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vendredi, 08 juillet 2011

Mamadou Koulibaly entre la ruse et le parricide

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On s’était s’habitué à son silence. L’homme s’était retiré au Ghana, à l’abri avec sa famille et nous servait quelques apparitions sporadiques pour signifier qu’il n’a pas totalement disparu de la scène. On avait même perçu le message suivant : « Mamadou Koulibaly est le dauphin constitutionnel. Il ne doit pas se retrouver au même endroit que le Président Gbagbo. Au cas où la France réussissait son coup d’état, il serait la pièce de rechange pour la poursuite de la lutte ». Mamadou Koulibaly était le symbole du plan B dans cette lutte pour la souveraineté totale de la Cote d’Ivoire. Face à la pernicieuse accusation d’exclusion des musulmans et ivoiriens du nord, c’est à lui qu’on pensait logiquement quand le président Gbagbo a dit qu’un jour, un nordiste sera président. Mam Koul nous avait même emmenés à le penser de bonne foi parce que C’est lui, qui le premier, nous a ouvert les yeux sur la Guerre de la France contre la Cote d’Ivoire. C’est lui qui a claqué la porte à Marcoussis. Il était l’icône de la relève et de la rigueur dans cette lutte pour notre souveraineté.
Quelques heures seulement après l’enlèvement du président de la république, Mamadou Koulibaly refait surface, mais pas pour la même mission qu’on était en droit d’espérer de lui. Apparemment, comme s’il n’attendait que ça, il est venu pour accompagner les fossoyeurs de la république à travers une opposition légitimante. De ses premiers mots après sa rencontre avec Alassane Ouattara à sa dernière interview à jeune Afrique Intelligent, l’homme a dit beaucoup de choses qui conduisent logiquement à penser qu’il baigne dans le déni du discours qu’on lui connait. On a pensé dans les premiers moments qu’il s’agissait d’une ruse politique pour dompter le monstre. Mais la comptabilité de ses reniements constants commence à convaincre le plus mamadouiste d’entre nous que l’homme a un autre agenda. S’y serait-il pris autrement s’il voulait faire oublier Laurent Gbagbo en le chargeant de tous les crimes de la crise ivoirienne pour prendre son appareil politique le FPI ? L’héritage lui échoit, mais le père vit encore et il faut mériter le legs.
Joseph Marat

Union Européenne : après Nadi Bamba, les autres…

nadi bamba.jpgLa justice européenne a annulé, le mercredi 8 juin dernier toutes les sanctions de l’union Européenne qui pesait sur Nady Bamba. Présentée comme la seconde épouse du président Gbagbo, Nady Bamba avait été privée de visa et ses avoirs avaient été gelés comme la plus part des citoyens ivoiriens qui ont eu des liens étroits avec le président Laurent Gbagbo. Le tribunal de la cour de justice européenne à Luxembourg a affirmé dans son arrêt que l’UE « n’a pas motivé de manière suffisante en quoi Mme Nadiany Bamba a fait obstruction au processus de paix et à la réconciliation en Cote d’Ivoire ».
On devrait se réjouir et il faut certainement se réjouir d’une telle décision de justice. On espère que l’UE ne s’arrêtera pas en si bon chemin. Toutes les victimes des sanctions européennes devraient bientôt être libres. Ce ne serait même pas surprenant de voir demain l’UE emboucher la trompette de la libération de Laurent Gbagbo.
Si l’UE n’a pas pu réunir des éléments solides montrant en quoi Mme Nady Bamba, au passage patronne du journal le temps et de la communication de campagne du Président Gbagbo, a fait obstruction au processus de paix et de réconciliation en Cote d’Ivoire, par quelle tour de magie va-t-elle en trouver contre toutes ses autres victimes ?
Comment, l’Union Européenne qui se veut une poche de moralité, soucieuse de la justice, de la paix et de la réconciliation des ivoirien à travers cette affaire Nady Bamba, peut-elle continuer à se méprendre sur le sort de Laurent Gbagbo. Celui qui, contrairement à ses geôliers d’aujourd’hui, a toujours proposé la seule solution de paix et de justice à cette crise. Initiateur des accords politique d’Ouagadougou, personne n’a pu mieux dire que sa proposition de recomptage des voix. Comment l’UE, après avoir laver Nady Bamba, peut-elle continuer à condamner Simone Gbagbo, l’autre épouse, universitaire, députée couverte par l’immunité parlementaire de son pays ? Comment peut-elle continuer à maintenir des sanctions contre tous ces ivoiriens qui n’ont fait que respecter les lois de leur pays en refusant le chaos de la rébellion ?

