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mardi, 31 janvier 2012

Hantés par leurs propres crimes


Ils ont tout essayé et ils ont été, en tout, maladroits. Et comme ils savent que le jeu en vaut la chandelle, ils ne désespèrent pas. Le monument Laurent Gbagbo, même sous les verrous d’une cour de justice prétendument incorruptible, n’est pas facile à déboulonné. On pouvait comprendre que jouissant de toutes les prérogatives du pouvoir ses adversaires aient eu quelques difficultés à le déstabiliser par leurs intrigues. Au contraire la tache est devenue plus hardie depuis que par des moyens déloyaux ils l’ont vaincu et transféré à la Cour Pénale Internationale. La dernière manigance en date est l’utilisation d’une photo montrant un ressortissant mozambicain du nom d’Ernesto Alfabeto Nhamuave transformée en torche au cours d’une manifestation en Afrique du Sud. Cette image que madame Songona Bamba, la conseillère en communication de Dramane Ouattara avait déjà brandie le 1er avril 2011 sur le plateau de télévision de France 24, s’est retrouvée à la Une du journal le Patriote le 23 janvier dernier pour justifier leur propre barbarie contre le meeting du FPI à Yopougon Ficgayo. Il fallait montrer que même quand c’est eux qui agressent, la main de Laurent Gbagbo n’est jamais loin. Voici comment nos "amis" qui sont réellement en face se sont fabriqués un monstre du nom de "Gbagbo" qui hante toutes leur quotidien. Aussi faut-il se faire à l’idée que les exorcismes, les incantations, les danses macabres pour s’aménager un espace de bonne conscience face aux miroirs inquisiteurs de leur propres forfaitures, seront les seules armes qu’ils fourbiront contre l’innocence et la non violence du président Laurent Gbagbo. Mais pour combien de temps ? Le sage de l’Ecclésiaste dit qu’il ya un temps pour toute chose et que le mensonge a beau courir, il se laisse toujours rattraper par la vérité. Et ce qui fatigue nos amis d’en face c’est la célérité de la vérité. Les images des femmes marcheuses d’Abobo ont été démontées avant la chute du Président Gbagbo. Celle de la victime qui ressuscite devant les cameras du monde n’a pas eu le temps de sévir. Et ils continueront parce que c’est vital pour eux…

Joseph Marat

Patchwork des inconstances régnantes


Nombreux sont les Ivoiriens qui se sont mis à la diète tellement la plupart de ce qui leur est proposé comme lecture sur la politique nationale est indigeste. Les écrits continuent de grouiller à travers les journaux et leurs Unes, mais rares sont ceux qui rapportent des propos de hauteur. J’avoue en même temps que les journalistes ne sont pas en cause dans l’affaire. Il y a que les nouveaux animateurs de la vie politique nationale ne leur donnent plus l’occasion de s’élever. Ceux mêmes qui s’essayent au jeu de l’élévation se sentent constamment menacés par l’épée d’Eudieka. Mais avant de vous servir quelques morceaux choisis des inconstances régnantes, je vous recommande de lire la lettre ouverte à Dagri Diabaté de Waraba, l’un des nombreux Ivoiriens originaires du nord qui n’ont pas attendu d’être "rattrapés" pour s’imposer dans l’estime de leurs concitoyens. Ce texte dont le support échappe encore à la censure des "saigneurs" vous ressource et vous donne la mesure de la chute de la Côte d’Ivoire. Pour le "n’zassa" des frasques politiques en Eburnie, commençons par Cissé Bacongo commentant l’actualité sportive qui dit ceci: « le pacte d’Akradjo est géré, la coupe vient à Abidjan ». Nous voulons tous que la coupe vienne nous évader un peu des serres de toutes nos misères, mais nous savons aussi que les dirigeants chez qui la fin justifie les moyens, sont les plus à craindre. Ce n’est pas forcément bon signe qu’un ministre de l’enseignement supérieur plastronne sur des canards pour faire la promotion de l’obscurantisme. Décidément, la rationalité ne semble pas être leur fort. Un autre, Gnenéma Coulibaly ministre des droits de l’homme en Côte d’ivoire dit en substance qu’ils ont transféré Laurent Gbagbo à la Cpi pour lui rendre service. Dans l’absolu, on ne crache jamais sur un service. Mais nous pensions que Laurent Gbagbo, le co-auteur indirect de 3000 crimes de guerre était plutôt à Scheveningen pour que triomphe la justice et non pour le préserver de la maltraitance d’un régime peu fiable en matière de droits humains. On ne s’attardera pas sur le cas Banny, le réconciliateur qui brasse du vent à cause de sa rancœur contre Laurent Gbagbo qui aurait refusé son "tandem" subversif. Au dessus de ce beau monde, le chef, Dramane Ouattara. A son endroit, on aimerait bien pouvoir dire autre chose qu’il raconte des "contrevérités" et qu’il prend souvent son auditoire pour des personnes dépourvues de tout esprit critique. Nous n’irons pas plus loin pour dire qu’on peut projeter sur les autres que ce qu’on possède soi-même.

