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mardi, 15 mai 2012

Hollande n’a pas encore changé


J’ai été réveillé ce matin par le sms d’un ami français. « François Hollande, le 7ème président de la 5ème rendra hommage à Jules Ferry dans son discours d’investiture. Pourquoi Jules Ferry ? Tu as la réponse. Car tu connais l’œuvre colonisatrice de Jules Ferry. Bonne journée ». J’avoue que je me suis réveillé malheureux. D’habitude je le rappelle pour en discuter un peu. Mais cette fois je n’ai pas eu le courage de rappeler mon ami. Je venais de publier la semaine dernière une longue citation de Georges Clemenceau dans sa virulente opposition aux thèses d’un colonialiste patenté qu’est J. Ferry. Je pouvais donc m’attendre à tout de la part de celui qui, sous la bannière du socialisme et l’humanisme remplace Nicolas Sarkozy à la présidence française, sauf un hommage appuyé à quelqu’un reconnu pour son racisme ; pour quelqu’un qui aurait eu aujourd’hui la même réflexion que Claude Guéant sur les civilisations. L’instantané de Fraternité Matin se prêtera aussi au jeu : « Quelle douche froide pour ceux des Africains qui ont applaudi la victoire du socialiste François Hollande à la présidentielle du 6 mai. Un pied-de-nez à l’Afrique et aux Africains. Dans la balance, le racisme primaire de J. Ferry, farouche partisan de l’expansion coloniale de la France qui a développé l’idée d’une hiérarchie des races, a pesé moins lourd que l’action de ce dernier en faveur de l’école républicaine » a critiqué le quotidien d’Etat ivoirien. Pour le canard pro-gouvernemental on comprend qu’il irait, à l’heure actuelle, chercher un pou sur la tête d’un chauve. Le gouvernement de Dramane Ouattara est prêt à tout pour se distraire du cataclysme que représente la chute de Nicolas Sarkozy en France. Quant à mon ami, je tiens à dire qu’il a trop vite désespéré de François Hollande. Il s’est certainement laissé prendre au jeu de ceux qui veulent déjà faire la comptabilité des erreurs de celui-ci.
Il n’y avait pas meilleure occasion que ce discours d’investiture pour dénoncer l’erreur morale de Jules Ferry quant à sa défense du colonialisme avant de saluer honnêtement en l’homme son activisme pour la promotion de l’école. Pour un président socialiste qui veut remettre l’école sur les rails, il n’était pas moins opportun d’invoquer l’esprit tutélaire de l’éducation en France. En sus, en bonne place dans ce discours d’investiture de François Hollande, l’affirmation de ses convictions humanistes initiales avec toutes les nations. Cela faisait d’ailleurs de Jules Ferry une occurrence négligeable à cette occasion solennelle.

