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jeudi, 01 mars 2012

Il est une légende


Les grands hommes de ce monde ont toujours eu une courbe historique particulière. La persécution fait partie du lot des événements qu’ils suscitent contre leurs personnes en raison de la rupture qu’ils introduisent dans le confort de ceux qui aimeraient tourner en rond, en exploitation à fond la carte de la bestialité et de l’obscurantisme. Le philosophe allemand Friedrich Hegel dit en substance que ce sont les grands hommes qui font l’histoire. Laurent Gbagbo fait-il partie de ces hommes qui tissent la trame de notre contemporanéité ? Demain quand quelqu’un cherchera à comprendre notre époque, pourra-t-il y comprendre quelque chose sans lire un seul livre sur Laurent Gbagbo ? Cela ne risque pas d’arriver parce que la profusion des livres à succès sur l’homme nous prouve qu’il s’est définitivement installé dans l’histoire de notre humanité. Sait-on que Socrate n’a jamais écrit une seule ligne de réflexion ? Sait-on aussi qu’il a été persécuté et condamné à mort par le pouvoir politique parce qu’on croyait qu’il corrompait la jeunesse ? En fait, il faisait sortir la vérité des esprits minés par l’obscurantisme. Les livres que son disciple Platon a écrits sur lui ont fait de lui le père de la philosophie. Tout comme il y a en philosophie un avant et un après Socrate, en religion un avant et un après jésus Christ, dans l’histoire de la ségrégation raciale un avant et un après Martin Luther King, dans l’histoire de la françafrique il y aura sûrement un avant et un après Laurent Gbagbo. A l’instar de tous ces grands hommes qui perlent notre histoire, Laurent Gbagbo est aujourd’hui persécuté pour son acharnement à mettre fin au système colonial de l’exploitation des peuples africains. C’est la noblesse du combat qui inspire tous ceux qui écrivent actuellement sur lui pour que la mémoire collective n’oublie pas les acquis de la lutte contre les forces rétrogrades. Ces dernières, parce qu’elles défont l’histoire en nous rappelant les abysses de notre bestialité, c’est à juste titre qu’on a tendance à les broyer dans le refoulement d’un inconscient collectif.

Joseph Marat

mercredi, 29 février 2012

La marque de la bête

Diarra Moussa, Sylla Bazoumana, Sylla Mamadou, Koné Siriki, Coulibaly Mamadou ont tous perdu la vie dans la nuit électorale du dimanche 26 février dernier à Bonon. Le RDR les a déjà identifiés comme étant ses militants de base et se pose depuis la question de savoir qui a bien pu tirer à l’arme automatique sur eux ? Il faut avouer que c’est tout de même curieux que le RDR qui a vite fait d’identifier les morts ne sache pas exactement l’identité de ceux qui ont commis le forfait. Oui, c’est possible. Il n’y a pas de rapport nécessaire entre l’identité des victimes et les criminels, mais quelle que soit la version, les circonstances dans lesquelles interviennent les faits rendent suspecte l’interrogation du RDR. Le candidat indépendant Kouadio Denis qui a par ailleurs remporté l’élection et dont le soutien de taille Kouadio Konan Bertin a été tabassé la veille, est formel : ce sont des éléments de l’Onuci qui dans une riposte à l’attaque des militants du RDR, ont fait les cinq morts. Pour le candidat malheureux du RDR, ce sont plutôt des personnes encagoulées qui ont tiré sur ses camarades pour se venger d’eux. On veut bien croire cette dernière version, mais Koné Yacouba ne nous dit pas pourquoi lui et ses militants seraient victimes d’une vengeance planifiée. Pourquoi des personnes encagoulées, ce qui est nouveau dans l’espace "insécuritaire" de la Côte d’Ivoire, s’en prendraient particulièrement à des personnes qui sont tranquillement en train de pleurer leur défaite ? Il est vrai que plus rien ne devrait nous surprendre dans ce pays où le gouvernement met tout sens dessous dessus, mais les crimes portent toujours la signature de leur auteurs. Mise à part la balistique qui pourrait nous situer, ce genre de crime crapuleux ne ressemble pas aux militants du PDCI qui, malgré tout, enlève la mise du scrutin à travers le candidat indépendant. La version la plus plausible est donc celle de l’attaque du cortège sécurisé de l’Onuci par les militants du RDR qui croyaient, une fois encore, pouvoir changer la donne par la violence. C’est la marque de la brute.

