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jeudi, 03 novembre 2011

A qui profite le crime ?



La Cour Pénale Internationale s’est-elle autorisée ou a-t-elle été autorisée à enquêter en Côte d’Ivoire ? Dans tous les cas, c’est désormais officiel, le dossier ivoirien est pris en charge par cette juridiction internationale. Son procureur, chargé des poursuites était le week-end dernier en Côte d’Ivoire. Si, ces institutions internationales ne nous avaient pas habitués à des démarches irrationnelles, nous pouvions souffler et penser qu’enfin, après le crime, la justice va occuper toute la place afin de restaurer notre communauté d’existants. Mais hélas ! Le copinage que nous observons entre le juriste international et les autorités en place nous laisse penser qu’on ne se posera même pas les questions élémentaires pour instruire le dossier. Sinon, de vous à moi, si la Cpi devrait vraiment rendre justice, elle devrait dès sa saisine demander qu’on libère Laurent Gbagbo qui, pour le bon sens, jouit d’une présomption d’innocence comme Ouattara, Soro, Shérif Ousmane et consorts… Ou bien, lancer un mandat d’arrêt international contre eux tous. Sinon qu’est-ce qui justifie que Ocampo vienne plastronner avec Ouattara et Soro dans les salons feutrés de la présidence et primature ivoiriennes pendant que Gbagbo est en détention ? Croit-il les premiers innocents. Si O Campo est vraiment mu par un souci de justice face au drame ivoirien, la première question qu’il devrait se poser avant de venir se balader en compagnie de gens qu’il devrait poursuivre, c’est de se poser la question suivante : à qui a profité le crime en Côte d’ivoire ? Evidemment, il se serait rendu compte que Soro est Premier ministre de Ouattara. Si cela ne suffit pas et qu’il est convaincu que Laurent Gbagbo a vraiment tué, il peut aussi se demander ceci : « l’a-t-il fait en légitime défense ou de façon délibérée ? » Si O campo ne prend pas Laurent Gbagbo pour un fou, il ne peut pas penser que celui-ci a, de façon délibérée, envoyé son armée canarder le peuple à qui il est sensé apporter un bien être. Si tel est le cas, la place de Gbagbo pour O campo ne devrait pas être la prison, mais plutôt dans un hôpital psychiatrique. Dans tous les cas, avec le président Gbagbo enfermé, on est dans un déni total de justice. Il est le seul à qui le crime ne profite pas. Le seul qui devrait donc jouir de la présomption d’innocence. Et d’eux tous, il est le seul qui ai agi en légitime défense.

Joseph Marat

Politique à vue


Avons-nous une idée de où est-ce que nous allons en Côte d’Ivoire ? Les dirigeants eux-mêmes s’interrogent à plus forte raison le bas peuple. C’est maintenant qu’on organise les séminaires pour réfléchir sur les voies à emprunter. Pendant ce temps, à l’emporte pièce, le prince prend des décisions qui sapent les fondements de la Res-publica. Avait-il un programme de gouvernement ? Dans tous les cas, la seule chose qui nous semble cohérence dans toutes ces agitations gouvernementales, c’est la volonté affichée de conduire Laurent Gbagbo au TPI. Encore que là, les balbutiements d’un ami militant RHDP m’ont semblé révélateurs du manque actuel de vue politique. Alors que je passais mon chemin, il a tenu à me demander si la veille j’ai vu Gbamanan Guidan à la télévision promettre à Alassane Ouattara qu’il rentrera au pays. Non ! Alors il ajoute « les exilés du Ghana ont promis de rentrer au pays. Mais attention tous ceux qui ont commis des crimes seront jugés et condamnés.» Un tantinet agacé, je lui dis : « si ton mentor tient tant à faire justice et nous envoyer tous devant les tribunaux, ne penses-tu pas qu’il devrait nous y précéder ? » Je vous épargne les arguties qu’il a voulu me faire supporter. Moi-même j’ai préféré poursuivre mon chemin. Aucun être social ne devrait se soustraire à la justice. C’est par l’application des principes de justice qu’on sort de la sauvagerie. La justice est donc le ciment de la communauté des humains. Mais en côte d’Ivoire le discours sur la justice est brouillé par ceux le tiennent.
Sept mois après l’avoir renversé, Laurent Gbagbo continue d’être le plat de résistance de la politique du gouvernement Ouattara. Au point où la perspective d’une cohésion sociale et d’une relance économique découlerait de son départ au TPI. Mais alors qu’attendent-ils pour qu’enfin pleuvent les milliards, Pour qu’enfin les ivoiriens retrouvent leur joie de vivre et ne lapident plus des ministres ? Pour peu qu’on y pense, le problème ce n’est pas le lieu de la détention de Gbagbo. Sinon déplacer Gbagbo aujourd’hui est ce qu’il ya de plus facile. Pourquoi, depuis 7 mois Ouattara, Soro, Gnenema et consort n’arrivent pas à offrir aux ivoiriens ne serait-ce qu’un début des monts et merveilles annoncés ?

