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mercredi, 20 juin 2012

Le tribun de la Haye


A l’occasion de cette date marquante du 18 juin 2012, je voudrais me recueillir sur la force du destin que peuvent lui envier aujourd’hui tous ceux qui se sont essayés à la politique et qui par leurs méthodes rebutent certains de leurs propres partisans. Il y a un journaliste d’en face qui comparait par dérision le président Laurent Gbagbo au Christ. Il le nommait exactement le « Christ de Mama ». Mais il ne croyait pas si bien dire. Avec un peu de recul je me demande si ce n’était pas une réalité transcendante qui le conditionnait à designer, malgré lui, une réalité immanente. Sans donner dans le blasphème qui pourrait écorcher le fétichisme religieux de certains, je peux dire sans grand risque de me tromper qu’à l’instar de Jésus Christ, pour nous Ivoiriens, le président Laurent Gbagbo fait partie des grands hommes de notre humanité. Il partage avec eux le même parcours et le même rapport avec le temps et la vérité. Ce sont des visionnaires qui étaient en avance sur leur époque et qui ont été confrontés à la brutalité de leurs contemporains qui étaient tellement collés à leur confort matériel qu’ils étaient incapables de voir au-delà de leur nez. Ces grands tribuns de l’histoire ont connu la persécution, l’humiliation, l’incarcération…La parole de Dieu dit que sur leur chemin se trouvent toujours les ennemis qui malgré eux, les aident, à s’élever dans le firmament de la grandeur. Le substitut du pharaon, Joseph a connu ses propres frères qui l’ont vendu ; sur le chemin du roi David, il y a eu le roi Saul ; Socrate a été condamné par des sophistes qui trouvaient qu’il corrompait la jeunesse en leur ouvrant l’esprit ; Jésus Christ a connu les pharisiens qui ne toléraient pas qu’il dématérialise la foi en Dieu ; la violence coloniale a donné tout son sens à la non violence de Ghandi ; le système ségrégationniste a privé Mandela de 27 ans de sa vie. En Côte d’Ivoire, quand Laurent Gbagbo a décidé d’émanciper son peuple du joug de la domination impérialiste et de lui enseigner les valeurs de la démocratie, il a rencontré sur son chemin Alassane Ouattara. Fort de l’histoire de ces grands hommes, notre génération refuse de voir l’histoire se dédire. Accuser de meurtre contre l’humanité, et malgré les gesticulations de l’accusateur qui rêve que prospèrent ses faux témoignages contre cette icône de notre démocratie, la reconnaissance internationale est en train de sourire au digne fils de Mama. La liberté même provisoire pour un « pestiféré accusé de crime contre l’humanité » devrait être perçue par le régime d’Alassane Ouattara comme un désaveu. Même si l’homme devait finir ses jours dans une retraite dorée en Ouganda, toute la mobilisation autour de sa personne à la Haye, pendant que ceux qui se croient blancs comme neige triment avec le pouvoir qu’ils lui ont arraché, devrait suffire pour convaincre plus d’un de la dimension historique de Laurent Gbagbo.

