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samedi, 06 août 2011

Et s’il ne restait plus que la voie du blanchiment d’argent ?


Le mercredi 27 juillet dernier, Alassane Ouattara venait juste de prendre son avion pour aller promener sa gamelle aux Etats Unis quand, le très critique quotidien de Venance Konan, Frat-mat barrait fièrement à sa Une «Performances économiques post-crise de l’Etat : 213 milliards attendus 284 recouvrés en moins de trois mois ». On apprendra aussi dans le corps du canard que sur 864 milliards qui restent à recouvrer, ce sont seulement 800 millions qui sont attendus des zones CNO. L’analyse, calculatrice en main de ces informations donne ceci : 135% de taux de recouvrement et 0,1% d’apports fiscaux espérer des 60% du territoire nord du pays.
Alors, soit le gouvernement d’Alassane Ouattara prend tous les ivoiriens pour des nez percés ou pour les coxer-balanceurs de Renauld qui, les yeux rouges de toxine crient à tue tête « on est où là ? » ou encore pour la ministre de l’éducation nationale qui aligne « capturation, recrutation et messieurs les directeurs régional,… », soit il a une bien curieuse idée derrière la tête.
Sinon qu’est-ce qu’on a à courir le monde à la recherche de subside si les ivoiriens se sont subitement mis à payer plus que leur impôts ? Les contribuables du sud se sont subitement passé le mot pour verser au gouvernement de Ouattara des bonus sur ce qui leur est imposable. Hallucinant, cette volonté manifeste de manipuler l’opinion, parce que, quelle que soit la pression fiscale qu’on exerce sur les contribuables d’un pays, on ne peut jamais faire mieux que 100 %. Annoncer 135% de réussite fiscale dans cette période de misère morale et économique, c’est gros comme un point dans l’œil.
On en déduit que Alassane Ouattara veut certainement faire de la cote d’Ivoire une grosse société écran qui brasse des milliards qu’elle ne produit pas. L’homme a dit que son travail c’est de chercher l’argent. Mais il n’a pas dit forcement de façon régulière. Surtout quand dans cette même communication il consacre la partition fiscale du pays en avouant carrément ne rien attendre des zones CNO.

Joseph Marat

Ouattara, le dernier de l’ordre protocolaire Aux USA


Pourquoi pensez-vous qu’il a limogé Brou Aka Pascal depuis le salon d’honneur de l’Aéroport d’Abidjan Port Bouet ? Alassane Ouattara était quelque peu agacé. Les nerfs à fleur de peau parce que la montagne a accouché d’une souris. Ce qui devrait être un tour historique dans les loges de l’homme le plus puissant du monde s’est transformé en un chemin d’humiliation. Il n’est pas Laurent Gbagbo pour, en sus, arrivé dans sa colonie, tolérer les inconsidérations du directeur générale d’une petite télévision pirate.
Il n’y a pas longtemps, Barack Hussein Obama recevait le petit Ali Bongo du Gabon. Les deux hommes se sont retrouvés dans ce fameux salon où l’homme le plus puissant du monde reçoit ses hôtes de marque. C’était une rencontre au sommet entre deux chefs d’Etat qui parlaient sereinement. Cela n’avait rien avoir avec ce qu’on vient de nous servir. Un Obama préoccupé par le plafond de la dette publique de son pays et embarrassé visiblement par des visiteurs mendiants, tous attablés dans l’une des salles servant de réfectoire de la maison Blanche. De quoi ont-ils tous bien pu parler, et de quelle oreille ont-ils bien pu être écoutés. Vous avez dit folklore.
Mais, celui qui passe sous nos cieux pour être la personne la plus importante de la sous région - le pays qu’il dirige pèse tout de même 60% du poids économique de l’Afrique de l’ouest - a été traité par le protocole américain comme le moins important du groupe. Il était assis à l’extrême gauche d’une table qui n’était pas ronde. Obligé de tendre le cou pour entendre Obama. Notre champion de l’endettement a-t-il malgré tout eu gain de cause ? Rien n’est moins sûr. Rappelons à toutes fins utiles que Laurent Gbagbo a aussi, sans tapage, rencontré Obama. Il était encore en réunion avec lui quand au journal de 20h de la RTI, les Etats unis par le biais de leur ambassadrice ici ont annoncé la suppression de 250 milliards de dette ivoirienne. Les américains comme le sénateur Jim Inhofé savent reconnaitre le loup dans la bergerie.

