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samedi, 29 octobre 2011

Un pont à péage pour combattre la popularité de Gbagbo


Je me suis retrouvé à la cérémonie des premiers coups de pioche de ce qu’il faut désormais appeler pont Henri Konan Bédié, avec un ami, en train de discuter. En fait nous ne discutions pas vraiment. Il était plutôt blasé par le faste et les boniments que les « solutionneurs » s’envoyaient pour montrer qu’il n’y a qu’eux pour accomplir de telles œuvres. Sans le citer, les allusions à l’illustre prisonnier de Korhogo étaient récurrentes et semblaient toutes dire qu’il n’avait rien foutu à la tête du pays. C’est d’ailleurs tout le sens de « bientôt tout le pays sera un vaste chantier » lancé par Alassane Ouattara à la fin de son allocution. Tout cela n’était pas fait pour plaire à mon ami qui était à deux doigts de s’en prendre aux refondateurs. Ils étaient, pour lui, responsables de cette poussée de gène qu’il ressentait. Il est journaliste et il m’avoue : « je ne sais quel angle utiliser. » les armes lui tombaient. Les « solutionneurs » avaient réussi à lui en mettre plein les yeux.
Je pris la parole et lui dis, cher ami, tout ce que tu vois n’est que le début du grand chantier qu’on a annoncé pour que tu désespères justement de Gbagbo. C’est à ces endroits que nous feront la triste expérience des clivages idéologiques qui existent entre Gbagbo le souverainiste et les autres. Ils évitent de le dire, c’est de bonne guerre. Sinon pour ce pont, Bédié en a eu l’idée, Gbagbo en a fait les fondations. Le désintéressement des occupants des sites, les études géologiques et architecturales des tracés sont souvent plus onéreux que la pose de la charpente que viendra faire la France.
Gbagbo aurait pu faire cette cérémonie à n’importe quel moment de son mandat parce que les bradages de ce genre sont faciles à faire. Mais il n’a jamais voulu que dans ce pays, pour circuler sur nos routes l’on soit obligé de payer des impôts à la France. Ce sont donc des occasions qui nous font comprendre pourquoi la France a commis tous les crimes pour remplacer le souverainiste par un préfet.

Joseph Marat

Wattao ″souillé″ au contact de Gbagbo

Dans cette affaire qui défraie la chronique depuis quelques jours sur la culpabilité ou non de Wattao dans l’affaire de trois anciens soldats français arrêtés puis relâchés, il ya une leçon à tirer. Comme un papillon, Wattao s’est approché du feu de l’humanité de trop près. Il s’est brûlé les ailes et il se peut qu’il soit devenu vulnérable. Ou si ce n’est pas le cas, à cause de son coriace soutien qu’est Guillaume Soro, il se peut qu’il se soit souillé au contact de Laurent Gbagbo et que de ce fait, il ne soit plus fiable.
Ceux qui attaquent ce pays depuis 2002 sont différents à tout point de vue de ceux qui le défendent. Ils veulent le chaos, la ruine, la déplanification, la déstructuration de notre Etat. A la limite, ils veulent marcher sur les corps de tous les ivoiriens pour forer, fouiller le sous- sol et mettre leurs esclaves dans nos champs de café cacao. Il parait même que dans les accords qui lient notre Etat à cette confrérie, il est dit que notre pays nous appartient jusqu’ à 1 mètre de profondeur ; au-delà, nous n’avons aucun droit. Il va donc de soi que nos vies ne pèsent pas lourd dans la balance de leurs intérêts. Au contraire, ils aimeraient nous voir disparaitre tous. Et pour y parvenir, on a déjà fait l’expérience de ce dont ils sont capables.
Ces messieurs ont demandé à Wattao de tuer Gbagbo. Ils l’ont arrêté et ils le lui ont remis pour qu’il fasse la sale besogne. Wattao s est permis de faire autre chose. On a tous vu qu’il était au petit soin de l’homme qu’il était censé éliminer. Il n’a pas pu l’éliminer parce que c’est connu, on n’approche pas Laurent Gbagbo sans devenir plus humain. Tout le monde connait l’histoire de l’amitié entre Wattao et Blé Goudé. « Sahabléblé » était de toutes les fêtes à Abidjan sans jamais être inquiété. N’était-il pas devenu finalement un fan de Gbagbo ? Voila comment il a trahi la confrérie. Il n’est donc plus digne de confiance.

Joseph Marat

Le clash entre Soro et Ouattara est-il crédible ?



