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mercredi, 17 avril 2013

Le fardeau du pays


Il n’y a pas deux mois, le Président par intérim du FPI, le Professeur Miaka Oureto dénonçait ouvertement les pontes du PDCI qui lui faisaient des appels de pieds afin qu’il engage son parti dans un mouvement d’envergure pour sauver le pays à la dérive. Il leur avait donné, à son temps une réponse du genre : « ne restez pas caché derrière les avantages factices que vous donne Ouattara pour regarder mourir votre nation. Sortez de votre cachette et ayez le courage défendre ce que vous pensez réellement ». Aujourd’hui, l’appel est plus clair. « Frères et Sœurs du PDCI … il est encore temps de sauver la démocratie dans notre pays. L’enjeu est clair et dépasse de très loin les frontières idéologiques (libéralisme et socialisme). C’est la survie de notre nation qui est en jeu. La propriété de son sol, la jouissance de ses richesses par ses propres filles et fils, le devenir de sa gestion démocratique et partant le développement du pays… Resserrons nos rangs pour faire barrage aux prédateurs. Rassemblons-nous pour défendre la nation en péril. Nous n’avons que cette patrie alors défendons là ensemble au risque de disparaitre ensemble, quand l’on nous demande de vivre ensemble chez nous, sans nous ».
D’aucuns ont vite fait de penser que c’est parce que le FPI prépare la présidentielle 2015 et que sachant qu’il ne peut pas gagner seul les élections à venir, il recherche à s’allier au PDCI pour isoler le RDR. Cette lecture me semble très superficielle et la réponse du PDCI tout comme la réaction du RDR ne me semblent pas, non plus, profondes. Le FPI est un parti politique dont l’objectif est la conquête démocratique du pouvoir. C’est donc absolument trivial de relever qu’il prépare des joutes électorales futurs. Ce qui est malsain c’est de faire accroire qu’il est seulement mu par cet intérêt devenu secondaire devant le drame que traverse le pays. Il faut sauver ce pays. Cet appel de Miaka au PDCI n’est pas un appel à venir escorter le FPI pour prendre le pouvoir. Il leur demande simplement de se réveiller face au péril RDR. Sinon dans cette politique de l’autruche qui est la sienne, le moment viendra où il ne pourra même plus jouir des prébendes de sa compromission avec les ennemis de sa patrie. C’est une question de responsabilité. Dans le langage spirituel on parle de porter un fardeau. C’est une invitation à venir porter le fardeau de cette nation.
Evidemment la réponse du PDCI à cette invitation est révélatrice de son degré d’attachement à la survie de cette nation. L’intérêt général ne peut rivaliser avec son nombrilisme. Le porte parole de Bédié trouve que « ce n’est pas à l’ordre du jour ». En clair le peuple peut encore supporter de souffrir les affres de la politique aveugle de Ouattara Alassane. « Attendez, nous n’avons pas encore fini de nous remplir la panse ».
Pour le RDR d’un certain Joel Nguessan, le FPI peut toujours rêver de vouloir sauver la Cote d’Ivoire. Comme des sangsues, son parti et lui sont sûrs de leur affaire. Ils ruineront la Côte d’Ivoire jusqu’aux os. Mais, manque de pot pour eux, le peuple, comme Dieu, voit tout, il sait qui porte son fardeau et il est lent à la colère…

Joseph Marat

La justice des vaincus



Je suis tombé sur un éditorial de Venance Konan le lundi dernier. J’ai d’abord pensé que c’était un écrit de Tirbuce Koffi. Un détail qui n’aurait rien changé parce que j’étais de toute façon résolu à ne plus m’intéresser à ce que ces deux pouvaient écrire sur ce pays. Ce sont des lettrés qui ont fait le choix défendre leur tribu et leurs avantages. Et on ne peut absolument rien y changer. Je me suis par contre intéressé à cet édito parce que j’ai eu, au fur et à mesure que j’avançais dans la lecture du texte, la nette impression que le mercenaire faisait l’aveu de l’échec de son combat.
Dans ce texte Venance Konan a abordé deux thèmes de la rhétorique politique actuelle et montrer à quel point le désespoir de la défaite est palpable dans le camp d’en face. Je passerai son allégorie de la Côte d’Ivoire malade, reconnue par l’éditorialiste comme étant toujours souffrante, après avoir passé deux bonnes années dans les mains de l’hyper-docteur Ouattara Alassane alias Docteur solution ou Démiurge de milliards. Apparemment l’hagiographe du régime semble douter de l’efficacité des solutions que son mentor administre à la Côte d’Ivoire malade…
Venance Konan a abordé le thème de la réconciliation et de la justice des vainqueurs. A propos de la réconciliation il asserte qu’on ne peut réconcilier des personnes qui ne veulent pas se réconcilier. Quant à la justice des vainqueurs, pour lui, nulle part les vainqueurs ne dressent un tribunal pour faire leur propre procès. Des vérités de la Palisse qui révèlent la laideur d’une mentalité politiquement limitée. Si on part du postulat que seul Laurent Gbagbo était le mal ivoirien et qu’il aurait suffit de l’extirper du pouvoir pour que le peuple ivoirien se retrouve dans tous les sens des termes, ce n’est rien moins qu’un aveu d’impuissance, si on est réduit à sortir de telles évidences deux ans après avoir écarté le mal absolu.
Au-delà de ce constat malheureux, Venance Konan oublie que dans un Etat moderne le concept de réconciliation n’a pas de sens parce que dans un pays tous les citoyens ne sont pas obligés de s’aimer. Ce qui toutefois les oblige, c’est leur adhésion au contrat social. Et ce n’est pas en brandissant les armes ou en incarcérant ses adversaires politiques qu’on l’obtient. Il faut arrêter les jérémiades du genre « Qui peut obliger des personnes qui sont fâchées à se réconcilier ?», arrêtez la comédie de Charles Konan Banny et allez à l’essentiel dans la construction d’un Etat de droit.
Quant la justice des vainqueurs, si la préoccupation est aujourd’hui récurrente dans les ONG, hier pro-Ouattara, c’est justement parce qu’elles se sont rendues compte qu’elles se sont trompés. En Côte d’Ivoire ce sont les vaincus qui veulent faire la justice des vainqueurs.