Joseph Marat

lundi, 27 février 2012

Schizophrénie paranoïde


Pris souvent dans le tourbillon de l’actualité, nous ne faisons pas attention à la panique qui s’empare du régime de Dramane Ouattara et qui transparait à la Une des canards du sérail. C’est un ami qui a attiré mon attention sur la première page de "Le Patriote" du mardi 21 février dernier. Sur la même page, voilà les gros titres que l’on pouvait lire : « le Fpi est chaud pour déstabiliser le pays » ; « les refondateurs crient à l’insécurité. Et pourtant (…) voici Laurent Akoun en plein footing à Abidjan sans garde du corps.» Avec un peu d’effort, on arrive à décrypter le message. Ce n’est pas cela le plus intrigant quoiqu’on ne manque pas d’être perplexe devant autant de débauche de calories pour dire peu de chose. Que le Fpi soit favorable à la déstabilisation du régime de Dramane Ouattara, y a-t-il quelque chose de plus trivial, surtout dans un organe qui, au même endroit, a préparé tous les esprits à la déstabilisation constante du pays en matérialisant la charte du nord et la partition de la Côte d’ivoire à travers l’image d’une cartographie déchirée en son milieu ? La sagesse populaire dit que celui qui sème le vent récolte la tempête. J’ajouterai que lorsqu’on crée un monstre, il ne faut pas s’attendre à ce qu’il soit un monstre pour les uns et un ange pour les autres ! Le monstre que ce journal a couvé depuis toujours est enfin là. L’heure est venue de le dompter au lieu de crier au loup et vouloir raser le FPI à force de chercher des poux sur sa tête. C’est à vouloir fuir la réalité de l’innommable en cherchant là où il ne faut pas, la source de sa phobie, que le régime de Ouattara se laissera avaler par son propre monstre. Le ridicule qui l’ emportera sûrement, c’est sa propre peur face à la sérénité de ceux qu’il a déstabilisés et qu’il opprime. Les prisonniers politiques de Katiola n’ont pas quitté les cellules qu’ils ont ouvertes et voir Laurent Akoun faire du footing sans protection alors qu’ils ont semé l’insécurité partout, est insupportable. Nous sommes de plein-pied dans une crise de schizophrénie paranoïde.

Joseph Marat

dimanche, 26 février 2012

Jeu dangereux

Kouadio Kouakou Bertin dit KKB a passé le week-end dernier dans un centre hospitalier à Daloa, bien amoché par ceux qu’il a lui-même identifié comme étant les militants du Rdr. Selon ses propres termes, il a échappé à la mort. Cela nous met indéniablement devant un cas pratique de violence politique qui n’est pas nouveau pour KKB. Non seulement ce n’est pas la première fois qu’il est victime d’une telle agression, mais quand il désigne, sans hésiter, les militants du parti au pouvoir, cela veut dire qu’il sait bien des choses sur eux! Alors pour le railler, on pourrait trivialement lui dire qu’il a trouvé ce qu’il a cherché! Pourquoi se retrouve-t-il à Bonon en train de soutenir un candidat indépendant alors que selon la répartition des cartes, il devrait être derrière le candidat RHDP ? Dans l’absolu, rien ne l’interdit ; mais en politique, il ya des alliances qu’on ne trahit pas impunément. Aujourd’hui le jeu politique est devenu très dangereux pour KKB. Il donne l’impression qu’il se réveille d’un lourd sommeil où le RDR les a avait tous plongés pour se hisser à la présidence de la République porté par la vague RHDP. On se souvient encore de cette léthargie qui les avait tous tétanisés au premier tour de l’élection présidentielle de 2010 les obligeant à renoncer aux recours en annulation qu’ils pouvaient exploiter en leur faveur. C’est sur cette vague prétendument majoritaire que surfe l’actuel pouvoir de Dramane Ouattara. Si cette alliance se brise, le pouvoir de Ouattara sera idéologiquement fragilisé. Or depuis quelque temps, KKB semble avoir compris que son parti et lui ont misé sur le mauvais cheval. Il a déjà porté la cognée à la fourmilière au PDCI, le voilà en train de soutenir un candidat indépendant à Bonon contre la machine du pouvoir. Faut-il le laisser faire tache d’huile ? Le pouvoir de Dramane Ouattara se pose sérieusement la question et KKB est prévenu! On échappe rarement deux fois à la mort sous un régime pour qui la mort des opposants est un viatique !

