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mardi, 05 juin 2012

Il a dit : « la politique est un métier »

Sale temps pour les économistes tropicaux qui se brûlent actuellement les ailes à force de s’être trop rapprochés du feu de la politique. Ils ont confondu la docilité des chiffres de la comptabilité à la gestion des hommes. Ils ont pensé, l’un pour accéder au pouvoir, qu’il suffisait que le président Laurent Gbagbo soit extirpé de son fauteuil présidentiel, pour qu’en s’y hissant, d’un coup de solution magique, il règle tous nos problèmes ; l’autre, pour régler les comptes d’une haine sécularisée, avait pensé pouvoir réconcilier les Ivoiriens sans le célèbre prisonnier de Scheveningen. Ils ont totalement oublié ou ils n’ont jamais su que la politique avait ses raisons que les raisons arithmétiques ignorent. En termes simples, la politique n’a jamais été de l’arithmétique. Il ne faut donc pas s’appuyer sur ses connaissances comptables de base pour prétendre conduire le destin des hommes. Viennent-ils de s’en rendre compte ? En tout cas, il se raconte que Charles Konan Banny, sous instruction de Dramane Ouattara, après s’être cassé le nez un an durant à rallier la majorité des ivoiriens à leur cause, viennent de prendre la décision d’intégrer le président Laurent Gbagbo à leur programme de réconciliation. Sauf revirement de dernière minute, ce qui ne nous surprendrait pas de la part de personnes aux egos surdimensionnés, Charles Konan Banny devrait se rendre à la Haye la semaine prochaine. Après avoir essayé de l’ignorer durant toute une année, c’est toute honte bue que le régime de Dramane Ouattara se rend finalement compte que sur l’échiquier politique ivoirien, le Woody de Mama s’est rendu incontournable. Il n’a pas eu besoin de forcer la porte du cœur des Ivoiriens. Il a simplement fait de la politique. Il aurait simplement fallu que tous ces apprentis qui se prennent pour des maîtres adoptent quelques uns de ses principes. Le président Gbagbo a tellement bien compris la psychologie politique de ses concitoyens qu’il ne lui est jamais venu en tête de cherche à écraser ses adversaires politiques. On ne l’a plus jamais vu ruer dans les brancards de Félix Houphouët dès que celui-ci a tiré sa révérence. Il a pratiquement fait la cour à Robert Guei pour que ce dernier, qui s’était retiré à Gouessesso, rentre dans la République. Il a fait rentrer Konan Bédié d’exil. Contre ses propres intérêts, il a fait accepter aux ivoiriens la candidature exceptionnelle de Dramane Ouattara. Il a offert à Soro Guillaume, le rebelle à son régime, un blanc seing pour la politique. Aucun opposant, sous Laurent Gbagbo, n’a connu la prison. D’aucuns ont pensé qu’en faisant tout cela le président Gbagbo se trompait. Au regard de ce qu’entreprennent aujourd’hui Dramane Ouattara et Konan Banny, nous nous rendons à l’évidence que l’homme s’est rarement trompé en politique. Il est certainement le seul homme politique ivoirien qui a compris que la politique, ce n’est pas la guerre ! Ce n’est même pas la loi de la majorité contre la minorité. C’est plutôt l’art de gouverner en tenant compte des aspirations de chaque citoyen. Si un homme politique s’imagine conduire la société des hommes en laissant sur le bas coté un seul sociétaire, qu’il renonce, il n’en a pas l’étoffe, puisque c’est simple : c’est là que commence l’idée de l’indivisibilité d’une Nation.