Il paraitrait que le torchon brule entre Soro Guillaume et Allassane Ouattara. Il paraitrait que le premier s’est du coup souvenu de ses années d’étudiant, le début des années 90. Ces maudites années qui ont vu tous les privilèges des étudiants fondre comme du beurre au soleil. Mais il n’y avait pas que les étudiants. La société ivoirienne a connu un sérieux traumatisme. La privatisation des secteurs clés de notre économie date de cette période. Les salaires à double vitesse et pour clore le tout, l’instauration de la carte de séjour, germe de tout ce que nous vivons aujourd’hui. Sous le prétexte de la rigueur et de l’austérité économique, on a dépouillé le peuple de Côte d’Ivoire pour enrichir les particuliers Français de la France-Afrique. Soro Guillaume n’était certes pas encore Secrétaire Général de la fesci, mais il a été, dans les arcanes du mouvement, un témoin privilégié. Comme tous les étudiants de cette triste période, Soro a pu se demander pourquoi on pouvait s’acharné avec une telle vélocité sur la jeunesse d’un pays. Il avait même dissous la fesci et tous les étudiants étaient des clandestins. C’est dans ces maquis que Soro Guillaume s’est forgé sa mine de rebelle. Personne ne sait pourquoi il a décidé de se renier. Mais une chose est sûre. Soro n’avait pas besoin de se compromettre à ce point contre les ivoiriens, pour être quelqu’un d’important dans ce pays. Il avait à peine 24 ans quand pour la défense de valeurs autres que rebelles, il a été désigné l’homme politique de l’année en 1995 devant tous les ultras libéraux du pays. Celui qui lui a enseigné les valeurs de gauche a été traqué par lui pour que revienne le politicien qui a " torturé" ses années universitaires. Aujourd’hui, On ne nous fera pas croire que Soro n’est pas d’accord avec la politique économique de Ouattara. Il est politiquement le plus lucide de sa génération. En choisissant d’envoyer Laurent Gbagbo en prison et Ouattara au palais, il ya longtemps que l’homme a décidé de participer au festin. Il parait que dans ce genre de festin il faut avoir de longues fourchettes.

Joseph Marat

Les éléments des FRCI ont été ovationnées au meeting du FPI

Ils sont arrivés à un moment où on s’y attendait le moins. On a même cru qu’ils étaient venus pour quelque chose. Il ya de quoi parce que le meeting avait commencé depuis un moment avec l’encadrement d’autres corps habillés en tenue de police. La rumeur a vite circulé sur fond de panique dans la foule. Mais quand on a été habitué à des pratiques de respect de la chose républicaine et à des pratiques de bienséance tout court, il ya des reflexes qui ne meurent pas. Le Député Yao yao qui tenait à ce moment là le crachoir lance « il y a nos frères des Frci qui viennent de nous rejoindre. Je vous demande de les ovationner » la foule ne s’est pas fait attendre. Elle a applaudi, non parce qu’elle était apeurée, mais parce que cette foule était en train de célébrer la générosité et la grandeur d’un grand humaniste : Laurent Gbagbo. En dépit de tout ce qu’elle subit actuellement à travers son leader, il n’y avait pas de la place pour la haine dans le cœur de cette foule qui dansait et qui était heureuse de retrouver des moments de bonheur démocratique. La politique ce n’est pas la guerre. Cette attitude a – t- elle désarmé les Frci ou non. On n’en saura jamais rien puisqu’il ne s’est rien passé. La leçon de l’histoire, si elle pouvait être tirée par tous, c’est qu’au Fpi on n’organise pas des meetings, des marches, des manifs…pour faire des décomptes macabres. Je le répète, la politique ce n’est pas la guerre. Si on avait machiné, dans un esprit tordu, nous envoyer les Frci pour qu’ils réagissent violemment face à notre insolence, on a échoué. Ce n’est pas la pratique au Fpi : ameuter la communauté internationale pour étaler les cadavres de militants tués par le venin de leur propre haine. Au FPI on n’a pas besoin de cela pour croire en l’avènement d’une société ivoirienne d’hommes et de femmes, différents en tout mais heureux d’être ensemble. C’est pourquoi nous avons ovationné les Frci car pour ce pays, cette foule et son guide ne s’arment que d’amour.

