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jeudi, 19 avril 2012

Le Syndrome malien à la Mugef-ci


Ils ont une seule démarche et ne comptez pas sur eux pour faire preuve d’imagination. La méthode est stéréotypée. On ne peut donc pas ne pas les reconnaître à travers leur démarche politique, leur façon de gérer et de diriger. Les coups d’Etat, les coups bas, la rébellion, les contorsions juridiques, le bombardement des palais à la place du recomptage démocratique des voix, en tous cas, tout sauf le respect de la loi, telle est la marque déposée d’une nouvelle génération de politiciens décriés aujourd’hui par le monde entier. Et tenez vous bien, ils ne lésinent sur aucun moyen pour vous faire croire qu’ils sont les chantres de la loyauté. Ils aiment le concept et tous ses corollaires, ils n’ont que cela à la bouche. Ils savent en tant que démagogues qu’il faut plus dire, pour ne pas avoir besoin de faire. Sinon de vous à moi pourquoi un coup d’Etat au Mali seulement à un mois d’une alternative démocratique ? Pourquoi un coup de force en Guinée-Bissau entre deux tours d’une élection présidentielle ? C’est simple, on refuse de voir venir à la tète de nos pays des chefs d’Etat dépendant de leur peuple et ne rendant compte qu’à leur peuple. Le Big Brother ne veut avoir affaire qu’à des patins à la tête de nos pays. Cela lui permet de perpétuer ses pratiques de monopole et d’exploitation abusive de nos richesses. D’aucuns me diront : quel rapport y a-t-il avec la Mugef-ci, un simple syndicat de fonctionnaires dans un pays de la sous région ? Je réponds que dans l’affaire de la mutuelle des fonctionnaires de Côte d’ivoire, les élèves veulent dépasser les maîtres. Dans l’absolu, il est même recommandé que le disciple fasse mieux que son maître. Et c’est ce à quoi nous assistons malheureusement. La mugef-ci est une mutuelle, une association qui à sa dernière Assemblée Générale Ordinaire a déclaré un excédent de fonds de plus de 2 milliards. C’est une association qui se porte bien et qui, à l’allure où elle va, peut se donner les moyens de sa politique d’indépendance totale vis-à-vis du pouvoir public. Comme nous le savons, la mugef-ci a affaire à des personnes qui sont allergiques aux notions d’indépendance et de souveraineté. Tout comme le Mali, la Mugef-ci était à deux mois (en juin prochain) d’une Assemblée Générale pour renouveler ses instances dirigeantes. Dans une affaire interne la justice a tranché. Le gouvernement de Dramane Ouattara sur la base d’aucun texte de loi, a fait un putsch pour remplacer le bureau actuel par un autre. Cela peut-il vous rappeler autre chose que ce qui se passe au Mali et en Guinée-Bissau ?

Joseph Marat ( Aujourd'hui)

mercredi, 18 avril 2012

Le Président Gbagbo devrait renaître de ses cendres


Quelqu’un a dit que le temps est un autre nom de Dieu. Une façon de dire que la justice divine se révèle toujours dans le temps. Un autre dicton dit que le mensonge à beau courir, il se laisse toujours rattraper par la vérité. Le mensonge qui a été véhiculé dans l’opinion publique après le bombardement de la résidence présidentielle de Laurent Gbagbo, commence à fondre comme du beurre au soleil. Dès sa première comparution au tribunal de la Haye, le 05 décembre 2011 dernier, Laurent Gbagbo avait fait tomber le voile du mensonge sur son arrestation. Il avait clairement dit que c’est la France qui avait fait le boulot. Elle avait bombardé son palais, l’avait arrêté avant de le livrer, à l’« armée paysanne de Dramane Ouattara », pensant secrètement que celle-ci achèverait le boulot en mettant une balle dans la tête de l’illustre homme. Désiré Tagro n’a-t-il pas été victime de ce plan diabolique ? On continue encore de s’interroger. Le Ministre Tagro était-il vraiment celui qu’on voulait atteindre ? Le lendemain de cette déclaration du président Gbagbo à la barre de la CPI, leurs officines médiatiques se sont mises en branle pour traiter celui qui a échappé à leur assassinat de menteur. Le 11 avril dernier, sous la pression de l’évidence qui rend leur ligne de défense ridicule, l’ambassadeur Jean Marc Simon, en poste à Abidjan durant cette crise, a avoué sur la radio dite mondiale que devant les limites de la « paysannerie » de Dramane Ouattara, Sarkozy a été obligé de décider de faire le boulot. L’autre pan du mensonge sur cette affaire qu’il continue d’entretenir comme la savonnette de leur conscience de criminels, est qu’« ils n’avaient aucunement l’intention de tuer Laurent Gbagbo ». Mais comment le savoir puisque le type n’est pas mort. Et qui leur demande leur intention initiale. Finalement ne sommes-nous pas devant cet autre dicton qui dit : « qui s’excuse s’accuse » ? Au demeurant cette autre forteresse de mensonge peut-elle résister durablement à l’évidence des faits relatés par les images de ce qui reste de la résidence bombardée ? Quelle vie les bombardiers avaient-ils l’intention de préserver quand, après leur bombardement, il ne reste plus aucune pierre sur une autre sur le site de la présidence ? Ou bien le président Laurent Gbagbo était-il, pour eux, un phénix qui devrait renaître de ses cendres ?