Mais Quand on a vu la mobilisation qui a été la sienne pour combattre sur tous les plans la démocratie, la justice et même la santé en Cote d’Ivoire, on ne sera pas surpris si elle ne s’en tenait qu’à favoriser seule Nady Bamba. Seulement, on aura compris que dans cette guerre les ennemis de Gbagbo n’ont pas lésiné sur les moyens. Même dans son intimité ils ont réussi à placer leur pion. Echec et mat.

Joseph Marat

Gbagbo et Ouattara face aux repères de l’Histoire

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Même quand ce sont les vainqueurs qui écrivent l’histoire, les héros qui jalonnent sa trajectoire ne sont pas moins les victimes. A la lumière de l’actualité ivoirienne, une petite réflexion m’est venue sur les grands hommes de l’histoire de l’humanité et sur leurs contemporains protagonistes. J’ai fait une petite comptabilité pour essayer de me projeter dans le futur de la Cote d’Ivoire. J’ai pris des grands noms pèle mêle et j’ai essayé de me souvenir de leurs bourreaux ou adversaires politiques.
Prenons De Gaule en France. Qui se souvient encore de ceux qui collaboraient avec les forces nazies pendant que De Gaule appelait à la résistance. Qui se souvient de ceux qui ont fait boire la cigüe à Socrate dans l’antiquité grecque. Aussi précisément que je m’en souvienne ce n’est pas dans des écrits sur eux qu’on entend parler des Caïphe, Ponce Pilate et consort…qui ont crucifié Jésus Christ. Gandhi a eu des adversaires politiques indiens dans la lutte contre l’impérialisme anglais. Le Pakistan est même né de la division, après coup, des frères de lutte. Je suis incapable aujourd’hui de me souvenir d’un seul de leur nom, si ce n’est Mahatma Gandhi. Nelson Mandela a survécu à la méchanceté de trois chefs d’Etat Sud africain. On se souvient aujourd’hui aussi de Fréderic De Clerc parce qu’il a partagé le podium du triomphe avec l’immense Nobel de la paix Nelson Mandela.
En Cote d’Ivoire, entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara qui est-ce que notre histoire retiendra dans une dizaine d’années ? Le premier aura fait la prison pour la promotion des valeurs démocratiques. Il aura résisté jusqu’au seuil du sacrifice suprême contre les forces impérialistes. Son humanisme et son amour pour son pays ne sont pas à prouver. Même ses geôliers et ses pires ennemis, quand la mauvaise foi se dissipe dans des cercles fermés, s’accordent pour dire qu’ils sont le moteur de toutes ses actions. Le dernier peut-il en dire autant ? N’a-t-il pas fait suffisamment montre d’être, aux mains des forces de destruction, l’instrument qu’on fait toujours vite de jeter dans les oubliettes.
Joseph Marat

Commission électorale indépendante : un non sens en Cote d’Ivoire

youssou b.jpg Le front populaire ivoirien à refusé de rentrer dans le gouvernement de Soro Guillaume. Mais il n’aimerait certainement pas être absent aux prochaines législatives. Pour ce faire, le FPI a fait la proposition d’un certain nombre de conditions. Parmi celles-ci le rééquilibrage de la commission électorale indépendante. Un rééquilibrage qui donne tout de même une voie supplémentaire au camp présidentiel. A l’occasion un débat, vieux du lendemain des présidentielles, m’est venu à l’esprit.