Joseph Marat

dimanche, 30 octobre 2011

La psychologie d’un mal aimé


Qu’est ce qu’Alassane Dramane Ouattara gagnerait à remettre la Côte d’Ivoire sur les rails ? Rien. Pire pour lui. La colère accumulée des Ivoiriens trouverait là un terreau, celui de la liberté totale, pour le chasser du pouvoir. Il sait que ce peuple en est capable et il l’a déjà prouvé face à une junte militaire en 2000. Si les ivoiriens, après seulement 10 mois de gouvernance, ont rejeté le putschiste Robert Guéi affectueusement appelé « papa noël » pour dire « celui que nous attendions », ce n’est pas Alassane Ouattara qu’ils garderaient, s’il leur ouvre une seule lucarne de liberté et de démocratie. Les Ivoiriens sont jaloux de leur liberté et de leur joie de vivre. Robert Guéi a été chassé parce qu’il était susceptible de les leur confisquer. Et leur aversion pour Dramane Ouattara date de ce jour du 18 février 1992, où en concourant à l’emprisonnement de Laurent Gbagbo et de toutes les forces démocratiques d’alors, il a montré à suffisance qu’il ne faisait pas bon ménage avec les libertés individuelles et la véritable démocratie. Il ne sait que trop cette vérité dont la preuve par 9 lui a été donnée lors de la dernière élection présidentielle.
Premièrement, après avoir, une vingtaine d’années durant, bassiné le monde entier dans l’idée qu’il était le messie que les Ivoiriens attendaient, il s’est certainement demandé pourquoi il n’était pas en tête au premier tour de la dernière présidentielle.
Deuxièmement, même avec les chiffres douteux de Youssouf Bakayoko, il a perdu des points, malgré son score soviétique dans le nord, là où son adversaire, après avoir été premier au premier tour, en a engrangé une dizaine au second. Alassane n’a pas évolué dans l’estime des Ivoiriens et ce, en dépit des soutiens de tous les partis Rhpd qui l’accréditaient de 62% des voies.
Aussi doit-on se faire une raison face à l’inaction de Dramane Ouattara. Il n’a pas intérêt à ce que le peuple ivoirien transcende les fictives barrières pour se retrouver. Nous comprenons aisément pourquoi après sept mois de gouvernance, les forces rebelles de Côte d’ivoire font toujours la loi dans nos rues, pourquoi les universités sont encore fermées, pourquoi le coût de la vie augmente, pourquoi il ne fait rien pour ramener les Ivoiriens de l’exil. Il est trop mesquin pour mettre ses "milliards" à la disposition d’un peuple hostile. Au contraire.