Joseph Marat

Hollande n’a pas encore changé

J’ai été réveillé ce matin par le sms d’un ami français. « François Hollande, le 7ème président de la 5ème rendra hommage à Jules Ferry dans son discours d’investiture. Pourquoi Jules Ferry ? Tu as la réponse. Car tu connais l’œuvre colonisatrice de Jules Ferry. Bonne journée ». J’avoue que je me suis réveillé malheureux. D’habitude je le rappelle pour en discuter un peu. Mais cette fois je n’ai pas eu le courage de rappeler mon ami. Je venais de publier la semaine dernière une longue citation de Georges Clemenceau dans sa virulente opposition aux thèses d’un colonialiste patenté qu’est J. Ferry. Je pouvais donc m’attendre à tout de la part de celui qui, sous la bannière du socialisme et l’humanisme remplace Nicolas Sarkozy à la présidence française, sauf un hommage appuyé à quelqu’un reconnu pour son racisme ; pour quelqu’un qui aurait eu aujourd’hui la même réflexion que Claude Guéant sur les civilisations. L’instantané de Fraternité Matin se prêtera aussi au jeu : « Quelle douche froide pour ceux des Africains qui ont applaudi la victoire du socialiste François Hollande à la présidentielle du 6 mai. Un pied-de-nez à l’Afrique et aux Africains. Dans la balance, le racisme primaire de J. Ferry, farouche partisan de l’expansion coloniale de la France qui a développé l’idée d’une hiérarchie des races, a pesé moins lourd que l’action de ce dernier en faveur de l’école républicaine » a critiqué le quotidien d’Etat ivoirien. Pour le canard pro-gouvernemental on comprend qu’il irait, à l’heure actuelle, chercher un pou sur la tête d’un chauve. Le gouvernement de Dramane Ouattara est prêt à tout pour se distraire du cataclysme que représente la chute de Nicolas Sarkozy en France. Quant à mon ami, je tiens à dire qu’il a trop vite désespéré de François Hollande. Il s’est certainement laissé prendre au jeu de ceux qui veulent déjà faire la comptabilité des erreurs de celui-ci.
Il n’y avait pas meilleure occasion que ce discours d’investiture pour dénoncer l’erreur morale de Jules Ferry quant à sa défense du colonialisme avant de saluer honnêtement en l’homme son activisme pour la promotion de l’école. Pour un président socialiste qui veut remettre l’école sur les rails, il n’était pas moins opportun d’invoquer l’esprit tutélaire de l’éducation en France. En sus, en bonne place dans ce discours d’investiture de François Hollande, l’affirmation de ses convictions humanistes initiales avec toutes les nations. Cela faisait d’ailleurs de Jules Ferry une occurrence négligeable à cette occasion solennelle.

Joseph Marat

La guerre autour du butin


Le Rhdp va-t-il imploser ? Au regard de toutes les Unes et de toutes les attaques auxquelles les canards verts se livrent les uns contre les autres, on n’est pas moins sûr. Et cela, à l’image de ce groupement politique qui n’a jamais franchi le cap de se constituer en véritable parti politique. Ils ont beau avoir l’ houphouëtisme en projet ou comme ciment politique, ils nous ont toujours rappelé cette fameuse expression de Laurent Dona Fologo de « panier à crabes » pour désigner le gouvernement produit par les accords de Marcoussis. Le délai de carence a expiré. La période de latence n’a pu résister à la pression des intérêts et surtout au manque de vision politique. Il y a à peine un an que le RHDP a arraché le pouvoir au président Laurent Gbagbo. Mais sur quelle base ? Les compromissions qu’il faut distinguer des compromis politiques qui se construisent généralement autour de valeurs rationnelles, donnent toujours lieu à des scènes rocambolesques. L’artiste dit que quand deux personnes entrent en rixe pour le partage d’une somme de 1 000 francs, c’est qu’il y a un qui veut 600. L’histoire rappelle toujours les anecdotes sur les cambrioleurs et les braqueurs. Après un grand casse, le moment du partage du butin devient inéluctablement crucial si au départ le chef du groupe n’a pas eu la poigne d’imposer une clé de répartition. Même quand la clé existe, les braqueurs ne sont jamais à l’ abri de se faire doubler par l’un d’entre eux. La guerre autour du butin, dans l’imagerie populaire est toujours inévitable parce que ce ne sont pas les valeurs d’honnêteté ou de transparence qui unissent les malfaiteurs. Loin de nous l’idée de penser que le RHDP est un assemblage de malfaiteurs. Mais en procédant par l’absurde, la guéguerre qu’ils se font actuellement ne pourrait-elle pas nous emmener à la fatale conclusion. Anaky Kobenan innocent a été un prisonnier politique d’Houphouët Boigny. Dans quel coup il est devenu houphouëtiste ? Mabri Toakeusse est le dauphin de Robert Guei qui a renversé le gardien de la maison d’Houphouët le PDCI. Est-ce qu’il n’y a pas une sorte de reniement dans son alliance avec Bédié ? Après les révélations de ce dernier dans son livre Les chemins de ma vie, qui aurait pu parier qu’il trouverait un jour en Dramane Ouattara un concitoyen fréquentable. Quant à ce dernier, après avoir cavalé a travers le monde pour échapper au mandat d’arrêt international lancé contre lui par Bédié, on se demande bien au nom de quelle valeur il a failli éliminer celui qui l’a réhabilité et fait de son traqueur d’hier son parrain ? Bien malin sera celui qui arrivera à comprendre l’échafaudage dénommé RHDP. Pour le malheur des Ivoiriens, la guerre se fait autour de leurs ressources et au risque de leur existence individuelle.

