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jeudi, 28 juillet 2011

LES PHASES DE L’INTERVENTION MILITAIRE FRANÇAISE EN COTE D’IVOIRE.


Christophe Barbier : « Nous ferons payer la facture à ceux pour qui nous faisons ‘’la guerre’’ »

On ne finira jamais d’épiloguer sur la façon dont les autorités françaises installent Alassane Ouattara au pouvoir en Cote D’ivoire. Elles ont beau nié leur rôle dans le kidnapping de Laurent Gbagbo, les faits et les intérêts bassement matériels qu’elles reconnaissent quelques fois les trahissent.

Première phase, fin mars : « La France a appuyé la conquête du sud du pays par les forces de Ouattara » (Canard Enchaîné, 6 avril 2011). Un officier supérieur, « proche de l’Élysée », vante « notre efficacité dans l’organisation de la descente sur Abidjan ». Un autre, « membre des services de renseignement », confie : « On a fourni des conseils tactiques aux FRCI [Forces républicaines de Côte d’Ivoire] », mais aussi « des munitions et des Famas ». Cette confidence rappelle le témoignage – forcément sujet à caution – d’un ancien com’zone de la rébellion, Abdoulaye Traoré, sur l’aide apportée par des officiers français en 2003, qui « signalaient les dispositifs de l’adversaire et distribuaient les armes à des points précis » (www.lebanco.net, 13 août 2010). Notons, lors de cette première phase, le très faible écho dans nos médias de la mort de Philippe Rémond, seule victime française (La Croix, 04 avril). Cette victime d’un assassinat – vraisemblablement ciblé – au lendemain de l’entrée des forces pro-Ouattara dans la capitale politique, Yamoussoukro, présentait sans doute le défaut d’avoir dénoncé, depuis longtemps, l’ingérence française dans la crise ivoirienne.
Deuxième phase, les bombardements par les hélicoptères de Licorne et de l’ONUCI. Après que les rebelles se furent regroupés à la lisière d’Abidjan, Ouattara a demandé à Ban Ki-moon la destruction des armes lourdes des forces de Gbagbo. Demande répercutée à Sarkozy, qui donne le feu vert. Les premières frappes de l’ONU, le 4 avril, concernent des camps militaires. Mais selon le Canard Enchaîné, les hélicos frappent aussi « au passage des objectifs aussi stratégiques que le CHU et un supermarché du quartier de Cocody » ! Autres cibles, le bâtiment de la radiotélévision, les bâtiments présidentiels et une base de bateaux-bus qui servaient à transporter les jeunes patriotes.
Au bout d’une semaine de pilonnages répétés, et d’assauts, repoussés, des FRCI contre les forces de Gbagbo, l’assaut final a été donné. Les moyens utilisés selon l’amiral Guillaud, chef d’état-major des armées : quelques milliers d’obus de 20 mm, une dizaine de missiles HOT, une vingtaine de véhicules blindés et plus de 200 soldats français. Depuis son lancement en 2002, l’opération Licorne a coûté entre un et deux milliards d’euros. Quel retour sur investissement peut en attendre l’Élysée ? Christophe Barbier (LCI, 05 avril) donne des pistes. « Nous ferons payer la facture à ceux pour qui nous faisons ce travail difficile, douloureux, qu’est l’action militaire. D’abord nos alliés […] et puis les pays que nous libérons. La Libye, la Côte d’Ivoire, ce sont des pays qui ont des ressources. Ces pays nous rembourseront en avantages, notamment en matières premières, en énergie par exemple. Ils pourront aussi nous acheter des matériels militaires [...] Nous allons, sans être cynique, améliorer nos matériels, améliorer nos méthodes. Avec l’expérience retirée de ces conflits, ça nous permettra d’être encore plus compétitifs sur ce marché […] qu’est la vente des armes. »
Ajoutons que le Canard, notant les équipements tout neufs des FRCI, rapporte des témoignages et documents montrant que « des proches de Ouattara ont monnayé, en 2009 et en 2010, d’importantes quantités d’or extraites des mines du Nord. Plusieurs tonnes ont été acheminées au Ghana voisin sous couvert de véhicules de... l’ONU. »