Joseph Marat

samedi, 29 octobre 2011

Pourquoi le pays est encore divisé


J ai surpris hier matin la conversation d’un groupe de jeunes. Ils étaient attablés à un kiosque en train de prendre un café. J ai entendu l’un d’entre eux dire « il y a aujourd’hui trop de difficulté à voir la couleur de l’argent, on croirait que les «solutionneurs» sont venus appauvrir» ce a quoi un autre répond « toi, tu as la chance. C’est l’argent que tu veux voir. Si tu n es pas encore mort, dis merci a Dieu. Je viens de Bouaké, laisse-moi te dire qu’aujourd’hui tous les cars qui partent d’Abidjan doivent arriver là-bas avant 17 heures. Au delà, ils sont bloqués dans la ville parce que les coupeurs de routes qui sévissent dans le nord sont très cruels. C’est avec des armes lourdes qu’ils attaquent les véhicules qui osent s’aventurer dans cette partie du pays à partir d’une certaine heure.» Je me suis fait une idée, après avoir été témoin de cette conversation, de l’ampleur que prennent la psychose de l’insécurité et du mal être dans le pays. Nous ne sommes pas sortis de l’auberge. Les choses sont devenues plus graves parce que je me souviens avoir traversé nuitamment cette zone en 2007. Je me rendais a Niamey en car. Nous n’avions pas été stressés outre mesure. Aujourd’hui, je m interroge. Pourquoi la Cote d’ivoire fait elle si peur. C est à croire que les choses se sont empirées. La Cote d ivoire divisée sous le règne d’une rébellion au nord et d’un régime de refondation au sud est elle nettement mieux qu’une Cote d ivoire réunifiée sous Alassane Dramane Ouattara. C’est incroyable parce que nous nous souvenons encore des diatribes de Dramane Ouattara et de tout son clan. Ils ont passé tout leur temps a nous bassiner avec l’idee qu’il suffisait d extirper Laurent Gbagbo du pouvoir pour que la Cote d ivoire se porte a merveille. Il y a tout de même 6 mois qu’ils ont la totalité du pouvoir et du territoire national, alors pourquoi ce pays n’a jamais été autant divisé. Même leur projet bancale de réconciliation qui a du mal a accorder les esprits sur lui-même est révélateur du fait que le véritable problème de ce pays n’est pas celui qu’il veulent faire passer pour. Il est finalement la solution.

Joseph Marat

D’où Ouattara tient-il ses solutions économiques ?


Par un heureux hasard, je suis tombé sur l’un de ces feux follets de l’intelligence, sujets de l’émission télévisée « Quotient I ». Régulièrement inscrit dans une grande école de commerce à Yamoussoukro, ce qui impressionne, c’est l’âge de cet enfant pour qui la valeur n’a vraiment pas attendu le nombre des années. Imaginez un enfant de 15 ans consultant en économie. Ce n’est pas courant. C’est suite à l’une de ses démonstrations sur le commerce que je me suis timidement approché. Je voulais m’enquérir des prévisions économiques pour notre pays. Est-ce qu’on peut s’en sortir avec la politique économique de Ouattara ? A son âge, il sait déjà l’art de l’esquive politique qui exonère de la barbarie. Il se contente seulement de me parler de trois grands économistes. Le premier, Adams Smith, un Anglais du 17eme siècle, a été le premier à élargir le concept d’économie à presque tous les secteurs de la vie. Pour lui, la rébellion, l’insécurité, la façon même de parvenir au pouvoir pour un chef d’Etat sont des facteurs qui influent sur l’économie d’un Etat. Le second, Jean Baptiste Stays, est un Français contemporain. Il a pour lui la théorie des débouchés ; il dit en substance que c’est l’offre qui crée la demande. Plus vous produisez et plus vous achalandez le marché, plus la demande et la consommation s’accroissent. Cela dit, une politique basée sur l’endettement massif pour consommer sans produire est nuisible pour un Etat. On ne devrait donc pas se réjouir des randonnées du Fmi et de la banque mondiale. Le dernier cité se nomme John Meynard Keynes. Il est Américain. Pour lui, l’expérience a montré que la politique économique de l’Etat providence est nettement mieux que celle du libéralisme sauvage. Il part du principe simple que toute politique moderne se marque par la sortie du désordre. Une bonne politique économique doit donc combattre la jungle du libéralisme sans bornes. Sans quoi le fossé de la disparité sociale s’agrandit. Les plus riches deviennent des monstres économiques et l’assiette de la pauvreté s’élargit. En clair avec la politique des privatisations tous azimuts la Côte d’Ivoire est mal partie avec Ouattara.

