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dimanche, 11 décembre 2011

Demi-réflexion (2)



Il y a eu une autre demi réflexion que j ai subi au cours de ce colloque international sur la renaissance de l Afrique a partir des leçons tirées de la crise ivoirienne. Celle-ci est d’un ami ivoiro-camerounais philosophe. La critique que je suis sur le point d apporter a son intervention n enlève rien au génie que j admire en lui. Elle montre simplement a quel point ce colloque a été le lieu d’un refus de réellement réfléchir parce que contrairement a l’arithmétique, une demi réflexion ajoutée a une autre ne donne pas une réflexion mais une non réflexion. Mon ami Franklin Nyamsy a développé a l’occasion toute une théorie sur la colonialité, le colonialisme et l’anti colonialisme dogmatique pour remettre en cause les discours des souverainistes africains. Il a nommément cite Kadhafi, Mugabe et Gbagbo qui sont pour lui des démagogues, nouveaux dépositaires de la pratique coloniale à travers une perpétuation de la colonialité. Sans entrer dans le débat idéologique qui de toute façon aurait été inutile, j’ai demandé à mon ami comment on sort de cette gangrène qui, après l’esclavage la colonisation et le néocolonialisme françafricain, mine notre continent. La réponse de mon ami a été charmante. C’est par l’application stricte des règles de la démocratie que l’Afrique pourra s’en sortir. Oppressé par le temps le débat n’a pu se poursuivre. Mais je continue d’être intrigué par ce discours de la justification du mal par l’inversion des valeurs. En effet je continue de demander pour quoi l’absence de Blaise Compaoré et de Dramane Ouattara sur une liste noire qui mentionne Laurent Gbagbo ? Pour me débarrasser de mes incertitudes j’en ai déduit que mon ami sur le coup a fait aussi œuvre de démagogie et qu’il a servi aux organisateurs ce qu’ils voulaient entendre. Sinon ce n’est pas en s’accoquinant avec la puissance colonisatrice pour récuser les principes élémentaire de la démocratie, assassiner des chefs d’Etat et bombarder les palais que l’Afrique renaîtra durablement. Vous avez certainement compris que ce fut un colloque pour ne pas réfléchir.
Joseph Marat

vendredi, 02 décembre 2011

L’échec d’un dieu


Nous l’avons déjà écrit, et l’avons déjà ressassé, cela n’intéresse nullement Ouattara Dramane de diriger un Etat normal. Il veut se passé de ce que peuvent ressentir et penser "46%" de la population ivoirienne. Il lui plait de piétiner notre constitution. Et il se moque éperdument de ce qui peut augmenter sa côte de popularité en Côte d’ Ivoire. Si ses amis français sont contents, cela suffit pour le "bravetchè" national. Quelqu’un me disait hier que Ouattara vient de rater l’occasion de se faire accepter totalement par les ivoiriens. Ce n’est devenu un sujet tabou que depuis qu’il s’est hissé au pouvoir dans une violence inouïe. Sinon ce n’est un secret pour personne que depuis qu’il a fait irruption dans la vie de ce pays, il traine la casserole de l’intrus, mal aimé et mal intégré. Le seul ivoirien qui l’a en fait réellement intégré et mis en scelle en Côte d’ivoire c’est celui qu’il vient de livrer à la CPI contre notre constitution, contre le principe de la fraternité déclamer par notre hymne nationale et contre l’aspiration profonde de ses propres partisans à retrouver la communion d’avec les autres après le choc de la guerre postélectorale. On ne peut pas être plus ingrat. Et quand on est ingrat on ne mérite la sympathie sincère des hommes. Ceux qui vous suivent, au regard de ce dont vous êtes capable, le font tant que cela préserve leur intérêt. L’admiration s’érode nettement parce que la manie de la vengeance, quand on n’y a plus intérêt, éloigne de l’humanité. Or ce qu’on admire dans un homme c’est justement son humanité. Ils sont nombreux les amis du Rhdp qui ne se réjouissent pas du transfert de Laurent Gbagbo au TPI. Leur gène est le début d’un désamour pour l’homme en qui il avait place un espoir surhumain pour ressouder la société ivoirienne. Ils sont déçu parce qu’ils viennent de se rendre compte qu’il a échoué.

Joseph Marat

"Est-ce qu’on pense ?"


