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jeudi, 19 janvier 2012

Faux petits calculs


Les Etats Unis d’Amérique se prennent pour les gendarmes du monde. Leur diplomatie se mobilise donc rarement pour rien que faire tchin tchin avec un chef d’Etat ou pour se présenter au perron des palais avec des sourires de circonstance et des satisfécits vide de contenu. Hilary Clinton a un calendrier très chargé pour se préoccuper d’un pays Africain où tout va bien et où leurs intérêts sont préservés. Pour les petits bobos du genre « forcer un peu la main à une commission électorale indépendante pour qu’il tripatouille les résultats d’une élection et faire primer les intérêts de leur pays » les ambassadeurs suffisent. En somme, pour ceux qui ont fait le deuil de la naïveté, Hilary Clinton a débarqué au bord de la Lagune Ebrié, non pour frimer avec Dramane Ouattara, comme on veut nous le faire croire, mais pour régler un sérieux problème qui empêche les affaires de tourner. Plus de neuf mois après avoir, dans une coalition internationale, bombardé le régime de Laurent Gbagbo, la situation en Côte d’Ivoire continue d’être précaire. Toujours obnubilé par la personne de Ouattara, les maitres du monde font leurs petits calculs et déduisent que c’est parce que le chef rebelle Soro Guillaume est premier ministre que le pays fait peur aux investisseurs. Elle est donc venue dire à Ouattara de dégommer Soro et de l’envoyer au TPI. Mais, une fois encore, ces occidentaux qui veulent régenter la vie des Africains depuis leur pays lointains, n’ont rien compris. En Cote d’Ivoire il y a autant de risque à soutenir Dramane Ouattara qu’à lui demander de se débarrasser de son couteau.

Joseph Marat

Le chant du cygne



Guillaume Soro n’était pas au bas de l’échelle de coupée de l’avion d’Hilary Clinton. Aucune image avec cette dernière qui a d’ailleurs abondamment félicité Dramane Ouattara pour des "progrès réalisés" sur la voie du retour à la normale n’a été vue nulle part. Ouattara avance t-il sans le concours de son premier ministre ? Tout compte fait, 48 heures sur le sol ivoirien sans rencontrer le premier ministre Soro Guillaume, c’est énorme protocolairement et cela ne pouvait pas passer inaperçu. Si on ajoute à cela les sons d’alcôve qui se font insistants sur le fait que la dame de fer de la diplomatie américaine aurait tiré les oreilles à Dramane Ouattara pour qu’il se débarrasse de son premier ministre, on aura compris que non seulement Hilary n’avait rien à dire à Soro mais en plus elle voulait lui envoyer un message : la page est tournée. Il ne pouvait pas en être autrement pour celui qui a accepté de cristalliser la souffrance du peuple ivoirien ces dix dernières années. Il assume sa rébellion à travers des écrits qui ont l’avantage de ne jamais s’envoler. Il aura été naïf de croire qu’après avoir réclamé la responsabilité d’une rébellion, il lui aurait suffi de décharger tous les crimes sur sa victime pour qu’il se la coule douce. Les hommes qui agissent sur le présent de l’histoire se rendent difficilement compte qu’elle a un sens et qu’elle produit d’énormes leçons. Quelques une nous parlent de la loi du Karma, du sang d’Abel qui crierait toujours vengeance, du purgatoire du pécheur, et du dernier instant du malfaiteur. En fait le pacte avec l’ange rebelle de Dieu a toujours un revers et il n’est jamais définitif. C’est de Dieu qu’on dit qu’il donne gratuitement, qu’il est amour, qu’il consacre toute autorité et reprouve toute rébellion justement à cause du forfait de Lucifer. Bref, comme un cierge, Soro s’est vite consumé. En moins de 40 ans, à l’âge où sa génération en Afrique cherche à s’intégré socialement, lui, il a déjà tout eu et tout vu. Il ne devrait pas se plaindre de prendre sa retraite. A moins que la tentation le prenne de commettre le dernier parricide qui lui garantisse une seconde jeunesse, une seconde longévité dans le jeu. Ce n’est pas facile pour les ivoiriens qui, commencent à croire qu’il ont passé 40 ans de stabilité à préparer 40 autres années d’instabilité.