Joseph Marat

La solution Gbagbo à l’horizon


Le rapport qui fait suite à la récente visite du conseil de sécurité au régime de Dramane Ouattara est déjà livré à ses commanditaires et livre déjà des secrets. A l’occasion, nous parlions du grand oral de Dramane Ouattara et nous doutions même de sa capacité à réussir. Nous n’avons pas eu tort. Les conclusions de Suzanne Rice et de ses compagnons « examinateurs » montrent nettement qu’ils ont été déçus. Leur poulain, après un an au pouvoir n’a pas été à la hauteur des défis de la crise ivoirienne. Nous nous souvenons comme si c’était hier. Nous avons vu et entendu Dramane Ouattara dire, plein d’assurance sur toutes les antennes de télévisions et radios qui s’y prêtaient, qu’il suffisait d’extirper le président Laurent Gbagbo de la présidence de la République de Côte d’Ivoire pour que ce pays, retrouve tout son éclat. Pour lui, le problème, c’était la personne du président Gbagbo. Il a réussi à convaincre toute la communauté internationale qu’il n’y avait que lui pour sortir la Côte d’Ivoire du sous développement et en faire un pays émergent. il a surtout entraîné le monde entier à ne pas écouter la voix d’un chef d’Etat qui depuis une dizaine d’année luttait contre les ‘’démons’’ de la rébellion et de la bestialité et qui voulait éviter une ultime guerre à son peuple en proposant un recomptage des voix pour donner une issue démocratique à une situation postélectorale qui était devenue apparemment explosive. Dramane Ouattara a refusé cette main tendue et convaincu la civilisation occidentale réputée rationnelle à basculer dans une folie meurtrière pour dégager Laurent Gbagbo du pouvoir. Avec du recul, faut-il penser que la communauté internationale pensait avec bonne foi que c’était lui la solution ? Non ! Elle s’en est simplement convaincue fermant les yeux sur toutes les données objectives qu’elle possédait. Certaines personnes parmi elle se sont même laissées corrompre pour semer la confusion dans tout le processus de sortie de crise. Cela fait maintenant plus d’un an que le « problème » a été extirpé du pouvoir. Il a d’abord été enfermé dans des conditions inhumaines dans un cachot à Korhogo. Comme si, cela ne suffisait pas, il a été déporté à la Haye, loin de son peuple comme si on voulait exorciser toute la Côte d’avoir été gouvernée par lui.
Le retour de l’ONU à travers son Conseil de Sécurité ne surprend personne. Ce qui est plutôt surprenant c’est la conclusion de son enquête suite à une observation attentive de la gouvernance de son poulain. La délégation du Conseil de Securité de l’ONU a été jusqu'à écrire qu’il y a une forte sympathie pour Laurent Gbagbo au sein de la population ivoirienne, que l’insécurité a atteint un point culminant et que la réconciliation que Ouattara garantissait dès son accession au pouvoir est au point zéro. Comment, en 24 heures, ont- ils pu mesurer la popularité de Laurent Gbagbo et le taux d’insécurité ? Leurs chancelleries sur place ont commencé à leur faire des vrais rapports sur l’état du pays. Vu qu’elles se sont rendues compte que depuis l’avènement du chef des armées FRCI, ce pays, jadis havre de paix, a totalement changé de visage et qu’Abidjan est devenue le Bronx, vont-ils enfin nous ramener le Woody de Mama ? Il parait qu’ils ont commencé à négocier.

Joseph Marat

lundi, 04 juin 2012

L’effet Hollande


Faut-il parler de réveil tardif ou de l’une de ces comédies humaines auxquelles la classe politique ivoirienne nous a un peu trop habitués ces deux dernières décennies ? En tout cas nous avons l’impression que le PDCI veut sortir de ses gonds. Il veut enfin se défaire de ses propres fers. Va-t-il s’y engager vraiment dans le véritable intérêt du peuple ivoirien ou joue-t-il le jeu de l’appât du chantage pour mieux se repositionner dans son alliance avec le RDR. Tout compte fait, le samedi dernier, à la maison du parti de Cocody, le bureau politique du PDCI, la deuxième instance du parti après le congrès, n’y est pas allé du dos de la cuillère. Les décisions prises à l’issue de cette réunion du bureau politique sont, on ne peut plus surprenantes pour un parti qui s’est jusqu’ici sabordé pour se contenter de sa propre ombre derrière le RDR. Pour les puristes, il n’y pas deux manières de se révolter et de déchirer la charte de l’alliance qui le liait au parti au pouvoir. Pourquoi ? Une demi-douzaine des décisions prises au cours de cette assise sont de sérieux signaux que peut donner un parti se désolidarisant de Dramane Ouattara et de sa politique. Que le Pdci demande à Ouattara de renoncer à son actuelle armée pour construire une armée nationale et républicaine purgée de tous ses supplétifs étrangers est, non seulement une critique ouverte, mais aussi une façon inélégante de dire à Dramane Ouattara qu’il raconte des contre-vérités quand il crie sur tous les toits avoir réunifié et constitué une armée républicaine. Il n’y a pas longtemps, sur RFI, Ouattara affirmait que le rattrapage ethnique ne voulait rien dire et que toutes les nominations administratives, sous lui, étaient équilibrées. Que le PDCI reprenne, près de deux semaines après, une critique enjoignant à Ouattara de tenir compte des compétences dans ses nominations n’est rien moins qu’un désaveu et une dénonciation de sa politique de rattrapage ethnique. Si le régime de Dramane Ouattara s’est précipité d’organiser les élections législatives en décembre 2011 dernier, profitant de la faveur de la commission électorale dite indépendante et totalement acquise à sa cause, c’est pour bénéficier du caractère monocolore du parlement pour changer certaines lois qui l’indisposent dans sa politique de déplanification. Au nombre de ces lois il y a en bonne place celle de 1998 sur le foncier rural. Il n’y a pas longtemps il a même annoncé la modification de cette loi dès la mise en place de la nouvelle législature. Quand le PDCI revient aujourd’hui sur ce qui pour Dramane Ouattara et son camp est un acquis, avec injonction de faire retrouver à tous les paysans leurs plantations occupées par des hors-la-loi, il se réveille pour remettre en cause le fondement même de l’alliance RHDP depuis les assises de Marcoussis. Faut-il mettre ce revirement de situation au PDCI sur le compte du vent qui a tourné en France ? On n’aurait pas tort. Parce que le PDCI n’a jamais été autre chose qu’un parti politique opportuniste. Son alliance avec le RDR est une création de Jacques Chirac. Elle a été gérée ensuite par Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui le PDCI croit pouvoir se faire cornaquer par François Hollande par son virage, à peine, à deux degrés. Parce que dans le fond, le PDCI qui n’est pas blanc comme neige dans le drame que nous vivons en Côte d’Ivoire, pose tout sauf les véritables problèmes de fond politique. Comment va-t-il faire ? Passé l’effet des incantations politiques pour avoir gain de cause s’il est toujours dans une alliance qui nous donne à voir toutes les dérives démocratiques dans ce pays ?
Joseph Marat