Joseph Marat

Le cirque d’Amadou Soumahoro


Le secrétaire général par intérim du Rdr, Amadou Soumahoro a organisé une conférence de presse avant-hier, au siège de son parti à Cocody, pour répliquer à celle du FPI qui avait gravement critiqué le régime d’Alassane Ouattara. Dans la forme, c’est une grande première. Que celui qui vociférait, il y a peu, que celui qui attaque Ouattara finit au cimetière, oublie les ossuaires pour troquer sa cape de faucheuse avec une toge de conférencier, voila le signe que le « le changement, c’est maintenant » Alassane Ouattara a été sérieusement attaqué et au lieu de prendre ses dispositions pour envoyer les agresseurs au cimetière, le voila muer en conférencier pour amuser la galerie. Parce que dans le fond, Amadou Soumahoro a été plus que ridicule au cours de cette conférence de presse. Mis à part le fait qu’il ait botté en touche par rapport à tout ce qui a été reproché à Alassane Ouattara par le FPI, même sur les pistes de débat qu’il ouvre, Amadou Soumahoro a montré qu’il n’est pas à la hauteur. On a quelque fois honte que notre classe politique puisse compter des personnes comme lui. Quelques repères pour vous faire comprendre mon désarroi. Amadou Soumahoro a annoncé que son parti convoiera toutes les victimes de la crise postélectorale à la Cour pénale internationale (CPI), le 13 août 2012, date de l'audience de confirmation des charges contre Laurent Gbagbo. Il a oublié que son parti et lui se sont saisis de celui-ci pour le déporter à la Haye parce qu’il a, selon eux, tué 3000 personnes. Hors mis le fait qu’il ignore que ce n’est pas lui, encore moins le jour de cette audience qu’il faut présenter les victimes, on se demande bien comment ils feront au RDR ? Vont-ils exhumer tous les corps et transporter les ossements devant la CPI ? Que celui qui y comprend quelque chose m’écrive à josephmarat@yahoo.fr. Je suis malheureux de ne pas pouvoir comprendre ceux qui gouvernent actuellement mon pays. Et, il ne s’arrête pas là, au cours de cette conférence ! Tenez : « J'ai vu quelques preuves contre l'ancien président, c'est vraiment du costaud. Il y a des films, des diapositives, des images et des vidéos dans lesquelles Gbagbo demandait à l'Armée de prendre ses responsabilités » Il ne dit pas milice, mais bien l’armée. Qu’est qu’il y a de plus normal qu’un chef d’Etat demande à son armée de prendre ses responsabilités, c’est-à-dire de faire ce pourquoi elle est constituée en ripostant vigoureusement contre les hordes d’assaillants ou les commandos dits invisibles qui mettent en mal la sureté de l’Etat ? Il y a d’autres petites « kandianeries » que je vous épargne pour vous donner une image. Celle d’un animal féroce dans un cirque. Généralement, il n’a plus de dent pour faire mal. La conférence de presse d’Amadou Soumahoro était donc un cirque ou il est venu amuser la galerie au lieu de répondre aux véritables attaques contre Ouattara.

Joseph Marat

Où est Lida Kouassi Moise ?


L’expérience a nourri une image qui est devenue une vérité aujourd’hui dite relative à cause de l’avancée de la science. En revanche même si le progrès a permis de créer une rupture scientifique qui permet de relativiser désormais la force du dicton, il ne demeure pas moins pertinent d’y avoir recours en certaines circonstances pour côtoyer le vrai. L’opinion a longtemps dit qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Certes l’idée que le fumigène qui est une fumée sans feu contredit l’opinion sur la question, mais elle ne bat pas totalement en brèche le fait qu’il y a des fumées qui sont nécessairement occasionnées par le feu. Pour dire que la politique actuellement en Côte d’Ivoire est loin d’être un spectacle. C’est dans les spectacles qu’on jette des bombes de fumée artificielle sur la scène. Dans notre pays la politique est devenue très dangereuse. Il y est beaucoup plus question de mort d’hommes que de la véritable gestion de leur bien-être. Nous sommes dans un pays où le spectacle politique est devenu beaucoup plus crispant que divertissant. Il est donc difficile de confondre les fumées. C’est le lieu plus que jamais de croire que ce type de fumée est toujours en amont d’un feu. Depuis quelques jours la cité grouille de cette rumeur persistante que Moise Lida Kouassi serait mort. Depuis que cette rumeur court, le régime a tenté de nous distraire avec l’arrestation imaginaire de Koné Katina et même la rediffusion du show télévisé d’Hamed Bakayoko. Mais il fait la sourde oreille sur la rumeur du décès de celui qui leur a promis de faire mains et pieds pour les aider à désamorcer tous les coups d’Etat que les dirigeants du FPI en exil comme à l’intérieur prépareraient contre le régime d’Allassane Ouattara. En attendant son ordre de mission, la rumeur l’a déjà assassiné et ce qui est intrigant dans l’affaire, c’est le silence assourdissant du gouvernement d’Alassane Ouattara. Cela est intrigant parce qu’on connaît la propension de ce gouvernement à faire croire qu’il ouvre les bras à tous les Ivoiriens qui ont envie de rentrer de leur exil. Si Lida Kouassi, qui a promis devant la face du monde sa coopération exclusive avec ce régime, devrait disparaître dans la nature, cela peut-il rassurer ceux qui hésitent encore à rentrer et qui n’ont d’autres solutions que de penser que la seule manière pour eux de retrouver leur terre natale dans la quiétude sera de s’assurer qu’ils ne seront pas broyés les uns après les autres ?