Joseph Marat

Tiburce Koffi est descendu en maitre d’exactions


Un ami a tenté de me convaincre récemment, à l’occasion d’un café littéraire organisé en l’honneur de feu Noël X. Ebony que Tiburce Koffi était certainement le digne héritier du Maitre Zadi Zaourou. Je n’ai dit mot parce que j’ai ma petite idée sur la valeur et la grandeur des hommes. Elles ne se mesurent pas forcement à la quantité des livres lus, encore moins à la dextérité dans le maniement de la langue des autres. Mais Tiburce était déjà monté d’un cran sur mon échelle de valeur. Pas parce qu’il se disait ami de Gbagbo ; il n’en est d’ailleurs pas descendu quand il s’est fait thuriféraire de Ouattara, – loin de moi le moralisme béat qui consiste à voir le diable en l’autre tant qu’il ne partage plus notre point de vue. Il est fait pour changer. C’est d’ailleurs pourquoi on l’appelle point de vue. Il rend compte de la perspective du moment et du lieu. Le géant n’a pas la même perspective que la grenouille. Et en la matière nous sommes tous des mutants – mais parce qu’en 2003 ou 2004, lors d’un colloque au palais de la culture, il s’en est vertement pris aux hommes en armes qui accompagnaient les officiels. Il avait trouvé que leur place n’était pas dans cette enceinte de réflexion.
Cela dit, Je viens de lire, dans les colonnes du Frat-Mat du jeudi 25 aout dernier, Tiburce se décrivant dans une étrange posture. Après avoir dépeint les aspects positifs de la discipline chez les occidentaux pour justifier la répression politique comme mode de redressement social, il ajoute une anecdote pour le moins surréaliste. Imaginez l’homme de lettres s’ériger en moniteur de rebelles dans les rues d’Abidjan pour réprimer une infraction au code de la circulation ! Je n’apprendrai rien à Tiburce, en lui disant que c’est en tournant inexorablement le dos aux pratiques dignes des barbares wisigoths, ostrogoths et consorts, au profit du respect des lois et de la dignité humaine, que les occidentaux ont bâtit leur civilisation. Tiburce est libre, mais ce n’est pas en dansant comme un diable autour d’une exaction de rebelles qu’il peut rêver d’une société policée.

Joseph Marat


Contre Gbagbo, Ouattara ne se venge pas



On commet souvent l’erreur de langage de dire qu’Alassane Ouattara se venge de Laurent Gbagbo. C’est un abus. On croit faire la morale à ceux qui aujourd’hui assouvissent leur instinct de cruauté sur des personnes qui, dans un monde civilisé, auraient mérité largement des égards de leur part. Mais on se trompe parce que Ouattara ne se venge pas.
La vengeance est encore un sentiment noble pour lui. Voyez dans les grandes réalisations cinématographiques, le héros se venge quelquefois du chef bandit et cela répond à une attente. Dans l’histoire de ce pays, Ouattara est loin d’être un héros et Gbagbo loin d’être un chef bandit. On a quelquefois le sentiment, devant les déboires subis par quelqu’un, d’espérer que son heure arrive. L’heure où il a le choix entre la hauteur et la platitude de son humanité. Dans le dernier cas on a presque l’impression que c’est normal. On est soulagé qu’il ait pris sa revanche sur le sort. Mais ça s’arrête là. Ce sont des moments de gloire éphémères. On est vite effacé par l’histoire lorsqu’on n’est qu’un homme ordinaire assouvissant son instinct naturel de vengeance. Dans le choix de la hauteur, là où on opte de prendre le dessus, de sublimer ses pulsions rétrogrades pour regarder le bourreau comme un instrument et lui pardonner, l’histoire ouvre grandement ses portes et on devient immortel. Les pages de l’histoire se laissent perler par les noms des hommes qui ont sublimé leurs instincts réactifs pour tirer l’humanité vers le haut. C’est de ces pages de l’histoire où les hommes sont devenus mythiques pour avoir renoncé à la vengeance qu’on tire des noms comme Gandhi, Luther King, Mandela…et certainement Gbagbo pour ceux qui connaissent l’histoire de la Côte d’Ivoire.
Ce que Ouattara fait ne relève pas de la vengeance parce qu’on ne se venge pas de son bienfaiteur. On aurait compris que Ouattara se venge. Il n’aurait pas été extraordinaire. Mais qu’il malmène, celui à qui il doit d’être un chef d’Etat "exceptionnel″, cela relève de la manie. La manie de la cruauté sans fondement. Et je pense sincèrement que nous sommes en danger.

Joseph Marat

dimanche, 04 septembre 2011

Incroyable ! Coulibaly Gnénéma s’ennuie.