A la suite d’une démonstration mêlant émotion et juridisme désarticulé, un ami du RHDP avait essayé de me démontrer qu’Alassane Ouattara était l’élu du peuple. Qu’il a bénéficié du report total des voix de Bédié, que le camp Gbagbo à travers Damana Pikas a empêché la proclamation des résultats provisoires, que Yao Paul Ndré n’a pas dit le droit. Après l’avoir attentivement écouté, je lui ai dit que j’étais prêt à adhérer à sa position s’il me montrait une copie de la délibération finale de la commission électorale indépendante. Et que je pense qu’il n’était pas entrain de vouloir me refiler le point de vue de l’individu Youssouf Bakayoko parce qu’un Etat de droit ne saurait s’accommoder des conclusions d’une causerie entre amis sur une élection présidentielle. Et que dans une structure aussi hétéroclite que la CEI, seul un procès verbal de délibération de la commission centrale pouvait conférer de la valeur au discours de Youssouf Bakayoko sur la présidentielle. Et que mis à part cela, il n’avait fait qu’exprimer son opinion comme tout électeur ordinaire.

Inquiétude légitime : une parité dans la commission électorale indépendante suffira-t-elle à garantir la transparence des élections futures ? Les décideurs d’aujourd’hui sont ceux, qui hier, sans les leviers du pouvoir, ont réussi l’extraordinaire prouesse de violer même la procédure délibérative qui leur était largement favorable. Qui empêchera Youssouf Bakayoko de faire de Soro Guillaume député de Ouragahio ou Shérif Ousmane maire de Yopougon ?

Joseph Marat


mardi, 05 juillet 2011

Les larmes de Jean Kakou Diagou

jkd.jpgJean Kakou Diagou est le patron des patrons ivoiriens. Il est le propriétaire d’une très grande compagnie d’assurance de la place. Il y a peu il s’est offert l’une des plus importantes banques de la Cote d’Ivoire. C’est un monument. Pour parler comme tout le monde il a réussi, il est riche. Il fait parti des personnes qu’une turbulence liée à des conjonctures économiques perturberait rarement dans ce pays.
A la faveur de cette crise postélectorale, les ivoiriens ont découvert qu’il faisait partie de la coalition rebelle contre la Cote d’Ivoire. Il a été parmi les premiers à fermer sa banque et compagnie alors que le pays avait besoin des forces vives pour faire face aux bourrasques des embargos. On le voyait même plastronner dans des spots sur des chaines de télévision étrangère, rassurant ses clients qu’il reviendrait bientôt en force. Certainement après le départ de Gbagbo et "sa clique d’incompétents ".
Grand fut l’étonnement de voir la dernière fois, toujours sur une chaine de télévision étrangère, notre monument économique totalement déboussolé. Versant même des larmes devant l’ampleur du désastre et l’insignifiance des solutions des messies tant attendus. 6 milliards pour juguler 1500 milliards de dégâts. « Laurent Gbagbo est mieux » semblait pratiquement dire Jean Kakou Diagou qui a, comble de désespoir, perdu l’adresse des Frci. Il les a logés à la même enseigne que les bandits de grands chemins. Leçons de l’histoire : si le colosse a pleuré, n’y a-t-il pas lieu de désespérer des nouveaux patrons de la Cote d’Ivoire ?