Joseph Marat

lundi, 30 janvier 2012

le "rattrapage" est un tribalisme planifié !


Les déclarations de Dramane Ouattara ? ces derniers jours sur la justification insidieuse de sa politique de "rattrapage" ethnique rappelle à notre souvenir un texte que nous avions écrit sur cette pratique du régime qui ? loin d’être un rattrapage ? scelle le sort des autres peuples de Côte d’Ivoire. Ils sont vraiment sérieux…
« C’est le journal Le patriote qui nous met la puce à l’oreille. Il faut reconnaître qu’en la matière, ce journal a rarement failli à sa mission. On se souvient tous que juste avant la rébellion de 2002 et juste après le tract de la charte du nord, ce journal avait divisé sur sa Une la carte de la Côte d’Ivoire en deux. La suite, on la connait tous. La ligne de front balafrant encore ce pays a copié cette maudite carte. Il y a un adage qui dit : « même si tu n’aimes pas le lièvre, il faut reconnaître qu’il court vite ». Les messages du journal Le Patriote sont les signaux des officines. Il nous dit clairement ce que les officiels n’osent pas dire, mais qu’ils travaillent à faire advenir.
Depuis le 11 avril 2011, la société ivoirienne a muté. 60 ethnies, 19 régions, c’est désormais du pipeau. Et c’est le journal d’Ahmed Bakayoko qui nous l’apprend. Prenez le numéro 3528 du mardi 23 août dernier. A la page 3 de ce quotidien qui est devenu un journal ‘’gouvernemental’’ on a réalisé un panel de 7 personnes qui ont été appelées à juger l’action des Frci. Le titre du panel est : Le oui, mais… des populations. Or voici un échantillonnage de la population interrogée: Koné Abdoul Karim, Keita Mamadou, Touré Naminata, Kamagaté Youssouf, Baro Seydou, Coulibaly Ballo, Kamara Boiké. Ils ont tous trouvé, malgré le bémol du titre, que les Frci sont des sauveurs.
Un panel autour d’une question aussi cruciale que le comportement d’une armée qui se veut nationale ne peut être fait avec autant de légèretés sans véhiculer un message subliminal autour de notre destin à tous. Un jour de l’an 1492 Christophe Colomb découvre l’Amérique. Cinq siècles plus tard, les Indiens qui occupaient ce territoire sont en voie de disparition. Le Patriote avait déjà annoncé la partition de ce pays. N’est-il pas en train de nous dire que les Bété, Baoulé, Attié, Guéré, Gouro, Agni, Djimini, Abidji, Dida… doivent se préparer à disparaître ? Surtout que la composition du gouvernement n’est guère rassurante. »