Joseph Marat

« Les mille collines » de Dié Kacou



Le lundi dernier, le quotidien le jour plus a accordé une interview à Eugène Dié Kacou pour faire le point sur la liberté de la presse en Côte d’Ivoire post-crise. Nous nous attendions à ce qu’il ne noircisse pas le tableau pour faire plaisir à celui qui l’a ramené de l’abîme. Nous étions seulement loin de penser que ce devrait être au prix du mensonge, du manque de responsabilité et de la laideur d’une mentalité discriminante.
Eugène Dié a pu dire que sous le régime de Gbagbo on lui reprochait de sanctionner les journaux proches du régime. Oui c’est un argument et pourquoi ne faisait- il que cela. Seulement c’est un mensonge. C’est regrettable qu’à son âge la mémoire de la reconnaissance et celle des événements soit si mince. C’est Laurent Gbagbo qui a ramené le retraité Dié Kacou en fonction au CNP pour lui éviter de broyer du noir pendant une retraite de misère. Et la vérité, c’est qu’il a été obligé de démissionner parce qu’il refusait de faire le travail pour lequel il était grassement payé. Comme il l’avoue lui-même il ne voulait sanctionner que les journaux qui défendent son bienfaiteur. A l’évidence son mensonge est doublé de la laideur de l’ingratitude. Dans la même interview Dié Kacou dit que la situation de la liberté de la presse s’est améliorée grâce à ses sanctions. Passe les manquements à la déontologie qu’il sanctionne arbitrairement, Eugène Dié Kacou peut il nous dire, pour parler d’amélioration, combien de journalistes en prison a-t-il comptés sous le régime de Laurent Gbagbo. Qu’il veuille être irresponsable face à la détention des Hermann Aboua, Armand Bohui, Gnahoua Zibrabi, Germain Deguezé, Serge Bogué, Franck Anderson Kouassi… passe encore, mais c’est malsain de ne pas faire semblant d’être conscient de la violation des lois ivoiriennes par le pouvoir public actuel. Pour justifier cette irresponsabilité, Dié Kacou va jusqu’à justifier l’assassinat de Sylvain Gagneto. Il pense qu’il était journaliste à 20%. Alors suffit- il d’être militant à 80% pour mériter d’être assassiné sous les yeux d’Eugène Dié Kacou. On n’est pas surpris de la mentalité de ceux qui nous dirigent. Il faut seulement s’armer contre cet esprit des radios mille collines.

Joseph MARAT

Il était une fois Ouattara parlant de la Côte d’Ivoire (1)