Par Rafik Houra source : Survie.org

On risque de payer la facture de la guerre en Libye

Ne nous leurrons pas. Nous sommes dans des conflits d’intérêts éclatés. La France est un ogre et son cynisme est aussi dévastateur que son appétit. Qu’un journaliste parmi les plus avertis de France pense que son pays fera payer aux pays dans lesquels et pour lesquels elle mobilise son armée doit nous interpeller. C’est normal. Les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts. Alors si des rebelles dans des contrées diverses sollicitent la France pour les aider à prendre le pouvoir d’Etat dans leur pays, ce n’est certainement pas pour leur beaux yeux ou pour des valeurs désintéressées d’humanisme qu’elle s’engage à coté d’eux. Quand elle engage ses médias, son armée et sa diplomatie, c’est forcement pour en tirer des dividendes. Elles aussi, elle a ses chômeurs, ses désœuvrés et ses nombreuses charges à assumer.
Le souci aujourd’hui c’est que la petite France est sur deux fronts en Afrique. Elle a réussi à installer son homme en Cote d’Ivoire. A ce niveau l’affaire est presque dans le sac. La Cote d’ivoire va servir de vache à lait à la France en remboursant au-delà de ce qu’elle aura mis dans la guerre depuis 2002. Mais en Libye la guerre s’enlise et il n’est pas sûr qu’elle se termine comme ici. Alors question qui paiera les factures de la guerre en Libye si la France y échoue ? La nature a horreur du vide et aime les raccourcis. Apprêtons-nous à régler aussi les factures de la guerre contre Kadhafi. Souvenez vous que le sud a payé durant 10 ans les factures sodeci cie des zones cno.
Joseph Marat

lundi, 25 juillet 2011

La démocratie des armes n’existe pas

C’est un philosophe français du 17e siècle René Descartes qui a dit que le bon sens est la chose la mieux partagée au monde. Aujourd’hui, il me semble qu’il n’est plus pertinent. C’est la folie qui est désormais la chose la mieux vendue à travers l’armada médiatique de la planète pour le triomphe des causes irrationnelles. Sinon qui peut mesurer la dose de bon sens dans l’idée qu’il faut faire la guerre, susciter et soutenir des rébellions pour imposer la démocratie. Tuer le peuple pour qu’advienne le pouvoir du peuple ou le pouvoir du peuple par les armes, cela n’a pas de sens.
Celui qui a acquis son pouvoir par les biceps a-t-il des comptes à rendre à un peuple. Surtout quand celui-ci, oblige le conquérant, d’appels à la révolution las, à recourir aux armes. Le peuple lui-même sait qu’il ne peut rien attendre de celui qui s’est passé de lui. Voilà où le bât blesse, quant on les entend parler de démocratie la Kalachnikov au point. Pourquoi ne pas carrément assumer sans complexe le choix de faire une croisade contre la démocratie et les libertés dans les pays africains. Ce ne sera pas nouveau. C’est la guerre des intérêts bassement matériels et déshumanisants qui a présidé le commerce triangulaire et la colonisation.
C’est vil et nauséeux de dénier aux africains un minimum de sens critique, au point de leur faire croire que celui qui s’impose par les armes est plus démocrate que celui qui est venu au pouvoir suite à un soulèvement populaire. Que Laurent Gbagbo le prêtre de la liberté à la limite de l’inexpérience soit un dictateur cela sent à mile lieux la mauvaise foi. Mais le peuple n’est pas dupe face à cette histoire de crise postélectorale qu’on résout à coup de violence, pillage, crime, séquestration, enlèvement et emprisonnement abusif sous le fallacieux prétexte d’instaurer la démo-cratie. Il attend que l’euphorie des armes tombe et que le bon sens qui nous habite par ailleurs tous prenne ses droits. Alors seulement, l’histoire se remettra en marche dans le bon sens.