Joseph Marat

dimanche, 29 janvier 2012

Dramane et la solution des oboles symboliques


L’information est tombée la semaine dernière. Dramane Ouattara a promis au patronat Français, réticent à venir investir dans un pays dont le système sécuritaire repose sur la science d’un dozo ( Koné Zakaria, le responsable de la police militaire raconte quelque part comment il est devenu dozo), de lui vendre toutes les banques de la Côte d’Ivoire. Quand on se rappelle de sa technique de vente, les Ivoiriens peuvent être sûrs qu’ils n’en tireront qu’une obole symbolique. Cela faisait-il partie de son programme de gouvernement ? D’aucuns nous diront qu’il n’avait pas besoin de l’écrire et de nous prévenir parce que c’est un proverbe de chez nous qui dit qu’un chien ne change jamais sa manière de s’asseoir. Nous étions donc sensés savoir qu’avec lui nous nous engagions à renoncer à notre souveraineté dans tous ses compartiments. Et là les mots sont bien pesés. Faire de telles propositions à des opérateurs économiques de l’ancienne puissance coloniale, après ce qui s’est passé lors de la crise des banques en février 2011, n’est rien moins que se déclarer solennellement vassal. Dramane Ouattara sait-il que la question de la souveraineté d’un pays ne relève pas d’un romantisme niais. C’est Charles de Gaule qui a laissé ceci à l’histoire des rapports entre les puissances : « les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts ». Alors primo, les français ne viendront pas acheter toutes nos banques pour nos beaux yeux, secundo et mieux, le tandem Ouattara Sarkozy ne survivra pas à l’histoire du peuple de Côte d’Ivoire. Il est donc naïf et moins scrupuleux pour un homme politique de ne rechercher que la facilité de la féodalité dans son rapport avec un autre. En clair, Dramane Ouattara, à qui je souhaite au passage une longévité au pouvoir, n’est pas forcément à l’abri des humeurs de la France à cause de son amitié avec Sarkozy. Les accords de défense existaient encore dans leurs formes actuelles quand Laurent Gbagbo a été attaqué une nuit de septembre 2002. Les banques françaises contrôlaient l’essentiel du système bancaire ivoirien quand de façon arbitraire elles ont fermé.

Joseph Marat

jeudi, 26 janvier 2012

RSF : Mieu a une approche bizarre du mieux


Nous nous souvenons tous dans ce pays de la morgue de Robert Menard, alors premier responsable de Reporters Sans frontières, organisme connu dans le monde entier comme le tribunal moral de tous les régimes qui ont peu d’égard pour la liberté de la presse. Après son activisme au RSF, nous avons redécouvert Robert Menard sur les chaînes de télévision de son pays tentant de faire avaler à tous, que Laurent Gbagbo est un dictateur de la pire espèce. L’organisation n’a pas beaucoup changé d’objectif depuis le départ de Robert Menard. Si nous l’avons rarement eu à la botte dans les derniers moments du règne du président Gbagbo, il faut dire qu’il n’avait rien à dire sur un régime qui avait fini par convaincre que c’est à lui qu’on doit la dépénalisation des délits de presse et d’opinions. Baudelaire Mieu est le représentant de RSF en Côte d’Ivoire. A en croire le journal Fraternité Matin du samedi 21 janvier dernier, il a fait le point sur la situation de la liberté de la presse en Côte d’Ivoire. On note au passage que ce sont des points, des rapports de ce genre qui entrainent généralement l’acharnement de RSF sur les régimes politiques liberticides selon ses animateurs. Alors le sieur Mieu, après avoir dénoncé les dérives du régime de Dramane Ouattara parvient à la conclusion que la situation de la liberté de la presse en Côte d’Ivoire s’améliore. On ne l’a pas vu nous informer le moment où la situation était pire, mais le voilà en train de nous dire que nous sommes désormais au seuil du meilleur des mondes possibles. Mais même là, le mensonge est intriguant. Comment les choses peuvent s’améliorer si RSF, l’organisation de Mieu est justement obligée de prendre en charge un cas flagrant de répression ? Si un régime qui condamne à une mort certaine des journalistes en bloquant leurs avoirs, n’est pas pire, à quel moment le deviendra-t-il ? Il est tout de même bizarre qu’une organisation de défense des droits des journalistes trouve qu’un régime politique s’améliore justement au moment où celle-ci est contrainte par ledit régime de porter assistance à une journaliste condamnée à mort à cause du gel de ses avoirs. Allez-y comprendre quelque chose. Pour sûr, Mieu doit revoir son approche du mieux.