Joseph Marat

La politique des roturiers


La politique en tant que concept vient de l’étymologie grecque polis qui veut dire cité. Et l’académicien ajoute que dans son sens ordinaire et philosophique le mot renvoie à l’art de gouverner la cité, de diriger l’Etat. Je me souviens que quelqu’un avait dit que la politique est un métier. J’en déduis qu’on ne devient pas politicien parce qu’un jour, on a été parachuté à la tête d’un gouvernement pour gérer l’aspect technocratique d’une crise. C’est comme le caddy d’un golfeur, il porte les clubs du joueur et parcourt les cours de jeu avec lui. Il assiste en tant que témoin privilégié à tous les grands exploits du joueur. Mais cela ne fait pas forcement de lui l’héritier du talent de celui qu’il a servi. On ne devient pas forcement professeur parce qu’on a porté le sac du prof, conducteur de Gbaka, parce qu’on a été un balanceur. Il faut avoir appris le métier. Il y en a qui s’adonne à des activités sans en avoir étudié les rudiments. On comprend qu’ils soient médiocres. Il en va de même pour la politique. C’est un art. Il ne suffit d’avoir été ministre d’Houphouët pour faire ce qu’il a fait en politique.
Ce qu’il y a de noble dans le métier du politicien c’est ce qu’il fait pour donner un visage humain à tout ce qu’il pose comme acte. Comment faire pour agir dans l’intérêt de la majorité sans piétiner la minorité ? Quand on connait un bout des passions contradictoires qui animent les hommes, objet principal de la politique, on perçoit que c’est un métier complexe qui nécessite qu’on ait suffisamment de culture pour ne pas mettre en mal l’équilibre social. Pour ne pas gouverner pour un camp contre l’autre. Pour ce faire, il faut être à la fois humain et désincarné. Humain, parce que porteur des valeurs humanistes d’amour, de respect de la vie de tout Homme. Désincarné, c'est-à-dire désintéressé et au dessus des passions mesquines de vengeances qui animent généralement les hommes de la caverne. Mais des roturiers à la tête d’un Etat, ça donne ce qu’on vit au Gondouana.

Joseph Marat

Déguerpissements ou le droit d’être xénophobe


Cissé Bacongo, le ministre de l’enseignement supérieur, vient de réussir là où certains de ses prédécesseurs ont échoué, liés et sclérosés par des plaintes idéologiques.
On en était arrivé dans ce pays à penser que tout déguerpissement était mal, tellement il avait été associé aux démons de l’ivoirité, de la xénophobie et de l’exclusion. Aucun maire ou aucune politique ne pouvait se permettre de lancer une opération d’une telle envergure sans soulever le courroux des xénophiles d’intérieur et l’indignation de la communauté internationale prompte à brandir le chiffon rouge des droits de l’homme. A telle enseigne qu’en Cote d’ivoire pour déguerpir il faut d’abord recaser. Le quartier de Biabou, construit par Bédié pour recaser les squatteurs des bidonvilles de Cocody en est un symbole. L’opération a échoué. Les déplacés ont acquis des titres de propriété à Biabou et sont venus se réinstaller, sans d’autres conséquences, sur les sites interdits. En partie à cause de ce complexe de xénophobie et d’ivoirité dont aucun gouvernement ivoirien n’a pu se défaire depuis qu’Ouattara a décidé de devenir le chef de l’Etat de Cote d’ Ivoire.
Aujourd’hui, cissé Bacongo, à peine ré-bombardé ministre de l’enseignement supérieur se lance dans une vaste opération de déguerpissement en rasant, sans aucune mise en demeure préalable, Cocody village. On comprend qu’il n’a rien à faire. Les universités sont fermées. Et le journaliste qui rapporte les faits parle d’une retro commission de 500 millions. Il y a de quoi bruler toutes les étapes de la légalité. Les temps ne sont pas cléments. On ne peut pas compter sur les caisses du régime Ouattara pour se faire une place au soleil. Elles sont renflouées par des ponctions sur les acquis sociaux.
Mais, où sont passés la communauté internationale et tous nos xénophiles. Ou faut-il comprendre que, ceux qui sont à l’œuvre actuellement et qui sous le prétextes de l’insalubrité zéro privent des milliers de familles de leurs sources de revenues ont le droit d’être xénophobes ou ivoiritaires ? nous rappelons à toutes fins utiles que les habitants de Cocody village prétendent avoir déjà remporté un procès contre les autorités universitaires d’alors. Ils ont donc le droit d’être là où ils étaient.