Les Auschwitz, Treblinka, Sobibor… de Dramane



Est-ce que madame Children of Africa sait-elle que son époux cautionne des camps de concentration à travers tout le pays ? Nous nous posons la question parce que nous sommes convaincus qu’elle ne sait pas ce qui se passe derrière par exemple le rideau de bois de la forêt abidjanaise qu’un rescapé est venu nous relater. Cette dame qui prétend avoir la main sur le cœur en courant au secours des enfants défavorisés ne peut pas savoir ce qui se passe dans les lieux de détentions arbitraires de l’actuel régime et dormir tranquille auprès de Dramane Ouattara. Si elle le sait, il nous faut craindre d’avoir une première dame qui a perdu le sens de l’humanité en crachant sur l’histoire. Qu’elle apporte, sous nos cieux, de l’eau au moulin d’une pratique qui rappelle la shoah, voila ce qui vient s’ajouter à la longue liste de nos désespérances. A propos, voila ce que nous dit le wikipédia sur les camps de concentration : « On nomme camp de concentration un lieu fermé de grande taille créé pour regrouper et détenir une population considérée comme ennemie, généralement dans de très mauvaises conditions. Cette population peut se composer des opposants politiques, des résidents d'un pays ennemi, de groupes ethniques ou religieux spécifiques, des civils d'une zone critique de combats, ou d'autres groupes humains, souvent pendant une guerre. Les personnes sont détenues en raison de critères généraux, sans procédure juridique, et non en vertu d'un jugement individuel. » Plus loin wikipédia ajoute : « Le régime nazi a créé une relative confusion en utilisant le terme de camp de concentration pour désigner certains de ses camps d'extermination. » A l’instar de cet encyclopédie en ligne qui refuse de confondre camp de concentration et camp d’extermination, nous gardons la mesure de ne parler que du premier tout en espérant que le regime ne franchira pas le Rubicond de faire disparaitre dans le labyrinthe de tous ses goulags toutes ces personnes qui ont disparu à la suite de cette guerre dite postélectorale. Il aura alors transformé tous ses camps de concentration à travers tout le pays en camps d’extermination comme Auschwitz Treblinka, Sobibor… ces sinistres symboles de la Shoah juive. D’aucuns nous diront, comme ils se sont condamnés à le penser : « Dramane Ouattara est un démocrate, il n’ira pas jusque-là ». Mais que ne peut faire quelqu’un qui a détenu et maltraité dans un 3m carré un chef d’Etat, en l’occurrence Laurent Gbagbo, de jeunes inconnus qu’on arrête quotidiennement dans un climat de rafle généralisée et qu’on fait disparaitre dans l’indifférence totale de la communauté dite internationale ?

Joseph Marat

vendredi, 01 juin 2012

Laurent Gbagbo, un brillant intellectuel dans la politique



L’histoire, la noble est comme un marionnettiste du temps qui joue à faire coïncider les événements pour nous arracher un sourire ou une joie infantile devant la succession malheureuse des faits. Deux jours après avoir pris connaissance de la réquisition du Procureur Louis Moreno OCampo contre le président Laurent Gbagbo, nous voilà pratiquement enthousiasmer de célébrer son 67ème anniversaire. Pour nous, cette coïncidence des événements est un signe du temps qui nous pousse simplement à dire, à OCampo qui ne semble pas savoir grand-chose sur l’homme, qui il est vraiment.
Lors d’un meeting de campagne à Agboville à la dernière élection présidentielle de 2010 voilà ce que Laurent Gbagbo dit de l’homme politique : « J’engage les hommes politiques ivoiriens à prendre la voie de la responsabilité. Je les engage à être responsables et à penser à la Côte d’Ivoire. Je les engage à être responsables et à penser au développement de la Côte d’Ivoire. Tel doit être notre souci permanent, si nous voulons faire la politique. Et, si on ne veut pas faire de la politique, alors qu’on laisse la politique à ceux qui savent la faire. Un faiseur de coup d’Etat n’est pas un homme politique. » Nous pouvons concéder que cela est un discours prononcé en période de campagne par un homme politique mû plus par la séduction de son auditoire que par la vérité. Mais à la lumière de tout ce qui l’engagera bientôt dans un procès politique à la Cour Pénale Internationale, c’est toute la dichotomie autour de la notion d’homme politique telle qu’il la conçoit ici qui est en cause. Premièrement Laurent Gbagbo est-il vraiment ce qu’il dit être ici, c’est-à-dire un homme politique qui classe les coups de force dans la non-politique ? Deuxièmement a-t-il été un politique à la hauteur du concept ?
A la première préoccupation, point n’est besoin de faire une enquête. Ce sont ceux-là mêmes qui le traînent devant un tribunal international pour lui intenter un procès politique qui seront les premiers à dire que malgré tout ce qu’il a subi depuis qu’il est entré en politique à l’âge de 19 ans, il a toujours eu horreur des coups d’Etat. Ce ne sont pas les propositions qui ont manqué. Nombreux sont ses camarades de lutte qui l’ont quitté ou rompu leur alliance avec lui à cause de cette divergence de vue qui n’était pas seulement conjoncturelle chez lui mais ontique, c'est-à-dire lié au fait même de faire la politique. Et personne ne peut nier en Côte d’Ivoire ces paroles fortes dites à l’ occasion de la dédicace du livre de son ami Guy Labertit, Côte d’Ivoire, sur le sentier de la paix : « Pendant ces trente années de combat dans l'opposition, jamais je n'ai pris aucune arme contre aucune institution de la Côte d'Ivoire. Jamais, pendant ces trente années, alors que je subissais les affres de la prison - mon père a été en prison, moi-même j'ai été en prison, mon oncle a été en prison, mon épouse a été en prison, mon fils a été en prison, ma sœur a été en prison - mais jamais, jamais, nous n'avons songé à prendre les armes contre la Côte d'Ivoire. Parce que nous croyons en nous. Parce que nous avons confiance en nous. Et nous avons confiance en notre relation avec le peuple. Nous savions que, tôt ou tard, ce peuple-là, que nous défendions, allait nous reconnaître et nous donner le pouvoir. Quand on a confiance en soi, on ne prend pas les armes pour faire la guerre civile. Quand on a confiance en soi, on ne cherche pas les fusils comme moyen d'accession au pouvoir. » En clair, pour Laurent Gbagbo la violence politique relève simplement de la faiblesse politique. Il est insensé de s’engager dans l’art de gouverner les hommes en brandissant les armes. C’est totalement ubuesque aujourd’hui que Laurent Gbagbo soit poursuivi devant un tribunal international pour ce qu’il a toujours reprouvé dans sa vie et par ceux qui ne peuvent montrer patte blanche sur la question.