Alassane Ouattara est encore à l’étranger. C’est à croire que depuis son ascension brutale au pouvoir il a décidé de ne se faire voir qu’ailleurs, dans des tournées pour remercier ses soutiens. Il est attesté qu’il est un chef d’État désigné par la communauté internationale. On ne peut donc pas lui en vouloir de ne tourner qu’à l’étranger. Après 6 mois à la tête de la Côte d’Ivoire, on l’a aperçu quelques rarissimes fois à Yamoussoukro ; ville où il a martelé vouloir s’installer dès sa prise de fonction. Cela ne l’intéresse nullement d’aller voir à l’intérieur du pays le désastre causé par son « armée paysanne.» Même à Abidjan, il circule encagoulé entre sa résidence de la Riviera Golf et le Plateau. Quand il se rend et revient de chez ses amis de la communauté internationale, passage obligé, il perçoit à travers les vitres teintées de sa grosse cylindrée blindée Port-Bouet , Koumassi, Marcory, Treichville. Sinon Yopougon, Abobo, Adjamé, Attiécoubé, c’étaient des salissures pour la campagne présidentielle. Ouattara montre au quotidien qu’il est étranger à tout ce qui nous touche. C’est pourquoi il prend toujours le risque de parler de la Côte d’Ivoire.
Ouattara est encore en tournée en France. Et il a encore accordé une interview à un organe français. Aucun organe ivoirien ne peut se prévaloir d’en avoir eu le privilège depuis qu’il est au pouvoir. Signe supplémentaire de son mépris pour la presse et le peuple ivoiriens. Mais nous passons parce qu’il y a pire. Nous nous porterions d’ailleurs mieux s’il ne parlait que de ce qu’il sait.
A propos de cette dernière interview, nous aurions aimé dire que l’homme dit des contrevérités. Mais c’est excessivement grossier. En attendant de revenir sur les étranges perles de Ouattara à l’étranger, nous vous donnons ici la première leçon qu’on en tire : il n`est pas facile de parler d’un peuple avec qui on a peu de choses en commun.

Joseph Marat

Il était une fois Ouattara parlant des ivoiriens (2)




Dans la dernière interview qu’il a accordée à un confrère français, Dramane Ouattara a dit beaucoup de choses qui m’ont fait penser qu’il parlait d’une Côte d’Ivoire imaginaire. Il n’est pas interdit pour un chef d’Etat d’avoir beaucoup d’imagination, c’est même très bon pour la gouvernance d’un pays qui veut sortir du gouffre. Ce qui est très mauvais par contre, c’est de confondre cette imagination à la réalité. Voici quelques unes des clés de cette interview qui montre nettement que le chef de l’Etat et nous, ne parlons pas de la même Côte d’Ivoire : « Quatre mois après, la situation est sécurisée à Abidjan comme à l’intérieur de pays » soutient-il. Or sur le sujet, les 23 morts ( selon les chiffres des autorités), enregistrées dans une attaque à l’ouest, le weekend dernier, suffisent pour le symbole. Sur la réconciliation avec les pro-Gbagbo, voici quelques perles sur ceux qui attendent toujours d’être reçus par Dramane Ouattara : « c’est ce que nous faisons en tenant un langage de rassemblement (…) je tiens pour ma part un discours de paix (…) des postes importants ont été proposés à des personnes qui sont clairement identifiées avec le parti de Gbagbo. Des dispositions sont prises pour que les réfugiés dans les pays voisins reviennent ». Nous pouvons nous tromper mais les Ivoiriens sont bien curieux de savoir lequel des pro Gbagbo a été récemment promu par Ouattara? Ou l’homme confond-il nomination et incarcération ? Il dit encore qu’en Côte d’Ivoire « l’Etat de droit est en marche. » Oui ! Cela peut se dire si on considère que la constitution de 2000 n’est plus en vigueur et que désormais la loi, c’est notre Prince. « Pour 2012, la mission du Fmi prévoit un croissance de 8% ». Vous avez bien lu ; attachez vos ceintures, nous allons faire un bond de 15% car nous partons de – 7%. Même avec les 6000 milliards accompagnant la dévaluation du Franc cfa, en 1994, Bédié n’a pu ajouter plus de 3 points à notre taux de croissance. Un dernier pour la route : « je pense que l’Afrique est bien partie et je pense aussi qu’elle est mal partie. » Appelez-nous si vous avez compris quelque chose.

