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mardi, 22 novembre 2011

Le parlement est fait pour les démocrates



C’est officiel le FPI ne prendra pas part aux élections législative du 11 décembre prochain. Les discussions que Dramane Ouattara a annoncées pompeusement avec le FPI, après deux tours de table ont accouché d’une souris. Nous nous interrogeons tous. Pourquoi ? La réponse est claire et apparente et c’est Amadou Soumahoro, le secrétaire général du parti au pouvoir qui nous la donne « le président Ouattara doit tout faire pour avoir la majorité à l’Assemblée nationale pour faire passer les lois. » Quoique, nous sachions tous que ce régime n’a pas besoin de parlement pour faire passer ses lois - les nombreuses violation de la constitution en sont la preuve - il ne veut pas prendre des risques d’avoir un parlement bicolore. Le risque est trop grand parce que le parlement ce n’est pas un champ de guerre armée ou du moins de violence physique. On ne s’y arme pas pour s’imposer. Si guerre il y a, c’est la guerre des idées. Et là, les limites de ceux qui sont passés maîtres dans l’usage de la force physique pour se frayer un chemin en politique, deviennent immédiatement apparentes. Nous nous souvenons de ces débats parlementaires redoutés par les tenants du pouvoir actuel. Avec tous ces députés de la majorité présidentielle férus de véritables convictions politiques on sortait difficilement indemne de ces débats. L’enrichissement intellectuel pour ceux qui avaient l’esprit ouvert et la frustration, la honte pour ceux avaient les débats intellectuels et les discussions politiques en horreur. Vous en convenez avec moi les appels du président Gbagbo à s’asseoir pour discuter ont rarement eu d’échos en face et ce qui abouti aujourd’hui à l’absence du Fpi aux législatives est simplement un refus catégorique d’asseoir le débat politique. Il ya donc une seule lecture à faire actuellement, Ouattara n’a jamais voulu que le Fpi aille à ces élections parce qu’il peut difficilement s’accommoder d’une Assemblée Nationale qui, même si à cause d’une majorité surfaite doit laisser passer des lois, exposerait les limites de sa politique. C’est donc à dessein qu’après deux profondes contributions du FPI/CNRD qui l’invite à analyser avec lucidité la situation politique et à engager des discussions constructives sur l’avenir de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara a mis fin de façon unilatérale aux négociations. Sinon qu’est ce qui peut bien empêcher, le chef de l’Etat de créer les conditions élémentaires d’une élection transparente ? Sans en faire une préoccupation secondaire, le FPI aurait pu fermer les yeux sur la libération de Laurent Gbagbo et aller à ces élections si et seulement si deux conditions élémentaires de transparence étaient réunies. La composition de la CEI pour préserver son caractère de structure indépendante et la question de sécurité sur toute l’étendue du territoire pour permettre à tous de faire campagne librement partout. Nous n’avons rien contre Youssouf Bakayoko, mais quelqu’un qui a été à la base de la crise postélectorale telle que nous l’avons vécue en Côte d’Ivoire, à cause de son inconstance, devrait être démis s’il ne le fait pas de lui-même. En sus que font encore les groupements rebelles dans une commission électorale dite indépendante et totalement déséquilibrée en faveur d’un parti ? Si on ajoute à tout cela la hantise de l’insécurité, il faut féliciter le FPI pour son refus de manger de ce pain. Il se serait lui-même empoisonné autrement.