Joseph Marat

Les fers de Dramane


François Hollande, voilà un chef d’Etat libre à la tête d’un Etat libre. Dramane Ouattara, voilà un autre chef d’Etat, mais celui-là est dans les fers et à la tête d’un Etat en déliquescence. La Côte d’Ivoire et la France sont des grands pays. Le premier est riche et puissant dans la sa sous-région et en Afrique. Le dernier est un empire. Les hommes qui les dirigent, en eux-mêmes ne sont pas des moins que rien. Ce sont des personnes honorables dans l’absolu. Mais, Jean Jacques Rousseau dit, dans l’une de ses célèbres dissertations, que tous les hommes naissent libres, c’est la société qui les embrigade. Il part de l’hypothèse que l’homme nait libre par nature. Je pars d’une similaire hypothèse que l’homme politique qui prend la décision de diriger un pays, « nait politiquement bon et libre par principe ». La décision est noble en soi parce qu’on s’engage à soigner le quotidien des autres. Alors qu’est-ce qui fait qu’arriver à leur fin du parcours, l’un est libre pendant que l’autre se trouve dans les fers. Tous les chemins mènent à Rome, mais tous les chemins n’y conduisent pas sûrement.
François Hollande est un homme politique qui s’est véritablement révélé au monde entier à la suite de la dernière présidentielle en France. Un véritable outsider qui est allé à la conquête du peuple français avec pour seul atout la sincérité et la conviction en ses idées d’une humanité plus juste. A aucun moment, il n’a cherché à donner dans la compromission. Au deuxième tour, cela ne l’a aucunement intéressé de lier des pactes, même pas avec Monsieur Mélenchon, pour se donner toutes les chances de gagner. Que ce soit au sein du PS ou ailleurs, François Hollande ne doit rien à personne. Voilà un chef d’Etat libre de tous ses choix à la tête de la France.
Peut-on en dire autant de Dramane Ouattara ? D’abord, a force de pression violente, il se fait admettre en tant que candidat exceptionnel. Premier niveau de compromission qu’il aurait été obligé de reconnaitre au FPI s’il en avait l’âme. Ensuite, au second tour de l’élection présidentielle, sentant le rejet du peuple de Côte d’Ivoire, Ouattara s’engage dans une sorte de pacte avec Konan Bédié à qui il promet la primature. Jusqu’aujourd’hui, le PDCI continue de demander à Dramane de ne pas ruser avec le contenu du portefeuille. Quand, il s’est posé la question de la vérification de son élection, il a ameuté tous les porteurs d’armes de la sous-région, tous les compagnons de la rébellion de Soro Guillaume et les armées de l’Onuci et de la France pour faire du bombardement et de l’annexion à la place du recomptage des voix. Voilà les fers de Dramane Ouattara. A quel moment pensez-vous qu’il fera face aux engagements qu’il a pris avec lui-même pour le peuple de Côte d’Ivoire ?