Joseph Marat

vendredi, 22 juillet 2011

Isaïe Biton Coulibaly un ami dangereux


Dans ce pays où on fait tout pour marquer et utiliser les traits des clivages ethniques, patronymiques ou autres, il y a des amitiés qui font rêver. Surtout quand l’un des amis à l’occasion d’une émission de télé, alors que rien ne l’y oblige, dans des envolées lyriques, célèbre l’autre. Et montre à quel point il est fier d’être l’ami d’un homme exceptionnellement chaleureux, humaniste avec un sens élevé de l’amitié. Des photos à l’appui s’il vous plait. Ces instants de cette émission consacrée à Isaïe Biton Coulibaly sont tellement cathartique qu’on guéri même des complexes politico-ethnologiques bidons qui voudraient catégoriser les ivoiriens. On avait là deux humains, deux ivoiriens pleins d’estime l’un pour l’autre à en croire la vedette de l’émission. Cela m’a donné à penser que Biton est vraiment un grand homme de culture parce que cette relation avec Laurent Gbagbo d’avant le 11 avril 2011, ne m’a pas semblé être une relation d’affidé ou de ruse. L’homme a montré qu’il était dans une relation transcendantale avec le chef de l’Etat d’alors. L’estime en était encore plus grand parce qu’il a montré qu’il pouvait avoir le même type de relation avec n’importe quel homme politique du pays sans être catégorisé.
J’en étais donc là quand j’ai lu les samedis de Biton du samedi 25 juin dernier. Hors mis le fait que l’homme demeure un homme de métier qui s’est, cette fois, quelque peu mélangé les pinceaux (le rapport entre l’intégration africaine et le suicide de Ba Bemba face à la capture de Samory Touré, la conquête coloniale, le panafricanisme de Nkrumah et les actions actuelles du gouvernement Soro-Ouattara, me semble un peu tiré par les cheveux) j’ai trouvé qu’il envoyait de façon subliminale un message paradoxale à « son ami Laurent Gbagbo ». Il y a des moments ou des circonstances qui trahissent souvent nos pensées en leurs faisant dires autre chose que ce qu’on a en réalité dit. Ecrire sans lapsus, juste 2 mois et demi après la chute de Laurent Gbagbo que le plus estimé et le plus estimable de tous les résistants, c’est Ba Bemba, on n’a besoin de lire Freud pour comprendre que « l’ami de Laurent Gbagbo » est triste et gêné qu’il ait survécu à l’attaque française du 11 avril 2011. Cher ami Bidon, que dis-je, cher ami Biton, tu es pour Gbagbo un ami dangereux. Et je t’ai surestimé. Sinon tu aurais su que quand on est mort, on ne résiste plus.
Joseph Marat