Joseph Marat

lundi, 21 novembre 2011

Mamadou et Amadou dans leur boue


Savez-vous à quel niveau ils descendent le débat politique aujourd’hui dans ce pays ? Quand vous les écoutez, si ce n’est pas la nausée qui vous étreint la gorge, c’est la déception qui vous saigne le cœur. Ce sont Mamadou Koulibaly et Amadou Soumahoro qui, comme de piètres comédiens, jouent à s’opposer. Nous aurions ri jaune devant la laideur de la représentation si la politique en Côte d’Ivoire n’était pas devenue trop dangereuse à cause de ces débats qui ne décollent pas de la boue.
Tenez, Mamadou Koulibaly, recevant le représentant du secrétaire général de l’Onu, aurait reproché à Ouattara d’avoir donné 4 millions à chaque candidat du Rhdp pour les futures législatives. Entendez bien que le sieur se plaint que la mesure ne soit pas étendue à tous, surtout à lui et à ses 12 parfaits tocards dans la course. Qui l’eut cru ? L auteur de La guerre de la France contre la Côte d’Ivoire, est à 4 millions près et en proie à une naïveté digne d’un ingénu politique. Mamadou Koulibaly croit-il vraiment que c’est la revendication de 4 millions qui nous soulagera de cette mer de souffrances qui noie le peuple ivoirien ? Ou pense-t-il vraiment que Ouattara a pris le pouvoir pour jouer le dirigeant humaniste et soucieux de l’équité ? Non ! Et nous en déduisons qu’il joue le jeu de l’opposant complaisant.
L’autre comédien, Amadou Soumahoro, secrétaire général du parti au pouvoir ? croit faire une réplique sérieuse en disant ceci: « 4 millions n’est rien. Si nous devons demander de l’argent au président Ouattara, ce serait au moins 20 millions par candidat. J’espère qu’il lui a dit que pendant 10 ans, ils ont pillé les caisses de l’Etat et qu’ils n’ont pas pu mettre 2 kilomètres de bitume sur l’ensemble des routes de la Côte d’Ivoire (…) que Mamadou sache qu’on l’a à l’œil ». Vous avez là un message incongru à Ouattara, un mensonge grossier et une menace inutile.
Le pouvoir de Ouattara renonce au financement des partis politiques pour ériger le favoritisme et le népotisme en mode de gestion politique. Pour Amadou Soumahoro, l’autoroute du nord qui serait déjà arrivé à Korhogo s’il n’avait pas soutenu une rébellion sauvage, n’est pas une route ivoirienne. Pour ce qui est de la menace, pourquoi là où des LMP ordinaires sont emprisonnés, relâchés et emprisonnés de nouveau, souvent au mépris de ce qu’ils n’ont pas dit ou fait, lui, n’a que son œil fixer sur le numéro 2 du régime ostracisé ? Mon œil !

Joseph Marat

Le style Dramane


L’information lui est parvenue comme un boulet en plein visage. Depuis le Togo où il est en voyage officiel, Dramane Ouattara a annonce aux étudiant de Cote d’Ivoire que l’université restera fermée jusqu’en octobre 2012. Totalement assommé par cette information qui obscurcit l’horizon de son avenir, la réaction de l’étudiant est un peu décalée mais en même temps elle est révélatrice du cynisme et du mépris dont fait preuve le nouvel homme fort de la Côte d’Ivoire. « Il se fout de nous quoi … pourquoi c’est depuis l’étranger qu’il nous dit ça… ? » Il n’ya pas en fait de rapport pertinent entre le dire ici et le dire ailleurs. Cela ne change pas grande chose. Cela revient au même. Mais on comprend dans ce genre de circonstance que la colère vous arrache la réflexion et la réaction épidermique qui sort, résume toute la frustration accumulée qui explose un peu n’importe comment. Un autre chef d’Etat ne se serait pas comporté de la sorte. Mais qu’est-ce vous voulez ? D’aucuns diront qu’il a eu trop d’égards pour les étudiants. Le FPI/CNRD a été invité par Alassane Ouattara pour discuter. Miaka Oureto et ses camarades se sont assis pour produire deux longues contributions et propositions qui à la lecture donnaient toutes les armes nécessaires à Dramane Ouattara pour sortir le pays du gouffre et organiser des élections irréprochables. Nous demandons aujourd’hui ce qu’il a pu faire de ces textes. Les a-t-il lus ou les a-t-il simplement rangés ? Une chose est certaine, c’est depuis le Burkina Faso que les opposants ont appris récemment, qu’avant qu’ils ne s’asseyent à nouveau avec lui pour discuter, les négociations ont pris fin. Conséquences immédiates, l’opposition qui pèse au minimum 46% de l’électorat ne participera pas aux futures élections législatives. Et ne vous dites pas qu’il se dise qu’il doit des explications au peuple ivoirien. Non ! D’ailleurs, depuis qu’il est chef d’Etat, les adresses à la nation il en a fait combien ? Et quand il lui arrive d’en faire, qu’est-ce qu’on y comprend ? Quelle est leur pertinence ? Je me souviens de la réaction d’un compatriote face au discours de Dramane le jour de l’arrestation du Président Laurent Gbagbo. Il venait de prendre les rênes d’un pouvoir tant convoité, le visage grave sans aucun répit à la souffrance du peuple ivoirien, Ouattara annonçait déjà le sort qu’il allait réserver à son ennemi Laurent Gbagbo. « Après tout ce qu’on vient de vivre, ce n’était pas le moment de tenir un tel discours. Il aurait pu avoir un ton conciliant et rassembleur ». Oui ! Mais les temps venaient de changer. Ouattara, ce n’est pas Gbagbo. Nous venions de rentrer dans une autre République. Celle d’un autre style de gouvernance. Celle d’une communication distante avec le peuple. Celle des slogans sans fondements.

