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jeudi, 12 janvier 2012

La marche du rachat


« On peut considérer que le Rhdp est mort. Il est mort, de sa belle mort. Il est mort du moment où l'on n'a pas pu, pour ces élections législatives, au plan national, aller en groupe uni, alors que c'était l'un des principaux objectifs que nous nous étions fixés depuis le départ. C'est dommage (…) Parce que nous n'aurions jamais pensé que le président d'un parti membre du Rhdp, candidat dans une circonscription, aurait en face de lui des candidats d'autres partis de ce même Rhdp. A partir de ces élections, le Rhdp est bel et bien mort de sa belle mort. » Cette réflexion est de l’homme politique Anaki Kobenan le président du MFA membre du Rhdp. Ce qui est intéressant dans cette réponse au journaliste Pascal Soro de Frat-Mat, dans son numéro du 22 décembre 2011, c’est la rigueur de l’analyse de l’homme. J’étais loin de penser qu’il en aurait été un jour capable. Tant les eaux troubles lui seyaient bien. Ce fut une totale déconsidération pour son parti et pour sa personne que des candidats d’un mouvement politique dont il est aussi le président, se présentent contre lui dans la commune de Cocody. Un candidat RHDP ne devrait avoir pour adversaire qu’un autre candidat LMP ou indépendant, à plus forte raison un président-candidat. Ce fut un peu fort. C’était comme si Anaky se combattait lui-même dans ce mouvement politique parce que le candidat RHDP qui s’est présenté contre lui, a certainement eu sa caution. Si ce n’est pas le cas, c’est certainement une preuve de plus que les décisions se prennent dans cette coalition sans lui. Dans les deux cas Anaky n’est rien au Rhdp. Et c’est à l’aune de ces dernières élections législatives qu’il s’en est rendu compte. Mais il en a mis du temps pour comprendre que le salaire de la trahison qu’il partage désormais avec Mamadou Koulibaly est au mieux des cas l’indifférence de tout le monde. Qui peut accorder du respect et sa confiance à quelqu’un qui n’a aucun sens de l’amitié, aucun sens de la gratitude et de la loyauté. Le salut d’Anaky, par pure reconnaissance, réside dans les marches qu’il devrait organiser pour la libération de Laurent Gbagbo parce que cela ne dépend même pas de lui quant à décréter la mort du Rhdp.

Joseph Marat

Saluons très bas le départ d’un monument.


Paul Antoine Bohoun Bouabré est décédé hier. Un leader africain s’en est allé. A son sujet ? les hommages sont loin d’être de circonstance. Les éloges posthumes ont généralement le faible d’être dithyrambiques parce que le respect des morts impose à notre humanité d’arrêter tout acharnement pour s’incliner bas devant toute dépouille. Car en vérité, même si le corps est roi, certains sont dignes d’éloges. Pour le ministre de l’économie et des finances des premiers gouvernements de Laurent Gbagbo, il n’est vraiment pas exagéré de dire que le continent africain vient de perdre un digne fils. La guéguerre politique ne devrait pas nous empêcher de juger de la valeur de l’homme au vu de ce qu’il a rendu possible. C’est à Bohoun Bouabré par exemple que nous devons le concept de budget sécurisé. Pour ceux qui ont une conception progressiste de la révolution, Bohoun Bouabré est révolutionnaire dans le milieu de l’économie. Là où des leaders politiques nous ont habitués à l’endettement comme seul mode de gouvernance, Bohoun Bouabré a conçu le budget sécurisé. Pour la première fois en Afrique subsaharienne, un gouvernement décide et réussit à faire vivre un pays africain à partir de ses propres ressources. Rien qu’avec ça, Bohoun Bouabré a mérité qu’on l’inscrive au panthéon des plus grands économistes de notre temps. C’est une réputation qui n’est pas surfaite. Il n’est pas un rebelle qui a cru faire avancer son pays en prenant des armes. Il est loin de ceux qui sont décriés partout en Afrique pour avoir fait la promotion de la politique économique de paupérisation (PEP). Nous avons fortement espérer que Bohoun Bouabré revienne aux côtés de Laurent Gbagbo pour nous faire oublier les fanfaronnades des pseudo-économistes spécialisés de rebellions et de force de tout genre. Mais alea jacta es. Saluons très bas le départ d’un monument.