"Est-ce qu’on pense ?" Cette expression de l’argot ivoirien est une question qui veut en fait dire qu’on ne pense pas. Mais ce n’est pas nouveau. L’un des plus grands philosophes français de notre temps, Gaston Bachelard l’avait dit aussi. Il s’est inspiré de la "doxa" grecque. Pour lui, l’opinion ne pense pas. Oui, mais il y a bien une différence. Pour le philosophe, c’est la foule qui ne pense pas tandis que le sujet lui pense. Or dans l’argot, ivoirien c’est le fait même de penser qui est remis en cause. Alors depuis quand les Ivoiriens se sont-ils mis à ne plus vouloir penser ? Est-ce une coïncidence ou une transcription linguistique d’un phénomène sociopolitique en Côte d’Ivoire ? Une chose est certaine. Depuis qu’on a introduit la violence à l’école, en politique ; qu’on a fait des rebelles des modèles politiques et que la guerre a remplacé le dialogue dans le règlement d’un contentieux électoral, peut-il y avoir meilleure occurrence pour qu’on cesse vraiment de penser ? Sinon de vous à moi, que fait en prison quelqu’un qui, à la suite d’un certain nombre d’informations en sa possession, fait une analyse et parvient à la déduction qu’à une date précise il y aura une dévaluation ? L’attitude d’un gouvernement serein et sûr de lui n’est-il pas d’attendre arriver la date pour confondre le penseur menteur ? En France, pendant que le ministre de l’économie et des finances François Baroin, communique sereinement sur l’idée que son pays continue d’avoir son triple AAA, Jacques Attali, un économiste averti est encore sur la toile avec la certitude qu’il y a longtemps que la France a perdu cette fameuse position et que la seule chose qu’il espère avant janvier prochain, c’est la dévaluation de la monnaie européenne. Jacques Attali n’est pas en prison en France, ni dans aucun pays d’Europe. Ne pensez vous pas qu’en Côte d’Ivoire, nos goulags sont un peu trop remplis de gens qui n’ont fait que penser ? Et que nos rues grouillent de monde qui ne pense pas ? Une seule image : regardez la position actuelle du Prof. Ake Ngbo Gilbert, l’homme aux 22 diplômes universitaires et gardez vous de penser à celle de son remplaçant.

Joseph Marat

mardi, 29 novembre 2011

Gouvernance à vue


Voulez-vous avoir une idée de la pagaille qui règne dans la conduite de l’Etat de Côte d’Ivoire ? Il aurait fallu fréquenter cette semaine le grand carrefour de la Riviera II à Cocody. Le jeudi 24 novembre dernier à minuit, Le gouvernement de Ouattara a fermé cette grande voie qui relie Adjamé, Cocody et Bingerville au niveau du grand carrefour de la Riviera II. Imaginez la gène des automobilistes et des usagers qui, le lendemain, étaient obligés de se chercher des passages sur les voies cahoteuses d’Attoban et de la Riviera Palmeraie pour rallier soit leur lieu de travail, soit leur domicile. Quand on sait la densité de la circulation à cet endroit aux heures de pointe, le désarroi dans les embouteillages monstres est inimaginable. Le gouvernement Ouattara a justifié cela par le fait que les travaux du troisième pont devraient incessamment débuter. « On va faire comment, on n’a pas dit qu’on veut pont ! De toute façon un an de maquis pour s’offrir un pont ce n’est pas cher payé. C’est encore mieux que le bombardement de nos palais ! » Grande fut ma surprise, moi qui avais déjà commencé le compte à rebours, de constater à mon réveil ce lundi 28 novembre que le rond point de la Riviera II était de nouveau ouvert à la circulation. Quelqu’un me dit à côté que c’est la résurrection du carrefour de la II. Oui, parce que bizarrement ce doux calvaire qui berçait nos rêves de riche de pont a duré 3 jours comme le Christ dans son tombeau. Mais alors que deviennent le début des travaux du pont ? J’apprends qu’après les fêtes de fin d’année nous allons encore réapprendre à nous passer de ce grand carrefour de la voie Mitterrand. On s’est regardé et quelqu’un s’est interrogé « mais Dramane ne savait-il pas que les fêtes arrivaient ?» Un autre a répondu : gouvernance à vue et de courte vue.