Joseph Marat

Il faut une alternative à la Françafrique


Miaka Oureto s’est récemment rendu en France pour des soins. Ayant promis à ses camarades qu’il profitera de la proximité géographique pour rendre visite à l’illustre pensionnaire de la prison de Scheveningen, ces derniers lui ont demandé certainement de mettre son séjour à profit pour transmettre des messages et demander des recommandations quant à la conduite à tenir dans cette lutte politique qui a pris, de toute évidence, une autre tournure. La salve de réprobations qui s’est abattue sur nous, lorsque, sur la base d’informations fondées, nous nous sommes permis de critiquer la démarche de Miaka Oureto, a suffisamment montré toute la gêne qui entoure cette affaire. Pour qui roule le secrétaire général par intérim du FPI qui a voulu profiter de l’onction de la visite au président Gbagbo pour s’arroger tous les pouvoirs de décision puis émettre même des réserves voilées sur la capacité de celui-ci à revenir sur la scène politique ivoirienne ? Un ami qui se préfère aujourd’hui dans la quiétude de l’ombre et qui est convaincu que la lumière qui éclaire le présent vient nécessairement du passé, s’est offusqué de la démarche de Miaka, mais pour une toute autre raison que ce qu’il a appelé "nos querelles de clocher". Pour lui le nouveau défi du FPI, tête de proue de la gauche ivoirienne, est désormais de tirer les leçons de la guerre ; et, à la suite d’une réflexion profonde sur le type de rapport qu’il veut avoir avec la métropole, faire des propositions concrètes au nouveau pouvoir socialiste qui se dessine en France. Sous cet angle, il est impardonnable que Miaka soit allé se promener dans l’hexagone sans s’être donné, avec ses camarades, les moyens de la crédibilité d’un nouveau discours idéologique à tenir à François Hollande. Parce que, poursuit-il, la Françafrique est un instrument, un système de gouvernance politique mis en place par la droite française. Il a été utilisé, à défaut d’autre chose, par François Mitterrand qui avait affiché de bonnes dispositions avec le discours de la Baule. Aujourd’hui, avec le fort pronostic d’une rupture politique en France, le combat pour notre renaissance exige de nous que nous proposons à l’ex-puissance coloniale un autre mécanisme de coopération. En clair, si nous avons perdu la guerre frontale contre la Françafrique, nous pouvons toujours la contourner en construisant un discours cohérent autour du concept gagnant-gagnant qui a toutes les chances de prospérer parce que les mentalités progressent.

Joseph Marat.