Joseph Marat

Il lirait Malaparte

Laurent Gbagbo a dit lors de cette fameuse interview accordée à Michel Denisot de Canal +, que l’introduction de la violence en politique en Côte d’Ivoire coïncide avec l’arrivée d’Alassane Ouattara dans le microcosme politique ivoirien. Ce constat découle d’une observation minutieuse partagée par la plupart des citoyens ivoiriens attentifs à la vie de la nation. D’aucuns pourraient toujours objecter en citant les événements douloureux du Sanwi et du Guebié. Mais quel pouvoir au monde aurait accepté la scission de son Etat ? Sans donner une caution abusive à ce qui s’est passé à cette époque, il faut se rendre à l’évidence que la critique ne résiste pas à la réponse. Cela n’a donc rien de commun avec le tunnel de violence constante et généralisée dans lequel la Côte d’Ivoire est rentrée depuis 1990, année où Dramane Ouattara est devenu officiellement premier ministre de Côte d’ivoire. C’est à lui qu’on doit la première dissolution de la Fesci qui fera de ce mouvement estudiantin, un mouvement violent parce que devenu clandestin. La descente punitive et sanglante de l’armée sur la cité universitaire de Yopougon en 1991 a été attribuée à Houphouët Boigny qui n’a pas voulu retourner son propre couteau contre lui-même. En trente ans de gouvernance, c’est la première fois qu’il envoyait son armée contre son intelligentsia. Ouattara était son premier ministre. Il ne le lui a pas déconseillé. Les événements du 18 février 1992… l’emprisonnement de toute l’opposition durant 6 mois s’est fait suite au témoignage de Ouattara qui a dit avoir vu Laurent Gbagbo casser des édifices publics. La suite vous la connaissez. La tentative de confiscation du pouvoir à la suite de la mort d’Houphouët était déjà une tentative de viol de notre constitution. Les rebelles qui endeuillent la nation ivoirienne depuis septembre 2002 ne jurent que par lui. Qui dit pire ?

Joseph Marat

vendredi, 18 novembre 2011

Ouattara… et les promesses électorales ?