Joseph Marat

mercredi, 25 janvier 2012

Et pourtant c’est une milice


Nous avions déjà dit dans les colonnes de votre quotidien préféré que Dramane Ouattara n’est pas l’homme qu’il faut pour doter la Côte d’une armée nationale. Aujourd’hui sous la pression des miliciens qu’il a utilisés pour faire la guerre au régime de Laurent Gbagbo, il ne sait pas où donner de la tête. En principe il ne devrait pas avoir de problème. S’il est venu avec des emplois, il n’ya rien de plus aisé que d’en donner pour permanemment caser tous ces jeunes à qui on a promis au minimum une situation stable pour les inciter à prendre les armes. Ou s’il est venu avec les pluies de milliards, pourquoi ne pas libérer ces "guerriers" en leur donnant le pécule promis en échange des armes qu’ils gardent par devers eux ? Dramane Ouattara n’a pas de solution, même la solution à ses propres promesses devenues problèmes. Son ministre délégué à la défense monsieur Paul Koffi Koffi parle d’encaserner au bas mot 40 000 jeunes dans une sorte d’"armée de réserve". Il les appelle tantôt les "associés" tantôt les "assimilés" et il dit d’eux qu’« ils ne seront plus militaires, mais seront sous un commandement militaire. Il n’est pas question qu’ils soient engagés et embauchés par l’armée. Il faut que cela soit clair (…) on sait qu’ils ont des armes. Nous allons voir dans quelle mesure il faut récupérer ces armes dès qu’ils entrent en caserne ». Dans cette déclaration qui pue la naïveté subtile de son auteur, on voit que le gouvernement de Dramane évite soigneusement de nous dire qu’il est en train de se doter d’une milice personnelle. Ce n’est pas parce qu’elle sera appelée "armée de réserve" qu’elle sera moins paysanne, moins ethnique et moins délinquante. Dans ce pays, on a toujours considéré que les jeunes qui se sont constitués spontanément en mouvement d’auto-défense étaient des miliciens de Gbagbo. Sur quelle base Dramane Ouattara pense-t-il ne pas faire pire en créant une "armée de réserve" essentiellement composée de ses partisans, lui qui a "monocolorisé" le parlement d’une nation qui compte au moins 60 ethnies ?

Joseph Marat

La sangsue à l’œuvre


La France ne lâche pas l’affaire. Elle est devenue la seule partenaire économique de la Côte d’ivoire dans un monde de compétition mondialisée. La France par-ci, la France par-là. Ceux qui parlent du retour de la colonisation n’ont pas tort. Tous les chemins repassent désormais par la France. Alassane est en route pour le sommet de l’Union Africaine à la fin de cette semaine à Addis Abeba. Avant, il a une rencontre de mise au point avec Nicolas Sarkozy qui va le briefer. Ç’aurait été son neuvième voyage uniquement en France en neuf mois de gouvernance si celui de décembre n’avait été annulé par la gêne qu’engendre l’excès de soumission de celui à qui on ne demande pas tant ! Trois articles dans le même journal pro-gouvernemental Fraternité Matin du samedi 21 janvier dernier attirent notre attention sur l’état des relations entre la France et la Côte d’Ivoire. Le premier papier nous dit que la France veut faire de la Côte d’Ivoire la vitrine de la démocratie en Afrique. Est –il nécessaire de dire que Sarkozy se ment à lui-même ? Le deuxième, nous informe que la France est disposée à aider à l’insertion professionnelle des jeunes en Côte d’Ivoire. Qui trop étreint mal embrasse ! La France a-t-elle fini avec le chômage en France ? Le troisième est typique du niveau d’inféodation de notre "souveraineté". Les experts français sont venus en Côte d’Ivoire pour identifier les priorités nationales dans le redressement de notre administration. Oui la Côte d’Ivoire est un pays sous développé et il serait très avantageux pour lui qu’il soit adoubé ou materné par une puissance économique quoique la démarche soit devenue obsolète en raison de l’universalisation des méthodes de croissance, mais en réalité que peut aujourd’hui apporter la France à la Côte d’ivoire ? Qu’est ce qu’un pays en voie de développement peut-il attendre d’un pays en voie de sous développement ? Comme une sangsue, la France ne nous lâchera pas tant qu’elle ne se sera pas fait une nouvelle jeunesse. Et ce n’est pas pour demain la veille.

