider le contentieux de plusieurs décennies de relations mafieuses improductives et d’écrire une nouvelle page de notre histoire commune. A ce propos, la conférence-débat sur le thème « et si le colonialisme n’était que l’histoire de l’exploitation forcée des ressources matérielles et humaines des colonisés ? Point de vue d’africains» qui a eu lieu le lundi 27 février 2012 à Paris est à recommander souvent pour que les autorités françaises comprennent que nous avons compris que dans l’intérêt de tous, nous refusons désormais de nous enfermer dans cette mentalité de sous-hommes …

Joseph Marat

Françafrique : la fin d’un système nocif (2)

L’houphouétisme, un autre nom de la Françafrique

…Pour la petite histoire, le mot françafrique a été employé pour la première fois dans un cadre officiel par feu Félix Houphouët Boigny. D’après Bernard Doza, dans son essai politique : "Liberté confisquée, le complot franco-africain", c’est en 1955, lors du congrès du RDA en Guinée Conakry, que Houphouët scelle le sort des 14 Etats africains colonisés par la France dans le concept de la françafrique. « Notre vœu ardent, est que toutes les familles spirituelles françaises comprennent que le RDA est tourné vers l’ensemble du peuple français avec le désir de bâtir avec lui une communauté durable où les inévitables querelles de famille ne nuiront pas à la loyauté, à la confiance ni à la volonté de vivre ensemble. Qui peut douter que l’expérience françafrique constitue le meilleur espoir de l’Union Française ? Personne je crois…» dixit Houphouët Boigny qui, selon les investigations de Bernard Doza, sera récompensé plus tard par un strapontin dans le gouvernement français de Guy Mollet en 1956. Il venait ainsi de vendre la lutte du RDA en lâchant le parti communiste français pour s’apparenter à la droite Française. Les indépendances que la France a même trop tardé à accorder aux Etats africains dont les tirailleurs sont morts au front de la guerre contre le nazisme, ont été données contre la volonté d’Houphouët Boigny qui voulait faire de la Côte d’ivoire un Dom Tom français. Et c’est lui-même qui l’avoue le 7 décembre 1960 à travers cette formule devenue célèbre « Pour se marier il faut être deux, or la France n’a pas voulu aller à l’église, je suis resté sur les parvis avec les fleurs fanées à la main…». Tout ce rappel pour dire que l’houphouétisme est l’autre nom de la françafrique. «Tous ceux qui s’en réclament sous les tropiques en mesurent-ils suffisamment la portée ?» Est-on quelque fois naïvement obligé de se le demander ! Mais qu’on ne s’y trompe pas parce qu’on ne peut plus se leurrer en s’enfermant comme une autruche dans des arguments brumeux, prétendument pertinents d’exclusion, de mauvaise gouvernance ou même d’anticolonialisme dogmatique pour ne pas comprendre que c’est la défense de l’empire français au détriment des intérêts de son propre peuple que mènent tous les houphouétistes du monde. Et quand un empire, comme tout empire, sort de ses gonds pour se défendre, armes au poing, contre l’idée de sa remise en cause, comme c’est le cas depuis le 19 septembre 2002 en Côte d’Ivoire, son déclin n’est plus loin…

Joseph Marat

Françafrique : la fin d’un système nocif (3)