Joseph Marat

mercredi, 18 janvier 2012

Le mensonge pour se cacher du gouffre

Jean Louis Billon est le président de la chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire. C’est un leader dont le point de vue compte énormément surtout quand il s’agit de juger de l’état de santé de l’économie ivoirienne. Hier la plupart des journaux proches de Ouattara ont rapporté de lui les propos suivants : « le secteur privé ressent la métamorphose (…) entre le régime Ouattara et le régime Gbagbo c’est le jour et la nuit. » chacun peut voir ses ténèbres là où il veut et la métamorphose n’est pas forcément signe de progrès. C’est quand il essaie de motiver son opinion que la félonie s’expose dans toute sa laideur. Selon le président de la chambre de commerce de Côte d’Ivoire, la réfection des voiries, le règlement de la dette intérieure, le nouveau code des investissements qui sera prêt en 2013, et c’est tout, sont les signes de la santé économique sous Dramane Ouattara. Nous ne sommes pas spécialistes, mais le bon sens nous a déjà convaincu que la réfection des voiries et autres constructions de pont ne sont que la conséquence de la politique de rigueur du président Laurent Gbagbo parce que ce n’est pas en deux semaines qu’on monte ce genre de projets avec la Banque Mondiale. Quant au règlement de la dette intérieure, si Billon n’était pas de mauvaise foi, il le classerait parmi ces promesses autour desquelles Ouattara communique massivement pour ne pas les tenir. Pour ce qui est du nouveau code des investisseurs, il ne peut de façon efficiente participer d’une métamorphose économique puisqu’il n’intervient qu’en 2013. Alors de quoi parle Jean Louis Billon ? Pour sa gouverne, qu’il sache qu’avec Dramane Ouattara l’initiative PPTE qui devait faire pleuvoir près de 500 milliards par an sur notre pays est encore un mirage et que les seules données économiques qui nous parviennent de ce gouvernement sont les licenciements chroniques d’Ivoiriens. On comprend, en fait, réellement que c’est le jour et la nuit entre la politique de Dramane Ouattara et celle de Laurent Gbagbo. Le jour pour eux, les entrepreneurs voraces et la nuit pour le peuple de Côte d’Ivoire qui avec Laurent Gbagbo, et malgré une rébellion sangsue se projetait dans le cercle des pays libres et émergeants.

Joseph Marat

mardi, 17 janvier 2012

Une question de priorité

Anne Désirée Ouloto est de retour. Le timing était prévisible. La levée de boucliers l’avait contrainte à mettre un bémol à son action de salubrité dans le but de sauver les élections législatives. Cela n’a pas marché. Elle revient donc avec le net sentiment d’avoir bien travaillé et de relancer de plus belle ses opérations. On ne peut pas reprocher à un gouvernement de lancer de telles opérations d’envergure pour redonner un aspect plus reluisant à l’environnement dans un pays. Dans le fond aucune population ne peut récriminer contre un tel acte de gouvernement. Nous rêvons tous de vivre dans des cadres de vie sains. Nous envions tous aux pays développés la beauté de leurs cités. Mais en matière de progrès social, il n’y a pas de saut possible. En Côte d’Ivoire nous avons l’impression qu’on veut danser plus vite que le tamtam ou encore qu’on veut mettre la charrue avant les bœufs. La pauvreté n’est pas incompatible avec la propreté. Mais les dirigeants actuels oublient qu’ils sont à la tête d’un pays pauvre. Et cela nécessite qu’on ait d’autres approches. L’encombrement des rues par les petits commerces gène leur idéal de cité moderne. Mais quand on n’a aucune politique de recasement de tous ceux qu’on met à la rue par des licenciements sauvages, l’action qui devrait passer pour salutaire devient criminel parce que sous les bulldozers qu’on promène sur les trottoirs pour casser les commerces ce sont des vies humaines qui sont en cause. La priorité d’un gouvernement responsable dans les pays qui souffrent notoirement de manque de moyens de subsistance, ne devrait pas être la cosmétique, mais la lutte contre le chômage de tous ces jeunes qui squattent les rues pour survivre.