Joseph Marat

Bilan à mi-parcours de la traitrise


L’information est tombée il y a peu. Maho Glofléi va rejoindre Laurent Gbagbo à la CPI. Depuis quelque temps, les images le montrant dans la tenue d’Adam encadré de ses bourreaux, circulent sur la toile. Le dernier revirement de Maho n’a pas suffi. Même son zèle – devenu, le temps des législatives, le démagogue de la cause du pouvoir, allant jusqu’à battre campagne pour le ministre Dagobert Banzio à Blolequin - a été contre productif. Au contraire, après la campagne, on s’est souvenu que Maho Gloflei fut, tout de même, le plus puissant chef des groupes d’auto-défense qui ont donné du grain à moudre aux forces pro Ouattara dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. La campagne électorale s’est donc transformée en un traquenard. Même les justifications de Banzio pour sauver un frère ne changeront rien à la détermination de ceux qui ont le langage de la réconciliation au bout des lèvres et la rancune tenace dans les actes. Mieux, Maho est la preuve qu’on cherchait contre le célèbre prisonnier de la Haye. Pourquoi n’irait-il pas parachever la trahison en allant accabler Laurent Gbagbo ? Maho est pris pour une pièce à conviction. Il est pris pour la preuve que Laurent Gbagbo a constitué des milices, auteurs des crimes qui lui sont reprochés. Le cynisme et la vengeance sont à donner froid dans le dos. Dommage pour Maho qui vient s’ajouter ici, de la pire des façons, à la longue liste des victimes de la traitrise. Innocent Anaky Kobenan fait la dure expérience de ne rien représenter au RHDP. Mamadou Koulibaly rase désormais les murs en Côte d’Ivoire. Paul Yao N’Dré a ajouté à son exil les démons de la solitude. On n’a jamais pardonné a Ibrahim coulibaly d’avoir tenu un discours nationaliste à Yopougon, en pleine crise postélectorale. Maguy le Tocard a disparu sur le chemin de la trahison. Ceux qui se sont essayés au jeu de la "démocrature" en se présentant aux législatives de la honte n’ont que leur yeux pour pleurer aujourd’hui. En somme, ce ne sont pas toutes les causes qu’on trahit et il y a des personnes qui n’ont pas âme à reconnaitre qu’on se soit défait de ses propres convictions pour elles.