Joseph Marat

jeudi, 28 juillet 2011

Qu’avons-nous fait pour mériter Kandia Camara ?


On n’a rien contre cette dame. C’est une consœur qui s’est promise certainement de faire à tout prix de la politique en Cote d’ivoire. Quand elle a déposé ses valises au bord de la lagune ébrié, après avoir rangé ses baskets d’handballeuse, elle s’y est mise. Avec une gueule qui a beaucoup plu à certains ivoiriens. Je me souviens, que des ivoiriennes avaient même programmé une marche sur la présidence de la république de Cote d’Ivoire pour que Kandia Camara soit ministre de Laurent Gbagbo. Elle en avait énormément bavé. Aujourd’hui le combat contre l’ivoirité a porté ses fruits et Kandia est ministre de la République de Cote d’Ivoire. C’est même charmant. Mais de vous à moi, pourquoi au ministère de l’éducation nationale ? On comprend qu’on ait voulu récompenser une militante des heures chaudes, mais pourquoi au ministère de l’éducation nationale où il ne suffit même pas de bien s’exprimer pour être crédible ?
Qui accepterait de confier l’éducation de son enfant à quelqu’un qui place une faute à chaque phrase. En tout cas la liste des entorses portées à la langue française par madame le ministre commence à s’allonger et il n y a certainement pas mieux pour saboter le système éducatif de la Cote d’Ivoire. Si pour la culture des compétences on a chassé des éminences grises comme Jacqueline Loes Oble, Kandia Camara est loin d’être une solution. Elle est au contraire un problème parce que cette femme ne fait pas que des fautes à chacune de ses interventions, elle a été déformée par la vulgarité de son combat. Il faut vouloir punir la Cote d’Ivoire de Memel Fotè, Bernard Dadié, Zadi Zaourou, Saliou Touré… pour imposer à son système éducatif Kandia Camara. Des postes de complaisance pour mercenaire, ce n’est pas ce qui manque. De grâce usons de la politique pour tirer notre société par le haut.

Joseph Marat

Niamien Ngoran est de retour, la mal gouvernance aussi ?

Niamien Ngoran était le ministre de l’économie et des finances d’Henri Konan Bédié. C’est avec ce tandem qu’on a connu en Cote d’ivoire les vagues de scandales financiers qui entre autre ont concouru à la chute du régime en 1999. Pour ne citer que les plus connus, disons le détournement des 18 milliards de l’Union Européenne, lièvre levé par Diegou Bailli en 1998, et les DENO, les dépenses publiques non ordonnancées c'est-à-dire les dépenses hors la loi, érigées en normes de gouvernance sous Bédié.
Ces messieurs sont de retour au pouvoir. Bédié est la haute autorité du chef de l’Etat et l’autre vient d’être nommé inspecteur général de l’Etat de Cote d’ivoire. Ont-ils tiré les leçons du passé ? J’en doute. Gbagbo les a faits rentrés d’exil et ils ont eu une opposition dorée. L’Union Européenne a fermé les yeux sur leur détournement et les ivoiriens ont gentiment remboursé. Personne n’a souffert d’embargo ou de gèle des avoirs.
Pour Bédié, l’ennemi politique lui a gracieusement offert un statut select d’ancien chef d’Etat, avec quelque fois des visites de courtoisie pour lui faire profiter des avantages des renseignements généraux pour qu’il évite des manifestations piégées par ses propres compagnons. Aujourd’hui, il parait qu’il est devenu moraliste. Gbagbo et toute sa bande de refondateurs mériteraient le sort que son filleul Alassane Ouattara leur inflige. Pour lui il ne serait pas normal qu’ils se soient armés pour défendre la république contre les rebelles.
Quant au tout nouvel inspecteur général d’Etat, garant moral de la gestion des biens publics, il nous dit carrément qu’on n’a rien à attendre de lui. Avant même de l’avoir vu à l’œuvre, il est sous le charme de celui dont il est censé contrôler la gouvernance. « Je suis impressionné par le style de gouvernance du président Ouattara » dixit Niamien Ngoran dans le très critique Frat-mat de Venance Konan du mardi 19 juillet dernier. Autant dire que les grilleurs d’arachides sont de retour.