Joseph Marat

Les accords privés de la parenthèse


Que cache le déplacement d’Alassane Ouattara en Israël ? Officiellement on parle d’une visite d’Etat pour prendre part à la conférence «Facing Tomorrow 2012» organisée par son homologue Shimon Pérès. Les supputations disent plutôt qu’il n’a plus confiance en la France et qu’il serait allé en Israël, chercher un autre parrain aussi puissant que son ami Sarkozy pour continuer à tenir les rênes du pouvoir. Ces dernières supputations ne sont pas loin d’être. La preuve, le chef de l’Etat ivoirien a convoqué dans une sorte de précipitation, son ministre délégué à la Défense, monsieur Paul Koffi Koffi, à le rejoindre en Israël. Ce qui serait lié à la conclusion de contrat d’armements et d’assistance en matière de renseignements. En termes plus simples, Alassane Ouattara est allé signer un autre accord de défense avec l’Etat juif. Du coup, celui qu’il a signé avec le président Sarkozy devient caduc puisque les deux puissances ne peuvent pas se disputer la protection d’un seul homme. S’il nous fallait une preuve palpable de la distance prise par la France vis-à-vis du pouvoir d’Abidjan depuis l’élection de François Hollande, nous sommes servis. Dans un monde propice au fonctionnement des réseaux, il n’est pas rare de voir un chef d’Etat se laisser parrainer par une puissance. Surtout quand la question de souveraineté est le dernier des soucis du chef d’Etat africain. Alassane Ouattara peut donc aller de branche en branche, à sa guise. Ce n’est certainement pas là que se situe le problème. Ce qui est malsain et pose problème pour un Etat normal c’est la nature des accords qu’il signe au gré de ses humeurs. Alassane Ouattara dit qu’il a été élu par le peuple de Côte d’Ivoire sur la base de la Constitution dont il s’est doté en 2000. Le moins qu’on puisse lui demander est qu’il agisse réellement en représentant du peuple ivoirien. Sa personne devrait s’effacer un peu au profit de l’Institution et du peuple qu’il prétend représenter. Qu’est-ce qui explique que le récent accord de défense qu’il a signé avec Nicolas Sarkozy soit devenu du coup caduc alors qu’on s’attendait à ce que cet accord soit entériné par le parlement ivoirien ? Au nom du principe de la continuité de l’Etat, il ne suffit pas qu’un chef d’Etat s’en aille pour que des accords entre Etats deviennent caducs. Si les accords de défense qu’Alassane Ouattara et Nicolas Sarkozy ont signés l’avaient été dans l’intérêt bien compris des deux peuples, pourquoi la partie ivoirienne s’empresse-t-elle de les rendre obsolètes sans en avoir auparavant discuté avec le nouveau chef d’Etat français ? Les Ivoiriens ont donc des raisons d’être gênés et même inquiets parce que leur chef d’Etat se promène pour signer des accords privés sur leur dos. Comme quoi, l’imposture continue…