Joseph Marat

Reddition, piège à con



Il ya des concitoyens qui ne comprennent pas pourquoi, jusqu' à ce qu’on le déporte à la Haye, Laurent Gbagbo disait encore ceci : « s’ils croient que c’est en me traitant de la sorte que je vais reconnaitre la victoire de Ouattara, ils se trompent ». Il a fait cette même réflexion à la veille de son arrestation, sur LCI. Il venait de refuser de signer le texte de sa reddition. On imagine aisément au prix de quels sacrifices Gbagbo n’a toujours pas cédé aux exigences de ses ennemis après son séjour dans les goulags de Korhogo. Les hommes politiques comme lui ne disent rien au hasard. Ils sont aux confluents de tellement d’intérêts que tout ce qu’ils disent est un condensé de non-dits. D’aucuns racontent que sa reddition permettrait au régime actuel de renégocier tous les contrats pétroliers ou miniers qu’il aurait signé avec des partenaires cossus. D’autres, en sus pensent qu’il s’agirait de remettre le code bancaire secret donnant accès à des milliers de milliards de nos francs laissés au Vatican par le président Houphouët. Les supputations vont bon train, mais elles nous laissent toujours sur notre faim de rigueur intellectuelle. Quand Robert Guéi a renversé Konan Bédié en 1999, il n’a pas eu besoin que ce dernier lui signe une quelconque reddition. Pour Alassane Ouattara succédant à Laurent Gbagbo les choses se sont passées autrement. Depuis quelques temps, le discours officiel parle de 3000 morts qui auraient jalonné le parcours. Il faut bien un responsable. Aussi me dis-je, que dans cette affaire de reddition ce qu’on demande à Laurent Gbagbo c’est qu’il tende le bâton qui doit servir à le punir. 3000 morts, le chiffre est tout trouvé et en l’occurrence ce ne sont pas les auteurs qu’on cherche. Ils sont connus. On cherche le responsable, le co-auteur indirect. Il suffira à Gbagbo de reconnaître la victoire de Ouattara pour qu’on lui rétorque que c’est parce qu’il a continué à exercer le pouvoir malgré sa défaite, que le malheur est arrivé. Il sera donc jugé responsable de tout. Mais autant la ligne d’attaque est claire autant la ligne de défense l’est également. Et celle-ci pourrait réserver bien de surprises à tous les procureurs du camp des supposés vainqueurs.

Joseph Marat

mercredi, 11 janvier 2012

Une nébuleuse de promesses


Faut-il en rire ou en pleurer ? À chacun de voir. En tout cas, Dramane Ouattara a fait, avant-hier, la pose de la première pierre pour la construction de près 2451 logements sociaux. Cette opération se fera sur un site d’une vingtaine d’hectares à Yopougon. Le faste de la cérémonie laisse rêver. Allons-nous enfin sortir de la crise immobilière qui sévit en Côte d’Ivoire depuis près de deux décennies. D’aucuns diront qu’une opération immobilière de 2451 logements n’est pas suffisante pour impacter profondément la situation. Mais, ce n’est pas rien d’initier un projet qui va soulager des Ivoiriens. Surtout qu’à cette occasion Dramane Ouattara promet de multiplier les actions de ce genre et de baisser le coût de ces maisons à 5 millions. Seulement, la démarche du chef de l’Etat laisse penser qu’il ne va rien faire. Et que la" prodada" de Yopougon d’avant-hier est une énième promesse à une pose de première pierre qui n’aura pas de lendemain. C’est généralement dans la démarche de l’homme politique qu’on découvre sa véritable capacité à vouloir agir. Qui l’eut cru ? Dramane Ouattara n’est prêt pour aucun de ses projets faramineux. Tout ce qu’il prévoit faire dans le cadre de son programme de gouvernement se noie dans une nébuleuse de promesses intemporelles. Tenez, pendant qu’il annonce qu’il va peser sur le coût des logements en Côte d’ Ivoire, Alassane Ouattara n’a aucune idée du coût minimal de construction d’une maison sociale aujourd’hui. Après qu’il ait parlé, il faut maintenant espérer qu’il intime l’ordre aux banquiers de devenir tous des philanthropes pour préfinancer des maisons de 5 millions recouvrable sur 25 ans. Dans les deux cas, ce n’est pas demain que chaque Ivoirien moyen pourra rêver de posséder un abri décent.