Joseph Marat

Gbagbo : question d’objectivité (1)


Fabien d’Almeida anime une chronique sur la toile. Entre autres textes qu’il publie actuellement sur le site Pensée noire, celui qu’il a intitulé Gbagbo : question d’objectivité, nous a été signalé par un ami, éboueur des profondeurs du web, comme un texte très intéressant. Il n’a pas eu le temps de me dire en quoi il avait trouvé ce texte intéressant, mais après l’avoir parcouru, j’ai compris l’ironie de mon ami qui voulait rire des entourloupes de nos frères d’en face pour parer à la bourrasque des réprobations face à leur politique de rattrapage ethnique. Pour ceux qui auraient eu l’eau à la bouche, « passez, il n’y a rien à voir » parce que Fabien d’Almeida dit simplement ceci : « ceux qui défendent Laurent Gbagbo manquent d’objectivité ». Il part des omissions des défenseurs du président Gbagbo comme le Suisse Jean Ziegler, au projet de rupture monétaire qu’on prêterait à Gbagbo sans aucun fondement, en passant par les pratiques françafricaines de gestion politique qui n’auraient pas souffert de la Refondation. C’est simplement ridicule. Ridicule au sens où André Comte Sponville emploie ce terme dans son livre : le capitalisme est- il moral ? Dans cet essai, le philosophe dresse plusieurs niveaux de jugements et déduit de cette stratification que nous donnons souvent dans le ridicule en mélangeant les genres dans nos prédicats. Par exemple, demander à un chef d’entreprise qui licencie de répondre à la question du bien ou du mal est absurde parce que ce n’est pas la réponse à cette question d’ordre moral qui résoudra le problème que lui imposent les lois économiques de production et de rentabilité du marché! Doit-il, au nom de la morale, laisser péricliter son entreprise ? Même le chef d’entreprise qui, pour faire le bien, s’abstient de licencier, n’atteindra pas moins le même objectif quand il mettra la clé sous le paillasson. Dans l’ordre de la science, de la technique et de l’économie, les considérations d’ordre moral sont donc ridicules, selon André Comte-Sponville. Je pense, en lui empruntant le schème de la réflexion, qu’il est aussi ridicule de rechercher l’objectivité dans l’ordre de la pratique politique. Ce qu’on demande au politicien, c’est d’être loyal. La question de l’objectivité n’est pas une fin en soi pour un homme politique. On trouve rarement d’ailleurs un homme politique objectif. Ils sont tous, en politique, toujours en train de défendre des positions…

Joseph Marat

Gbagbo : question d’objectivité (2)