Joseph Marat

La clé de son discours


Décidemment ! Dramane Ouattara ne finira pas de nous surprendre. Ou du moins il a fini de nous surprendre. On a finalement fini de comprendre comment il fonctionne. La clé pour lire dans l’homme comme dans un livre ouvert est simple. Il suffit de penser le contraire de tout ce qu’il dit. Il fait partie de ces hommes qui disent simplement ce qu’ils ne peuvent pas faire ou ce dont ils s’engagent à faire le contraire.
Je lisais hier la contribution d’un de nos lecteurs à propos de l’injonction que ce dernier a faite à la junte bissau-guinéenne de libérer tous les prisonniers politiques. Dans l’absolu, nous condamnons non seulement le coup de force mais aussi le fait qu’un régime quel qu’il soit s’encombre de prisonniers politiques. Mais entre nous, Dramane Ouattara se croit-il en mesure de faire la morale à une junte militaire sur la question. Lui, qui prétend être un « démocrate », a-t-il oublié qu’il est le modèle de tous ces putschistes de la sous-région. Ceux de la Guinée Bissau ont seulement pris un raccourci, sinon ils ne se disent pas moins « démocrates ». C’est d’ailleurs au nom de toutes ces valeurs qu’ils ont, en plein processus électoral, opté pour un coup de force. Ils se sont souvenus que le patron actuel de la CEDEAO avait plutôt opté pour le bombardement des institutions et le kidnapping du président en exercice du pays qu’il dirige aujourd’hui au lieu de laisser le processus électoral aller jusqu'à son terme par un simple recomptage des voix. Il est d’autant mal placé pour faire cette leçon aux putschistes bissau-guinéens qu’au moment où il la fait, ses goulags à lui sont remplis de chefs de partis politiques, de professeurs d’université et de haut cadres dont les compétences jurent avec celles de ses actuels proches collaborateurs.
J’étais encore en train de méditer les observations de notre contributeur quand j’apprends qu’alors que les Ivoiriens font le parcours du désert sans oasis avec la simple promesse sans suite d’une pluie de milliards, un autre coup dur viendra meubler leur quotidien. Les factures de l’eau et de l’électricité vont prendre l’ascenseur. Il faut avoir le moral parce que désormais nous connaissons l’homme. Quelques morceaux choisis. Pour cinq universités en cinq ans à raison d’une par an, il les a toutes fermées. Il a promis 200 000 emplois par an, après une année seulement il en a fait perdre plus de 200 000. Lui, qui moquait le président Gbagbo de déshonorer la Côte d’Ivoire avec le PPTE, il ne jure plus que par sa coquille vide.

Joseph Marat

lundi, 14 mai 2012

Les « cinq universités en cinq ans » de Dramane en question


Au delà du silence intrigant de l’UNESCO et de la Francophonie sur la situation de l’école en Côte d’Ivoire, il devient difficile de ne pas penser que nous sommes victimes d’un véritable complot contre le progrès. Ceux qui nous dirigent actuellement mesurent-ils l’importance d’une université dans le dispositif évolutif d’une société ? Le processus scolaire du primaire au baccalauréat permet à un Etat de former des exécutants. L’université lui donne la possibilité de former des concepteurs, des ingénieures, programmeurs bref, ceux qui sont capables de penser la marche et l’évolution de la société. Un homme politique sérieux ne devrait pas se passer un seul jour de son université. Nous comprenions pour ce faire que malgré toutes sortes de perturbations inhérentes au bouillonnement de l’esprit prospecteur, tous les gouvernements que nous avons connus jusqu'à celui de Dramane Ouattara se fussent toujours arrangés pour sauver l’année universitaire. Ce sont souvent les ONG internationales comme l’UNESCO qui brandissaient le chiffon rouge de l’année blanche pour forcer les gouvernants à ne pas rater leur devoir. Le silence de ses organisations suscite en nous l’intrigant sentiment qu’elles sont complices du sabotage de notre instrument de progrès social. Une rébellion sauvage a chassé la structure universitaire de la ville de Bouaké et eux qui ont pris les armes pour une « société plus juste et plus intelligente » s’en sont paradoxalement passé pendant dix ans. Et ce n’est pas fini ! Après la crise postélectorale, l’université n’a pas été bombardée, mais elle reste la plus sinistrée. Plus d’un an après, elle continue d’être fermée. Sa réhabilitation et sa réouverture sont le dernier des soucis d’un gouvernement qui, dans ses envolées démagogiques, en avait promis 5 en cinq ans. En annonçant la réouverture des universités d’Abidjan et de Bouaké dans le mois de septembre prochain ; ce ne sera pas un exploit. Celle d’Abidjan aura été ainsi fermée deux ans durant. Cumuler quatre promotions de bachelier à un seul niveau et après avoir retardée autant de générations de doctorants, tenez-vous bien, le gouvernement de Dramane Ouattara n’est toujours pas prêt à faire diligence. Avant même d’ouvrir les portes de cet auguste instrument de gouvernance sociale, il crée toutes les conditions de son sabotage. Avant d’avoir fait le point de l’effectif, il met 6000 étudiants à la rue. Il veut augmenter le coût de la scolarité, mais il ne sait pas ce qu’il va faire de la manne à récolter. Gestion de fait en vue. Les cités anniversaires ne font partie du programme du gouverneur de la pluie. On se demande alors pourquoi il ne les a pas ouvertes plutôt ? Et enfin comme si ce sont les chasseurs traditionnels qui allaient donner les cours, il continue de traquer les professeurs !