Deuxièmement une chose est d’être un politicien qui n’a jamais pris les armes et une autre est de ne pas en être un piètre. En Afrique en général et en Côte d’Ivoire en particulier, personne n’exagère quand elle classe Laurent Gbagbo parmi les hommes politiques les plus modernes. Au sens ou la modernité est non seulement le signe de la rupture d’avec l’obscurantisme françafricain mais aussi celui du progrès dans la façon de faire la politique. Il est le seul homme politique en Côte d’Ivoire dont le projet de société et le programme de gouvernement a fait l’objet d’une bibliographie bien fournie 10 ans avant qu’il ne prétende à la magistrature suprême. Houphouët Boigny a hérité de la Côte d’ivoire indépendante sans jamais avoir écrit une seule ligne pour communiquer sur ce qu’il comptait faire avec le peuple ivoirien. Lui-même se prenait pour Jésus Christ et Mahomet qui n’ont jamais écrit. Henri Konan Bédié a, à travers une interview-livre, retracé les chemins de sa vie. Robert Guei a, à peine, eu le temps de dire au peuple qu’il est leur candidat. Quant à Soro Guillaume, il a donné dans un livre les raisons pour lesquelles il a imposé au peuple ivoirien une crise inutile et improductive politiquement. D’Alassane Ouattara, à part les slogans de campagne électorale promettant des pluies de milliards, on ne connait aucun écrit sérieux pouvant nous renseigner sur sa vision politique. Côte d'Ivoire, Pour Une Alternative Démocratique (1988); Gouverner autrement la Côte d'Ivoire, Fonder une nation africaine démocratique et socialiste en Côte d'Ivoire ; Côte d'Ivoire, bâtir la paix sur la démocratie et la prospérité ; Côte d'Ivoire, Histoire d’un retour, voila une palette des œuvres politiques du président Laurent Gbagbo. Si quelqu’un comme OCampo veut savoir quelle a été la politique de Laurent Gbagbo durant ses 46 ans de vie politique, il n’a qu’à ouvrir l’un de ces livres au lieu de tirer d’une imagination torturée par les effets de la compromission des politiques fantaisistes d’extermination de son peuple.
Pour avoir une idée de la dimension intellectuelle de Laurent Gbagbo, citons pour finir ce passage qu’a retenu pour la publicité par l’éditeur de la réédition de 2004 de Côte d'Ivoire, Pour Une Alternative Démocratique sorti en 1988 « La Côte-d'Ivoire est un pays sous-développé. Il nous faut donc nous battre contre cette situation que nous ne considérons ni comme une malédiction, ni comme une fatalité. Or l'histoire nous enseigne qu'aucun peuple asservi ne peut faire efficacement face aux défis de l'humanité sans avoir au préalable brisé ses chaînes. Le sous-développement dans la servitude accentue le sous-développement. Nous savons bien que la démocratie n'est pas un remède miracle qui va résoudre par enchantement tous nos problèmes. Mais elle constitue un préalable indispensable. Nous avons une agriculture à repenser pour sortir des pièges que nous a légués l'ère coloniale ; nous avons une politique énergétique à mettre en place et à mener avec constance afin de créer les conditions d'une industrialisation véritable ; nous avons à redéfinir le rôle de l'école et l'orientation de la médecine ; en somme nous avons à combattre la faim, la maladie, l'ignorance, la rigueur du marché international et l'appétit vorace des impérialismes ; bref, nous avons un pays à bâtir. Cette tâche n'est pas au-dessus de nos forces. L'exécution d'une œuvre aussi gigantesque que la construction nationale exige que chacun se sente concerné ; il faut pour cela que les Ivoiriens soient impliqués dans un débat politique national, qu'ils aient une prise sur les choix fondamentaux de leur pays ; qu'ils sachent qu'ils ne sont pas des robots à qui l'on demande seulement de produire, sans savoir à quoi (ou à qui) cela sert de produire. Il faut responsabiliser nos citoyens depuis les paysans jusqu'aux plus hauts responsables de l'administration en passant par les ouvriers et les cadres du secteur privé. Une telle mobilisation implique que les Ivoiriens fassent consciemment et librement le choix d'une politique. A ce niveau, la liberté n'est plus simplement un concept moral ni une donnée politique ; la liberté est le levier le plus puissant du développement économique. »