Joseph Marat

Un mensonge pourquoi…


Les Unes des organes de presse étaient contradictoires ce samedi matin. Alors que les Verts annonçaient l’arrestation du porte-parole du président, les Bleus le démentaient. Sur le net, un organe de la place a même affiché les deux Unes. « Katina arrêté » et « Katina n’a jamais été arrêté ». Une bonne pagaille à l’image de la situation du pays. De la ‘’République’’ des Dozos, nous sommes passés à celle de l’intox en moins d’une semaine. Jusque-là, on nous avait habitués aux armes qui crépitent à chaque revendication démocratique. Depuis quelques temps, le régime de Dramane Ouattara est passé à une autre phase de communication. Et nous comprenons aisément pourquoi. Il n’est pas facile de canarder des opposants quand on n’a plus de parrain puissant, capable de tuer dans l’œuf la réprobation de la communauté internationale. Mais cela suffit-il pour donner carrément dans l’intox ? Utiliser les medias d’Etat pour mentir sur l’arrestation d’un homme politique, juste deux jours après avoir organisé une émission grand format à la télévision pour déverser des contre-vérités sur un parti politique parce qu’il refuse de faire le jeu de la compromission politique, donne simplement la mesure de l’incapacité d’un régime handicapé et désormais sans béquilles. On panique et on veut prendre le peuple à témoin. « Ils veulent nous renverser !» Comme si le phénomène était nouveau pour eux. Mais la panique et l’incertitude ne suffisent pas aussi pour justifier un tel mensonge sur l’arrestation du porte-parole du président Laurent Gbagbo. Cette mascarade en plein week-end répondait à un objectif bien plus secret : couvrir par un bruit très assourdissant la rumeur du décès de Lida Kouassi et la réaction virulente du FPI face aux accusations de coup d’Etat. Cette rumeur et le contenu de la conférence de presse de Miaka Oureto auraient gonflé et occupé la conversation des ivoiriens. Il fallait mentir sur l’arrestation de Katinan pour noyer le poisson. Mais justement, la ouattarandie ne sait peut être pas que c’est une gageure de vouloir noyer un poisson. Parce que quand tout le monde aura fini de se rendre compte que le régime a menti, il lui faudra nous montrer des signes de vie de Lida Kouassi qui n’avait plus à être caché puisqu’il a pris l’engagement de sauver le régime par sa collaboration. Ensuite réagir en conséquence par rapport à la conférence de presse du FPI qui n’a pas mâché les mots pour dire des choses que le régime de Ouattara Allasane en temps normal ne tolère pas. Que va-t-il faire maintenant ? Envoyer, à l’instar d’Affi N’Guessan et les autres, toute la direction du FPI dans les goulags du nord ? Nous attendons tous de voir cela ou d’intégrer les vérités du FPI comme des révélations incontestables de l’imposture.

Joseph Marat

lundi, 18 juin 2012

7, le chiffre du complot


Le parti politique du président Laurent Gbagbo, le FPI ne veut pas se laisser faire. Il envisage porter plainte contre l’actuel régime pour calomnie et diffamation. Cela a été dit lors d’une conférence de presse animée hier par le président par intérim Miaka Oureto. C’est le lieu de le dire, l’homme politique qui garde la maison FPI est sorti de ses gonds dans son propos liminaire. Si Dramane Ouattara ne s’est pas ramolli, il devrait, après cette déclaration, mettre au cachot toute la direction du FPI dans les jours qui viennent. Parce que c’est pour moins que cela qu’Affi N’guessan et tous les autres sont dans les goulags du nord. Tout y est. De l’origine et du parcours de Dramane Ouattara à son dernier complot contre le président Gbagbo en passant par ses connexions avec les puissances impérialistes pour tenir la Côte d’Ivoire sous le joug de la misère. Ils ne devraient pas échapper au courroux du messie Dramane après s’être autant défoulés. Le FPI n’y est pas allé du dos de la cuillère et pour ma part il m’a ouvert les yeux sur une chose : la régularité du chiffre 7 quand l’actuel chef de la dramanie veut lancer le rouleau compresseur contre le président Gbagbo. Tout se passe comme s’il envoyait un signal à tous ses relais médiatiques, militaires et juridiques pour lancer la machine à broyer Gbagbo et pro-Gbagbo. C’est avec le sacrifice de 7 femmes à Abobo, alors que le commando invisible y semait la désolation et qu’on avait déjà tué les villageois d’Anokoi Kouté et qu’on venait de porter en terre une cinquantaine de policiers et gendarmes morts sur ce front de guerre, que toute l’opération militaire a été déclenchée contre le régime du président Gbagbo. On se souvient comment cette affaire a été montée en épingle pour justifier l’opération d’une guerre internationale contre un démocrate. Cette fois c’est l’assassinat de 7 casques bleus originaires d’un pays ami, qu’on a commandité pour mettre en marche la machine du complot. L’objectif est le même. Continuer à noircir l’image du président Gbagbo en le faisant condamner à la Cour Pénale Internationale le 18 juin et mettre, une fois encore, en place un plan diabolique de persécution des pro-Gbagbo. Mais les démons des coups funestes semblent avoir, cette fois, lâché le messie Dramane. Et je comprends pourquoi un ami me disait que nous devrions nous réjouir qu’on ait déplacé la date de la confirmation des charges contre le président Laurent Gbagbo parce que dans ce genre de mécanique, il suffit qu’un maillon ne soit pas a sa place pour bloquer l’engrenage. Il paraît qu’on aurait fait revenir à leur base les hélicoptères qui avaient décollé pour aller pacifier l’ouest du pays. L’effervescence onusienne n’est pas très perceptible. Rfi parle d’un prétendu coup d’Etat et interroge même des gens qui doutent de la pertinence du show médiatique d’Hamed Bakayoko. La Licorne n’a jamais été aussi discrète. Et aujourd’hui Miaka Oureto, d’habitude avenant avec la dramanie pour dompter la bête et ramener le débat dans l’arène républicaine, s’est révolté. Les poètes parlent déjà du chant de cygne…