Joseph Marat

Au nord, l’or divise les anciens amis

Ils ne l’ont pas porté au pouvoir pour qu’il leur arrache le pain de la bouche. Mieux, maintenant qu’ils ont le pain du pouvoir, il n’y a pas de raison qu’ils ne le beurre pas. Voici l’état d’esprit dans lequel baignent actuellement les hommes de Soro qui contrôlent toutes les zones Centre Nord Ouest et qui interdisent à Alassane Ouattara de vouloir, même en rêve, d’étendre ses tentacules fiscales sur les 60% du territoire qu’ils administrent.

L’information a été rendue publique sur l’un des nombreux sites favorables à Alassane Ouattara par un confrère. En mission dans le nord du pays, précisément à Ponondougou, il livre un bout très significatif de la communication téléphonique que lui a transmise un des soldats restés en poste à Korhogo avant d’en tirer les conséquences désastreuses pour l’économie du pays. Avant d’y ajouter quelques observations, nous vous livrons entièrement cette information telle que nous l’avons récupéré pour vous sur la toile :

« Il faut leur dire que nous, on continue notre boulot tranquillement, tous les régisseurs sont en place, la Centrale (Ministère des Finances des ex rebelles, Ndlr) ici à Korhogo fonctionne correctement. Les entrées d’argent du port suffisent à Ouattara et à ses amis blancs. Ils veulent fermer nos postes, mais qu’ils arrêtent d’abord les tickets de Wattao au port d’Abidjan et des autres à San-Pedro. Wattao taxe les camions vides à 5000 Fcfa et les camions remplis à 10.000 Fcfa, est-ce que eux ils ne voient pas ça ? Et c’est nous ici, qu’ils viennent emmerder. Dernièrement nos éléments ont reçu 100.000 FCFA à la CTK, mais toi-même tu es journaliste vieux-père, est-ce que c’est normal ça, cent mille pour tout le travail qu’on a fait. Nos frères et amis sont tombés (mort, Ndlr) au front, leurs parents n’ont rien reçu, mais Soro et Ouattara parce que l’armée française les soutiennent pensent qu’ils peuvent nous forcer à déposer les armes et puis fermer la Centrale. Eux, ils ont leurs milliards, nous on a nos régisseurs aux postes frontaliers. Je répète, l’argent du port suffit à Ouattara et à ses amis. Ils nous ont trompé eux tous, on a compris ça depuis la mort du Major (IB), on va te recontacter frère, y a des choses que tu dois savoir. »
Avant d’ajouter sa propre analyse Hervé Coulibaly, le confrère en question, précise que telle est la teneur des propos d’un soldat FRCI, ancien des Forces nouvelles qu’il a eu au téléphone depuis la localité de Ponondougou dans le nord de la Côte-d’Ivoire le samedi 16 juillet dernier. Alors le commentaire qui suit est révélateur des difficultés de gouvernance dont le journaliste prend conscience à son corps défendant.
« Au mois de juin, nous vous faisions cas du refus des hommes du commandant « rebelle » Fofié Kouakou, de laisser les postes de contrôles frontaliers aux fonctionnaires des douanes, affectés depuis Abidjan. Ceux-ci avaient d’ailleurs été menacés et sommés sous la menace des armes de retourner d’où ils venaient. Un mois plus-tard, nous sommes repartis aux nouvelles. Le constat est que le statu quo demeure, « les douaniers de Ouattara » ne sont toujours pas les bienvenus dans le « Soroland ». Ainsi, des difficultés budgétaires pour le gouvernement Ouattara pointent déjà à l’horizon. L’information sur cette crainte, circule déjà dans les milieux économiques ivoiriens. On comprend mieux tout le sens de l’annonce faite la semaine dernière par le gouvernement Ouattara, sur son incapacité à faire face au service du remboursement de la dette contractée auprès du Club de Paris, pour l’exercice 2011. Cette dette s’élève à 2,3 milliards de dollars US, plus de mille cent (1.100) milliards de FCFA. »