Joseph Marat

De quelle Politique parle OCampo ?


Dans la réquisition du procureur Louis Moreno OCampo, nous avons été intrigué par la récurrence du mot « politique ». Nous savons que ce procès est éminemment politique. Et là, nous nous comprenons. Mais l’usage que le procureur fait du mot dans sa longue réquisition est révélateur d’une certaine instabilité dans la maîtrise de son dossier. L’idée autour du concept nous parait, dans la plupart des cas inachevée. Et pourtant ce qu’elle ne peut que suggérer est intenable dans le fond et dans la forme. Avant de montrer à quel point les ennemis de l’homme de Scheveningen n’en ont pas l’étoffe, voila quelques morceaux choisis qui nous conduisent à une seule question : de quoi parle OCampo ? « La présente affaire porte sur la responsabilité pénale de Laurent GBAGBO pour avoir élaboré et mis en œuvre la Politique visant à le maintenir par tous les moyens au pouvoir (…) Des centaines de ses opposants civils ont été attaqués, tués, blessés ou victimes de viols dans le cadre de la Politique. (…) Il a adopté la Politique visant à attaquer son rival politique Alassane Dramane OUATTARA (OUATTARA) ainsi que des membres du cercle politique de celui-ci et des civils considérés comme ses partisans, dans le but de conserver le pouvoir par tous les moyens (…) Avant l'élection, GBAGBO a pris des dispositions dans la poursuite de la Politique pour faire en sorte de se maintenir au pouvoir en cas de défaite électorale.(…)Dès la fin du processus électoral, GBAGBO a mobilisé les forces qui lui étaient subordonnées et leur a donné l'ordre de coordonner leurs activités dans le but d’appliquer la Politique. (…) Simone GBAGBO et d'autres membres de l'entourage immédiat de GBAGBO ont également donné des consignes concernant l'application de la Politique. (…)Ces crimes s'inscrivaient dans le cadre d'une attaque généralisée et systématique dirigée contre des civils pris pour des partisans de OUATTARA, en exécution de la Politique. » En prenant la toute première phrase de ce texte où il semble dire que le président Gbagbo a mis en place la Politique pour se maintenir au pouvoir, on se demande bien si OCampo a été bien renseigné sur le statut de sa cible. Sait-il que Laurent Gbagbo est un politicien et qu’il n’existe nulle part au monde un politicien qui ne veuille se maintenir au pouvoir parce qu’un autre voudrait y accéder par tous les moyens. Si le premier est en faute, celui qui voudrait y accéder par tous les moyens non conventionnels l’est encore plus. Rien qu’a ce niveau, le procureur de la CPI devrait se dire qu’il se trompe de cible. Mais, nous savons très bien qu’il est dans sa logique et qu’il lui faut bien mériter tous les avantages de la compromission. Seulement, nous continuons à nous demander de quelle politique il parle quand il veut accabler le président Gbagbo ? Pour notre propre hygiène mentale, nous voulons bien comprendre qu’OCampo, chaque fois qu’il écrit Politique avec un P en cap, cela veut dire « Politique d’extermination de tous ses ennemis politiques » et il faut entendre par ennemis politiques de Laurent Gbagbo : Alassane Dramane Ouattara et tous ses partisans armés ou non, étrangers ou nationaux. Voila la seule interprétation qui rende lisible les 47 pages de bavardage du procureur OCampo. Rien d’autre, à part cela ne peut justifier dans ce document la détention de Laurent Gbagbo à la CPI. Et cela vaut bien une condamnation pour crime contre l’humanité parce que Dramane Ouattara et ses partisans sont des hommes. Mais cela est bien loin de pouvoir écrouer le président Laurent Gbagbo dans les geôles de la cour Pénale Internationale parce qu’il est le seul à avoir été bienveillant à leur égard.
Laurent Gbagbo ne s’est pas mis à faire de la politique pour écraser Dramane Ouattara. Il a connu l’exil politique et il s’est battu les mains nues, sous le parti unique de feu Félix Houphouët Boigny pour que les partisans de Ouattara goûtent au nectar de la démocratie. Quand il commençait cette lutte, il ne savait même pas que Dramane Ouattara allait faire un jour éruption dans la vie politique ivoirienne. Comment aurait-il donc pu planifier des coups d’extermination contre lui et ses affidés ? Quand Gbagbo accède enfin au pouvoir suprême en 2000, Alassane Dramane Ouattara était sous le coup d’un mandat d’arrêt international lancé par son allié d’aujourd’hui, Henri Konan Bédié. Ce dernier n’a jamais remis en cause les raisons qui l’ont poussé à lancer ce mandat. C’est à Laurent Gbagbo que Dramane Ouattara doit, non son extermination, mais sa réhabilitation. Alors qu’il n’y était pas obligé, il a donné un statut politique à ce dernier, a mis en place une politique qui permette de financer son parti politique, c'est-à-dire l’existence politique de ceux qu’il aurait dû exterminer et enfin a recouru à l’article 48 de la constitution pour faire du mentor du RDR un candidat exceptionnel à la dernière présidentielle. Il lui doit aujourd’hui le fait d’être chef de l’état et d’y avoir prétendu. Mais, celui à qui on reproche d’avoir planifié l’extermination des partisans de Dramane Ouattara ne s’est pas arrêté là à leur égard. Il a supprimé les cartes de séjour pour ses partisans étrangers pour qu’ils circulent librement, à son corps défendant, dans ce pays où ils devraient craindre de venir pour ne pas être exterminés. Pour le confort spirituel de ceux qui devraient être passés au four crématoire, Laurent Gbagbo est le seul chef d’état à avoir fait du pèlerinage à la Mecque une institution et un devoir de l’Etat. Si Dramane Ouattara lui-même avait voulu, il lui aurait gracieusement offert le titre d’El Hadj sur son propre compte parce que ce n’est pas le plus difficile qu’il a pu faire pour lui et sa famille. Autour de Dramane Ouattara nombreux sont ses proches en l’occurrence feue sa mère et son grand frère Gaoussou Ouattara qui ne peuvent nier avoir bénéficié de la très grand générosité de l’homme. Cher OCampo, pour votre gouverne dans le bourbier ivoirien, sachez que le Président Laurent Gbagbo a été le seul homme politique en Côte d’Ivoire qui a pris soin de ses opposants, qui s’est rendu chez eux à domicile pour les consoler, partager leur douleurs et leur joie. Si c’est cela une politique d’extermination, vous devriez craindre vous-même de poursuivre quelqu’un qui n’a pas toute sa raison.