A propos des 55 soldats pro Gbagbo arrêtés au Ghana


« Menace de déstabilisation : 55 ex-combattant ivoiriens arrêté au Ghana », voici le flop qui barrait la Une de certains journaux parmi les plus sérieux de la place le mercredi 20 juillet dernier. N’eut été le souci de booster un peu le moral des ivoiriens qui souffrent déjà suffisamment de la psychose qu’on leur sert quotidiennement depuis le 11 avril passé, on aurait fait comme si ces unes n’avaient pas existé. Mais cela n’a rien couté pour comprendre que cette prétendue capture de 55 soldats pro Gbagbo au Ghana est un coup de communication mal ficelé autour d’un gros mensonge d’Etat. De sources concordantes il n’en est rien. Les officines de rumeurs se sont simplement remises au travail pour équilibrer quelque peu le tsunami de réprobations qui s’abat sur un régime qui ne sait même pas être dictatorial.
Ce qu’on a voulu faire passer pour un scoop de pointe, n’est en fait qu’une vieille information réchauffée pour la circonstance pour cacher l’incompétence notoire qui caractérise la gestion actuelle de l’Etat de Cote d’ivoire. Selon les sources proches du chef de l’Etat lui-même, les soldats dont il est question, à moins qu’on ne nous serve l’une de ces mises en scène macabres de personnes séquestrées, n’existent pas. S’ils avaient existé, ce qui est probable, la source fait comprendre que se sont les soldats qui avaient été surpris par l’attaque de la coalition international ONUCI-Licorne dès les premières heures de la guerre postélectorale et qui en essayant de traverser la frontière Ghanéenne du coté de Boudoukou ont été presque tous éliminés. Pour ceux qui ont réussi à atteindre le Ghana, il faut qu’ils soient pires que les zozos des rues d’Abidjan pour se promener en grappe avec leurs armes dans les rues d’Accra et se faire cueillir comme des novices.
Alors en attendant que la diplomatie Ghanéenne ne s’actionne elle-même pour démentir cette machination sulfureuse, on s’interroge sur les véritables enjeux de cette information. Les ivoiriens peinent à voir le bout du tunnel avec ce régime qui a érigé les slogans démagogiques en programme de société. Pouvait-il en être autrement ? Quand on a consacré sa vie politique dans l’opposition à comploter au lieu de réfléchir aux véritables solutions sociales de ses concitoyens, on ne peut que leur servir ce qu’on a préparé. Les complots à la place d’un véritable programme de société.
Les étudiants sont retournés à la terre laissant les cités universitaires à des dozos. Le chômage on n’ose même pas en parler. Avant d’embaucher, On s’accorde un petit mandat de licenciement abusif pour assouvir le désir compulsionnel de régler le compte de ceux qui ont osé gagner leur pain sous le régime Gbagbo. On dit que les soins sont gratuits, mais on n’a cure de savoir que ce ne sont pas les ordonnances médicales qui soignent. Quant à la question sécuritaire, c’est actuellement la foire au banditisme. Il a conquis le pouvoir d’Etat et le premier des soucis c’est l’aménagement des prisons pour y enfermer tous les honnêtes opposants. Pour l’éducation des ivoiriens on a trouvé Kandia Camara… Politiquement la tension est à couper au couteau parce qu’on a décidé d’érigé la vengeance mesquine en programme de gouvernement. Pour ce qui est du développement économique du pays, il faut repasser plus tard. C’est la bérézina pour la Cote d’Ivoire et le jackpot pour la France. Sarkozy, Jupe, Longuet, Fillon sont tous déjà venus. Mais aucun n’a été préoccupé par le sort des ivoiriens. Si ! Ils ont envoyé Fillon pour dire qu’ils renouvelleront la force de travail des esclaves en assurant au moins les salaires.
En somme, avec un projet de société et un programme de gouvernement qui tienne à peine sur 02 feuillets, une équipe constituée de personnes rongées par la myopie intellectuelle, on peut comprendre qu’on ait rien à proposer aux ivoiriens. Mais alors de grâce, les conquistadors de notre jeune histoire peuvent-ils continuer leur commerce triangulaire et laisser les ivoiriens ronger leur frein dans l’attente de leur rédemption.
Joseph Marat

Le cynisme des Ivoiriens

J’ai fait un tour au Plateau, le principal quartier des affaires de Cote d’Ivoire pour voir ou nous en étions trois mois après le Kidnapping du Président Laurent Gbagbo. Il était 11 heures du matin et j’avais le sentiment de circuler dans une maison hanté. Les rares ivoiriens que je rencontre dans la rue ont le regard généralement perdu et la circulation si dense à pareille heure était réduite à 50 %. Je refuse de penser qu’on a cessé de travailler en Cote d’Ivoire. Alors je m’engouffre dans le bureau d’un ami de longue date au ministère de la fonction publique. Je le trouve grelotant et rangeant ses affaires pour rentrer. « Si tu étais venu 5 minutes plus tard, tu ne m’aurais pas trouvé. » Mais, cher ami il est à peine 11h et demi ! « Ah ! J’ai trop duré, il n’y a personne ici, nous sommes même en train de préparer une grève. » Pourquoi !? « On nous doit deux primes. On s’apprêtait à nous verser la première fin mars dernier, quand le régime précédant a été chassé. Ça fait encore trois mois que nous attendons les primes de mars. Nous allons donc bientôt arrêter de travailler. » Mais, avec tout ce qui s’est passé, tu ne penses pas qu’il faille laisser un peu de répit au nouveau chef de l’Etat ? « Quel répit ? Tu sais mon frère, ce n’est pas la première fois qu’on assiste à un changement de régime. Je ne me souviens pas que Bédié ait interrompu de verser les primes des fonctionnaires au lendemain de sa prise de pouvoir. Robert Guei qui a dit avoir trouvé les caisses vides ne s’est même pas donné un délai de carence. Quant au fils de pauvre, Laurent Gbagbo qui a tout le temps trainé la casserole de l’élection calamiteuse, il n’a jamais prétexté les contrecoups de la rébellion pour interrompre les primes, au contraire, il les a même revalorisées partout. Alors pourquoi veux-tu que ce soit l’homme des pluies de milliards qui nous impose un tel traitement ? » Je l’ai fermée. J’ai rarement perçu autant de cynisme dans l’attitude des fonctionnaires ivoiriens. Est-ce la rançon de l’arrogance et de la démagogie ? Je m’interroge.