Joseph Marat

lundi, 09 janvier 2012

Les "torches" de Dramane


A l’occasion des fêtes de fin d’année, le gouvernement d’Alassane Dramane Ouattara a cru avoir eu le nez creux en accrochant des guirlandes un peu partout au Plateau. Les populations continuent de venir de partout, certaines par convoi depuis l’intérieur du pays, pour faire le pèlerinage nocturne pour les "lumières" du Plateau. Abidjan serait devenue la "ville lumière". Des critiques dithyrambiques ont même fait croire que Dramane Ouattara a sorti le peuple Ivoirien des "ténèbres de la Refondation". Nous aurions tant aimé sortir des ténèbres. Nous, arrière petits fils de chef de tribus, souffrant encore de la naïveté de nos aïeux qui ont livré les bras valides de leur population aux esclavagistes en échange de pacotilles et camelotes de tout genre. Nous aurions, pour une fois, tant aimé sortir des ténèbres. Mais j’ai bien peur que nous nous y enfonçons au contraire avec des "torches". Voyons, de la notion de lumière, je dégage deux acceptions. Les lumières éphémères qui, comme des torches permettent de "flatter" les ténèbres, le temps que dure sa charge énergétique. Avec ces lumières le retour du règne des ténèbres n’est jamais loin. Autant la torche s’éteint dès que l’énergie s’épuise, autant les "lumières" d’Abidjan-Plateau sont programmées pour s’éteindre le 20 janvier prochain pour nous replonger dans la "nuscurité" de l’insécurité, des licenciements, du chômage qui grimpe, des universités fermées, du coût de la vie intenable et d’un pays toujours divisé en zones…L’ironie dans tout ça c’est que la majorité des pèlerins retourne vivre dans des ruelles plongées dans le noir dès que le soleil disparait. La deuxième acception de la notion de lumière est celle de l’éclosion de l’Aufklärung au siècle des lumières avec la défiance de l’obscurantisme de tout genre par les encyclopédistes et philosophes comme Rousseau, Diderot Voltaire D’Alembert, Condorcet etc. C’est à eux que l’humanité doit la révolution française. Dans les deux cas, c’est à Laurent Gbagbo que nous devons dans notre pays la vérité des lumières. Il prend le pouvoir en 2000 dans une liesse populaire rappelant les circonstances exactes de la révolution française. La Refondation est la déclinaison ivoirienne de l’Aufklärung. En sus, il est de notoriété publique en Côte d’ivoire que Laurent Gbagbo a électrifié plus de localités en dix ans que les régimes précédents en 40 ans. Mais que voulez-vous ? Au tonneau vide le bruit. Abidjan sera la ville des lumières le jour où elle sera éclairée par la lumière de la raison. Pour le moment, ne nous illusionnons pas ! L’opacité qui entoure la gestion de la cité ivoire est à couper au couteau.