Joseph Marat

Ragots



Il n’y pas longtemps, précisément le 16 mai dernier, la presse se faisait l’écho des 600 éléments de preuves réunies par OCampo contre le président Laurent Gbagbo. On s’était même étonné qu’on ait pu réunir autant de preuves contre un co-auteur indirect. L’inquiétude a ensuite fait place à l’étonnement. Si ces preuves contre le président Gbagbo sont réellement constituées, ne serait-ce qu’au quart, nous avons des raisons de craindre de ne pas revoir de si-tôt notre champion. Nous qui vivons les événements depuis le début et qui sommes convaincus de la vacuité de tout ce qu’on peut reprocher au président Laurent Gbagbo, sommes tout de même inquiets parce que malgré notre foi en son innocence, nous savons quelque part que ceux qui nous font subir le martyre depuis plus de vingt ans et qui ont été capables de bombarder le palais d’un chef de l’Etat avant de l’enlever et de le déporter hors de son pays, sont capables de tout. Même inventer des preuves pour parachever ce qu’ils ont commencé. Ils avaient déjà fait le plus dur. Ils ont mobilisé des armées, écrasé avec leurs chars les corps de jeunes patriotes qui formaient des boucliers humains devant le palais de la présidence, tué un ministre de la République qui brandissait un drapeau blanc en guise de cessez-le-feu, ils ont ensuite traqué à travers tout le pays tous ses partisans, les désargentant et les condamnant à l’exil forcé pour les plus heureux, assassinés et « fossecommunisés » pour les plus malheureux. Ce n’est donc pas une compilation de mensonges contre le persécuté de Mama qui aurait été le plus difficile. Dans un coin de l’espoir que nous entretenons de voir la véritable justice triompher dans cette affaire, la crainte de cette capacité de nuisance dont ils ont déjà fait preuve ne cesse de nous tarauder. Et c’est d’ailleurs cette force énorme contre le président Laurent Gbagbo qui alimente notre foi en ce Dieu qui a livré Goliath à David. Notre état d’esprit était loin d’intégrer que le fameux procureur de la CPI qui a traqué le chef de l’Etat Soudanais Oumar Al Bachir et eût la main heureuse sur Laurent Gbagbo était un plaisantin. Le document qui accompagne les 600 éléments de preuves d’OCampo nous est parvenu par une correspondance particulière. Il ne nous a pas été possible d’en faire une lecture profonde. Mais notre lecture diagonale, nous a suffisamment permis de juger à quel point le procureur de la CPI est un « ragoteur » à la petite semaine. Avant de vous laisser lire ce document qui vous permettra d’avoir une idée de la palette d’absurdités et de commérages que l’Argentin colporte contre le président Gbagbo, sachez qu’une obsession a été communiquée au pauvre procureur qui, à travers son document montre nettement qu’il était loin des faits. Celle qui consiste a croire que Laurent Gbagbo est le seul comploteur dans toute l’affaire. Il ne lui manquait plus qu’à dire, comme nous l’avons souvent entendu dans les réunions de nos amis d’en face, que c’est Laurent Gbagbo lui-même qui a planifié la rébellion contre son propre régime. Le correspondant de Soro Guillaume tient tellement à innocenter ses commanditaires pour condamner le président Gbagbo qu’il lui nie toute forme d’intelligence. Car pour le procureur OCampo la seule chose que le « dictateur » Laurent Gbagbo aurait trouvée pour se maintenir au pouvoir (acquis démocratiquement en 2000) est d’organiser la rébellion, la guerre et l’extermination de son peuple dès 2002. Alors on se demande pourquoi il le poursuit pour coaction indirecte. A force de nous prendre pour des sots, ils ont oublié que nous avons aussi étudié Aristote et Platon et que dans l’Apologie de Socrate, quand le sage se laisse condamner et boit la cigüe, c’est pour que triomphe l’idée de la justice et non pour que des ragots supplantent des évidences.