Joseph Marat

crime contre l’humanité

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Depuis le 11 avril 2011 le président Laurent Gbagbo, sa famille et ses collaborateurs sont séquestrés dans le nord du pays. On dit qu’ils sont en détention pour des crimes de tout genre qu’ils auraient commis. Evidemment pour ne pas donner l’impression de faire des accusations gratuites, depuis quelques temps des rapports pleuvent. Les rapporteurs se marchent même sur les pieds. Human Wright Watch, Amnesty International, ONU…ont tous pondu, dans ces derniers temps, avec une célérité qu’on leur a rarement connue, des rapports qui relèvent des crimes contre l’humanité en Cote d’Ivoire. Mais, à leur corps défendant, puisqu’il n’est pas facile de cacher le soleil avec ses mains, ils ont tous noté que les exactions continuent et que les crimes contre l’humanité sont à mettre au compte des deux camps en conflit.
Pour ceux qui ont suivi la détermination avec laquelle ces mêmes donneurs de leçon ont souhaité et soutenu le départ de Laurent Gbagbo, les conclusions de ces rapports sont plus que la condamnation du camp en liberté et la reconnaissance de l’erreur de la communauté dite internationale. Primo, n’est-ce pas assez curieux de constater que les exactions continuent quand on sait le taux d’énergie dépensé pour faire entendre au plus sourd des humains qu’ en Cote d’Ivoire le problème c’est Laurent Gbagbo. On se souvient encore des diatribes de Ouattara, Ali Coulibaly et consort dans tous les médias pour dire qu’il suffirait de l’extirper ou même de l’expédier outre tombe pour que le pays se porte mieux. Secundo, qu’est-ce qui explique qu’on est déployé autant de moyens pour chasser Laurent Gbagbo du pouvoir, si c’est pour constater après que celui pour qui on l’a fait n’est pas mieux et devrait lui aussi être incarcérer ?
Au-delà de ce jeu de mots que nous savons tous hypocrite et sournois, entre Laurent Gbagbo et Dramane Ouattara qui est le véritable auteur des crimes contre l’humanité ? Entre un chef d’Etat qui en toute légalité, dans la défense et la protection du peuple dont il a la charge n’a pu logiquement s’empêcher de commettre des gaffes et celui qui sans en avoir le droit prépare froidement une rébellion, une expédition armée contre un Etat de droit même avec le prétexte intenable d’avoir gagné une élection et qui continue les tueries quand il n’en voit plus la nécessité, qui est le vrai criminel ? Au tribunal de notre petite histoire, il y a le criminel froid, calculateur, planificateur, qui nous a même habitués à annoncer ses forfaits à ses victimes et il y a le présumé coupable qui, ayant agi en légitime défense, bénéficie des circonstances atténuantes.

Pour ceux qui ne viennent pas de découvrir la Cote D’Ivoire à l’occasion d’une enquête expresse, Laurent Gbagbo, c’est l’opposant historique de Félix Houphouët Boigny. C’est un démocrate dont le nom n’a jamais été associé à un coup de force. C’est un humaniste qui a choyé la rébellion au lieu de la mater. Même ceux qui le combattent aujourd’hui, en privé, font l’éloge d’une personnalité d’exception. Le seul défaut qu’on lui connait c’est d’aimer la femme là ou les autres préfèrent les hommes. Alassane Ouattara, c’est le père de la carte de séjour et par conséquent le premier promoteur de la xénophobie et de l’ivoirité en Cote d’ivoire. A la mort d’Houphouët en 1993, ce monsieur a voulu faire un putsch institutionnel. Il montrait déjà à ce temps là qu’il n’aime pas les sentiers de la loi. Quelques années plus tard il annonce qu’il frapperait le pouvoir moribond de Bédié et il tomberait. Ce qui fut fait en decembre1999. Dans ce pays, des vidéos existent où des rebelles citent nommément Alassane Ouattara comme étant celui qui les a préparé à attaqué la Cote d’ivoire en septembre 2002. Dans cette crise postélectorale, alors que Laurent Gbagbo recommandait la solution démocratique et pacifique du recomptage des voies, Alassane Ouattara, à travers le commando invisible canardait les forces de l’ordre à Abobo et faisait le tour des capitales de l’Afrique de l’Ouest pour monter une armée de mercenaires pour s’imposer aux ivoiriens.
Crime contre l’humanité, j’ai l’intime conviction qu’à travers tous ces rapports qui pleuvent sur la Cote d’Ivoire, les rapporteurs eux-mêmes savent qu’ils prennent la victime pour le criminel.