Joseph Marat

Koenders se croit en brousse


« Le conseil constitutionnel est une institution principale dans le pays, elle est très importante avant les élections par exemple sur les contentieux, mais aussi après. Il est donc important de connaitre son point de vue », d’après une déclaration de Bert Koenders, le remplaçant de Choi en Côte d’Ivoire, a l’issue d’une rencontre avec Francis Wodié. Quoiqu’ on ne perçoive pas bien l’opportunité d’une telle assertion tautologique, on aimerait bien savoir s’il s’agit d’une critique adressée à Choi son prédécesseur qui avait totalement ignoré l’importance du Conseil Constitutionnel ou faut-il penser que Koenders nous informe que cette Institution est devenue principale et importante depuis peu, depuis qu’elle est dirigée désormais par l’ami de Dramane Ouattara ? Dans un cas comme dans l’autre, il est autant ridicule que celui qui l’a précédé dans cette fonction. Si c’est une critique qu’il adresse à Choi pour remettre l’organisation des Nations Unies à la place qui est la sienne dans la crise ivoirienne, il devrait commencer par lire la charte des Nations Unies et la Constitution de l’Etat de Côte d’Ivoire. Comprendra-t-il, peut-être, dans un premier temps, que l’Institution qu’il visite n’est ni importante ni principale parce que, quelle que soit la renommée de celui qui la dirige, son mandat est illégal. Nous ne ferons pas de dessin. Le Conseil Constitutionnel est prestigieux dans L’ordre juridique de la nation ivoirienne, mais pas celui que dirige Francis Vanga Wodié. Deuxièmement, il est vrai que ces derniers temps, la sauvagerie des rébellions rappelle constamment l’âge néolithique de notre humanité, mais Keonders doit savoir qu’il ya longtemps que nous avons cessé de vivre dans les arbres en Côte d’Ivoire. C’est en toute souveraineté que le peuple ivoirien s’est doté en 2000 d’une Constitution qui fait du Conseil Constitutionnel la clé de voûte de notre arsenal juridique. Nous connaissons donc son importance. Mais nous comprenons aussi pourquoi ce fonctionnaire international, petit fils d’esclavagistes, tient à nous shooter l’importance de ce conseil-ci. Il sait que nous savons qu’il n’émane pas de nous, mais de ses mandataires.

Joseph Marat.

dimanche, 27 novembre 2011

Nous avons tous des fusils sur la tempe.



Sont-ils vraiment sérieux ? On aurait bien aimé que cela soit une plaisanterie de mauvais goût. Mais que non ! Cette réflexion me vient, suite à la lecture d’un article d’un confrère, éboueur des couloirs du palais de la justice du Plateau, sur le rejet de la requête de mise en liberté provisoire d’un autre confrère : Herman Aboa. C’était un reportage et Landry Kohon de ‘’Frat-mat ‘’ est resté droit dans ses petits souliers de journaliste professionnel, aucun commentaire désobligeant. Mais nous avons perçu le message. Avec un fusil sur la tempe vous pouvez même renier vos propres parents. A plus forte raison. Sinon le professionnalisme n’interdit pas au journaliste de rappeler à l’occasion les termes de la loi ivoirienne qui interdit l’incarcération des journalistes. A moins qu’il ne soit lui-même convaincu que dans l’exercice de notre profession nous sommes des miliciens soupçonnables d’ « Atteinte à la défense nationale ; complot contre l’autorité de l’Etat ; constitution d’une bande armée ; direction ou participation à une bande armée ; participation à un mouvement insurrectionnel, coalition de fonctionnaires atteinte à l’ordre public ; rébellion ; usurpation de fonction, et enfin tribalisme, ou xénophobie. » Pour établir une pareille liste de chefs d’inculpation à l’endroit d’Herman Aboa, il faut avoir pris Dramane Ouattara au sérieux lorsque, devant l’impertinence des journalistes américains, il a botté en touche en disant que ce dernier est un milicien. Depuis, ce jeune homme est écroué à la Maca au mépris de la loi qui protège notre corporation.
Dans l’affaire, j’ai aussi compris qu’il n’y a pas que le journaliste reporter qui a un fusil sur la tempe. Le juge qui refuse sa mise en liberté provisoire a-t-il jugé en son âme et conscience ? Si c’est un juge ivoirien, lui, devrait savoir qui est Herman Aboa et se dire que ce n’est pas parmi les agents de la RTI que se comptent les miliciens. C’est l’adage qui le dit : « Quand on veut noyer son chien on l’accuse de rage. » Nous sommes donc tous autant que nous sommes en sursis en Côte d’ivoire. Il suffira à Dramane, qui nous connaît peu, de nous prendre pour des miliciens, selon ses humeurs, pour que nous perdions tous nos droits civiques.