« Si vous dites des mensonges suffisamment gros et que vous persistez à les répéter, les gens finissent les croire vrais ». Cette réflexion est de Goebbels un ancien ministre allemand de la propagande. Je me demande aujourd’hui si une bonne partie des ivoiriens n’a pas été victime de l’une des plus grandes méprises de toute l’histoire de la Côte d’Ivoire. A l’épreuve du temps, il faut plaindre aujourd’hui Félix Houphouët Boigny. Il a été le premier à avoir pris toute la propagande autour de Dramane Ouattara pour argent comptant. Lui, un simple médecin agriculteur a fait connaitre à la Côte d’Ivoire ce qu’on a appelé le miracle ivoirien. Quand au soir de ses limites on lui a miroité le cv d’un économiste international, rompu aux arcanes des finances internationales, le vieux s’est mis a rêver à un second miracle avant de se retirer. Il quittera la vie humilié par les badauds dans les rues d’Abidjan scandant « Houphouët voleur ! » Alassane Ouattara son premier premier ministre en lieu et place d’une relance économique servait aux ivoiriens une politique économique d’austérité qui consacrait leur descente aux enfers avec l’avènement de la dévaluation.
Rentré dans l’opposition par la force des choses, Alassane Ouattara continuera d’être l’objet d’une grosse méprise. Alors qu’à cause de ses dehors d’homme civilisé, les ivoiriens espéraient qu’il mène une opposition constructive, l’homme s’est accoquiné avec la plus sauvages des rébellions de notre jeune histoire. Après avoir magnétisé toute l’attention des forces vives du pays sur sa personne et paralysé le fonctionnement normal des institutions ivoiriennes durant toute une décennie, le voilà enfin au pouvoir porté par un slogan qui en dit long sur ce qu’on devrait en réalité attendre de lui. En effet après tous les problèmes qu’il a semés sur son parcours politique en Côte d’Ivoire, le seul slogan qui pouvait vraiment le porter au pouvoir c’est « ADO solutions ». Il était temps qu’il nous propose des solutions pour remonter du gouffre. C’est à juste titre qu’une bonne frange de la population a cru en Dramane Ouattara qui leur disait durant sa campagne et je cite l’un des correspondants du président Laurent Gbagbo à travers notre journal, Doss Rabson : « je suis un docteur, je guérirai cet éléphant. J’ai des solutions, Je suis banquier ou économiste, J’ai un carnet d’adresse, Je ferai tomber des pluies de milliards en coupure de Dollars, Je construirai 5 universités en 5 ans. Je bâtirai 5 CHU en 5 ans. Je donnerai un emploi à chaque habitant majeur de ce pays qui en a besoin. J’enrayerai la corruption, Je tuerai le tribalisme, J’effacerai le favoritisme, Je gommerai la gabegie, J’éteindrai l’ethnocentrisme…»

Après plus 7 mois au pied du mur que reste-t-il de toutes ces promesses ? Ou bien Ouattara lui-même a-t-il cru qu’à force de boucher tous nos orifices avec ses slogans, ils s’incrusteraient dans nos vies comme des réalités incontestables. Une chose est aujourd’hui indéniable les solutions se font désirer et le bilan à mi parcours n’est pas reluisant. Des pluies de milliards annoncées et des 13 000 milliards demandés au G8 de Deauville, nenni. Des 5 universités à construire en 5 ans, nous ne voyons que du feu. Les seules que nous avons sont encore fermées pour notre malheur infini. En attendant les CHU à bâtir, on proclame la gratuite de la santé pour vendre des paracétamols dans des hôpitaux déséquipés. Pour le million d’emploi promis au bout de 5 ans il faudra à Ouattara faire le quintuple de l’effort nécessaire dans les cinq prochains mois avenir pour atteindre son adjectif. Au lieu des emplois, le régime de Ouattara ne fait que multiplier le taux de chômage en Côte d’Ivoire. Sommes-nous plus en sécurité aujourd’hui qu’hier ? Jugez en vous-mêmes. Ou alors est-ce à la gabegie, au tribalisme, au favoritisme, au népotisme, à la corruption qu’il a mis fin ? Les derniers recrutements dans l’armée, les mouvements d’affectation des gendarmes, le recrutement et les licenciements ciblés à la RTI … ne nous rassurent pas. En somme Ouattara a-t-il encore usurpé le titre de "solution" pour que ne prenne jamais fin le cauchemar des ivoiriens.