Joseph Marat

Ouattara doit trois mois de salaire aux fonctionnaires

« Il nous doit donc trois mois de salaire ! » réaction démesurée ou expression de bon sens ? Face au tournis que donne les décrets et ordonnances pris à l’emporte pièce par le chef de l’Etat Alassane Ouattara, le fonctionnaire ou le citoyen Lambda peine à comprendre la façon dont la Cote d’Ivoire est gérée depuis la violente alternance du 11 avril dernier. On nous a toujours dit que l’Etat est une continuité et notre constitution dans sa dernière monture dit qu’un chef d’Etat n’est investi de sa mission que le jour ou il prête serment devant l’organe institutionnel habilité pour. L’ascension d’un chef d’Etat à la magistrature suprême est semblable à l’ordination d’un prêtre. Ce dernier, tant qu’il n’est pas ordonné, quel que soit son cursus, ne peut dire de messe. Alassane Ouattara est donc chef d’Etat depuis le 06 mai 2011. Avant lui c’était le Président Laurent Gbagbo. Et selon le principe de la continuité de l’Etat, il se doit de conduire à terme tous les engagements pris au nom de l’Etat de Cote d’Ivoire par son prédécesseur. Qu’elle est donc cette incongruité juridique tendant à faire croire qu’entre le 4 décembre 2010, date de la prestation de serment du président Gbagbo et le 11 avril 2011 date des ordonnances N°2011-004 et N°2011-005 portant annulation de tous les actes pris par le président Gbagbo, la Cote d’Ivoire avait cesser de vivre. Son existence avait subitement discontinué. Premier paradoxe juridique de taille : comment Ouattara arrive-t-il à dire la messe sans avoir été ordonné. En clair en tant que qui ou entant que quoi Ouattara prend-il des ordonnances alors qu’il n’a pas encore prêté serment. Deuxième gène comment Ouattara justifie-t-il constitutionnellement ce vide qu’il crée de toute pièce surtout quand l’article 39 de notre loi fondamentale stipule ceci « les pouvoirs du Président en exercice expirent à la date de prise de fonction du président élu, laquelle a lieu dès la prestation de serment » Ouattara est donc chef d’Etat seulement depuis le 06 mai 2011. D’où lui vient alors l’idée d’invalider les actes antérieurs de l’Etat. D’aucuns feront référence à cet autre acte surréaliste dont lui seul a le secret pour dire qu’ayant prêté serment par écrit, il pouvait se permettre d’annuler toutes les décisions du Président Gbagbo. Sans entrer dans la polémique encore une fois surréaliste de la prestation de serment par écrit, on demande au père des pluies de milliards d’aller jusqu’au bout de sa logique. Il n’y a pas que les concours que le gouvernement Ake Ngbo ait organisés. Il a payé les salaires pendant 3 mois. Si ces payements, au nom, désormais, de la discontinuité de l’Etat sont annulés, Ouattara doit 3 mois de salaire à tous les fonctionnaires et agents de l’Etat de Cote d’Ivoire.