Joseph Marat

La terreur et après…


J’ai aperçu sur un canard, ce week-end, qu’Hamed Bakayoko est l’homme qui fait trembler actuellement le FPI. Après avoir noté le caractère exceptionnel de cette peur qui est tout à l’honneur du FPI qui jouit ici de l’image d’un parti politique généralement imperturbable, je me suis demandé dans l’instant qui suit : à qui Hamed Bakayoko ne ferait pas peur ? Faire peur, au sens trivial du terme, n’est-il pas le travail de cet homme ? Pour ceux qui le connaissent bien, depuis son bref passage à la cité universitaire de Mermoz où il était le compagnon d’un certain Thierry Zebié, jusqu'aujourd’hui terroriser n’est-il pas sa principale activité ? Il a tellement prospérer dans la pratique que dans un régime qui se nourrit de la peur du peuple, il est devenu un homme incontournable. Un ami me disait un jour, sur un ton de confidence, qu’Hamed Bakayoko est le véritable premier ministre du pays. Ayant perçu que je n’en étais pas surpris, il ajoute : « je trouve même qu’il joue exactement le rôle d’un vice-président ». Après le dernier « One man show » de l’homme à la RTI version FRCI, je me suis retrouvé autour d’un pot avec le même ami qui entre temps avait promu le sieur Hamed Bakayoko. Il était convaincu après tout ce qu’il venait de faire ces derniers jours dans l’affaire Lida Kouassi-putschiste-repentant que l’homme est le véritable chef d’Etat de Côte d’Ivoire. Une fois encore je n’étais pas surpris. Je lui ai simplement dit que cela est tellement vrai qu’au dernier conseil des ministres, Hamed Bakayoko a reçu un ban de tous les ministres, le chef Alassane Dramane Ouattara en tête. j’ai alors profité pour lui raconter cette petite histoire bien drôle qui circule sous cape et dont l’authenticité est loin d’être douteuse. Il aurait été envoyé en mission de bons offices en Guinée Equatoriale pour demander le concours du président Obiang N’guema pour faire face à la crise économique que nous traversons depuis que les cargos de billets de banque ont cessé de fendre notre ciel. Ce dernier l’aurait reçu avec toute l’amabilité dû a son rang et lui aurait recommandé de rentrer en contact avec son conseiller. Quand notre émissaire a franchi le pas de la porte du conseiller du président Obiang Nguema, celui qu’il voit derrière le luxueux bureau est un haut cadre du dernier gouvernement du président Laurent Gbagbo. Le ministre Ahoua Don Mello en l’occurrence. Celui-ci a reçu son concitoyen et ex-collègue de gouvernement et lui a dit ceci : « j’ai compris votre préoccupation et on vous rappellera. Mais j’espère que vous avez compris que c’est ce que nous essayions de faire avec le président Gbagbo pour faire vivre la Côte d’Ivoire. Chercher des ressources dans notre partenariat avec les autres pays avec qui nous discutions sur un pied d’égalité. Vous avez cru en des sornettes de pluie de milliards…» Imaginer la suite et essayer de vous faire une idée d’un gouvernement dans lequel Hamed Bakayoko est en première ligne.