Mentalité d’esclavagiste

…A ce stade de l’analyse, on ne peut pas objectivement occulter l’idée qui consisterait à défendre et à présenter l’houphouétisme ou la françafrique comme une idéologie au sens où on serait tenté de le définir comme une pratique rationnelle. Il aurait alors la même valeur que les autres pratiques politiques qui, pour être combattues les unes par rapport aux autres n’ont pas besoin de disparaitre. Dans toutes les sociétés politiquement bien structurées, les deux pôles idéologiques capitaliste et socialiste existent, s’alternent et se tiennent dans une sorte d’équilibre sociopolitique. Dans ces sociétés qui avancent à la vitesse de la lumière malgré ces confrontations idéologiques, les citoyens passent d’une conviction à une autre sans perdre leur âme parce que, ce qui différencie le capitalisme du socialisme est en fait un accessoire pratique face au fond rationnel qui les unit. Le libéralisme ou le capitalisme, le communisme ou le socialisme partent tous de l’idée essentiellement rationnelle que tous les hommes sont égaux et ils se valent tous en droit. Leur différence réside en ceci que les premiers créent à travers l’Etat les conditions d’une libre concurrence des citoyens ; les derniers, redoutant les clivages sociaux que crée la liberté totale de s’approprier selon sa capacité toutes les ressources existantes, exigent une plus forte implication de l’Etat dans la production et la redistribution équitable des biens publics. Apparemment, à cause du fil de la rationalité qui les tient tous, c’est en toute logique que l’alternance politique se régule seule. Quand le peuple pense par exemple que le libéralisme a trop approfondi les clivages sociaux au point de mettre à mal les fondements de l’Etat de droit, c’est lui qui change de système de gouvernance en donnant son suffrage au socialisme. Dans cette saine confrontation idéologique pour le contrôle de la république, c’est une dérive politique que de parler de race supérieure, d’ethnie, de rattrapage ethnique, de descendance égyptienne à qui doit échoir naturellement le ″trône présidentiel″. Toute chose à relent d’irrationalité que brassent les animateurs décomplexés de la Françafrique et qui fonde à penser que cette dernière n’est pas une idéologie. La Françafrique ou l’houphouétisme est simplement une mentalité, celle de l’esclavagiste. Imaginez tout ce qu’un esclave doit à son maître et tout ce qu’un maître attend de son esclave et vous saisirez mieux le type de rapport que la France officielle perpétue dans la Françafrique avec ses ex-colonies. Et vous comprendrez mieux pourquoi, tous autant qu’ils sont, les adeptes occidentaux de la Françafrique comme leurs relais africains sont allergiques au concept de souveraineté, de nationalisme et de la démocratie sous les tropiques…

Joseph Marat

Françafrique : la fin d’un système nocif (4)

L’économie ou l’enjeu du combat

… Cela étant dit, pour l’efficacité du combat contre cette mentalité rétrograde, il faut éviter de se laisser distraire par les vagues et inflammations circonstanciées des discours racistes et ethnicistes. Le nœud gordien du combat est ailleurs et ceux qui, à chaque petite occasion sont prêts à faire du buzz par des piques ethnicistes et racistes le savent bien. Il faut sortir du jeu de mots et des répliques verbales pour voir en face le véritable enjeu des rapports rationnels que les hommes doivent avoir entre eux. C’est d’ailleurs de bonne guerre que les animateurs de la Françafrique s’adonnent régulièrement à des grilles de distinction raciale pour mieux asseoir leur système de prédation. Que gagne un esclave à se plaindre que son maître l’ait traité d’esclave, s’il continue d’être son marchepied ? Ce n’est donc pas une question de couleur de peau, encore moins de grille ethnique inventée, selon un ami, par les colons impérialistes pour mieux cloisonner ceux qu’ils voulaient assujettir d’après la maxime qui dit qu’il faut diviser pour mieux régner. Ils sont nombreux les Blancs qui sont indignés par la pratique de l’esclavagisme qui survit à la loi universelle de 1848. Et nombreux sont les Nègres qui continuent de se laisser impressionner par les guirlandes pour livrer leurs frères. Oui, nous voyons juste lorsque nous pensons que la colonisation est la perpétuation sous une autre forme de l’esclavage et que la Françafrique ou le néocolonialisme ou encore l’ houphouétisme est une forme déguisée de la colonisation. Mais il ne faut plus s’arrêter à ce feu de réprobation et d’indignation. Que l’esclave prenne conscience de sa situation d’esclave est déjà le début mental de son affranchissement. Mais il sera réellement affranchi le jour où le maitre lui versera le juste prix de ses services. Qu’on ne s’y trompe pas, le véritable enjeu de la relation maitre-esclave est essentiellement économique. C’est parce qu’on nous exploite qu’on nous prend en réalité pour des sous-hommes. Quand le maître se sentira obligé de verser le juste prix du dur labeur de l’esclave, c’est le maître lui-même qui cessera de voir en lui un esclave. Nous sommes dans une autre dialectique du maitre et de l’esclave où le maître change de mentalité. Aussi faut-il réorienter le combat contre cette mentalité d’esclavagiste qui a décidément la peau dure. En fait, elle n’a jamais été attaquée frontalement. On s’est souvent trompé de combat en croyant avoir affaire à une idéologie. Nous sommes dans une lutte économique et pour espérer une issue heureuse, commençons dès maintenant à parler économie. Et débutons par la question de la monnaie et de la fermeture des comptes d’opération logés au trésor public français.