Joseph Marat

Comme un cheveu sur la soupe

La cérémonie de demande de pardon au ministre innocent Kouassi Adjoumani, après le lynchage dont sa délégation a été victime dans la localité d’Ayamé a monopolisé toute une page du journal le Nouveau Réveil du lundi 16 janvier passé. Il y avait de quoi. Il fallait laver l’affront et il fallait énormément communiquer sur le fait que l’ordre a été rétabli et respecté. La population a vite compris qu’elle avait intérêt à revenir de sa "folie passagère". Il n’était pas dans son intérêt de tenir longtemps humilié un ministre du sieur Dramane Ouattara. Surtout quand le ministre lui-même, dans une colonne sur l’affaire, reconnait quelque part que de toute sa vie d’homme politique, c’est la première fois qu’il est victime d’une telle déconvenue. L’impression que nos confrères donnent dans cette campagne de réparation de l’image du ministre Adjoumani et par ricochet de celle du gouvernement, c’est de vouloir faire croire que l’autorité de l’Etat a été respectée. C’est un fait, mais un fait qu’on refuse apparemment de creuser. La défiance d’Ayamé est certainement une défiance de trop pour une autorité qui se croit investie de la légitimé du peuple. Avant Ayamé, il y a eu Duékoué, Vavoua, Sikensi, Abengourou, Aboisso…et c’est tous les jours qu’on apprend que les populations se soulèvent contre l’autorité de Dramane Ouattara un peu partout. A cause de cette défiance des populations, ce dernier a même suspendu son déplacement de Duékoué où il devait effectuer sa première tournée d’Etat à l’intérieur du pays au désir de se faire encenser par ceux qu’il a sauvé de la "sauvagerie de Gbagbo". On attend toujours. Le problème de fond est que les réactions spontanées des populations commencent, par l’effet de leur accumulation, à montrer qu’elles ne portent pas le gouvernement dans leur cœur. Et ce n’est pas seulement parce que son programme de gouvernement est inexistant - le peuple sait, par esprit démocratique, que le délai de carence d’un gouvernement est de cinq ans – mais parce qu’il ne se reconnait pas dans ce régime. Le peuple ne pense pas lui avoir donné sa caution. Le manque d’osmose entre les Ivoiriens et le gouvernement actuel nous invite toujours à questionner les résultats de la dernière élection présidentielle. Dramane Ouattara l’ a-t-elle réellement gagnée ?

Joseph Marat.

lundi, 16 janvier 2012

Maitre dans l’art de blasphémer

A l’initiative du conseil supérieur des imams de Côte d’Ivoire (COSIM) une journée nationale de prière pour le pardon, la réconciliation et la paix a eu lieu le samedi dernier à la grande mosquée de la Riviera Golf. Etaient présents à cette cérémonie, Dramane Ouattara, son épouse, Charles Konan Banny et certainement un parterre d’officiels venus présenter à Allah leur profond désir de voir le peuple de Côte d’Ivoire se réconcilier. Généralement, après la pluie, le beau temps ne se fait jamais prier. Mais on ne peut pas reprocher aux hommes d’invoquer l’être suprême pour qu’il leur accorde ce dont ils ont besoin. Seulement les hommes prient Dieu et oublient que Dieu aussi leur parle. Je paraphraserai l’artiste pour dire que l’homme veut que Dieu veuille ce qu’il veut, mais il se garde de vouloir ce que Dieu veut. « Dieu est amour », tous les grands livres spirituels le disent. Même les religions sans Dieu considèrent que ce qu’il y a de vénérable dans l’ordre cosmique, c’est cette dimension de l’altruisme qui veuille qu’on fasse passer le bonheur des autres avant le sien. Selon le canon bouddhique par exemple, l’autre est moi et c’est ce que traduit cette injonction du Christ qui dit : « aimez les autres comme moi je vous ai aimés ». Le sacrifice suprême à la croix fait foi. Alors premièrement, une cérémonie de réconciliation n’est pas nationale parce que M.Dramane Ouattara s’y est présenté avec son épouse. Elle l’est vraiment lorsque toutes les forces de la Nation qui étaient hier en conflit, y ont apporté leur adhésion totale. Deuxièmement, on se réconcilie toujours avec quelqu’un avec qui on a été en conflit, ce qui veut dire que le concept de réconciliation implique toujours un préalable, celui de la fin du conflit et l’entame d’un rapprochement. Les imams qui n’ont invité que Ouattara et son épouse à "leur journée nationale de réconciliation" en violation de certains principes divins, savent-ils que ce dernier n'a jamais cessé la guerre qu’il a initiée contre une bonne partie des citoyens ivoiriens ? Il continue de les maintenir en exil et de les condamner à une mort certaine en bloquant leurs comptes. Et on est loin d’attendre de lui cette autre recommandation de Dieu qui dit précisément ceci : « avant d’approcher mon autel, rassure toi que tu t’es déjà réconcilié avec ton frère de peur qu’il ne te condamne »