Joseph Marat

vendredi, 15 juin 2012

Hamed Bakayoko ne rassure pas

Hamed Bakayoko ne rassure pas et il ne pouvait en être autrement. L’homme est pris dans sa propre nasse. Il faut plus que son show télévisé d’hier pour convaincre les moins sceptiques d’entre nous et rassurer ceux qui ont des raisons objectives de s’inquiéter. Aujourd’hui la question que la plupart des ivoiriens se posent est de savoir si Dramane Ouattara et ses hommes maitrisent la situation sécuritaire actuellement dans le pays ? Avant-hier un ami m’a sorti d’un demi-sommeil pour me demander de faire l’effort de jeter un coup d’œil sur la RTI. Hamed Bakayoko était en train de faire l’exposé de ses fameuses preuves. Au bout d’une heure, j’ai eu droit à une déclaration d’un certain Kato Gnatoa, les prétendus aveux de coup d’Etat du ministre Lida Kouassi et quelques copies d’email que ceux qu’il identifie à des comploteurs ont échangé. Autour de ces trois petits « trucs » Hamed Bakayoko a produit une logorrhée inutilement hautaine et insultante. Dans un état de droit, Lida Kouassi n’avait pas à faire des aveux télévisés. C’est la meilleure façon de semer le doute dans la tête des citoyens. Cet élément n’a été rien d’autre que la confirmation que nous sommes dans un Etat d’exception parce que rien ne nous dit que pour le besoin de la cause, le ministre qu’on a extradé en dépit de tout protocole régissant le droit des réfugiers, n’a pas été torturé pour qu’il dise ce qu’on veut entendre. C’est à la même logique que répond la vidéo de la déclaration de Kato Gnatao. Cette video dont on ignore la date de réalisation aurait été crédible si le sieur n’était pas dans les geôles du régime depuis belle lurette. Quant au contenu des SMS, c’était désastreux. Non seulement il n’y avait pas de quoi fouetter un chat du point de vue du contenu, mais je me suis rendu compte à quel point nous sommes passés d’un état démocratique à un état policier avec Dramane Ouattara. Nous sommes tous sur écoute. Même nos SMS sont scrutés au non d’une certaine raison d’Etat. La dictature ne peut plus se nier quand la raison d’Etat prend le pas sur les libertés individuelles et qu’un ministre d’Etat ne s’encombre plus de scrupules pour le montrer. A l’endroit de Lida Kouassi lui-même, une petite réflexion me vient à l’ instant. Les faits politiques sont généralement comme des bois de boumerang. Quand vous l’avez lancé, et que la cible n’a pas été atteinte, il faut s’attendre a ce qu’il vous revienne en plein visage. Il n’était pas obligé de se prêter au jeu des faux aveux. C’est à cela que Laurent Gbagbo n’a pas cédé dans le goulag du nord. Mais que voulez-vous, tout le monde ne peut être Laurent Gbagbo !

Joseph Marat

Qui sème le vent…

Nos amis d’en face ne cesseront de me surprendre. Hier matin, j’ai encore fait une rencontre heureuse. Heureuse parce que je suis toujours convaincu après que l’histoire ne perd jamais son sens malgré quelques parenthèses malheureuses qu’elle se permet d’ouvrir. Ce mardi matin je suis tombé sur un vieux livreur de journaux qui m’avait habitué à des diatribes contre Laurent Gbagbo. Dans les premières heures de cette après-élection présidentielle, ce monsieur tremblait de tout son être pour nous prédire tout ce que nous vivons actuellement. Que Laurent Gbagbo allait payer au minimum par la prison son outrecuidance à garder un pouvoir qui ne lui appartenait plus. Que tous ses partisans qui s’excitent à le soutenir, allaient souffrir les affres de la guerre et se retrouver, au mieux des cas, en cavale. Que l’Ecomog n’était pas loin pour faire la guerre au régime de Laurent Gbagbo. Le langage était empreint de fureur et la guerre était certainement pour ce monsieur la plus haute forme de la politique. Il ne m’est jamais venu à l’esprit de raisonner un tel type. J’aurais perdu mon temps parce que selon un penseur allemand la maladie est un point de vue sur la vie. Moi qui ai grandi avec l’idée que la paix est la seconde religion de ce pays, après tout ce que les houphouétistes nous font vivre en termes de total reniement de soi, je me suis résigné à penser que l’option de la violence et de la guerre est aussi un point de vue sur la politique. Le scandale que cela représentait en moi au départ s’est finalement mué en tolérance. Je m’étais donc fait au discours va-t-en guerre de ce livreur de journaux auquel je ne prêtais plus attention pour ne pas corrompre mes propres convictions politiques. Alors hier matin quand je le rencontre, c’est surtout par son discours que je me rends compte qu’il était là. Le décor a changé. Le langage est devenu méconnaissable. La prophétie a changé de contenu. « Je suis sûr que plusieurs journaux vont bientôt cesser de paraître. Les Unes sont trop incendiaires. Les journalistes ne pensent même pas à l’avenir du pays. Ils sont devenus des oiseaux de mauvais augure. Chaque jour ils annoncent la catastrophe sur leurs canards. Le régime va bientôt arrêter tout ça parce qu’il faut qu’on pense maintenant à l’avenir du pays en appelant tout le monde à la réconciliation. On ne peut pas éternellement rester dans l’escalade de la violence… » Vous remarquez comme moi que les opinions changent et c’est aussi une forme de liberté de pouvoir dire une chose et son contraire. Je lui ai donc simplement répondu ceci : « Que Dramane Ouattara t’entende. Les journaux n’y sont pour rien. Ce sont des canaux de communication, ils ne font que rendre compte du vent que Dramane Ouattara continue de semer…»