Joseph Marat

jeudi, 17 novembre 2011

Le paradoxe Duékoué

Il y a un paradoxe dans tout ça. Des gens qui refusent de recevoir leur bienfaiteur au point que ce dernier est obligé de multiplier des actes de gentillesse pour les amadouer et obtenir d’eux de la gratitude. Allez-y comprendre quelque chose. Où avez-vous quelqu’un quémander de la gratitude ? En temps normal, c’est celui qui a de la gratitude à exprimer qui se déplace et à défaut qui s’empresse de recevoir son bienfaiteur. Mais qu’est-ce que vous voulez, l’ironie politique de Ouattara nous fait perdre déjà la raison.
Je me souviens de cette conversation que j’ai eue avec un ami Rhdp en mars dernier. Il venait à peine de "titrologuer" quand il m’a vu. Tout heureux de me communiquer sa joie, il me dit à brûle-pourpoint «on avance, on a pris Duékoué hier nuit» je lui ai répondu : « heureux pour vous qui avancez, mais où allez-vous parce que si c’est pour prendre le pouvoir, prendre les petites localités de l’intérieur du pays avec vos hommes en armes n’est pas productif. Le pouvoir se trouve à Abidjan donc concentrez vos forces pour descendre directement sur le centre du pouvoir au lieu de fatiguer les pauvres paysans de l’intérieur du pays. » Quelque temps après leur croisade internationale sur la résidence du Président Gbagbo, on apprend à la tribune de l’ONU que les massacres de Duékoué ont fait officiellement près de 1000 morts, officieusement on parle de 3000 morts. Dans tous les cas c’est un début de génocide et entre les rebelles qui prenaient Duékoué en mars et les forces loyalistes de Gbagbo, on se demande qui a bien pu faire ça ? On veut bien croire à la thèse selon laquelle en prenant Duékoué, les rebelles ont mis fin à un génocide que le pouvoir d’alors était en train de perpétrer contre ses propres partisans (les Guéré sont réputés pro Gbagbo). Mais alors pourquoi les rescapés et témoins des massacres tergiversent-ils à exprimer leur reconnaissance à leur sauveur ?
Une délégation envoyée en prospection, pour voir si le bienfaiteur peut se rendre dans leur localité, a été lapidée. Il n’ya pas longtemps une opération de charme de la première dame aurait fait l’effet d’un pétard mouillé. Malgré cela on n’arrête pas de vouloir séduire ce peuple "ingrat". Duékoué vient d’être érigée en chef lieu de région. Un notable aurait dit à Mabri Toakeusse, le messager et porteur de l’annonce de cette dernière offre en date, que même si Ouattara nommait un de leur fils premier ministre, le sol de Duékoué lui resterait toujours interdit. Méditons.

Joseph Marat

Le verlan politique de Dramane

Aka Saye Lazare le nouveau directeur général par intérim de la RTI a mis au chômage technique, pour ne pas dire licencié, près de 322 personnes la semaine dernière. Et depuis tout le petit monde de l’audio-visuel est en émoi. Oui on comprend. La RTI est le media le plus amplificateur de la place et dans le milieu quand la RTI n’est pas là, on dit que la presse n’est pas encore arrivée même si depuis une heure une dizaine de journalistes ronge son frein à attendre. C’est donc dans l’ordre des choses que tout ce qui touche au must des medias connaisse un tel retentissement.
En plus, l’homme qui licencie à tour de bras n’est pas n’importe qui. C’est Aka Saye Lazare, l’homme qui est rentré dans l’histoire de la Côte d’Ivoire en tant que premier journaliste ivoirien à avoir annoncé sur une télévision pirate la chute du "dictateur" Laurent Gbagbo et l’avènement du "démocrate", du "messie" Alassane Dramane Ouattara. Il fut un oiseau de "bon" augure pour cette nouvelle Côte d’Ivoire du "vivre ensemble", de la "démocratie parfaite", du "million" d’emplois tous les cinq ans, de l’ouverture d’une école toutes les heures, des "tempêtes" de milliards. Nous comprenons donc que ce soit surprenant que l’oiseau soit devenu de mauvais augure en venant augmenter les 80 000 et 120 000 emplois déclarés officiellement perdus respectivement par l’UGTCI et le patronat ivoirien, depuis l’avènement de l’homme au million d’emplois.
Mais ce qui est plus surprenant dans tout ça, c’est notre émoi devant chaque acte du gouvernement de Dramane Ouattara. C’est le signe, que nous n’avons pas encore compris le verlan politique de Dramane Ouattara. Nous devrions être maintenant habitués à l’idée que dans ce nouveau régime, ce qui fait l’objet d’un effet d’annonce pompeux est suspect. Il faut généralement regarder du côté de la réalisation du contraire. Hier l’un de leurs quotidiens annonçait qu’il y a encore 268 têtes qui vont "tomber" à la RTI. Faisons le décompte et nous comprendrons que nous avançons allégrement vers le million d’emplois (en perte ou en gain ?) annoncé pendant la campagne électorale. Alassane Ouattara a fait irruption dans la vie politique nationale en 1989 pour redresser notre économie. Après 22 ans, c’est nous qui héritons du dicton purement ivoirien jadis affublé au Ghana : « tu es tombé comme la Côte d’Ivoire »