Ce qu’on demande à l’homme politique, c’est d’être loyal. La loyauté, d’après le Lexilogos en ligne, c’est : « en parlant d'une personne, La fidélité manifestée par la conduite aux engagements pris, au respect des règles de l'honneur et de la probité. Synonyme : droiture, honnêteté. Antonyme : déloyauté.» cette description du trait de l’esprit d’une personne loyale, ne nous dit certes pas que la notion de loyauté vient de loi, mais nous pouvons en déduire aisément qu’on n’est honnête, droit ou respectueux des engagements pris que justement lorsqu’il y a des engagements qui fonctionnent comme des lois, des principes, le droit à suivre. La politique, d’après le grec ancien, est l’art de conduire la cité. Aujourd’hui on dirait l’art de conduire l’Etat. En toute logique, on ne parle d’Etat que lorsqu’on a mis fin à l’anarchie de la jungle. C’est-à-dire lorsque les composantes de la société étatique se sont mis d’accord pour instituer les conditions de leur liberté en se dotant d’une loi fondamentale. La loyauté d’un homme politique se détermine donc par rapport au respect et à la promotion de la constitution de son pays, au-delà, le respect des principes de base du régime politique qu’on s’est choisi. En Côte d’Ivoire, nous nous sommes dotés d’une dernière Constitution en 2000 et aucun homme politique ivoirien ne conteste le choix de la démocratie comme régime politique devant y prévaloir. Nous avons, à travers cette mise au point, tout un arsenal de principes qui permet de déterminer la loyauté et le poids politique de chaque homme politique ivoirien. En dehors de sa loyauté vis-à-vis de la loi fondamentale et des principes élémentaires de la démocratie, la vie privée d’un homme politique ne devrait intéresser personne. Les opposants du Président Gbagbo ont cru éroder son crédit politique en l’affublant du concept de «boulanger», croyant naïvement que les petits marchés qu’ils passent avec le chef de l’Etat sur fond de chantage politique devraient être au dessus de la loi fondamentale. Oubliant que le «boulanger» a été jusqu'à trouver des ressorts constitutionnels pour faire d’un inéligible au départ candidat exceptionnel à l’élection présidentielle. Qu’on nous dise à quel article de notre constitution et à quel principe politique répond la levée d’une rébellion contre un régime démocratique. A quel principe démocratique correspond le bombardement des institutions d’un Etat pour vider un contentieux électoral ? A quel principe républicain et politique répond le rattrapage ethnique. Est-on beaucoup moins boulanger, quand après avoir passé toute sa vie politique à promettre un orage de milliards à un peuple, on lui sert la misère à la fin ?

Joseph Marat

mardi, 17 avril 2012

Ils ne le font pas pour toi !


Abdoulaye Traoré alias Ben Badi, le feu follet du football ivoirien a décidé de déchausser les crampons cette année à la suite d’un jubilé qui verra la participation de plusieurs sommités du foot mondial. Toute la Côte d’Ivoire aurait pu célébrer à cette occasion la retraite du fils prodigue du football ivoirien. C’aurait pu être une opportunité pour tous ceux à qui il a donné de la joie, à l’Asec comme en équipe nationale, par ses gestes et buts magiques, de la lui retourner par devoir de mémoire. Malheureusement, ce moment risque bien d’être mitigé à cause de la proximité de sa date d’une autre date très attendue par les Ivoiriens. Le jubilé du mythique footballeur ivoirien risque de tomber dans les oubliettes dès le lendemain. Le 18 juin prochain les Ivoiriens et le monde entier attendent le dénouement du transfèrement de Laurent Gbagbo à la Haye. Ce sera le jour de la confirmation des charges contre le président Gbagbo. Ce jour marquera sûrement tous les esprits. Soit les charges sont confirmées, ce qui n’a aucune chance d’arriver, et le Président Gbagbo est écroué, soit il recouvre la liberté pour insuffisance de charge. Dans les deux cas, la réaction du peuple de Côte d’Ivoire reste à l’heure actuelle imprévisible. La seule certitude que nous pouvons avoir maintenant, c’est qu’un événement placé à la veille de ce grand jour, ne sera pas plus qu’un vestige dans la mémoire collective dès le lendemain. Aussi déduisons-nous que ceux qui veulent aider Abdoulaye Traoré à faire son jubilé le dimanche 17 juin ne lui rendent pas service. Apparemment, en lieu et place d’une véritable fête footballistique pour faire entrer Ben Badi au panthéon de footballeurs de notre mémoire, c’est leur propre fuite en avant devant la débâcle judiciaire qui s’annonce pour eux qu’ils organisent. Ils aimeraient pouvoir avoir d’autres chats à fouetter pendant cette période que de regarder venir la bourrasque de honte qui va s’emparer d’eux le jour de la libération du président Gbagbo. Les temps sont durs. Il n’est pas évident de cracher sur une occasion de se faire un peu de sous. Seulement, il est bon qu’Abdoulaye Traoré sache qu’il n’a pas affaire à des philanthropes. Il est simplement l’objet d’une manipulation lugubre.