Joseph Marat

Droit-de-l’hommistes à deux balles



Ali Ouattara s’est récemment révélé en Côte d’Ivoire comme étant le président de la Coalition Ivoirienne de la CPI session Côte d’Ivoire (CI-CPI). Précédemment il était le président de la même session d’Amnesty internationale. Sous sa première casquette, l’homme n’a pas beaucoup brillé. Il se tournait certainement les pouces sous le régime du président Laurent Gbagbo. Reconverti en porte-voix des justiciables ivoiriens de la Cour Pénale Internationale, l’homme veut continuer à se tourner les pouces pour faire plaisir certainement à son homonyme au pouvoir. Ce n’est pas surprenant, son CV montre qu’il a toujours travaillé à perdre du crédit. Alors qu’on était sur le point de lui accorder le bénéfice du doute. Pensant de bonne foi qu’on n’est pas forcement dramaniste parce qu’on s’appelle Ouattara, le sieur Ali n’a pas tardé à montrer qu’il n’est pas l’exception qui confirme la règle. Ses anciens amis d’Amnesty international et lui ont animé récemment une conférence sur la situation des Droits de l’Homme en Côte d’Ivoire. Ali Ouattara qui n’est plus membre de l’ONG-marchandise mais chantre de la justice internationale a totalement oublié que le symbole de la justice est la balance. Et qu’en Côte d’Ivoire le moins qu’on puisse penser, c’est que les crimes contre l’humanité ont été commis de part et d’autre. Sur la question toutes les ONG, même les plus Ouattaraistes ne nient pas que les hommes de ce dernier s’en sont pris à des innocentes personnes à travers des exactions et des exterminations systématiques comme à Duékoué. Aujourd’hui, même quand vous êtes aveugles, vous pouvez entendre parler des camps de concentration qui pullulent un peu partout avec les rafles généralisées et systématiques des jeunes assimilés à des miliciens pro-Gbagbo. Au cours de cette conférence conjointe, Ali Ouattara et ses amis d’Amnesty International ont fait non seulement un blackout sur tout ce que font subir les FRCI à la population ivoirienne, mais ils ont poussé le cynisme et le ridicule jusqu'à nier l’évidence. Face à la pertinence des journalistes présents à cette réunion de confrérie, Ali Ouattara poussera le toupet jusqu'à dire que tout ce qu’on raconte sur la violation des Droits de l’Homme sous Dramane Ouattara relève de simples rumeurs que les journalistes devraient s’atteler à vérifier. Ils n’étaient déjà pas crédibles, mais en se crevant ainsi les yeux pour refuser l’évidence, Amnesty International et Ali Ouattara montrent à quel point ils sont minés par la manie du macabre. Ils ont beau s’affubler de la réputation surfaite de droitdelhommistes justiciers, ils cachent difficilement qu’ils sont des agents des officines de l’injustice et de la tyrannie des vainqueurs.