Joseph Marat

vendredi, 02 mars 2012

Division supérieure

Le 29 novembre 2011 dernier, les Ivoiriens se sont réveillés consternés par l’information de la déportation du Président Laurent Gbagbo à la Haye. Nous étions tous traversés par mille pensées. Sombres les unes par rapport aux autres. La Côte d’Ivoire et l’Afrique toute entière vivaient très mal cette autre déportation. Le sentiment d’indignation mêlé à une certaine honte d’être Africain avait pris la mesure de toutes les recommandations venues de partout et déconseillant à Dramane Ouattara d’autoriser le transfèrement du président Laurent Gbagbo. Selon Lucie Bourthoumieux, l’avocate Camerounaise du président, même la représentation Onusienne sur place a été surprise de la manière cavalière dont Ouattara s’est empressé d’exécuter le mandat d’emmener de la CPI. Enfermé dans la bulle de celui qui se croit justifié a priori, alors qu’il s’attendait à une liesse de joie de ses propres ADOrateurs, c’est toute l’Afrique et tous ceux qui ont encore le sens de l’honneur à travers le monde qui ont reprouvé l’acte de Dramane Ouattara. Sur le champ, les Ivoiriens ont encaissé le coup de la distance qui les séparait désormais du célèbre prisonnier de Scheveningen. Mais près de cent jours après, ceux qui croyaient tirer des dividendes de cette déportation rient jaune parce qu’il faut plus qu’un transfèrement pour assombrir la lumière qui émane de l’homme. Laurent Gbagbo fait partie des rares hommes politiques qui saluent le destin d’avoir mis sur le chemin de leur histoire des hommes qui comprennent peu de choses à la politique. Plus ils agissent, plus lui prend du volume. Les sportifs diront de Gbagbo qu’à force d’avoir tiré partie des coups politiques de ses adversaires, il n’est plus fait pour le championnat politique des locaux sans génie. Après seulement trois mois dans les murs de la prison de la Haye, c’est toute l’Afrique, que dis-je, tout le monde entier qui attend sa libération pure et simple pour célébrer la victoire des forces du progrès humain sur celles rétrogrades de la méchanceté gratuite. Si les oppresseurs de Laurent Gbagbo avaient lu une ou deux lignes sur la vie de Mohandas Karamchand Ghandi dit le Mahatma, sur celle de Nelson Rolihlahla Mandela, ils comprendraient que c’est contre eux que joue chaque seconde que Laurent Gbagbo passe à la Haye.

Joseph Marat

jeudi, 01 mars 2012

La peur du Léviathan


En deux mots, la peur est un sentiment d’insécurité. Sa mesure est fonction de la grandeur de la menace. La peur du Léviathan répond ici aux deux sens de son acception. Il inspire la crainte au peuple par sa monstruosité au sens où le philosophe allemand Friedrich Nietzsche peut dire que l’Etat est un monstre froid qui ment froidement et qui peut broyer froidement son peuple. Un autre, anglais celui-ci dira que c’est de la crainte de la capacité de nuisance du Léviathan que provient la quiétude dans la société des hommes qui sont naturellement enclins à être des loups les uns pour les autres. Ici, aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est le Léviathan qui a peur. Non pas au sens où, il n’est pas au dessus de la loi et exonéré des représailles de son arsenal de répression, mais au sens machiavélique du terme. Le Prince de Machiavel enseigne que le Prince doit être craint, mais cependant ne pas être haï. S’il est haï, il retourne le peuple contre lui, s'il est seulement craint, il maintient son autorité et son pouvoir. Aussi est-il de ce point de vue de bonne politique de maintenir la peur, sans pour autant qu’elle se transforme en haine. Un peuple maintenu dans la peur reste « tranquille ». Il n’ose pas se dresser contre le pouvoir. Un peuple qui se met à haïr son souverain cherchera à le renverser et il suivra ceux qui le conduiront à la révolte. Que faut-il dire de cette peur obsessionnelle qui trouble le quotidien du Prince ivoirien ? Qu’a-t-il fait au peuple au point d’en avoir une peur si bleue ? Faut-il penser que le Prince Dramane Ouattara a tellement traumatisé le peuple ivoirien qu’il a pris lui-même conscience que sa peur s’est transformée en haine ? Une chose frappe aujourd’hui les observateurs attentifs de la vie politique en Côte d’Ivoire, un chef d’Etat ne s’est jamais autant soucié de sa sécurité. On en déduit qu’un chef d’Etat n’a jamais autant méprisé un peuple qui le lui rende donc bien.

Joseph Marat