Joseph Marat

dimanche, 15 avril 2012

Lutte invendable

Après avoir lu quelques lignes sur la démarche illisible de certains pontes de la Refondation et sur les failles qui pourraient se creuser dans le mur de la résistance avec les polémiques que soulèvent la tenue d’une convention prochaine du FPI, un ami, fidèle lecteur du journal Aujourd’hui m’a joint au téléphone pour me rappeler entre autres choses la fonction sociale et politique du journalisme. « Vous êtes des conseillers et vous tenez la position d’avant-garde dans les grandes luttes politiques comme celle que nous menons pour la liberté totale du continent africain… il faut donc que vous meniez des réflexions pour réorienter la résistance qui semble aller dans tous les sens. J’ai lu hier dans un organe de la place les déclarations alambiquées du professeur Danon Djédjé qui semblait célébrer le 11 avril comme un jour de délivrance et recommander au Fpi d’aller aux négociations avec le pouvoir RHDP sans condition… Il faut s’inspirer du modèle sud africain. Jusqu’à ce qu’on ne libère Nelson Mandela, qui ne voulait d’ailleurs pas l’être sous conditions, et jusqu’à ce qu’on leur reconnaisse l’égalité politique et démocratique d’une personne-une voix, les résistants sud-africains ne se sont jamais satisfaits des strapontins politiques que le système de l’apartheid pouvait leur offrir pour soulager sa conscience face aux pressions du monde entier. L’ANC est né en 1912, si nous comptons à partir de cette date où le mouvement de résistance a pris conscience de lui-même dans une organisation politique, on peut dire sans se tromper, que la lutte pour la liberté totale a duré plus de cent ans. Avec à la clé le sacrifice de plusieurs générations de politiciens qui n’ont pas voulu donner dans la compromission pour que celle d’aujourd’hui marche la tête haute dans un monde toujours dominé par des esclavagistes de tout acabit. Nous sommes aujourd’hui dans la même configuration avec l’emprisonnement de Laurent Gbagbo. Personne n’ignore la politique de rattrapage ethnique de Dramane Ouattara qui n’a rien à envier à Peter Botha et la pression internationale sur ce régime politique innommable commence à poindre du nez. Libérez Gbagbo a remplacé aujourd’hui Libérez Nelson Mandela dans tous les rassemblements du monde et la question s’est même invitée dans la campagne électorale du pays parrain de la dramanie. Ce n’est donc pas le moment de vendre la lutte aux forces rétrogrades en se jetant à bras raccourcis sur des prébendes que pourraient offrir des négociations de contrebandiers.» Je n’ai rien eu à ajouter à l’écoute de ce cri de cœur récurrent dans l’opinion de la résistance ivoirienne. Sauf que j’avais lu Un long chemin vers la liberté de Nelson Mandela et qu’il y a des luttes qu’on ne vend qu’à ses dépens. Celle que Laurent Gbagbo a continué à mener en dépit de toutes les tentations et sous des bombes assassines d’un impérialisme barbare est tout simplement invendable.

Joseph Marat

MAF : Piqure de rappel républicaine


Avant-hier samedi 14 avril, au palais des congrès de Lille, un grand rassemblement a réuni les Français d’origine africaine autour du Mouvement des Africains Français (MAF) de la bouillante franco-camerounaise Calixte Beyala. Ecrivain de renommée internationale et fervente défenseur de la cause des pays africains, elle a appelé ses compatriotes français à voter pour François Hollande qui incarne pour elle le changement, la fin des bombardements et des politiques d’exception dans les Etats africains. Arguments contre arguments elle a démonté les logiques de prédations qui soutiennent les discours des impérialistes qui prétendent aider les pays africains en brandissant l’épouvantail de la CPI qui a tout d’un camp de concentration pour les dirigeants africains, celui des biens mal acquis quand ils ferment les yeux sur l’origine des pétrodollars qui achètent les biens en Europe, enfin le bombardement des palais présidentiels et l’assassinat des chefs d’Etat sous le fallacieux prétexte d’instaurer la démocratie. Ils sont Français mais ils n’oublient pas d’où ils viennent et surtout ils veulent porter les idéaux de la lutte contre toutes les formes de discrimination dont leur continent d’origine continue de souffrir des stigmates. D’aucuns pourraient voir dans ce mouvement un repli communautaire à relent raciste. Il n’y aura certainement pas meilleure façon de vouloir le combattre. Mais la trame du discours de Calixte Beyala est claire. Il s’agit tout simplement de revendiquer auprès de ceux qui se battent pour l’ignorer que le peuple africain fait partie de la communauté des hommes. Et ce sera suffisant. Il faut que dans un pays comme la France où la communauté africaine par exemple représente près de 20 % des nationaux, elle voudrait pouvoir bénéficier des 20 % des avantages de cette nation. C’est trop souvent, alors qu’ils sont contribuables au même titre que les autres nationaux, la République oublie souvent de s’investir pour les défendre. La démarche de la République est souvent discriminatoire à l’endroit des membres de la communauté des Français d’origine africaine. Alors qu’on encourage l’incarcération abusive de Michel Gbagbo en Côte d’Ivoire parce qu’il est le fils de Laurent Gbagbo, on déploie toute une batterie diplomatique et juridique pour sortir des griffes de la justice mexicaine Florence Casset, une trafiquante de drogue. Le MAF de la digne fille d’Afrique Calixte Beyala n’est rien d’autre qu’une invitation aux valeurs républicaines dans une civilisation qui a tendance à développer des reflexes moyenâgeux, surtout quand il s’agit des Noirs.