Joseph Marat

Une méditation à la place d’une fête

En temps normal et dans une république digne de ce nom, le FPI aurait célébré la liberté. La fête de la liberté a rythmé la vie de ce parti durant les vingt dernières années. En Avril 1990, sous la pression de la rue et du parti de Laurent Gbagbo, Houphouët Boigny a été contraint de cesser de violer la Constitution ivoirienne en levant le verrou de l’article 07 de la loi fondamentale ivoirienne qui faisait de notre pays un Etat moderne dotée de l’arsenal démocratique du multipartisme. Depuis ce 30 avril 1990 qui marque en Côte d’Ivoire le retour à la pluralité politique et à une certaine forme de liberté, le FPI a toujours marqué d’un moment de commémoration festive cette date. L’année passée, à la date du 30 avril qui venait après le sinistre 11 avril 2011, il ne fallait même pas y penser. Dramane Ouattara soutenu par une coalition d’armées impérialistes ne nous a jamais autant niés jusque notre droit même de penser. En 2011, à cette même période, la Côte d’Ivoire a été formatée. Tous les acquis démocratiques avaient totalement disparu sous le bombardement de la force française pour qu’un « démocrate » d’un autre genre s’installe au pouvoir. Dans les faits et dans la forme il était pratiquement devenu impossible de parler de liberté et de démocratie. Les démocrates ivoiriens, s’ils ne sont pas passés de vie à trépas, ou en exil, étaient contraints de raser les murs dans leur propre pays. Cette année, une table ronde autour de la question du sort de ces valeurs progressistes a pris la place de ce qui a toujours été une célébration empreinte de liesse d’acquis démocratiques et humanistes. Est-ce le signe que l’étau s’est desserré depuis ce 11 avril où une chape de plomb s’est abattue sur tous nos espoirs d’hommes libres ? Pas vraiment ou pas parce que le despote ténébreux le veut vraiment. Il peut être fatigué de contenir la digue. L’histoire des hommes est comme le cours d’un grand fleuve qu’aucun barrage ne peut indéfiniment bloquer dans son lit. Les dirigeants du FPI qui voient bien le vent tourner, ont choisi de ne pas donner dans l’euphorie après la chute du principal soutien de la dictature éburnienne et de réfléchir comme il est convenu de le faire chaque fois que l’histoire porte son choix sur vous pour conduire le destin des hommes de votre pays. Dans le fond, ce n’est pas sorcier d’être l’élu de l’histoire. Il suffit simplement d’avoir des éclairs comme les dirigeants du FPI pour saisir toutes les occasions afin de donner du poids et du volume à l’action en réfléchissant avant d’agir. En face, on habitue les militants au maniement des armes. Que Dieu nous garde longtemps…pour voir la suite !