Joseph Marat

Ça ne marche pas dans le bon sens


C’est Alassane Dramane Ouattara qui le premier en politique en Côte d’Ivoire, a trouvé qu’il était exclu parce qu’il est originaire du nord. Derrière cette incongruté, il y a certainement eu la promesse que plus jamais les gens du nord ne seront tenus à l’écart de la gestion de l’ensemble du pays. Et depuis après une décennie de rébellion contre le régime de Laurent Gbagbo, ça déborde de partout. 70 % des parlementaires sont du nord et la boutade d’Alioune Tine, après avoir consulté la liste des officiels du dernier colloque international à Abidjan- il était surpris de la coloration exclusivement nordiste de cette liste - finissent par convaincre que le "Bravetchè" a, une fois encore, atteint son objectif. Depuis lors, dans le milieu de ses adeptes, on entend souvent dire que l’homme est réputé pour faire ce qu’il dit. Il avait promis de « frapper le gouvernement moribond » de Bédié et qu’il tomberait. Le régime est effectivement tombé le 24 décembre 1999. Quelque temps plus tard il a promis au régime de la refondation de rendre la Côte d’Ivoire ingouvernable. La suite on la connait. Dix ans de rébellion ont été flanqués au pouvoir de Laurent Gbagbo. Ouattara est donc l’homme politique ivoirien qui défend crânement l’image de quelqu’un qui tient ses promesses. Seulement voilà, depuis quelques temps, il semble que ce sont plutôt les promesses qui lui tiennent tête. Il n’arrive plus à les tenir. Les Frci continuent de sévir alors qu’ils avaient 48 heures pour retourner à leurs activités champêtres. Il a déjà raté trois occasions de remettre la primature à son allié le PDCI. Les pluies de milliards tardent à tomber au point même que le discours politique est devenu désertique. Finalement, c’est mon ami qui avait raison. Ouattara ne tient les promesses que quand elles enfoncent le pays.

Joseph Marat

Le non des Ivoiriens à Dramane


Quand Dramane Ouattara va-t-il cesser de se cacher derrière des paravents et tirer des leçons du non constant des ivoiriens à tous ses appels. Le représentant permanent de Blaise Compaoré en Côte d’ivoire monsieur Baldini confiait récemment à un organe français qu’une partie des ivoiriens rejette Alassane Ouattara. A bien y réfléchir, c’est de Dramane seul qu’on peut dire une telle chose dans le milieu politique ivoirien. Ce n’est pas parce que qu’on ne vote pas pour Wodié par exemple qu’on le rejette forcement. Et nous faisons sous l’euphémisme du diplomate burkinabé cette observation non moins édulcorée qu’il ya au bas mot 80% des ivoiriens qui ont toujours dit non à Dramane Ouattara. En 2000 le débat préélectoral pour le vote de la Constitution s’est focalisé sur le "et" et le "ou" parce que l’homme politique ivoirien Dramane Ouattara ne voulait pas du "et". Malgré son appel officieux à s’abstenir, 86% des ivoiriens se sont déplacés pour voter. La présidentielle et les législatives de 2000 ont mobilisé respectivement 37% et 33 % d’électeur. Dramane Ouattara et son parti politique n’étaient pas en jeu. En 2010, après huit ans de soutien à une rébellion et un interminable tapage médiatique pour faire comprendre au monde entier qu’il était le messie tant attendu par l’ensemble des ivoiriens, Ouattara n’est pas élu au premier tour et il ne se plaindra pas d’être le second du "dictateur" Gbagbo. Au contraire il ne lèvera même pas le petit doigt pour appuyer les soupçons de fraude que son allié Konan Bédié fera peser sur les pratiques de la Commission Electorale Indépendante. Si on veut accordez du crédit à la CEI de Youssouf Bakayoko et de Bamba …on dira « tout ça pour se contenter de ne peser que 35% de l’électorat ivoirien derrière le "pestiféré" de Laurent Gbagbo ». A l’occasion, nous retenons que les ivoiriens se sont déplacés en moyennes à 81%. Pour les dernières législatives les médias internationaux ont parlé de désert électorat, les observateurs ont noté une faible participation. Les opposants plus cléments parlent de 14,33%, là où des indiscrétions à l’Onuci susurrent un taux de participation de 8%. La leçon à tirer de ces chiffres est claire : chaque fois qu’Alassane Ouattara a été concerné par une élection, les taux de participation et celle de l’abstention tutoient le plafond parce que les Ivoiriens ne souhaitent pas qu’il y ait une quelconque ambigüité quant à leur volonté de dire non à Ouattara. Pour le référendum ils ont dit non à Dramane Ouattara à 86%. A la présidentielle de 2010, ils sont sortis nombreux pour qu’il soit franchement battu. Pour les dernières législatives ils sont massivement restés chez eux parce que justement, il ne fallait répondre qu’à l’appel de Dramane Ouattara. Vous avez certainement noté avec moi que les seules fois où on retrouve les taux normaux africains de participation à des élections, c’est lorsque le chef de l’Etat actuel n’a pas été concerné : présidentiel et législative de 2000. Ne pas faire cette lecture à l’instar d’ailleurs de monsieur Baldini, c’est avoir la tête dans le sable comme une autruche.