Joseph Marat

jeudi, 24 novembre 2011

Machine à dette grippée

Alassane Dramane Ouattara est encore en Europe. Le ratio d’un voyage par mois se confirme. Quelqu’un nous avait même prévenu de nous habituer à ce rythme de déplacement du chef de l’Etat en Europe. Il a des CR mensuels à faire. Un autre s’était même engagé dans un débat pour dire que c’est en Côte d’Ivoire qu’il vient de temps en temps sinon c’est là-bas qu’il réside. Quoi de plus normal. Il est au travail. L’homme qui a dit que son travail c’est de chercher l’argent, qu’est ce qu’il a à faire ici, autour de vos cases ruinées par la misère ? En tout cas Dramane est en Europe et il faut qu’il y soit parce que c’est là-bas qu’on trouve l’argent et il est pressé par le temps. Il lui reste à peine un mois pour boucler la récolte d’au moins 2500 milliards. Il nous avait promis d’endetter la Côte d’Ivoire au delà de 12 000 milliards au bout de cinq ans de gouvernance. Ce n’est certainement pas en mettant les Ivoiriens au travail ici qu’il y parviendra.
Mais, même là notre "bravetche" national est à la peine. Il tourne à vide. La science semble souffrir d’obsolescence. Le compte n’est pas bon. Heureusement pour nous qui avions rêvé de vivre dans un Etat sans dette. 45 milliards pour un programme présidentiel d’urgence. L’homme était encore cloîtré au golf hôtel. 260 autres, juste après l’arrestation du président Gbagbo. Et les indécrottables se sont mis à rêver. Aujourd’hui 82 milliards pour le financement de cinq autres projets viennent de lui être remis par José Manuel Barosso. Quand on fait le point, on est loin du compte. 387 milliards au total sur les 12 000 milliards après un an. Juste des jetons que l’Etat ivoirien s’était habitué à s’offrir lui-même. Réjouissons-nous que la machine à s’endetter soit grippée.

Joseph Marat

Il est là, le débat sur la dévaluation aussi


Il me plait de conseiller aux compatriotes ivoiriens de ne pas rechigner à débattre avec leurs camarades du Rdr. Si les armes se sont quelque peu tues et qu’ils consentent maintenant à discuter, je vous assure que c’est très intéressant de les écouter. Ce sont des gisements inépuisables du ridicule qui, heureusement, ne tue pas.
Je trouve un matin un "fou" de Dramane Ouattara attablé à un kiosque à café. Il prenait son aboki. Après les salamalecs, je lui lance «frère, comment va maintenant le pays ? » il me répond : « au début c’était un peu difficile mais maintenant tout va bien. Nous sommes à 8% de croissance et on prévoit même un taux à 2 chiffres d’ici l’année prochaine. » Quoique le ton soit un peu caverneux, j’ai apprécié la variation du langage. Au lendemain de l’arrestation du Président Gbagbo, tout allait déjà bien pour eux. Reconnaitre que c’est à cette époque que c’était dure, je me dis que le triomphe de la vérité ne se presse pas. Je n’ai pas eu besoin de commenter les 8 % de croissance, soit un point de croissance à chaque voyage mensuel de Dramane en France. On ne s’acharne pas sur quelqu’un qui est déjà au tapis. Il est victime de l’intox. Alors Je relance le débat et lui dit : « mais, on parle de dévaluation pour le premier janvier prochain, c’est ce qui va certainement booster la croissance ?» ; « oh non c’est faux, il n’y aura pas de dévaluation. J’ai écouté Rfi la dernière fois. Des spécialistes disent que ce n’est pas possible. Et je pense qu’ils ont raison parce qu’on ne peut pas dévaluer la monnaie d’une économie en pleine croissance. » Ah oui ! J’avais oublié les 8 % de croissance et le fait même que pour nos frères d’en face n’importe quel quidam blanc qui a feuilleté deux ou trois pages sur les Pygmées du Gabon et les Massaïs du Kenya est un spécialiste de tous les problèmes d’Afrique. Alors je lui rappelle timidement qu’en 1994, les mêmes spécialistes avaient nié la même évidence parce qu’une dévaluation ne s’annonce pas officiellement de peur de créer une panique financière. «S’ils font ça, nous allons quitter le FCFA pour créer notre propre monnaie…» Écoutez, j’en avais pour ma dose journalière.