Pour un journaliste pro Ouattara, l’analyse est très courageuse et bien pertinente. Elle nous fait savoir de prime abord que l’enlèvement de Laurent Gbagbo n’a pas suffi à établir le pouvoir de l’Etat sur l’entièreté du territoire national. Et que mieux les rebelles continuent de l’être, cette fois contre Alassane Dramane Ouattara qui manque ainsi de réaliser l’une de ses promesses électorales : diriger toute la Côte d’Ivoire depuis le sud. Voilà donc Ouattara, selon le confrère, contraint de se contenter des apports financiers de 40% du territoire et pouvant à peine faire mieux que Laurent Gbagbo.
En revanche, la où cette observation ne creuse pas en profondeur la boutade du rebelle jouissant des deniers publics des zones CNO, c’est que depuis la fin de la crise post électorale, les frontières économiques ou fiscales de la rébellion en Cote d’ivoire ne sont pas restées figées. Elles se sont déplacées au sud. Puisque le rebelle qui semble en savoir beaucoup décrit même la façon dont Watao et consorts qui ont déplacé leurs quartiers à Abidjan rongent les prérogatives fiscales de l’Etat. A la limite, le pouvoir de Ouattara n’est pas seulement interdit de faire des prélèvements fiscaux dans le nord du pays. Les caisses publiques du trésor souffrent aussi de la généralisation de la rébellion.
Sous cet angle, les difficultés de gestion d’Alassane Ouattara deviennent plus compréhensibles. Sinon c’est avec le handicap d’un nord non imposable que Laurent Gbagbo a dirigé le pays en remboursant les dettes et sans emprunter un rond aux clubs de Paris et de Londres. Aujourd’hui le fait que le ministre Charles Koffi Diby ait des problèmes budgétaires, qu’il ne puisse plus faire face au service du remboursement de la dette, qu’il supprime les primes que le régime précédant versait même aux ex rebelles, montre que Ouattara n’a pas qu’hérité d’un nord rebelle. Il lui est interdit d’y accéder.
L’ex rébellion est présente dans toutes les contrées du pays. Et elle s’exprime, pour subvenir à ses propres besoins, par des prélèvements parallèles. Entre temps, le trésor public reste constamment asséché parce que le payement des vignettes est suspendu, les commissariats, les mairies des zones CNO ne rapportent plus rien à l’Etat parce qu’ils sont rarement fonctionnels.

Joseph Marat

Wade avoue : Ouattara c’est le chaos


Dans une interview qu’il a accordé au quotidien français la Croix, le président Sénégalais sur la question de son départ dit précisément ceci : « Non, car mon départ créerait au Sénégal un chaos pire qu’en Côte d’Ivoire. Qui pourrait me remplacer « maintenant » ? Personne de crédible. » Nous lisons bien qu’Aboulaye Wade trouve que la situation est chaotique actuellement en Cote d’Ivoire. Et que son départ du pouvoir entrainerait une situation plus catastrophique au Sénégal.
On en était à penser que compte tenu de son âge et des expériences accumulées en politique on avait forcément tort contre son avis. Ahmadou Hampate Ba disait qu’un vieillard qui meurt c’est une bibliothèque qui brule. On était donc en droit de vénérée en Wade, une bibliothèque politique encore vivante. Que non ! Les sorties du chef de l’Etat sénégalais déroutent régulièrement le bon sens élémentaire. Il n’y a pas longtemps, contre l’avis de tous ses pairs africains, il s’est rendu en Libye soutenir les rebelles. Dans ce pays de tradition démocratique qu’est le Sénégal, il veut instaurer une succession de type monarchique et se faire élire au premier tour juste avec 25% des votants. Aujourd’hui il pense même qu’a part son fils Karim et lui personne ne peut diriger le Sénégal.
Quand on mesure la détermination avec laquelle Wade a porté à bout de bras la rébellion, on pensait qu’il se battait pour le salut du peuple ivoirien. On était loin de penser qu’il était conscient qu’en prenant la tête de la croisade contre Laurent Gbagbo, il ruinait les fondements d’un pays ami. La véritable sorcellerie est rarement là où on croit la trouver.