vendredi, 24 février 2012

Barbarie post-morale


Oui, nous sommes aujourd’hui convaincus que l’Occident n’est plus un repère de civilisation. Sa démarche n’est plus forcement guidée par des valeurs morales. Dans toutes les crises qui déchirent actuellement le monde, la voie de la civilisation occidentale n’est plus vraiment audible. Elle est brouillée par la pression des intérêts matériels qui sourd de leur incapacité à trouver les ressources nécessaires pour soutenir leur niveau de vie. La civilisation occidentale est en crise et elle nous fait comprendre par la bizarrerie de son engagement dans les crises qui secouent le monde, qu’elle a tourné la page de la morale. Elle s’est installée dans une sorte de barbarie post-morale. Elle se prostitue désormais au plus offrant par delà le bien et le mal. C’est sous cette lecture qu’on peut comprendre l’assassinat du colonel kadhafi alors qu’il était prêt à s’ouvrir aux valeurs démocratiques. Le soutien systématique à la rébellion syrienne sourde totalement à la démarche référendaire qui aurait permis de déterminer, sans massacre, la véritable volonté du peuple syrien. C’est la même logique qui a prévalu dans la crise postélectorale en Côte d’Ivoire où l’Occident a carrément pris le parti des va-t-en guerre contre un organisateur de débats politiques, un partisan de la démocratie et du recomptage des voix pour solder un contentieux électoral. Nous ne sommes donc pas surpris qu’O Campo trouve en l’injonction de faire remonter ses enquêtes en 2002, l’occasion d’une imposture pour laver les auteurs de la déstabilisation programmée d’un pays. Procureur d’une cour chargée de la poursuite des crimes contre l’humanité, O Campo se comporte exactement comme un défenseur des pires criminels de l’humanité. Que la victime devienne le coupable dans une rébellion sauvage qui endeuille la Côte d’ivoire depuis 2002, que faut-il encore pour comprendre qu’on a perdu la raison en occident, et que Descartes a vécu ?

Joseph Marat

La course folle de l’imposture


La Cpi a demandé au procureur O Campo de faire remonter ses enquêtes au coup d’Etat avorté de 2002 et mué par la suite en rébellion. Paradoxalement cette idée semble contenter les animateurs de la Ouattarandie. Cette réclame de la défense de Laurent Gbagbo qui avait suscité un débat juridique au sein de la célèbre cour internationale et rencontré l’indifférence si ce n’est la farouche opposition du Procureur O Campo, qui apparemment voulait protéger ses amis, afini par prospérer. Cette jubilation des pro-Ouattara, à la publication officielle d’une information qu’ils ont tenté d’ignorer depuis la semaine dernière, peut sembler suspecte. Surtout quand leur source d’information ne ménage aucun effort pour présenter la décision sous le prisme mélioratif de leur cause. La Cpi qui a reconnu qu’on ne pouvait pas dissocier la crise postélectorale du coup d’Etat manqué du 19 septembre 2002, énumère des événements qui pourraient être considérés comme des crimes contre l’humanité ou crimes de guerre commis par les deux camps. Chez les rebelles, l’accusation aurait seulement retenu l’assassinat de plusieurs dizaines de gendarmes et des meurtres dans l’ouest du pays au cours de leur progression, là où les forces gouvernementales se taillent la part du lion avec Monoko-Zohi, Toulépleu, la marche de l’opposition du 24 mars 2004, les escadrons de la mort, les enlèvements, disparitions forcées, viols et meurtres ciblés de civils systématiquement choisis en fonction de leur origine, religion ou sensibilité politique. Les prétendues milices et la FESCI, les médias d’Etat et notamment la RTI qui auraient véhiculé la politique gouvernementale d’exclusion, de répression, d’intimidation et d’épuration. Selon cette même source qui n’est rien d’autre que la chambre d’accusation d’O Campo, le plus important dans cette énumération, c’est que ce dernier a fourni suffisamment de charges pour engager la responsabilité de la partie gouvernementale en matière de crimes contre l’humanité alors qu’il n’en a pas fourni assez pour conclure à la responsabilité des rebelles. En clair, la Cpi serait en train de dire aux pro-Gbagbo : « vous vouliez une enquête sur la période du 19 septembre 2002 au 28 novembre 2010? Vous êtes servis dans des proportions qui vont vous étouffer davantage! ». Pour nous qui avons rompu avec la naïveté dans cette affaire de Laurent Gbagbo à la Cpi, primo ce n’est pas aujourd’hui qu’on reprochera à O Campo de faire son travail parce que ce n’est pas à lui qu’il est dévolu de défendre Gbagbo. C’est déjà une victoire pour nous qu’il soit parvenu à ouvrir les yeux sur le fait que ses copains sont aussi traduisibles devant la Cpi. Secundo, il n’y rien de nouveau sous le soleil. Ce n’est pas maintenant qu’O Campo s’est chargé d’accabler Laurent Gbagbo. Ce n’est pas parce qu’il aura mis tous les crimes commis en Côte d’voire sur le dos de Laurent Gbagbo qu’il les aura prouvés aux juges de la cour. Ce qui emmène tout esprit critique à s’interroger sur cette réticence de départ qui voulait éviter coûte que coûte de faire remonter les enquêtes jusqu’ à la rébellion de 2002. A moins de nous prouver que l’attaque de 2002 et tous les dommages subséquents sont du fait de Laurent Gbagbo qui en son temps avait certainement refusé de céder son fauteuil à une rébellion sauvage, par quelle argutie juridique O Campo procédera-t-il pour tout mettre sur le dos de Gbagbo ? Quant à la défense de Laurent Gbagbo, c’est justement parce qu’elle a en sa possession toutes les preuves de son innocence et de la culpabilité des rebelles ivoiriens qu’elle a été la première et celle qui a toujours vu la nécessité de faire remonter les enquêtes à 2002. Le reste relève de la manipulation d’opinion.