joseph Marat

Sondage et crédibilité



A l’épreuve de la crise ivoirienne, on a certainement compris que les instituts de sondage sont des instruments aux mains des plus offrants. Et les plus offrants, ce ne sont pas ceux qui naïvement commandent un sondage pour vérifier leur côte de popularité, ce sont ceux à qui ils appartiennent. Ce sont eux qui les manipulent pour leurrer et abattre les adversaires.
Depuis des officines secrètes dont les faces visibles de l’Iceberg sont connues sous les noms de G8, G20, Conseil de sécurité de l’ONU. Les potentats de médias, de la politique et de l’économie de notre planète manipulent à leur guise les valeurs auxquelles l’humanité croit naïvement. On est d’accord que c’est à des constances variables qu’on règle les crises dans le monde, c’est à deux poids deux mesures qu’on détermine les dictateurs, et c’est selon les intérêts de ces puissances qu’on définit la notion de démocratie. Ils ont partagé le monde et chacun dans son pré carré s’adonne à tous les crimes possibles. Au nom de quoi la crise du moyen orient, entre la Palestine et Israel reste-t-elle insoluble ? Pourquoi a-t-on l’impression qu’on force la révolution en Libye? Qui va payer pour le mensonge, qui a soutenu le saccage de l’Irak ? Bref, revenons aux sondages et aux médias et voyons qu’en Italie, Berlusconi, malgré toutes ses frasques, demeure l’homme fort de l’Italie parce qu’il dirige la mafia de l’audio visuel dans son pays. En France Sarkozy fera deux mandats malgré sa basse côte de popularité parce que les patrons de presse de France sont ses valets. En 2007, Ils ont monté Ségolène Royal en épingle parce que c’est elle qu’il pouvait battre. Pour 2012, le mélodrame se joue sous nos yeux avec l’assassinat médiatique de Dominique Strauss Kan.
En côte d’Ivoire, une dizaine de sondage ont été effectués sur la population ivoirienne, par les mêmes instituts de sondages européens. Aucun d’eux ne donnait ni Bédié ni Ouattara gagnant. Mais quand les résultats de tous ces sondages se sont avérés dans les urnes ivoiriennes, les mêmes sondeurs et leurs médias ont été les premiers surpris. Ils ont oublié les résultats de tous leurs sondages qui classaient Laurent Gbagbo en tête dans tous les cas de figures. Ce dernier a été traité de tous les noms de dictateur et tyran qui veut s’accrocher au pouvoir. Alors, comment accorder une once de crédibilité à des sondages auxquels ses propres auteurs n’accordent aucun crédit. Ouvrons les yeux et comprenons que les sondages font partie des pratiques de manipulation de ceux qui veulent nous maintenir assujettis.

Joseph Marat

Par delà le bien et le mal



La politique est-elle morale ou a-t-elle une morale ? Le philosophe allemand Friedrich Nietzsche, déjà au 19ème siècle, ôtait le saupoudrage hypocrite dans lequel étaient enrobés les rapports humains en parlant de la volonté de puissance comme principe fondateur de la vie. Par delà le bien et le mal est l’une de ses œuvres qui comme un scalpel dégage les couches superfétatoires de la morale classique pour mette à nu la véritable loi qui régit notre existence : la volonté de puissance. Le monde est une jungle où les plus forts broient les plus faibles. Sans remord. Ils se sentent justifiés par l’idée qu’on n’a jamais une bête de proie se justifier de l’usage de sa force sur plus faible qu’elle. Nietzsche a souvent utilisé la métaphore de l’agneau face au loup pour décrire cette réalité. Il pense que l’agneau peut déblatérer sur les notions de bien et de mal pour faire la morale au loup parce qu’il est faible. La seule force qui est la sienne, c’est la morale. Mais le loup n’a que faire des jérémiades de l’agneau, il le trouve plutôt succulent.
C’est de cette philosophie de la violence naturelle que s’est inspiré lAdolphe Hitler à travers le nazisme. On connaît la suite. Avec la victoire des alliés et la fin des régimes nazi et fasciste, on a tous naïvement pensé que l’agneau avait réussi à moraliser le loup, que les valeurs humanistes véhiculées par la conscience morale étaient devenues sacro-saintes, que la puissance des civilisations dominantes s’était mise au service des plus faibles. Erreur de jugement. C’est le loup qui s’est accaparé le discours de l’agneau pour l’avoir à sa disposition et pour ne plus qu’il se méfie. Ils ont aboli l’esclavage, accordé l’indépendance au pays colonisés, traqué et anéanti le nazisme et on tous cru que l’humanité s’était homogénéisée dans la promotion des valeurs de justice et de démocratie. Il faut se détromper. L’esclavage, la colonisation, le nazisme sont devenus plus pernicieux. Le loup se camoufle désormais sous le masque de l’agneau mais sa démarche n’a pas changé. Aujourd’hui sous le fallacieux prétexte défendre la démocratie, la justice sociale, la société civile…on soutient des dictatures, des rebellions, on mate les révolutions et on bombarde les palais.
Sinon comment explique-t-on que la seule suite qu’on veuille donner à une crise poste électorale soit la guerre. En Cote d’Ivoire, alors que Laurent Gbagbo proposait la solution démocratique du recomptage des voies, les puissances occidentales ont résolument opté pour la guerre, la violence politique et militaire. Oubliant royalement que la où les armes crépitent on plus en démocratie. On ne compte plus les voies, on compte les morts, on compte ceux qui n’ont plus et ne sont plus des voies.
Sinon comment comprendre ce qui se passe en Libye. Depuis le début de la crise, Kadhafi appelle à cesser le feu et demande de façon expresse aux occidentaux de venir instaurer la démocratie en Libye. Mais sa voie est étouffée par les bombardements de l’Otan parce que ce n’est pas la démocratie ou la fin de la tyrannie qui est en cause. Tout comme Hitler pour le peuple allemand hier, Sarkozy veut seulement accroître l’espace vital des puissances dominantes. Dans le rapport que l’Afrique a avec l’occident on est au-delà du bien et du mal.