Joseph Marat

mardi, 22 novembre 2011

Jean Marc Simon l’anti - diplomate

« Tout est relatif.» C’est Albert Einstein, l’icône de l’intelligence de notre modernité qui, au sommet de toutes ses certitudes scientifiques, est parvenu à cette conclusion. Elle sert aujourd’hui de boussole à toute réflexion qui veut trancher avec la sottise de la subjectivité et se revêtir d’un bout d’objectivité. Surtout quand il s’agit de se prononcer non sur son propre goût pour la cruauté mais de produire l’analyse d’un fait vécu par au moins deux personnes.
Face à la question «qui est responsable de la crise postélectorale ?» ; nous sommes souvent frappés par le manque de recul réflexif dans la réponse que donnent les tenants du pouvoir actuel, prêts à se blanchir au-delà du possible. Dramane Ouattara, n’en parlons pas. Lui, trouve même qu’Hermann Aboa est un milicien. Soro Guillaume, Gnenema Coulibaly, Kouamé Bruno, Ahoussou Jeannot… nous ont tous joué le coup du procès achevé de Laurent Gbagbo et ses partisans avant de trouver que les enquêtes allaient situer les responsabilités pour les Frci…
Il faut aujourd’hui ajouter à cette liste le nom du chef de la diplomatie française en Côte D’Ivoire : Jean Marc Simon. Ce monsieur, après s’être longuement fourvoyé dans une interview accordée à un confrère, a trouvé que Gbagbo est le responsable de tout. Et que depuis qu’il n’est plus là, nous vivons dans le meilleur des mondes possibles. Que répondre à cela si ce n’est lui proposer l’éclairage de maître Lucie Bourthoumieux, avocate du président Gbagbo « il serait insultant de dire que le président Gbagbo n’a aucune responsabilité dans cette crise que connaît la Côte d’Ivoire depuis 1993. Je dis bien 1993. Aurait-il fallu qu’en 1993, il dise à Ouattara "oui monsieur le premier ministre piétinons la constitution, prenez le pouvoir et donnez moi un strapontin" ? En 2004, aurait-il dû applaudir la France qui canardait la population ivoirienne devant l’Hôtel Ivoire ? Quand en 2010, le Conseil Constitutionnel, s’appuyant sur la constitution adoptée par referendum sous Robert Guéi dit que c’est lui qui est élu au regard des PV des bureaux de vote et des observations factuelles des observateurs internationaux, y compris ceux de l’Union Européenne, Laurent Gbagbo aurait-il dû dire "comme la communauté internationale dit que ce n’est pas moi le vainqueur donc je m’en vais ?" » Le bon sens est-il encore la chose la mieux partagée dans le pays de Marc Simon ? Simple question.

Joseph Marat

Gouverner se pense

Une opposition constructive, ça aide. Ça permet de garder la forme, de se faire au rouage du métier et de se préparer à exercer le pouvoir. Alassane Dramane Ouattara a fait irruption dans le microcosme politique ivoirien en 1989. Quatre ans plus tard, à la mort d’Houphouët Boigny en 1993, il faisait ses premiers pas dans l’opposition. Cela faisait 18 ans d’opposition, le 11 avril dernier quand il accède au pouvoir suite à l’arrestation du président Laurent Gbagbo. Avec un peu de recul, que pouvons-nous retenir de l’opposition de Dramane Ouattara ? Qu’a-t-il apporté aux différents régimes qui se sont succédé à la tête du pays ? S’il ne les a pas aidés, les a-t-il, au moins, laissés travailler pour apprendre en regardant ? Ou bien s’il savait déjà tout, à part les slogans de campagne qui tiennent généralement sur des quarts de page A4, lui connaissez-vous un livre où il élabore un projet de société ou un programme de gouvernement ? Quand on veut gouverner un pays, on prend le temps de penser et d’écrire ce qu’on veut faire. Cela sert par la suite de boussole ou de guide de gouvernance. Les slogans devant des foules de badauds qui ne comprennent que le langage du boucan et les séminaires gouvernementaux, dans le feu de l’action pour rattraper des tares, ne suffisent pas. « Un million d’emplois en 5 ans », c’est bien beau de le crier à tue-tête, mais quand on n’y a pas suffisamment réfléchi, il est difficile de le réaliser. Aux milliers d’emplois qui se perdent depuis qu’il est au pouvoir, vient s’ajouter la mauvaise gestion de la seule activité gouvernementale visible depuis le 11 avril dernier : le nettoyage des rues. Que peut espérer la jeunesse ivoirienne d’un régime qui a du mal à assurer des emplois de balayeurs de rue ?

Jaseph Marat