MELANIE COULIBALY

Le rattrapage ethnique et le complexe des listes


A la question d’Alain Foka qui l’aiguillonnait sur sa notion de rattrapage ethnique dans la dernière interview qu’il a accordée à RFI, Alassane Ouattara a dit que cette notion n’avait pas de sens. Au fond, nous partageons tous ce dernier jugement. On ne fait pas de rattrapage ethnique dans une République. Si tous ceux qui ont un sens élémentaire de l’Etat reviennent régulièrement sur cette question, c’est parce qu’ils n’arrivaient pas à comprendre pourquoi Dramane Ouattara, le contempteur de la notion d’ivoirité a pu sortir une telle énormité. Contre tous ceux qui voulurent le défendre maladroitement en justifiant l’injustifiable, il venait de reconnaitre lui-même n’avoir rien dit de sensé. En revanche une chose est de revenir dans la République et une autre est de croire en ses valeurs. Une chose est de revenir sur des propos qui ont soulevé une vague d’indignations feignant de renoncer aux détours d’une interview, à ses engagements et une autre est d’y mettre fin réellement dans la pratique. Nombreux sont les Ivoiriens qui, dans les administrations publiques et privées, se plaignent des ravages que fait le rattrapage ethnique. Les recrutements, les nominations, les promotions sont tous ciblés et orientés en faveur d’une seule catégorie de la population ivoirienne. Dans nos salons, autour de nos bières, nous nous plaignons du déséquilibre que le régime de Dramane Ouattara introduit dans notre société. On n’a pas tort. D’aucuns diront qu’on n’a pas les preuves de ce qu’on avance sur cette pratique. Mais en fait, en avons-nous besoin ? Acculé par les questions d’Alain Foka, Dramane Ouattara a avoué avoir intégré une dizaine de milliers de combattants dans l’armée nationale. Cette armée qui comptait approximativement 20 000 éléments sous Laurent Gbagbo a donc été rénovée à plus 60% surtout si on considère qu’une bonne partie de l’effectif initial se retrouve en exil. Dramane Ouattara a-t-il publié quelque part la liste de ces 10 000 nouveaux soldats ivoiriens ? Dans une République, c’est par cette pratique de la transparence qu’un gouvernement montre son caractère républicain. Sinon, comment fait-on pour savoir qu’il n’a pas déséquilibré ou rattrapé l’armée nationale ? Il est actuellement question de près de 5800 étudiants renvoyés de l’université. Pour savoir si vous êtes concernés par le renvoi, la pratique consiste à renseigner votre numéro de carte d’étudiant sur le net et attendre qu’il soit rejeté. Vous êtes seul à savoir que vous êtes renvoyé et vous n’avez pas d’autres moyens pour savoir si d’autres sont dans votre cas. Du coup, puisqu’il n’y a pas de liste, personne ne peut vérifier le nombre exact de renvoyés et les critères qui ont réellement prévalu à cette purge. Face à la vague de plaintes, on se demande s’ils ne sont pas tous renvoyés ou si ceux qui le sont, le sont vraiment sur la base de critères académiques ?

Joseph Marat

Onu, une organisation vautours


L’Onuci est la représentation de l’Organisation des Nations Unies en Cote d’Ivoire. Dans la feu de la crise dite postélectorale, j’ai vu un compatriote travaillant dans cette Organisation internationale totalement déchiré entre l’amour pour son pays et le maintien de l’Onuci. Ce combat entre le confort matériel que lui donne son appartenance à l’Onuci et ses penchants moraux de voir son pays libéré a fait long feu. Il était trop bien payé pour ne pas se trahir lui-même. Nous ne relevons pas cela pour lui faire la morale. Mais pour mettre le doigt sur le drame que fait vivre l’ONU à certains de ses fonctionnaires. Nous sommes tous, à tous les niveaux, des contribuables de l’Organisation des Nations Unies. Et il est normal qu’elle paye grassement tous ceux qui travaillent parce qu’on n’y touche pas de pension de retraite. En revanche, là où le bât blesse, c’est que ces fonctionnaires internationaux ne font pas leur travail. A la limite, nous les payons à faire le contraire de ce que nous voulons réellement. Et il est moralement malsain de se faire entretenir par quelqu’un à qui on le rend mal. Le schéma n’est pas compliqué. Nous payons tous de l’argent à l’ONU pour qu’elle vienne en cas de crise nous aider à y voir plus clair en nous proposant des solutions consensuelles qui mettent fin à nos différends. Mais à notre grande surprise, cette ONU, financée à coups de milliards, quand elle s’incruste dans une crise c’est pour remuer le couteau dans la plaie en se faisant corrompre par une partie adverse du conflit. C’est d’ailleurs pourquoi nulle part au monde, elle n’a jamais réglé durablement une crise et qu’il est moralement perturbant pour certains d’y travailler. La ligne morale y est difficilement tenable. Finalement elle s’est bâti une nouvelle réputation. Celle de s’impliquer ou même de créer des conflits dans le monde entier pour perpétuer et multiplier les occasions d’enrichir sa confrérie. En Côte d’Ivoire, le bruit a couru que Jong Ji Choi a perçu un pot de vin de près de 5 milliards pour confondre certification de tout le processus électoral et validation des résultats de cette élection. Présent en Côte d’ivoire depuis près de 10 ans, l’ONUCI a fini par faire la guerre au régime qui l’a invitée contre tout bon sens et contre sa propre résolution 1975. Elle était en Yougoslavie, au Rwanda, en République Démocratique du Congo, mais sa présence n’a pas empêché le massacre de millions de personnes. Elle veut s’installer en Syrie actuellement. Pour ce faire elle cajole les rebelles syriens qui massacrent leurs propres concitoyens dans le but d’incriminer le régime de Bachir el Assad qui serait devenu subitement un chef d’Etat bourreau de son peuple. Aujourd’hui en Côte d’Ivoire, au lieu de plier bagages après mission accomplie, elle continue d’entretenir la psychose en entretenant des camps de concentration dans tout le pays, aux fins de justifier et de prolonger sa présence. On comprend au fond pourquoi elle n’à jamais parler de désarmement dans cette crise ivoirienne et qu’elle a même créé une radio mille collines.

Joseph Marat