Joseph Marat

dimanche, 11 décembre 2011

Génération privilégiée


Nous sommes des privilégiés. Et pour savourer chaque parcelle du privilège, il faut en être conscient. Nous vivons une période certes très difficile de notre histoire. Mais quelle attente ! Quel soulagement sera le nôtre au moment du dénouement. Nous sommes dans la salle d’attente, attendant que notre histoire avec la France accouche de notre véritable indépendance. Et la présence de Laurent Gbagbo, au cœur des dernières contractions de notre histoire n’est pas fortuite. Aucun homme politique n’a autant eu conscience de la force de la conviction. Ils sont nombreux qui font de la politique en Afrique, mais il n’y en a pas plus comme Laurent Gbagbo aujourd’hui, Mandela, Lumumba…hier qui aient compris que pour porter le fardeau de la délivrance de tout un peuple il faut se dépouiller de soi-même. Il faut porter en soi le monde pour ne pas en avoir besoin et pour ne pas en faire une faiblesse dans la marche de l’histoire vers la victoire. J’ai toujours du mal à imaginer que Mandela n’est pas un saint sur terre, tellement il est humainement impossible d’avoir une force de pardon qui avale sans sourciller 27 ans de racisme et d’enfermement. Il faut le faire. Laurent Gbagbo est une icône de la démocratie en Côte d’ivoire. Certains intellectuels mal inspiré croient atténuer l’effet de cette image en disant qu’on peut être fils des élections et en perdre le sens. Ils ignorent que c’est déjà énorme d’être fils des élections dans un microcosme de putschistes et de monarchistes. Tout compte fait, avec Laurent Gbagbo à la Haye, notre génération a le privilège de voir à travers ce procès, la fin de la domination Française sur ses anciennes colonies et sur toutes l’Afrique. Comme Mandela hier, Laurent Gbagbo, avec toute la générosité qu’on lui connait, a planté avant-hier le décor d’une lutte qu’il veut mener sans faiblesse contre la puissance prédatrice. Il laisse sur place les sous-fifres se contenter du privilège d’avoir été de banals instruments.