Joseph Marat

lundi, 18 juillet 2011

Professeur Yacouba Konaté ou l’Alassaniste basique (1)

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Je suis toujours fasciné par le maitre, le professeur, l’icône du savoir philosophique que vous représentez pour ma génération. Et cette fascination me pousse toujours à me laisser imprégner de vos lumières sur les événements qui tissent notre histoire commune. Mais à la pratique des monuments du savoir dans ce pays, l’illusion que la connaissance puisse épurer le fond propre de quelqu’un m’est passée. On ne devient pas objectif parce qu’on manipule à longueur de journée les instruments de l’objectivité scientifique ou morale. Les convictions changent difficilement parce qu’on accumule des connaissances. Au contraire nos connaissances sont généralement ouvrières de nos partis pris.
En me précipitant sur cette interview accordée au confrère de Frat-mat le lundi 27 juin, Je ne m’attendais pas à ce que le Professeur Yacouba Konaté milite contre Alassane Ouattara. J’avais seulement espérer comprendre la logique de ce qui arrive à notre pays. J’avais voulu saisir la rationalité qui sous-tend le discours politique du Rdr. Evidemment, pas pour me convertir. Mais au moins comprendre qu’il y a un discours difficilement attaquable face au mien. Je suis resté sur ma faim. Pire, le creux s’est approfondi.
J’ai cru, entendre le coxer d’Adjamé où le vieux Yacouba à la gare d’Abobo qui se fait commenter ses numéros de “le Patriote ” pour arroser ses viscères. Morceaux choisis : « Prenez l’ancien chef d’Etat et ses compagnons. En niant la victoire de Ouattara, ils ont choisi le mal.» Vous devriez créer la controverse au Rdr. Vous devriez avoir un autre niveau de lecture des événements parce que vous devriez intégrer dans vous prises de position toute la complexité des situations. Vous ne trouvez pas que c’est un peu trop simpliste pour vous de diviser le monde entre le bien et le mal selon vos seules références morales ou viscérales ?
Le Professeur Yacouba Konaté est au Rdr, c’est son droit. Mais, au vu de tout ce qui se passe aujourd’hui, on ne peut pas dire sans se compromettre intellectuellement que le Rdr ne nous apporte que la lumière. A suivre...

Joseph Marat

Professeur Yacouba Konaté ou l’Alassaniste basique (2)

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La colonisation est venue avec le noble projet de civiliser notre continent. Des voies se sont levées pour en condamner les méfaits et même dire que le continent africain n’était pas aussi sombre qu’on a voulu le faire croire. Les considérations bipolaires ou bicolores ont vécu. Et vous devriez être la dernière personne avec qui elles devraient revivre. La prétention d’être un homme de culture et des cultures, ne m’a pas semblé surfaite !
Sinon c’est à croire qu’on devrait tous se coucher dès que Ouattara dégaine. On serait dans le mal ou le mal si on ne fait pas le choix du messie Alassane Ouattara. Je pensais que cette vision messianique partageant le monde entre le bien et le mal n’était que le dada de la populace. Mais dans cette interview, il y a plus surprenant. « En refusant toutes les médiations pour s’enfermer dans son bunker avec sa mère et ses petits-enfants, Laurent Gbagbo a imposé le pire à quatre générations, y compris la sienne. (…) Il a imposé le pire à la Cote d’Ivoire meurtrie qui auto-saccage son administration.» Je me garderai de commenter ce complexe anti-Gbagbo chez certaines élites de ce pays qui ne supportent pas qu’il soit différent. Qu’il n’est pas de compte bourré de sous volés au peuple, qu’il ne mette pas ses parents à l’abri pour venir faire la guerre à son pays, qu’il veuille même protéger sa mère et sa famille dans la seule maison de fonction qu’il possède. Aurait-il fallu pour lui qu’il se barricade dans le complexe hôtelier d’à coté avec tout son parti pour ne pas imposer le pire à mille générations d’ivoiriens. C’est inutilement méchant et pervers. Je comprends mieux Rousseau avec vous, la culture nous éloigne de la sainte naïveté et du bon sens élémentaire.
Je comprends aussi pourquoi les intellectuelles n’ont pas signé votre pétition (puisqu’en ruant dans les brancards de ces derniers vous n’en citez pas un seul qui ait signé). Ils pouvaient difficilement accepter cette théorie que ce soit celui qui se protège contre la violence des braqueurs, qui impose le pire. Ils pouvaient encore moins comprendre votre concept d’auto-saccage qui renvoie aux autres automatismes antidémocratiques : auto-commission de Youssouf Bakayoko, auto- certification de Choi, auto-prestation de serment de Ouattara. Et si tout était parti de l’auto-rébellion de 2002 ou plus loin de l’auto-proclamation de Bédié en 1993 qui voulait se prémunir, déjà à son temps, de l’auto-présidence du même Alassane Ouattara.