Joseph Marat

jeudi, 12 avril 2012

Soyez ivoiriens… cela aurait suffi (1)


Je n’ai pas encore lu le livre de Gregory Protche paru en janvier 2012 dernier aux éditions ‘’le Gri-Gri’’ intitulé : « On a gagné les élections mais on a perdu la guerre ». Mais cela n’empêche pas la réflexion sur un point précis qu’il aborde avec une certaine perspicacité qui dévoile et éclaire les prologues et épilogues de la crise ivoirienne. C’est d’ailleurs un ami qui me fait parvenir le passage qui l’a plongé dans une de ses méditations métaphysiques sur la nature des hommes et leur propension à avancer masqué. Il ajoute à la fin du passage qu’il m’envoie : « qu’est-ce que tu en penses ?» je me dérobe rarement à donner mon avis surtout quand il s’agit de me prononcer sur les motivations des acteurs politiques de cette décennie de rixes. Gregory P. dit ceci à la page 40 de son livre : « le Président ivoirien (Laurent Gbagbo) misait sur le sentiment d’appartenance à la nation ivoirienne, escomptait bien réussir à le faire raisonner en Soro. Le prenant à son propre jeu devenu un piège : tu veux être Ivoirien, sois-le. Quitte le communautarisme, le particularisme, le tribalisme, l’ethnisme et la rébellion. Oublie le nord, pense à l’ensemble …» Laurent Gbagbo n’avait pas besoin de le dire dans un discours officiel. L’auteur fait donc ici une herméneutique des actes politiques du président ivoirien qui a décidé de s’engager dans un dialogue direct avec le leader d’une rébellion qui a attaqué son régime. Il n’était pas naïf pour penser que Soro, qui n’avait pas encore achevé ses études à l’université, aurait pu lever une rébellion contre lui. Il se disait candidement que ce qui a pu faire le terreau de la manipulation de cette jeunesse révoltée, c’est le sentiment qu’on a distillé en elle d’être exclue parce qu’elle appartient à une ethnie donnée et que le combat contre l’exclusion ethnique était, dans le temps, celui de la défense de l’idée d’une nation. Il n’était pas évident de voir derrière la révolte de celui qui prétend être victime de l’ethnisme un projet de discrimination ethnique. Le président Laurent Gbagbo a même pu penser, encore candidement, que les manipulés ne se le sachant pas, il aurait suffi de leur proposer la solution à leur préoccupation officielle pour régler le conflit. « Sois premier ministre et travaille à ce que plus personne ne soit victime d’exclusion dans ce pays. Travaille à construire une nation et oublie que tu viens du nord». Il était loin de penser que ses adversaires avançaient avec un masque sur le visage. Sous le couvert de combattre la discrimination, la rébellion ivoirienne se battait en fait pour la discrimination, la ségrégation ethnique. Alors qu’ils brandissaient leur aversion pour la promotion de tout sentiment d’appartenance clanique, leur projet était de substituer le mal au le mal pour nourrir leur soif de domination ethnique.
Joseph Marat

Soyez ivoiriens… cela aurait suffi (2)