Joseph Marat

De quoi avoir peur



La France vient de perdre son triple A selon le cabinet de notation Standard & Poor’s (S&P). La conséquence immédiate de cette notation est que la France n’a plus la côte sur le marché financier. On dira trivialement qu’on n’a plus totalement confiance en la grande France pour lui prêter de l’argent à des taux préférentiels. Si les termes restent encore trop techniques, disons que la France n’est plus solvable. Sur la question, le premier ministre François Fillon a fais une déclaration totalement décalée le vendredi dernier juste après la déchéance de la France du AAA. Signe que le régime de Nicolas Sarkozy est totalement aux abois. « Ce ne sont pas les agences de notation qui vont nous dicter notre politique économique ». Quelque part à Treichville, l’on lui aurait demandé : « mais de quelle politique économique parle-t-il ? » On est à trois mois des élections en France. Nous savons que depuis plus de six mois, le gouvernement français est à la peine et se battait pour ne pas qu’une telle nouvelle tombe dans cette période préélectorale. Si le gouvernement de François Fillon avait pu, il aurait évité que la France soit insolvable maintenant. Alors de quelle politique économique parle-t-il si ce n’est celle que Standard&Poor vient justement de sanctionner ? En Côte d’ivoire, nous avons de quoi nous inquiéter face à la façon dont Nicolas Sarkhozy a entrainé, depuis cinq ans, la France vers le gouffre économique et social parce qu’il est le modèle de la classe dirigeante ivoirienne. Si nous n’y sommes pas déjà, c’est notre avenir à l’échelle de notre misère que nous entrevoyons dans la déchéance de la France. Et n’attendez surtout pas qu’ici on en tire des leçons !

Joseph Marat

dimanche, 15 janvier 2012

Peuple sans visage

Un ami qui aime partager quelques belles réflexions sur l’actualité de notre pays m’a appelé le jour de l’an. Après que nous nous soyons renvoyé les vœux de passer une année qui nous purge de toutes les intoxications de 2011, notre conversation a glissé vers le concept de l’ivoirité. Dès cet instant, quoiqu’il m’ait avoué qu’il aimait bien ce mot, j’ai immédiatement compris le fonctionnement du mécanisme du refoulement freudien. Il m’a même dit que l’un de nos grands intellectuels de la place éprouvait désormais de la gêne à parler de la notion d’ivoirité. Le concept est devenu un tabou. Les Ivoiriens ont dorénavant peur de ce mot, qui aurait pu les réunir dans une sorte de communion fraternelle. Traumatisés et lobotomisés, ils errent dans un univers mondialisé comme des zombies sans repère d’identité. Nous avons voulu remonter à l’hygiène de ce vocable dont les Ivoiriens ont été exorcisés. Nous nous sommes rendus compte que le cercle d’intellectuels qui ont inventé le mot, le voulait culturel au sens ou tout peuple a besoin de se donner une culture et de se retrouver autour d’une idée qui intègre même cette formule d’ "ouverture des frontières" du professeur Augustin Dibi Kouadio qui ne devrait pas oublier que c’est parce que les frontières existent qu’on les ouvre. Que vous soyez Burkinabé, Chinois, Chilien, Norvégien, Aborigène, a partir du moment où vous adoptez la nationalité ivoirienne vous devriez vous inscrire automatiquement dans le fait de l’ivoirité. Ce que vous apportez de votre culture d’origine ne peut être qu’un enrichissement de l’exception ivoirienne. Nous sommes donc d’accord qu’il faut condamner toute récupération politique perverse d’un tel gisement culturel. Le paradoxe en Côte d’Ivoire c’est que c’est celui qui s’en empare politiquement à travers la création de la carte de séjour par exemple qui lobotomise quelques années plus tard les ivoiriens en montrant des atomes crochus avec une rébellion sauvage, en organisant la déplanification institutionnelle et le bombardement de tous les symboles de l’Etat ivoirien. Aujourd’hui, la préoccupation reste angoissante. N’avons-nous pas l’impression de vivre désormais dans un pays sans visage … culturel ? Oui, une hésitation à dire "culturel" parce que la défiguration dépasse désormais le cadre de l’identité culturelle. Avec une Constitution violée régulièrement en ses points essentiels, avec un parlement monocolore, avec une armée bigarrée, avec les patriotes traqués et exilés, avons-nous encore un pays ?