C’est dans le numéro 1849 de Nord Sud quotidien du vendredi 26 août dernier que je suis tombé sur un petit compte rendu de la journaliste Anne-Marie Eba. Elle rendait compte d’une table ronde organisée par le ministère des droits de l’Homme. Cette assise avait pour objectif « l’analyse comparative de la convention de 1961 sur la réduction des cas d’apatrides et celle du code de la nationalité ivoirienne ». A l’occasion, Gnénéma Coulibaly, à travers son représentant, Fructueux Bako dit devoir prendre « toutes les dispositions possibles pour apporter une réponse à la question de l’apatridie en Côte d’Ivoire ». Et la journaliste, forte de tout ce qu’elle a pu voir et entendre donne, à son article, le titre suivant : « la Côte d’Ivoire veut mettre fin à l’apatridie ». Entre nous, depuis quand le phénomène d’apatridie est-il devenu un problème crucial des droits de l’Homme ? Tout se passe comme si dans un pays quelconque, une maladie décime la population au point qu’elle est devenue plus qu’une question de santé publique et le ministre affecté à la santé de ses concitoyens, au lieu de s’en préoccuper, utilise l’argent des contribuables pour organiser des séminaires sur les acnés. Est-ce que ce sont les problèmes des droits de l’Homme qui manquent, dans le contexte actuel dans ce pays ?
Quand on interroge la notion d’apatridie, on se rend compte qu’elle est devenue fictive. Dans ce monde quadrillé par le GPS, il est difficile de naître sans patrie. La notion même de naissance est une notion juridique qui confère aujourd’hui à chaque nouveau-né un lieu de naissance. C’est Alassane Ouattara qui nous a révélé cette notion d’apatridie dans ce pays. Je me souviens qu’il s’offusquait de ne pas pouvoir être candidat aux élections présidentielles pour cause de nationalité douteuse. Je ne pense pas qu’il y ait plus de dix personnes qui aient eu le même parcours que Ouattara pour que cela fasse l’objet d’une assise nationale. Alors, que Coulibaly Gnénéma nous dise ce qu’il veut cacher. Si c’est pour naturaliser les trois millions de personnes annoncées à Marcoussis qu’il sache qu’ils ne sont pas apatrides.

Joseph Marat

mardi, 30 août 2011

Vous avez dit exclusion, tribalisme…et voie de disparition !


C’est le journal Le patriote qui nous met la puce à l’oreille. Il faut reconnaître qu’en la matière, ce journal a rarement failli à sa mission. On se souvient tous que juste avant la rébellion de 2002 et juste après le tract de la charte du nord, ce journal avait divisé sur sa Une la carte de la Côte d’Ivoire en deux. La suite, on la connait tous. La ligne de front balafrant encore ce pays a copié cette maudite carte. Il y a un adage qui dit : « même si tu n’aimes pas le lièvre, il faut reconnaître qu’il court vite ». Les messages du journal Le Patriote sont les signaux des officines. Il nous dit clairement ce que les officiels n’osent pas dire, mais qu’ils travaillent à faire advenir.
Depuis le 11 avril 2011, la société ivoirienne a muté. 60 ethnies, 19 régions, c’est désormais du pipo. Et c’est le journal d’Ahmed Bakayoko qui nous l’apprend. Prenez le numéro 3528 du mardi 23 août dernier. A la page 3 de ce quotidien qui est devenu un journal ‘’gouvernemental’’ on a réalisé un panel de 7 personnes qui ont été appelées à juger l’action des Frci. Le titre du panel est : Le oui, mais… des populations. Or voici un échantillonnage de la population interrogée: Koné Abdoul Karim, Keita Mamadou, Touré Naminata, Kamagaté Youssouf, Baro Seydou, Coulibaly Ballo, Kamara Boiké. Ils ont tous trouvé, malgré le bémol du titre, que les Frci sont des sauveurs.
Un panel autour d’une question aussi cruciale que le comportement d’une armée qui se veut nationale ne peut être fait avec autant de légèretés sans véhiculer un message subliminal autour de notre destin à tous. Un jour de l’an 1492 Christophe Colomb découvre l’Amérique. Cinq siècles plus tard, les Indiens qui occupaient ce territoire sont en voie de disparition. Le Patriote avait déjà annoncé la partition de ce pays. N’est-il pas en train de nous dire que les Bété, Baoulé, Attié, Guéré, Gouro, Agni, Djimini, Abidji, Dida… doivent se préparer à disparaître ? Surtout que la composition du gouvernement n’est guère rassurante.