JOSEPH MARAT

Quand Dié Kacou voit l’offense au chef de l’Etat partout

Ce n’est pas facile pour le vieux Dié Kacou Eugène. Le régime n’est pas clément et il faut mériter son salaire. Nous avons tous vu venir sous les oripeaux de l’agneau, le loup avec toutes ses forces (nouvelles et républicaines) assujettir l’armée nationale. Le Léviathan ne joue pas et il n’a pas besoin de le faire savoir. Il est en tout point différent de celui sous qui on pouvait dire, sans risque d’être inquiété, que le journaliste c’est celui qui dérange. Ce dictateur non moins débonnaire a vécu. Aujourd’hui Eugène Dié Kacou a redécouvert le charme de son travail. Les blâmes, les lettres d’interpellation, d’avertissement de suspension ne se comptent plus. Lui qui voulait passer une retraite paisible à la tête d’un CNP amorphe, devra désormais éplucher tous les journaux pour traquer tous les crimes de lèse majesté. Le salaire de sa majesté se mérite. Et il ne le sait que trop, lui qui nous envoie en moyenne une lettre par jour. En attendant qu’il nous suspende de façon arbitraire pour les mêmes motifs, les deux dernières que nous venons de recevoir méritent qu’on s’y arrête un peu.
Dans la première une allégorie de Hassane Magued dit ceci « dénie lui toute autorité sur toi. Et entre en guerre contre lui. Non en versant du sang, mais en combattant le démon par l’esprit de pureté ». Dans cette histoire imaginaire où, nulle part il n’est fait référence au nom de Dramane Ouattara, le CNP a trouvé que ce dernier a été offensé. Nous étions loin de penser qu’il n’y a que lui qui réponde à un tel descriptif. Dans la seconde lettre, il nous est reproché de faire des allégations gratuites, sans nous apporter la preuve du contraire, sur le fait que la famille élargie du chef de l’état serait impliquée dans des abus de biens sociaux. Le CNP ne trouve t- il pas curieux que ce chef qui n’a pas encore déclaré ses biens en violation de la loi fondamentale, se lance dans la réfection d’un domaine privé justement au moment où il accède au pouvoir. Qu’est ce qu’on aurait dit si chaque chef d’état devait nommer son frère à la direction financière de la présidence de la république.

Joseph Marat

Le réel, le virtuel et Ouattara


Le peuple de Côte d’Ivoire souffre. Après toutes les affres causées par la guerre ce n’est pas assez fort de dire qu’il tire, dans sa majorité, le diable par la queue. Pendant ce temps Alassane Ouattara et ses ministres prospèrent et font de la cosmétique. Entre le discours officiel qui place constamment les préoccupations des ivoiriens en première position et la réalité, le fossé devient chaque jour hallucinant.
La semaine dernière, Dagobert Banzio a essayé d’expliquer pourquoi le denikashia ne baisse que de 10 f. Il ne semblait pas comprendre lui-même. Ce qui peut améliorer le niveau de vie de l’ivoirien lambda n’a pas encore atteint le stade de souci pour le gouvernement Ouattara. C’est à croire qu’après nous avoir bassinés avec des promesses de pluie de milliards, on veut maintenant nous tenir en leste par des choses dont on sait qu’elles ne se réaliseront jamais. Pour notre malheur, voici des observations de plus.
A l’occasion de la pose de la première pierre du troisième pont, Ouattara a encore promis de donner du boulot à tous les ivoiriens. A l’évidence, c’est le contraire de ce qu’il dit qui occupe son temps. Pendant qu’on annonce donner des emplois à tous, le licenciement est devenu un réflexe de survie dans les entreprises ivoiriennes. Pendant ce temps, aucune politique d’emploi n’est en vue. Au contraire, la présidence elle-même participe à la tempête de désolation.
Le cabinet de Bacongo Ibrahim a convoqué la presse la semaine dernière pour parler d’université virtuelle. A la fin de la conférence, pendant qu’on invitait les journalistes à revenir dans six mois pour faire le point de cette initiative, personne ne savait quand vont s’ouvrir les universités réelles et ce que deviennent les étudiants de ce pays.

Joseph Marat