Joseph Marat

Il se soulage sur les plus faibles


Kouassi Yao Patrice, régisseur de la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca) et son collègue Beda Bénie Emmanuel de la prison d’Agboville n’ont pas de pot. Ils viennent de rejoindre la longue liste de tous les Ivoiriens qui rencontrent les ténèbres du licenciement, de la révocation et du chômage depuis l’avènement de Dramane Ouattara au pouvoir. Ils viennent de servir d’exécutoires au courroux de quelqu’un qui vient de perdre son principal parrain. Non Sarkozy n’est pas mort. Mais c’est tout comme s’il n’a plus ce qui faisait de lui un parrain puissant. Dès son premier conseil de ministre après son périple de France, la première décision important qu’il prend est de soulager sa colère en augmentant la liste déjà hallucinante des sans-travail. C’est à croire qu’il ne sait faire que cela. Puisqu’après cette décision, rien d’autre. Que nous a-t-il envoyé de son absence de 10 jours ? D’aucuns pourraient penser qu’en critiquant cette décision nous encourageons l’impunité ou l’irresponsabilité des fonctionnaires ivoiriens. Au contraire nous défendons ce qui est juste. Primo, si Dramane Ouattara veut vraiment sanctionner celui qui a osé mettre une faille dans son dispositif carcéral, la seule chose qu’il réussit à faire de la Côte d’Ivoire, il devrait se séparer de son ministre en charge du dossier. Il n’est pas digne pour un chef d’Etat moderne de s’abattre ainsi sur la vie déjà trop difficile d’un subalterne, si c’est pour garder le ministre qui n’a peut-être pas fait son travail. Deuxio, il faut vraiment plaindre Kouassi Yao Patrice et Beda Bénie Emmanuel. Ils sont victimes de ce qui a tout l’air d’une manigance. Après nous avoir dit au milieu de cette crise que ce sont les partisans du président Laurent Gbagbo qui ont ouvert le 11 avril 2011 toutes les prisons du pays pour « libérer les amis qu’ils tenaient emprisonnés », les grilles des prisons son devenues des passoires pour les prisonniers sous Dramane Ouattara. Il n’y a pas longtemps, on ne sait pour quelle raison, ils ont ouvert grandement la prison de Katiola. Les pensionnaires politiques de ce goulag ont refusé de prendre la poudre d’escampette. Refusant la solution de la lâcheté. On attend toujours la réaction de Dramane Ouattara sur cette affaire qui a tout l’air d’un complot. Tel qu’on raconte les évasions d’Agboville et de la Maca, qu’aurait pu faire un régisseur devant des opérateurs armés jusqu’aux orteils. En les limogeant, Dramane Ouattara ne résout pas le problème de l’insécurité qui colle à la peau de son régime. Il en a cure. Il se soulage plutôt.

Joseph Marat

jeudi, 10 mai 2012

Le statu quo ante de Dramane

Dramane Ouattara est rentré avant hier de dix jours de vacances. Je me refuse de mettre dans la balance, dix jours d’absence injustifiée du chef de l’Etat d’un pays à qui on a besoin d’enseigner, par le haut, la valeur du travail qui fait sortir du sous-développement. On dit que le poisson pourrit par la tête. Depuis l’avènement de l’homme à la tête de l’Etat ivoirien, le PPTE dans sa version la plus dégradante est devenu plus qu’une réalité, la seule vision politique et l’absentéisme une valeur. Dramane Ouattara est tout le temps absent. Faisant certainement croire à ses partisans qu’il travaille à provoquer l’orage des milliards. Il a totalement oublié, absentéisme oblige, que la véritable abondance de milliards est un produit du travail quotidien de nos propres potentialités. Les aides extérieures ont beau s’appeler aides au développement, elles n’ont jamais sorti un pays de sa misère. Ouattara devrait plutôt nous apprendre à pêcher et à travailler notre patrimoine que de se promener dans l’arrière cour du looser Sarkozy, à jouer le prestidigitateur d’une hypothétique pluie de milliards. Cela fait plus d’un an qu’on attend que le ciel s’assombrisse. Rien ! Si ! le PPTE le 26 juin prochain ! Une promesse qui ne lui appartient pas et qu’il a vidée de toute sa substance par sa propension à se promener chez Nicolas Sarkozy, le seul chef d’Etat qui ne le recevra plus bientôt. Cela va-t-il changer ? Allons-nous nous mettre enfin au travail pour sortir de l’illusion d’une assistance extérieure ? Pour notre malheur, quand Dramane Ouattara descend de l’avion qui le ramène pour la énième fois de chez le même Sarkozy et au moment ou nous attendons qu’il nous donne la couleur du temps, il nous assène que rien ne va changer. François Hollande peut remplacer Nicolas Sarkozy à l’Elysée. Il peut changer la politique en France. Il peut imprimer sa marque dans le rapport de la France avec l’Europe et les autres pays du monde. Il fera tout pour donner vie à son slogan de campagne en faisant du changement maintenant, il y aura une limite à toutes ses simagrées : la Côte d’Ivoire de Dramane Ouattara. Son ami Sarkozy lui a certainement dit : « ne t’en fais pas, j’intimerai l’ordre à Hollande de ne rien changer à mon dispositif que j’ai installé en Côte d’Ivoire. Il a beau être un chef d’Etat socialiste, avec ton pays, il sera de l’extrême droite comme j’ai tenté de l’être pour me sauver des eaux de la défaite. » Que voulez-vous ? De toute façon le ridicule ne tue pas !¬