Joseph Marat

mardi, 24 janvier 2012

Les ivoiriens ne veulent pas l’oublier


Le 28 novembre 2010 dernier les Ivoiriens sont sortis massivement, à plus de 80%, selon les chiffres de la commission électorale indépendante, pour voter pour la victoire de Laurent Gbagbo. Plus le temps passe et nous éloigne de cette date, plus les Ivoiriens d’ici et d’ailleurs tiennent à montrer que le choix du cœur a été détourné. Tout a été fait pour que les Ivoiriens tournent la page, mais rien n’y fait. Alors, de deux choses l’une. Soit les nouveaux dirigeants de la Côte d’ivoire n’ont pas assez de ressources pour faire oublier un adversaire politique qu’ils croient avoir largement battu dans les urnes, soit, Laurent Gbagbo est vraiment l’homme politique qui a réellement gagné la dernière élection présidentielle et que les Ivoiriens attendent. Dans les deux cas les vérités se croisent et s’entremêlent quand il s’agit du Woody de Mama. Plus de huit mois après son arrestation, le moindre mot d’ordre de mobilisation autour de son nom fait trembler le régime. Le succès du grand meeting programmé par Amani Nguessan à la place Ficgayo le samedi dernier remet la question au goût du jour. Les Ivoiriens vouent à Laurent Gbagbo un attachement indéfectible. Pour amenuiser l’impact de la mobilisation le pouvoir a jeté ses chiens de guerre sur la foule. On parle de source policière de trois personnes tuées dont une femme. Passant sur le fait que Dramane Ouattara, le démocrate qui ne supporte pas la contradiction, nous a déjà habitués aux frasques du despote divinisé, nous retenons que la Côte d’Ivoire n’est plus la même depuis que Laurent Gbagbo a été renversé. Nous vivons une sorte de paradoxe dans l’interprétation des événements en Côte d’ivoire. Laurent Gbagbo a été dépeint comme le plus grand tyran de notre jeune histoire. Un "tueur" de femmes marcheuses, un massacreur de civils colonisés par un commando invisible d’Abobo, un génocidaire de ses propres partisans dans la localité de Duékoué, en somme un "monstre" qui faisait vivre un calvaire quotidien à tout un peuple. La chute d’un tel dictateur devrait être célébrée par ses victimes. Surtout quand celui qui le remplace est présenté comme un messie, gouverneur de la pluie de milliards qui devraient soulager toutes les tribulations subies. Que non ! Voici un peuple masochiste qui n’est pas content d’être libéré de la méchanceté d’un "tyran" et qui fait toujours montre d’une ingratitude sans borne en montrant sa totale indifférence à toutes les actions de leur sauveur. Il y a eu deux proclamations de résultats présidentiels entre le 2 et le 4 décembre 2010. La torpeur a été consécutive à celle donnant Dramane Ouattara vainqueur. La liesse populaire a suivi celle donnant Gbagbo vainqueur. Et les signes ne se sont pas arrêtés là. Le jour de son arrestation et le jour de sa déportation à la Haye n’ont pas été des jours de délivrance pour le peuple ivoirien. Au contraire l’atmosphère qui caractérise les moments de grand malheur était palpable en Côte d’Ivoire. Les dernières législatives ont été encore une occasion pour les Ivoiriens de montrer leur attachement à la personne de Laurent Gbagbo. Plus de 80 % d’Ivoiriens sont restés chez eux malgré l’appel de Ouattara. La prison de Scheveningen à la Haye ne désemplit pas de manifestants Ivoiriens et Africains depuis que Laurent Gbagbo y est…

Joseph Marat

vendredi, 20 janvier 2012

A César ce qui est à César et à la presse …



Dramane Ouattara s’est aménagé avant-hier un espace pour essayer de se donner bonne conscience face au monde de la presse ivoirienne. Ils se sont déplacés nombreux, les hommes de media, pour répondre à la convocation du prince que l’envie a pris de faire ses vœux à cette corporation. Et à l’instar des rencontres de ce genre les échanges se sont limités, pour les journalistes, à exposer leur misère matérielle et pour le monarque ivoirien à reprendre ses sempiternelles promesses de construire une société ivoirienne débarrassée des oripeaux de la barbarie. Pour le moment, bonne et heureuse année 2012 et au revoir ! Par déformation professionnelle, nombreux sont les journalistes présents à la cérémonie qui auraient voulu poser une petite question à Dramane Ouattara. Mais phagocytés dans le folklore de la circonstance, ils ont été obligés de ravaler leurs préoccupations pour retourner chez eux avec dans la poche, la promesse du financement de la presse. Ce sera tout. Au demeurant, il importe de savoir que les organes de presse sont, pour la plupart, des entreprises privées. Ils n’ont pas plus besoin d’être soutenus que toutes les entreprises privées de Côte d’Ivoire qui ont été sinistrées par la guerre. Informer est un sacerdoce pour la presse. C’est pourquoi le meilleur cadeau qu’on puisse lui faire est une conférence de presse ouverte pour que soient posées toutes les questions relatives non seulement à la corporation mais aussi à l’état de la démocratie. A l’occasion, Dramane Ouattara pourrait nous soulager des préoccupations suivantes : pourquoi lui, le démocrate, a-t-il eu besoin de recourir à la guerre pour accéder au pouvoir politique ? Pourquoi, lui qui croit avoir été victime d’exclusion, est-il en passe d’en être un adepte politique ? Pourquoi sous son règne les journalistes sont-ils traités de miliciens et emprisonnés pour leurs opinions ? Pourquoi bloque-t-il le compte des journalistes ? Pourquoi refuse-t-il de respecter la constitution en déclarant par exemple ses biens ? Pourquoi se plait-il, dans son pays, d’être un chef d’Etat exceptionnel ? Pourquoi ? Pourquoi ?...

Joseph Marat