Joseph Marat

La France au pouvoir en Cote d’Ivoire



François Fillon n’a pas porté les gants de la diplomatie pour dire, devant son hôte hilare et applaudissant que c’est la France qui paye désormais les salaires en Cote d’Ivoire. Il n’y a pas plusieurs façons de dire que la France est désormais aux commandes de l’Etat ivoirien. Les faits qui attestent ce retour en force de la France dans son ancienne colonie sont légions et crèvent les yeux. En tout cas, on n’a jamais vu autant d’officiels français défiler en un temps record dans un pays africain. Minutieusement programmé, chaque visite au pas de course a répondu à un objectif bien précis. Le tout concourant évidemment à renforcer les assises de l’occupation totale du terrain.
Nicolas Sarkozy et Alain jupé étaient à l’investiture d’Alassane Ouattara pour sceller les accords politiques marquant le tutorat de la France sur le territoire ivoirien. C’était inédit. On a rarement vu autant de chefs d’Etats au mètre carré lors d’une investiture en Afrique. Sarkozy a battu le rappel des troupes pour sceller le sort des ivoiriens devant témoin. Même le secrétaire Général de l’ONU, qu’on n’a presque jamais vu à ce genre de cérémonie, a fait le déplacement pour donner une caution internationale à la razzia politique de Sarkozy. Il ne pouvait pas en être autrement. Les dernières élections présidentielles en Côte d’Ivoire ont montré à quel point la France était frileuse de perdre totalement ce territoire d’outre-mer. Sur ce pays, la droite et la gauche politique françaises ont su taire leurs divergences pour renier ensemble les valeurs de la démocratie. Leur promotion à travers le recomptage des voies leur aurait fait perdre la face. La France de la liberté, de la fraternité, de l’humanisme tout court s’est déculottée en Côte d’Ivoire en optant pour la guerre totale et aveugle pour régler une crise postélectorale. A ces heures de crise économique mondialisée, le retour aux valeurs coloniales constitue pour la France une aubaine, une porte de sortie heureuse et honorable qui lui permettra de continuer à tenir son rang dans le concert des nations puissantes. Le 21 mai dernier, l’investiture d’Alassane Ouattara marquait donc la seconde alliance de colonisation de la France et de la Cote d’Ivoire.
Sarkozy et Jupé ont laissé le tapis rouge quelque temps plus tard à Gérard Longuet le ministre de la défense française. Sa mission s’est résumée à ficeler la sécurité du nouveau territoire conquis. On remarquera que c’est juste après son départ, certainement après qu’il ait apposé sa signature sur le parapheur qu’on s’est rendu compte enfin du déséquilibre sécuritaire dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. Il est prévu, avec le concours de la France à hauteur de deux milliards de nos francs, la construction de huit bases militaires. Aujourd’hui la garde rapprochée du Président de la République est l’affaire de la France. C’est désormais un secret de polichinelle que les chefs de guerre ivoiriens qui ont fait le roi n’ont plus droit au périmètre présidentiel que bétonne un aide de camp français. Pour rencontrer le chef de l’Etat de Côte d’Ivoire, il faut désormais passer par l’armée française.
Deux semaines après Gérard Longuet envoyé en éclaireur, le premier ministre François Fillon est venu parachever la mise sous tutelle de la Cote d’Ivoire par la France. Le rôle de ce dernier a consisté à revisiter tous les contrats économiques qui vont permettre à la petite France de rentrer dans les fonds de sa campagne militaire et politique en Côte d’Ivoire. Sa délégation était forte de deux cents personnes dont une cinquantaine d’hommes d’affaires. Objectif immédiat, mettre la main sur tous les contrats juteux du pays. La Sir a été la première société à passer à la trappe. Les Angolais ont été mis à la porte. Ceux qui doutaient des enjeux pétrolifères de cet acharnement de la France sont bien servis. Fait curieux tout de même, qui n’est pas passé inaperçu, le déplacement de monsieur Fillon au Ghana pour s’assurer auprès des autorités ghanéennes que les intérêts de la France ne seront pas attaqués à partir de ce territoire. Il nous reste maintenant à aller revendiquer la nationalité Française.