Joseph Marat

lundi, 14 novembre 2011

Ils ont honte

C’est peut être une impression injustifiée, mais depuis quelque temps je constate que mes amis du Rhdp rasent les murs. Ils sont devenus moins bavards et fuient pratiquement toutes les occasions de discussions politiques que nous avions ensemble sous Gbagbo. Les plus courageux quand ils ne font pas des comparaisons absurdes du genre « Ouattara au moins, il achète des wôrô wôrô, mais Gbagbo lui prenait notre argent pour acheter des armes », ils sont systématiquement d’accord avec moi sur tous les points que j’aborde. Une technique, j’avoue assez efficace pour me désarmer. Ce n’est pas facile de tirer sur une ambulance. En effet la déception est d’autant plus grande qu’ils ont déifié Alassane Dramane Ouattara et pris les armes pour dégager l’humain qui était là et qui pensait encore capter leur attention en parlant de démocratie et de développement. Dans les événements postélectoraux, il y a eu une dose de lassitude face aux limites de l’être humain à régler nos problèmes de sous développement. Alors les gens ont cru que face aux discours de l’un d’entre nous, qui nous disait « nous allons nous en sortir avec nos propres ressources si nous nous mettons au travail», "dieu" est descendu du ciel pour nous dire que d’un coup de bâton magique, il réglerait tous nos problèmes, il ferait pleuvoir des milliards, il créerait un million d’emplois par an pour mettre fin au chômage, il travaillerait à la tolérance zéro pour l’insécurité, le taux de croissance passerait à deux chiffres. En somme, il a promis faire de Côte d’Ivoire un géant d’Afrique. Ils sont nombreux à y avoir cru, mais leur nombre ne dépassait pas ceux qui étaient assez lucides pour comprendre que Dieu ne descend jamais du ciel et que même ses messagers ont souvent les limites de la condition humaine. Les premiers ont pris les armes pour dégager les seconds en leur disant que ce n’est pas le droit et le recomptage des voix qu’on mange. Aujourd’hui, mes amis d’en face rasent les murs parce qu’ils se rendent compte qu’ils ont fait la guerre à leurs frères pour l’avènement d’un simple humain. Leur attitude ressemble à celle de l’homme qui a honte d’avoir été arnaqué sur la qualité d’un produit. Il n’ose pas en parler parce que cela est une insulte à son intelligence.