Joseph Marat

La corrida

Le ridicule ne tue pas, il n’en mourra donc pas. Le grand Hamed Bakayoko doit être actuellement dans ses petits souliers quand il se sera rendu compte qu’il n’est pas tombé sur le bon document. On comprend que, pressé de faire son émission-scoop, il s’est précipité d’envoyer un commando au Togo se saisir de Moise Lida Kouassi, dans la foulée, ramasser tout ce qui est données informatiques pour faire son grand déballage à la télévision et tenter d’exorciser les démons de la déstabilisation qui ne se sont plus jamais éloignés de ce pays depuis qu’un certain politicien a annoncé frapper les régimes moribonds, mélanger ce pays et faire tomber les régimes mûrs comme des fruits pourris. S’il est avéré que de la position qu’il occupe, Hamed Bakayoko a flairé le parfum d’un coup d’Etat, la précipitation qui caractérise les hommes qui manquent de sérénité l’a certainement induit en erreur parce qu’il est loin des véritables preuves de déstabilisation. Et ce n’est certainement pas fortuit. Les techniques de déstabilisation peuvent avoir changé comme changent les formules technologiques. Le ministre d’Etat au phrasé approximatif doit-il se recycler et intégrer dans sa technique de « profiler » ou de traqueur la dimension psychologique, sociologique et intellectuelle des comploteurs. Comme un baroudeur au reflexe instinctif, Hamed Bakayoko, dès sa rumeur de coup de force s’est rué sur Lida Kouassi pour lui faire dire ce qu’il veut entendre. Prenant ainsi le risque énorme de se faire leurrer comme un taureau dans une corrida. Parce que tous les documents qu’il a certainement ramassés sans distinction chez le ministre Lida sont loin d’être des preuves de coup d’Etat. Un document qui a été rédigé juste deux mois après le kidnapping du président Laurent Gbagbo pour reconstruire une politique de communication autour de lui ne peut être sérieusement pris pour un plan de déstabilisation sans donner dans le ridicule. Pour une raison toute simple que, depuis lors, beaucoup de choses ont changé. Il aurait suffit à Hamed Bakayoko de regarder la date et la structure du document qui a tout l’air d’une ébauche, pour se rendre compte que ce n’est pas le bon et que si coup d’Etat il doit y avoir, les éléments de preuve doivent avoir été mieux élaborés. Mais cela demande beaucoup de ressources. Le ministre a fait ce qu’il pouvait faire m’a confié un ami qui s’y connaît un peu en renseignements généraux. Le recoupement de toutes les informations dans un Etat qui se veut policier demande un autre niveau d’intelligence. Sans cela, on n’est obligé de se contenter de tracts politiques dignes des publications des réseaux sociaux sur le net. Qu’Hamed Bakayoko se dise donc que sa course est loin d’être terminée. Le stratège militaire qu’est Lida Kouassi est capable de mieux que de dresser une liste de tous ses camarades de lutte avec celle des divers soutiens sur qui compter dans leur exil.

Joseph Marat