Joseph Marat

Contre Gbagbo, Ouattara ne se venge pas



On commet souvent l’erreur de langage de dire qu’Alassane Ouattara se venge de Laurent Gbagbo. C’est un abus. On croit faire la morale à ceux qui aujourd’hui assouvissent leur instinct de cruauté sur des personnes qui, dans un monde civilisé, auraient mérité largement des égards de leur part. Mais on se trompe parce que Ouattara ne se venge pas.
La vengeance est encore un sentiment noble pour lui. Voyez dans les grandes réalisations cinématographiques, le héros se venge quelquefois du chef bandit et cela répond à une attente. Dans l’histoire de ce pays, Ouattara est loin d’être un héros et Gbagbo loin d’être un chef bandit. On a quelquefois le sentiment, devant les déboires subis par quelqu’un, d’espérer que son heure arrive. L’heure où il a le choix entre la hauteur et la platitude de son humanité. Dans le dernier cas on a presque l’impression que c’est normal. On est soulagé qu’il ait pris sa revanche sur le sort. Mais ça s’arrête là. Ce sont des moments de gloire éphémères. On est vite effacé par l’histoire lorsqu’on n’est qu’un homme ordinaire assouvissant son instinct naturel de vengeance. Dans le choix de la hauteur, là où on opte de prendre le dessus, de sublimer ses pulsions rétrogrades pour regarder le bourreau comme un instrument et lui pardonner, l’histoire ouvre grandement ses portes et on devient immortel. Les pages de l’histoire se laissent perler par les noms des hommes qui ont sublimé leurs instincts réactifs pour tirer l’humanité vers le haut. C’est de ces pages de l’histoire où les hommes sont devenus mythiques pour avoir renoncé à la vengeance qu’on tire des noms comme Gandhi, Luther King, Mandela…et certainement Gbagbo pour ceux qui connaissent l’histoire de la Côte d’Ivoire.
Ce que Ouattara fait ne relève pas de la vengeance parce qu’on ne se venge pas de son bienfaiteur. On aurait compris que Ouattara se venge. Il n’aurait pas été extraordinaire. Mais qu’il malmène, celui à qui il doit d’être un chef d’Etat "exceptionnel″, cela relève de la manie. La manie de la cruauté sans fondement. Et je pense sincèrement que nous sommes en danger.

Joseph Marat

Le ridicule tuera en Côte d’Ivoire


La semaine dernière, de tergiversations las, Ouattara a décidé de publié les différents chefs d’inculpation contre tous ceux qu’il détient dans ses camps de concentration du nord. Il pense pouvoir ainsi desserrer l’étau de réprobations qui accompagne cette répression d’un autre âge de l’opposition civile. Mais là encore, Ouattara et ses sbires se mettent le doigt dans l’œil. Les chefs d’accusations sont tellement fantaisistes qu’ils dénotent le manque de vision réelle des nouvelles autorités. On ne peut pas leur en vouloir de manquer de sens démocratiques. Celui qui vient au pouvoir par les armes n’a que faire des valeurs humanistes de démocratie. Mais, même être un tyran, c’est aussi un certain savoir faire. C’est cette dextérité qui programme sa longévité. Il y a des tyrans qui sont adulés par leur peuple, parce que même en régnant avec des mains de fer, ils sont souvent à l’écoute de ce que peut vouloir réellement le peuple et ils évitent d’être ridicules pour continuer d’être craint. A défaut de se laisser ‘’corrompre’’ par Rousseau, ils lisent au moins le Prince de Machiavel.
Les solutionneurs doivent savoir, s’ils détiennent vraiment les appareils de renseignement de l’Etat, que ce qui les arrangerait eux-mêmes et soulagerait les ivoiriens de tous les bords qui ont besoin de retrouver leur unité, c’est qu’ils libèrent Laurent Gbagbo et tous ses partisans. Ce geste aura l’avantage de faire oublier toutes les affres d’humiliation imposées par la France et de mettre en confiance tous les fils du pays qui veulent rentrer d’exile. Au lieu de donner dans le ridicule, l’idiotie et l’incompétence. Après tout ce qu’on a pu faire croire d’eux, inculper Laurent Gbagbo de détournements de deniers publics et son épouse de vols en réunion, de vol à mains armées commis avec violence et infraction, de pillages…Oui vous avez bien lu, vous n’êtes pas dans une fiction c’est ridicule. Et là où le ridicule tuera ce régime sans solution, c’est qu’au nom de la sauvegarde de cette nation à nous léguée par nos pères, on n’ose même pas penser cela de Ouattara lui-même, de son épouse et de son premier ministre Soro. Et pourtant !

Joseph Marat