Joseph Marat


jeudi, 23 février 2012

L’impossible retour en grâce de Mamadou Koulibaly


Nous sommes tombés sur un texte de Mamadou Koulibaly publié hier par certains organes de presse. En d’autres circonstances, on se serait précipité pour s’arracher l’opinion de celui qui a pendant longtemps nourri nos espoirs de vivre un jour dans un pays débarrassé totalement des lourdeurs et des oripeaux du néocolonialisme. Nous nous souvenons de l’effervescence autour de « La guerre de la France contre la Côte d’Ivoire». Un éclair littéraire qui a soigné nos crises d’urticaire contre la rébellion de Soro Guillaume. Mamadou Koulibaly avait même renoncé à ses droits d’auteur sur ce pamphlet qui s’est vendu comme de petits pains au quatre coins du pays. Un leader nous était né. La relève était assurée et dans la guerre qui venait de commencer, nous étions tous réconfortés d’avoir un autre rideau de défense. Mais, en fait c’était un rideau de bois qui s’est consumé dès la première grande épreuve de feu. Comme le phénix qui renaît de ses cendres, l’ex-député de Koumassi vient de produire un autre texte qui tranche avec sa position des premières heures de la crise postélectorale. Il rue dans les brancards de Dramane Ouattara, père selon lui d’un nouveau fléau social : le chômage ethnique. «Au lieu du million d’emplois promis lors de sa campagne électorale de 2010, ce sont plutôt des milliers de chômeurs en plus qu’Alassane Ouattara a déversés en Côte d’Ivoire depuis son accession à la magistrature suprême, il y a près d’un an maintenant.» Fait-il pire que ceux qui selon lui, l’ont chassé du Fpi ? Une chose est sûre, en parlant de rattrapage, Koulibaly Mamadou semble avoir tourné la page de la langue de bois et avoir été déçu au point de relever le caractère essentiellement ethniciste du régime Ouattara. Le morceau qui nous donne la mesure de la désespérance est celui-ci : « Ceux qui se réjouissent de l’apartheid tribal pratiqué par Ouattara et les nordistes qui assistent en silence à l’instrumentalisation de leur groupe ethnique, se rendent coupables de complicité de purification et de division durable de la nation ivoirienne en construction.» il n’y a certainement pas meilleure façon de dire que Dramane Ouattara est en train de déstructurer la nation ivoirienne. On croyait retrouver le frontiste gbagboiste du début des années 2000. Mais nous ne sommes plus dupes parce qu’une véritable lutte politique ne se prostitue pas! Le peuple ivoirien a atteint un niveau de maturité politique tel qu’il faudra plus que la conceptualisation de son malheur pour espérer un retour en grâce.

Joseph Marat

Ouattara a-t-il vraiment des solutions ?