Joseph Marat

vendredi, 15 juillet 2011

Ils ont cessé d’être journalistes


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J’ai rencontré par le pur des hasards un politologue dans une buvette à Angré. La conversation que j’ai eue avec lui m’a parue très nourrissante. En fait, il m’a amené, sans le savoir lui-même, à réfléchir sur le métier de journaliste. Il disait que ses connaissances sont aujourd’hui surprises qu’il soit très acerbe avec le régime de Ouattara. Ceux qui l’ont connu ces dix dernières années ont toujours pensé qu’il était Rdr ou Rhdp tellement ses flèches contre la refondation étaient lacérées. Que non ! Le politologue pense par principe qu’on n’a pas à s’acharner sur l’opposant. Ce qu’il dit n’engage que lui et mieux, fait parti de l’exercice de vigilance républicaine. Mais, le gouvernant, avec les décisions qu’il prend ou qu’il ne prend pas, impacte quotidiennement notre vécu. C’est donc sur lui qu’il faut mettre la pression pour qu’il prenne les bonnes décisions. Quoiqu’il existe des oppositions sauvages beaucoup plus nuisibles que le prince, j’ai tout de même marqué le coup d’une méditation métaphysique.
Je me suis dit : « telle devrait être l’attitude d’un bon journaliste ». Dans la foulée je me suis souvenu de cette boutade d’Eugene Die Kacou dans la période qui a précédé son éviction de la présidence du Conseil National de la Presse : « un journaliste qui ne dérange pas, n’en est pas un ». Il se disait grand moraliste du métier de la presse, convaincu à son temps que plus il fermait les yeux sur les injures publiques, les défiances et les appels à la guerre des journaux pro Ouattara, plus il était dans le vrai en matière de journalisme. Un autre, en la personne de Vénance Konan, nous a même fait croire qu’il était un immense journaliste, tellement il ruait dans les brancards de Laurent Gbagbo et sa famille et des BAD.
Aujourd’hui, ré-plastronnant dans les bureaux feutrés du CNP et bombardé à la tête du plus grand groupe de presse du pays, ces messieurs ont cessé d’être journalistes. Ils ne dérangent plus et ils ne veulent même plus qu’on dérange un régime plus que liberticide. Eugène Die Kakou s’est découvert subitement les vertus d’un juge impitoyable contre les opinions de presse et Venance Konan ne semble plus être intéressé par les trains qui n’arrivent pas à l’heure. Pour lui nous sommes désormais dans le meilleur des mondes possibles.