Joseph Marat

Le retour en force de la colonisation

Après cent jours dans le palais qu’il a tant convoité, Alassane Ouattara a suffisamment imprimé sa marque à la vie politique nationale. L’observateur attentif n’a pas d’effort à faire pour remarquer le retour en force des colons. La France de la colonisation est de retour. On en avait les prémisses depuis bien longtemps. La frénésie sourde qui s’est emparée de Chirac et ensuite de Sarkozy, depuis que Laurent Gbagbo s’était mis en tête de se battre pour la liberté effective des ivoiriens, était nettement prémonitoire de la volonté des Français de recoloniser ce territoire d’outre-mer. Le 11 avril dernier marquait l’aboutissement matériel de leur plan diabolique : ré-confisquer la liberté du peuple ivoirien. Depuis, les signes ostentatoires de cette recolonisation ne se comptent plus.
Alassane Dramane Ouattara, l’instrument de ce retour aux valeurs coloniales, n’a pas attendu longtemps pour montrer au peuple ivoirien qu’il venait de perdre sa souveraineté. L’homme a confié sa garde rapprochée et la gestion de son armée à un gradé de seconde zone de l’armée française et à l’onuci. Lui qui dit avoir été élu à plus de 60% dans les casernes, a perdu la confiance en ses électeurs. Et La France n’a pas envie de perdre de sitôt la poule aux œufs d’or. Ils ont bétonné sa sécurité monnayant près de 21 milliards sur les taxes de capitation que nous devons verser désormais.
Deuxième signe et non des moindres de ce retour en force de la France en Cote d’ivoire, c’est le défilé des officiels français dans cet intervalle de trois mois. On en reçoit pratiquement un par mois qui vient visiter la nouvelle terre d’espérance française. Nicolas sarkozy lui-même est venu le jour de l’investiture de Ouattara avec son ministre des affaires étrangères pour assister à l’investiture du ‘’préfet’’ (on le tient de la tantie Henriette Diabaté) du cent deuxième département de la France. Un déplacement à valeur essentiellement politique pour sceller le sort de la Cote d’Ivoire qui retourne plus que jamais dans le giron de la république française. Ce ne sera plus surprenant que l’ordre du jour des conseils des ministres ivoirien se décide à l’Elysée.
Deux mois plus tard, Gérard Longuet viendra discuter du bouclage militaire du territoire. La création d’une dizaine de camps militaires dans l’ouest du pays en est une conséquence notable. La région est riche et instable à la fois. Il faut donc sécuriser l’exploitation de cette partie du pays. C’est à croire qu’on a planifié les nombreux crimes dans cette partie du pays pour mieux spolier les autochtones.
François Fillon qui vient à peine de rentrer a fait deux jours en Cote d’Ivoire. C’est largement suffisant pour revisiter tous les contrats économiques qui leur ont échappés dans la « folie » de souveraineté de Laurent Gbagbo. La coïncidence de l’expulsion de l’Angola de la Sir n’est pas fortuite. Sur l’ensemble des entreprises sinistrées en cote d’Ivoire, seules les françaises bénéficient d’une attention particulière. La moitié des prêts faits par la France et que les contribuables ivoiriens auront à rembourser, doit servir à la réhabilitation des entreprises françaises en Cote d’ivoire.
On aura tout compris, notre sort est désormais celui de nos aïeux d’avant 1960. On aura remarqué qu’il n’y a que la France, sur les 193 Etats que compte le monde, qui nous visite. De pré carré qu’elle était, la Cote d’Ivoire est devenue, depuis l’accession brutale de Ouattara au pouvoir, une colonie Française. Elle ne peut plus rien faire sans la France. Les cent derniers jours qu’il a passé au pouvoir ont largement suffis pour nous en convaincre.

Joseph Marat