« Dans le cadre de la mise en œuvre du programme présidentiel d’urgence 2012 (ppu) et de l’exécution des mesures d’attente de la réouverture des universités publiques, il est ouvert un concours exceptionnel de recrutement régionalisé de 3000 enseignants contractuels dans le secondaire général. Durée du contrat, 4 mois » Voilà une annonce qui devrait nous distraire de la misère des licenciements massifs auxquels le régime de Dramane Ouattara nous habitue. Et il faut se convaincre que c’est à ce seul objectif que répond malheureusement cette campagne de recrutement. On a trop parlé de licenciement et de perte d’emplois depuis que le promoteur du million d’emplois est aux affaires. En réaction, il faut bien montrer qu’on est aussi capable de recruter et surtout donner de l’emploi aux quarante mille étudiants contraints à l’oisiveté rien que par phobie de la contestation estudiantine. Apparemment, si on devait accorder une once de crédit à ce communiqué du gouvernement, on dirait que c’est une goute d’eau dans la mer du chômage en Côte d’Ivoire. Mais là où la supercherie est une moquerie cruelle face à la montagne du drame social, c’est que la goutte d’eau est loin d’en être une. Première question : pourquoi Dramane Ouattara qui était tellement prêt pour sortir la Côte d’Ivoire du gouffre au point de lui flanquer une "guerre démocratique", est-il encore dans les programmes présidentiels d’urgence après un an de gouvernance ? Deuxième question : pourquoi, c’est en plein milieu d’année scolaire que le gouvernement de Ouattara lance le recrutement d’enseignants contractuels ? Est-il responsable qu’un gouvernement se rende compte dans l’urgence que plus de 3000 enseignants manquent au système éducatif ? Troisième question, Ouattara pense-t-il sérieusement qu’un contrat de quatre mois est une solution viable pour des personnes dotées d’un Bac+… ? L’artiste dit : «si tu ne peux pas m’arranger ne me dérange pas.» Avec du recul, on se rend compte que Dramane Ouattara n’a en réalité aucune solution aux problèmes des ivoiriens.

Joseph Marat

mercredi, 22 février 2012

Besoin de se sentir aimé


Alassane Dramane Ouattara est aujourd’hui dans la ville de Bouaké sur invitation du groupe Olam pour l’inauguration de l’usine de traitement de la noix de cajou situé sur l’axe routier Bouaké-M’Bahiakro. Un événement qui aurait pu être banal si Dramane nous avait habitués à autre chose qu’à des voyages hors du pays. La preuve, le préfet de région, monsieur Konin Aka ne veut pas rater l’occasion de transformer ce déplacement de Dramane Ouattara pour le compte d’une structure privée, en une visite d’Etat. Il a multiplié les réunions pour demander aux populations de réserver un accueil chaleureux à Dramane Ouattara. En vérité, le chef de l’Etat a actuellement besoin de se ressourcer au milieu d’une foule acquise à sa cause. Il lui faut des inconditionnels pour l’applaudir malgré les déboires politiques qu’il brasse depuis qu’il a pris les rênes du pouvoir ivoirien. Le pays est politiquement bloqué. Le processus de réconciliation est au point mort et lui-même peine à refaire son gouvernement selon le desideratum de ses soutiens occidentaux. N’eut été la nocivité de son système de répression, Le front social aurait déjà flambé à cause des vagues de licenciements dans des entreprises qui se portaient relativement bien avant son arrivée. Sur le plan économique, les Ivoiriens attendent toujours les pluies de milliards. Toutes ses promenades ne font que reculer les échéances des bailleurs de fonds qui apparemment n’ont pas confiance en un régime désarticulé. Nous comprenons donc que face à tous ces échecs, Ouattara ne veuille pas rater une seule occasion de jauger son niveau de popularité. Seulement, il le fait dans une localité où son triomphe sera sans gloire. On l’y attend de toutes les façons pour l’applaudir à tue-tête. Ce déplacement à Bouaké sera donc un non événement parce que ce ne sera pas cela, pour un chef d’Etat, être auprès de son peuple. On se demande toujours pourquoi, sans trompette ni fanfare, il ne s’est pas encore rendu à Duékoué, à Vavoua, à Sikensi, à Bonoua, à Abengourou, à Arrah, à Taï auprès des victimes de son système.

Joseph Marat