Avec des gens qui ont produit la charte du nord et qui affichaient avant même d’avoir commencé la guerre leur projet d’arracher le pays aux autres, Laurent Gbagbo n’est-il pas coupable d’avoir été naïf. N’a-t-il pas accompagné dans une sorte de suicide collectif le mouvement en croyant qu’il suffirait de proposer l’alternative de l’appartenance nationale pour solder leur besoin d’affirmation ? Non ! Le président Laurent Gbagbo ne s’est pas trompé et il n’a pas fait preuve d’irresponsabilité. Pour un homme de vision comme lui, il n’a pas eu le choix. Il n’avait pas d’autre choix que celui de la raison. Au prix de tout ce que cela a pu lui coûter aujourd’hui, il ne lui sera pas reproché d’avoir joué le jeu de ses ennemis en opposant au nord et à son projet de rattrapage ethnique, le clanisme le communautarisme, le tribalisme, l’ethnisme, la rébellion, le sud…Car l’histoire des hommes enseigne que le rapport de l’homme à la liberté l’oblige à briser les barrières des particularismes. Gaston Bachelard dit que la science, la recherche de la vérité scientifique avance par rupture épistémologique. Il faut extrapoler et dire que l’histoire des hommes, l’avènement de la vérité historique se fait aussi par rupture. Celle du lieu où les valeurs s’érigent contre des non-valeurs. A quoi assiste-t-on avec l’abolition de l’esclavage, avec la révolution française de 1789, avec la fin des travaux forcés, avec la décolonisation, avec la fin de l’apartheid et de la ségrégation raciale avec Martin Luther King aux USA… partout où l’histoire des hommes a montré qu’elle avance, ce n’est en instaurant des cloisons de dominants à dominer. Au contraire c’est en brisant les mythes de la barrière clanique pour ne considérer que l’idée et la dignité de l’homme que l’histoire progresse. En ce sens que l’histoire pour notre humanité est toujours celui du progrès et le progrès n’est pas seulement dans l’écoulement du temps, mais ce qui advient comme valeur dans le temps. L’invitation de Laurent Gbagbo de ses ennemis à l’humanisme est en soi une invitation à la lumière de la vérité de l’histoire. Toutes les autres voies sont sans issue. L’apparent triomphe du rattrapage ethnique n’est que le signe du refus de se laisser aveugler par la lumière de la raison de l’histoire des hommes. Laurent Gbagbo est un homme, il a ses limites et il peut se tromper. Il s’est même souvent trompé. Mais, sur la réponse politique qu’il donne au péril de l’ethnocentrisme à ses adversaires est loin d’être une erreur. Quand on veut bâtir une nation à partir d’un pays qui regroupe une soixantaine d’ethnies, la seule démarche salutaire d’un homme politique responsable ne sera jamais le maniement pervers des ambitions claniques.

Joseph Marat

Jamais de crime parfait


Le temps est un autre nom de Dieu dit le sage. Les événements du 11 avril dernier livrent-ils enfin leur secret avec la pression du temps ? En termes de secret, il n’y a en avait en réalité pas. Il y a que, dès les premières heures de l’attaque du domicile du président Gbagbo, la France qui n’a pas voulu assumer le caractère ignoble du forfait s’était refugié derrière ce qui s’avère être aujourd’hui pour elle-même, un mensonge grossier. Elle avait nié avoir fait le boulot à la place des FRCI. Hier, à l’occasion de la commémoration de cette date où l’ingérence française a atteint son paroxysme avec la violation flagrante de la souveraineté d’un Etat indépendant, l’ex-ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, véritable maître d’orchestre de toute l’opération ce jour-là, croit défendre son pays en avouant le rôle prépondérant de celui-ci dans ce qui s’apparente à un acte criminel dans les relations internationales. Voici ce que Jean Marc Simon pense révéler : « Je crois qu'il faut bien dire que la France n'a jamais agi seule, elle est toujours intervenue en liaison avec les Nations unies, et en fonction d'un mandat du Conseil de sécurité. La décision des frappes était prise conjointement entre le président de la République et le secrétaire général des Nations unies. » Dans ce bout de l’interview qu’il a accordée à RFI, non seulement il a oublié qu’il avait déjà dit le contraire il y a un an, mais il ne se rend pas compte qu’il dénonce la collusion de Sarkozy et de Ban Ki Moon. Aucune résolution des Nations Unies ne donne l’ordre à ces deux messieurs de se retrouver dans une sorte de messe noire pour décider le bombardement du palais d’un Etat indépendant. Si c’est à la résolution 1975 que Jean Marc Simon et son gouvernement font allusion pour justifier leur opération sur la résidence du président Gbagbo, qu’ils sachent que nulle part, dans cette résolution, il n’est mentionné qu’il fallait résoudre le contentieux électoral ivoirien en bombardant le palais de la présidence.

Joseph Marat