Joseph Marat (Aujourd'hui)

Clemenceau contre Ferry


Je tiens à partager avec vous aujourd’hui cette intervention de Georges Clemenceau contre le fondateur de la franc-maçonnerie Jules Ferry au parlement français en 1885. L’histoire de l’humanité tanguait entre la fin de l’esclavagisme et le début de l’aventure coloniale. Aujourd’hui avec la fin du Sarkozisme l’histoire nous rappelle qu’elle a l’art de se répéter. « Voilà, en propres termes, la thèse de M. Ferry et l’on voit le gouvernement français exerçant son droit sur les races inférieures en allant guerroyer contre elles et les convertissant de force aux bienfaits de la civilisation. Races supérieures Ị races inférieures Ị c’est bien tôt dit. Pour ma part, j’en rabats singulièrement depuis que j’ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande parce que le Français est d’une race inférieure à l’Allemand. Depuis ce temps, je l’avoue, j’y regarde à deux fois avant de me retourner vers un homme et vers une civilisation et de prononcer : homme ou civilisation inférieurs Ị (…) C’est le génie de la race française que d’avoir généralisé la théorie du droit et de la justice, d’avoir compris que le problème de la civilisation était d’éliminer la violence des rapports des hommes entre eux dans une même société, et de tendre à éliminer la violence, pour un avenir que nous ne connaissons pas, des rapports des nations entres elles. (…) Regardez l’histoire de la conquête de ces peuples que vous dites barbares et vous y verrez la violence, tous les crimes déchaînés, l’oppression, le sang coulant à flots, le faible opprimé, tyrannisé par le vainqueur Ị Voici l’histoire de votre civilisation Ị (…) combien de crime atroces, effroyables, ont été commis au nom de la justice et de la civilisation Ị je ne dis rien des vices que l’Européen apporte avec lui : de l’alcool, de l’opium qu’il répand, qu’il impose s’il lui plaît. Et c’est un pareil système que vous essayez de justifier en France dans la patrie des droits de l’homme Ị Je ne comprends pas que nous n’ayons été unanimes ici à nous lever d’un seul bond pour protester contre les paroles de M. Ferry. Non, il n’y a pas de droit des nations dites supérieures contre les nations inferieures. Il y a la lutte pour la vie qui est une nécessité fatale, qu’ à mesure que nous nous elevons dans la civilisation nous devons contenir dans la limite de la justice et du droit. Mais n’essayons pas de revêtir la violence du nom hypocrite de civilisation Ị ne parlons pas de droit, de devoir. La conquête que vous préconisez, c’est l’abus pur et simple de la force que donne la civilisation scientifique sur les civilisations rudimentaires pour s’approprier l’homme, le torturer en extraire toute la force qui est en lui au profit du prétendu civilisateur. Ce n’est pas le droit, c’en est la négation. Parler à ce propos de civilisation, c’est joindre à la violence l’hypocrisie Ị » Georges Clemenceau à l’Assemblée Nationale française en 1885, cité par Pierre Péan dans Carnage

Joseph Marat (Aujourdhui)