Joseph Marat

Repères perdus


Dans les méandres de l’oubli collectif, celui qui, il n’y a pas longtemps, incarnait l’espoir de toute une génération des aficionados de la politique, vient de se rappeler à notre souvenir en organisant le week-end dernier le premier congrès de son nouveau parti, LIDER. A l’occasion, beaucoup de choses ont été dites, qui confortent dans l’idée que nous avons eu tort de penser que Mamadou Koulibaly pouvait avoir un destin national au regard de ce qui le caractérise comme inconstance.
Premièrement, Mamadou Koulibaly aurait dit devant les membres de son parti, qu’on l’a chassé du FPI. Il faut être irresponsable pour avouer devant ceux qui vous suivent pour vos idées, que vous-même, vous n’avez pas eu le courage de partir d’un parti dont les idées ne correspondaient plus aux vôtres. Il a fallu qu’on vous chasse. Même si c’était le cas, il est incongru de le dire à ses militants. Deuxièmement, Mamadou Koulibaly qui est parti du FPI en accablant Laurent Gbagbo et en saluant pratiquement le soutien de l’intervention française à Ouattara dans la crise ivoirienne, aurait changé son fusil d’épaule ou aurait élargi son champ de chasse. Il aurait rué dans les brancards contre Ouattara et son réconciliateur Charles Konan Banny, de même que la communauté internationale pour que la Cpi commence ses enquêtes depuis le coup d’état de 1999 qu’il a attribué à Ouattara et Guéi. Oui on comprend que cela ferait de la place pour un certain Mamadou Koulibaly qui n’aurait pratiquement pas d’adversaire en face.
Le clair-obscur de Léonard de Vinci est très bon dans les œuvres picturales. Mais en politique, vouloir une chose et son contraire ne paie pas. Vous ne pouvez pas valider un système en créant un parti politique et en vous apprêtant à participer aux élections qu’il organise et le dénoncer dans le même temps. C’est ne plus avoir de repères et se donner un destin de feuille morte.

Joseph Marat

jeudi, 10 novembre 2011

Trois petites leçons politiques pour nuls



1- C’est à l’humour décapant des Ivoiriens qu’on doit cette formule « un chef, ce n’est pas un chiffon. » 46% de l’électorat, selon des calculs douteux, ce n’est pas 4,6 %. Un homme politique sérieux ne peut donc dire qu’il peut se passer des aspirations de 46% de sa population et prétendre avoir le sommeil paisible.

2- Laurent Gbagbo est parti du pouvoir à la suite d’une violence inouïe. A coté de ce qu’il a subi, une exclusion imaginaire auréolée du problème de nationalité d’un individu, c’est du pipo. Il ne s’est pas barricadé dans un hôtel de luxe à Korhogo avec une paranoïa psychotique. Mais est-ce qu’on l’entend crier au loup et appeler ses "46%" à boycotter le régime ennemi ? Ou cherche-t-il à paralyser le pays avec des "opérations ville morte" ? Ou encore, demande-t-il qu’on ferme les banques et qu’on mette l’embargo sur les médicaments ? vous avez dit hauteur d’esprit politique !
3- Les responsables politique du FPI en exil ou sur place, malgré leurs déboires, ne fourbissent pas les armes parce qu’ils ne se croient pas indispensables à la marche de la nation. Leur sens de responsabilité politique est tel que même quand, dos au mur, Ouattara montre qu’il est obligé de discuter avec eux, ils ne font pas la fine bouche avec des revendications farfelues. Après plusieurs mois de tergiversation, il ya à peine 2 mois que Ouattara, sous la pression de ses soutiens internationaux, a daigné ouvrir les négociations. Dans ce laps de temps, le FPI /CNRD a produit deux grandes propositions constructives. En moyenne une par mois pour permettre à Dramane de sortir ce pays du gouffre dans lequel il a été plongé. Ces propositions ne sont pas des invectives et des slogans personnalisés, criés à tue tête devant une foule de dozos couverts d’amulettes pour chasser quelqu’un du pouvoir. Et ces propositions ne parlent pas d’ethnie, de région et de religion. Elles parlent de l’intérêt général de la nation.

Un ami me confiait la dernière fois qu’il a l’impression générale que le gouvernement ivoirien tourne en rond. Je lui ai répondu que Laurent Gbagbo a dit que la politique est un métier, un art. Il faut en apprendre les rudiments. C’est d’ailleurs pourquoi lui et ses camarades se croient toujours dans un amphithéâtre à ciel ouvert. Que peux-tu attendre de ceux qui préfèrent les universités fermées ?

Joseph Marat