Joseph Marat
josephmarat@yahoo.fr
03 22 15 00

vendredi, 08 juillet 2011

CPI : on prend les mêmes et on recommence

cpi.jpgUn ami me disait, il y a de cela quelque temps que la Cour Pénale Internationale ne viendrait pas intervenir en Cote d’ivoire parce qu’on n’avait pas ratifié les accords qui l’instituent. Alors je lui dis : « parle pour les pays normaux. Et d’ailleurs la CPI sera ici en moins de deux parce que si ça ne tient qu’à sa ratification, il n’y a rien de plus facile. »
Depuis quelques jours elle est là, dans nos murs. Elle est conduite par une certaine Fatou Bensouda, accompagnée d’un certain Amadou Bah et reçu sur place par coulibaly Gnénéma et Adama Toungara. Et tenons nous bien, le fait - dans cette tragédie de 10 ans – qui indigne la représentante de OCampo, c’est l’histoire controversée des marcheuses d’Abobo. Le décor est planté. Pour la justice il faudra certainement repasser un autre jour. L’attelage et le discours nous rappelle le cauchemar que nous ont servi l’Onu, la communauté internationale et la France. Mme Ben yoda que dis-je Mme Bensouda, quand vous dites dans votre chute qu’ « aujourd’hui en Cote d’ivoire la parole est aux victimes » on vous comprend. Les gens comme vous, portant des masques d’impartialité nous ont appris à penser le contraire. On a compris le zèle pour les élections transparentes de Choi. On sait qui gagne dans le jeu de Pingpong de jean Ping et on a compris Claude Guéant quand il disait que son pays n’avait pas de candidat. Mme CPI, On est vacciné.
Mais sachez pour vos indignations sélectives qu’Abobo c’est du bissap à coté de Duekoué.
Joseph Marat

Gbagbo Ouattara : qui poursuivre pour crime contre l’humanité

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Depuis le 11 avril 2011 le président Laurent Gbagbo, sa famille et ses collaborateurs sont séquestrés dans le nord du pays. On dit qu’ils sont en détention pour des crimes de tout genre qu’ils auraient commis. Evidemment pour ne pas donner l’impression de faire des accusations gratuites, depuis quelques temps des rapports pleuvent. Les rapporteurs se marchent même sur les pieds. Human Wright Watch, Amnesty International, ONU…ont tous pondu, dans ces derniers temps, des rapports qui relèvent des crimes contre l’humanité. Mais, à leur corps défendant, ils ont tous noté que les exactions continuent et que les crimes contre l’humanité sont à mettre au compte des deux camps en conflit.
Au-delà de ce jeu de mots que nous savons tous hypocrite et sournois, entre Laurent Gbagbo et Dramane Ouattara qui est le véritable auteur des crimes contre l’humanité ? Entre un chef d’Etat qui en toute légalité, dans la défense et la protection du peuple dont il a la charge n’a pu logiquement s’empêcher de commettre des gaffes et celui qui sans en avoir le droit prépare froidement une rébellion, une expédition armée contre un Etat de droit même avec le prétexte intenable d’avoir gagné une élection et qui continue les tueries quand il n’en voit plus la nécessité, qui est le vrai criminel ?
Pour ceux qui ne viennent pas de découvrir la Cote D’Ivoire à l’occasion d’une enquête expresse, Laurent Gbagbo, c’est l’opposant historique de Félix Houphouët Boigny. C’est un démocrate dont le nom n’a jamais été associé à un coup de force. C’est un humaniste qui a choyé la rébellion au lieu de la mater. Même ceux qui le combattent aujourd’hui, en privé, font l’éloge d’une personnalité d’exception. Quant à Alassane Ouattara, à la mort d’Houphouët en 1993, il a voulu faire un putsch institutionnel. Il montrait déjà à ce temps là qu’il n’aime pas les sentiers de la loi. Quelques années plus tard il annonce qu’il frapperait le pouvoir moribond de Bédié et il tomberait. Ce qui fut fait en decembre1999. Dans ce pays, des vidéos existent où des rebelles citent nommément Alassane Ouattara comme étant celui qui les a préparé à attaqué la Cote d’ivoire en septembre 2002.
Dans cette crise postélectorale, alors que Laurent Gbagbo recommandait la solution démocratique et pacifique du recomptage des voies, Alassane Ouattara, à travers le commando invisible canardait les forces de l’ordre à Abobo et faisait le tour des capitales de l’Afrique de l’Ouest pour monter une armée de mercenaires pour s’imposer aux ivoiriens. Crime contre l’humanité, j’ai l’intime conviction qu’à travers tous ces rapports qui pleuvent sur la Cote d’Ivoire, les rapporteurs eux-mêmes savent qu’ils prennent la victime pour le criminel.

Joseph Marat