Joseph Marat

Coïncidence parlante


Alors qu’on ne s’est pas encore remis du décès de Paul Antoine Bohoun Bouabré, survenu avant-hier en exil, les jours s’assombrissent une fois de plus sous les lampions du quartier des affaires d’Abidjan-Plateau. Les officiels devraient se déplacer hier matin pour une cérémonie de meilleurs vœux au chef de l’Etat Alassane Dramane Ouattara. Après toutes les frasques de malheurs qui ont émaillé l’année 2011, je mets ma main au feu que le vœu le plus cher de Dramane est que 2012 soit exceptionnelle pour faire oublier les événements de l’année précédente. Et il a sûrement croisé les doigts pour qu’aucun accident ne vienne perturber cette journée qui devrait consacrer l’expression des vœux des Ivoiriens à leur chef. Mais comme si le sort voulait continuer de s’acharner sur notre pauvre pays, les festivités de vœux au chef de l’Etat seront noircies par la survenue d’un accident grave sur le boulevard lagunaire. Un carambolage entre un bus, deux véhicules personnels et un cargo militaire a fait 40 blessés dont 4 grièvement. Un tel accident devrait matériellement obligé les conseils du chef de l’Etat à annuler la cérémonie rien qu’à cause du bouchon des voies menant au palais de la présidence. Mais que peut-on attendre d’un régime pour qui les honneurs passent avant la compassion. Celui qui a été sourd aux supplications de Paul Antoine Bohoun Bouabré pour ses soins aura sa cérémonie de vœux quoi qu’il arrive. Mais il ne faut pas oublier que notre foi en des vœux est l’expression de notre foi en la transcendance et en la mystique des événements. Il y a des coïncidences qui en disent donc long.

Joseph Marat

vendredi, 13 janvier 2012

inhumian jusqu’au bout

Il ne plaît vraiment pas au camp d’Alassane Ouattara qu’on dise que Paul Antoine Bohoun Bouabré est une victime de leur mentor. Le journal le patriote du mercredi dernier a pondu toute une page de plaidoirie pour tenter de convaincre du contraire. leur argumentaire, loin de démentir ce qu’on leur reproche montre seulement qu’ils sont profondément gênés par le jugement de l’histoire qui trouve qu’ils ont un goût un peu trop prononcé pour la cruauté. Oui dans l’absolu, ce n’est pas Dramane Ouattara qui a "appuyé sur la gâchette" pour tuer Bohoun Bouabré tout comme dans le même absolu, eux, qui sont convaincus de sa culpabilité, ne peuvent prouver avoir vu Laurent Gbagbo aligner 3 000 ivoiriens pour les canarder. C’est parce que le monde dans lequel nous vivons est injuste que les criminels de la pire espèce prospèrent. Sinon sait-on le nombre de victimes qu’ont engendré une rébellion de neuf ans, un embargo sur les médicaments, la fermeture des banques, le bombardement d’un palais présidentiel et enfin le blocage des comptes des gens dont on connait l’état de santé précaire ? L’écriture dit : « tous ont péché », et j’ajoute, « tous sont des criminels parce que la vie humaine est sacrée et rien ne devrait justifier que quelqu’un la perde à cause d’un autre ».
Mais il ne faut pas être dupe. Nous sommes tous des criminels, mais nous n’avons pas tous le même motif de l’être. Et j’emprunte la formule à Cheikh Amidou Kane pour dire qu’il y a des crimes qu’on commet par nécessité, il y en a qu’on ne peut éviter de commettre par système - le système vous y pousse - , et il y en qu’on commet par manie. Dans les deux premiers cas, on parlera de légitime défense et du salut du plus grand nombre. Dans le dernier cas, le crime relève de la perversité d’un esprit retors.
Dans la tentative de défendre Dramane Ouattara, le patriote ne dit pas qu’aucune démarche n’a été entreprise auprès du chef de l’Etat pour aider le ministre souffrant, il présuppose plutôt que le ministre Bohoun Bouabré ne peut pas être décédé du fait du blocage de ses comptes parce que, pour ce qu’il a été, il doit certainement avoir planqué de l’argent dans des paradis fiscaux. Oui ! Merci de nous informer que c’est la pratique qui prévaut actuellement chez nos gouvernants, mais c’est justement ce qui nous conforte dans l’idée que le ministre Bouabré est la victime d’une manie pour l’extermination de l’adversaire politique. Arrêtez donc de vous défendre et avouez plutôt que vous avez pris plaisir, comme des voyeurs, à voir mourir un ministre d’Etat, parce que justement, vous saviez qu’il reprouvait votre pratique de gouvernance.

Joseph Marat