Joseph Marat

Ténèbres et lumière


On raconte souvent que les sorciers n’aiment pas la lumière. Et à l’épreuve de cette crise que la Côte d’Ivoire traverse depuis 2002, nous avons eu souvent l’occasion de voir que les ennemis de ce pays, pour prospérer, préfèrent se mouvoir dans la pénombre de la vérité. Aux faits qui défient toutes les limites de l’objectivité, ils opposent les versions des officines s’ils ne les fabriquent pas eux-mêmes, pour mieux accabler l’ennemi. A la base des événements de novembre 2004, il y aurait eu l’assassinat de 9 soldats Français. L’heure de la confrontation des preuves n’est jamais venue. Mais Dieu seul sait le nombre de couleuvres avalées par l’Etat de Côte d’Ivoire au nom de cette hypothèse. Dans le mois de mars dernier, à la faveur de la journée mondiale de la femme, la date a été choisie à dessein pour mieux émouvoir la communauté internationale, Abidjan se réveille un matin avec l’information de l’assassinat de 7 femmes dans une marche à Abobo. L’émoi que l’idée du crime odieux et abominable a suscité dans le monde a été un tournant décisif dans les arguments qui accélèrent l’arrestation du président Gbagbo. Depuis, c’est le silence radio. La vérité sur cet événement continuera de souffrir le règne des ténèbres. Je ne m’attarderai pas sur la vérité des résultats du deuxième tour des élections de novembre 2010. C’est la volonté de la tenir cachée qui débouche aujourd’hui sur le procès de Laurent Gbagbo à la CPI. Seulement avec le décor qui a été planté hier dans ce tribunal international où on a eu l’impression que le temps s’est enfin arrêté pour faire la place à l’éclatement de toutes les vérités et de toute la vérité sur le dossier ivoirien, la fin de la course du sorcier est inéluctable. Je prends le pari de penser que dans un prétoire où les invectives, les propagandes et les slogans n’ont plus de valeur face aux seules preuves de ce qu’on avance, le régime de Ouattara a de beaux jours devant lui.

Joseph Marat

Demi-réflexion (1)


Les intellectuels du RDR, notamment M. Maurice Bandama et le Professeur de philosophie Yacouba Konate ont organisé du lundi 28 au mercredi 30 novembre dernier, un colloque international sur "la renaissance de l’Afrique à partir des leçons de la crise ivoirienne". J’avais même pensé qu’ils prenaient des risques à vouloir réfléchir. Je me suis rendu compte après qu’ils avaient tout balisé pour ne produire que des demi-réflexions. Je me trompais car ils n’ont pris en fait aucun risque. L’un des panelistes venus colorer un peu le tableau verra même son espoir totalement déçu. Il a trouvé qu’on a pris soin d’éviter de poser les questions de fond.
Tenez, Alioune Tine, le président de la RADHO (Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme), paneliste pour la circonstance, a pris tout le temps d’une communication de 20 minutes pour ressasser les plaintes de Jean Ping. Dénoncer comme le président de l’Union Africaine le fait, que l’Afrique soit le seul continent pourvoyeur de la CPI. Votre serviteur qui assistait à cet atelier n’a pu contenir sa réaction. Je me suis inscrit, quand la parole a été donnée au public, pour dire au droit-de-l’hommiste sénégalais que posée de la sorte, il est évident que la solution au problème est loin d’être viable. On laisserait courir les criminels sur le continent, le temps que l’équilibre se fasse. Sur le chemin de la vertu, il n’est pas vertueux d’attendre les vicieux. Ne trouvez-vous pas que ce serait assez rafraichissant que l’Afrique, pour une fois et pour une cause aussi noble que la justice, soit classée première, après toutes places de tocards qu’elle occupe dans le concert des peuples ? La préoccupation qui devrait être celle des intellectuels dans ce genre de colloque est de se demander si la justice internationale est véritablement juste. N’est-elle pas devenue un instrument dans les mains d’une oligarchie politique ? Lorsque le procureur de la CPI arrive dans un pays où des gens se tapent la poitrine pour avoir levé une rébellion qui a fait au bas mot 15 000 victimes en une décennie et entretenu des commandos dits "invisibles" dans une localité urbaine ou on déplore des crimes abominables et qu’il conduit devant son tribunal le rescapé qui a résisté à la bourrasque de la violence, il est indécent de voir des intellectuels se réunir dans ce même pays pour parler de la couleur du ciel.

Joseph Marat