Joseph Marat

la réconciliation en Cote d'ivoire

Quelle est cette effervescence subite pour la réconciliation qui s’est emparée des militants RHDP ? Ils sont tous subitement tombés en transe. On croirait voir des enfants qui ont découvert un nouveau jeu. Faut-il en rire ? Non ! Le bon sens est simplement dépité parce que la politique a cessé d’être un jeu ou un métier en Cote d’Ivoire. Le tableau est effrayant. Après avoir usé de terreur, après être restés sourds à tous les appels humanistes et pacifiques de préservation du tissu social, et après avoir endeuillé la majorité des ivoiriens, ils se découvrent subitement des ailes de réconciliateurs. Le bon sens est simplement contrarié, mais pas désespéré parce que le sort de celui qui veut voler sans les ailes est connu.
Sinon voyons, depuis 10 ans, qu’est-ce qui n’a pas été consenti pour la réconciliation du peuple ivoirien ? Depuis le forum national de la réconciliation en 2001, aux incessants appels au recomptage des voix de la dernière présidentielle, en passant par les couleuvres de Marcoussis ,les accords de Ouaga, le gouvernement du rebelle Soro, la prise de l’article 48 pour sauver le soldat Ouattara, la formation d’une CEI à 80% de l’opposition, que n’a-t-on pas encore vu, entendu et fait pour maintenir le peuple ivoirien réconcilié. La rancœur laissée par le coup d’état de Robert Guei qui s’était même préservé d’humilier le couple présidentiel, le ressentiment causé par le charnier d’une cinquantaine de personnes dont le procès avait montré toute la malsaine mise en scène, ont survécu à 10 ans de démarche exorciste.
Alors que faut-il espérer de cette frénésie pour la réconciliation qui s’est emparée subitement des va-t-en guerre d’hier ? Le passif d’une rébellion qui a duré pratiquement 10 ans, qui a selon les estimations diverses fait au minimum 10 000 morts et qui s’est terminée dans le massacre, le pillage, le viol, les saccages des biens des autres peut-il s’effacer aussi facilement que ne l’a été un coup d’Etat sans effusion de sang ?
Personne n’a intérêt aujourd’hui à ce que la Cote d’Ivoire retombe dans les travers d’une guerre civile, mais on s’interroge. Quels sont les atouts exceptionnels ou les chances de réussite du souverain loubard, violent conquérant du peuple ivoirien là où des universitaires accueilli dans une liesse populaire ont échoué ? Pour dire que ça sonne faux, c’est même grinçant à l’oreille d’entendre les autorités actuelles parler de réconciliation. C’est ce qu’ils savent le moins bien faire. On peut obliger le peuple à essuyer ses larmes, mais on ne peut empêcher son cœur de saigner face aux drames injustifiés de son histoire.

Joseph Marat