Joseph Marat

Folklore politique simplement ridicule


« Il s’agit d’une avancée de la démocratie en Côte d’Ivoire. Car , je pense que c’est la première fois que le président de la république vient devant le parlement demander une loi d’habilitation dans un domaine précis et pendant une période précise et suivant des modalités définies dans le cadre de sa ratification, la possibilité d’intervenir dans le domaine de la loi.» Ces mots d’Ahmed Bakayoko, représentant Alassane Ouattara, devant le parlement RHDP après que celui-ci ait autorisé le dernier à gouverner par ordonnance, sont simplement ridicules. En face, on appelle ce comble de l’inculture politique : une avancée démocratique ! Allez-y comprendre quelque chose. Mais, cela est fait à dessein. Décidément, Ouattara s’est emparé du pouvoir politique ivoirien pour nous perdre. Faire régner l’irrationalité sous les oripeaux d’une pseudo-raison. Conduire les ivoiriens à prendre leur régression pour un progrès. En quoi cumuler le pouvoir exécutif et législatif dans un Etat est-il une avancée démocratique ? Ahmed Bakayoko ne sait pas de quoi il parle. Ce n’est pas seulement la première fois qu’Alassane Ouattara se présente devant le parlement pour lui ravir sa portion de pouvoir et créer le déséquilibre des pouvoirs politiques, il est, en plus, le seul à faire cela avec le sentiment paradoxal qu’il avance démocratiquement. Pourquoi les chefs d’Etat qui l’ont précédé ne se sont-ils jamais donnés à ce jeu. Parce qu’ils étaient loin d’être des comédiens. Même si parmi ces anciens chef d’Etat ivoirien, il y en avait qui avaient des pratiques anti-démocratiques, ils ne se prévalaient justement pas de la démocratie au moment où ils en violaient les principes élémentaires. Ils savaient ce que veut dire démocratie et séparation des pouvoirs. Ils ne se ridiculisaient donc pas en voulant prendre les Ivoiriens pour des sots.
Ouattara a-t-il besoin de gouverner par ordonnance avec un parlement monocolore, taillé sur mesure ? Ses partisans parlent de la célérité des actes à prendre. Ridicule ! Pour qui va-t-il prendre ces actes ? Parce que si c’est pour les ivoiriens, il n’a apparemment pas besoin d’arracher au peuple le droit d’en débattre à travers son parlement pour comprendre le bienfait de la loi qu’il se donne. C’est le peuple qui vote la loi en dernier ressort, c’est le principe même de la démocratie et de sa liberté selon Jean Jacques Rousseau. Si un quidam lui arrache ce droit, il faut s’appeler Alassane Ouattara pour appeler cela avancée démocratique. Gouverner par ordonnance, cela s’est déjà vu dans ce pays, mais on n’a jamais entendu dire que c’est le signe d’une avancée démocratique parce que c’est justement le déficit démocratique qui fait recourir à cette pratique. La Côte d’Ivoire continue-t-elle d’être en crise deux ans après l’avènement du « messie de la démocratie », du « docteur solution » ? Ce matin du 11 avril 2013, j’entendais les journalistes d’une radio étrangère, qui en parlaient, rire sous cape. Et j’avais déjà entendu un Africain, sur un autre support, rire de la médiocrité de nos hommes politiques actuels… j’étais loin de penser qu’il pouvait avoir autant raison.

Joseph Marat

Débat sur le positionnement politique de Soro (1)




A la faveur des hommages que le monde entier a rendus à Hugo Chavez, je suis tombé sur un texte de l’un des nègres de Guillaume Soro, qui essayait d’associer tant bien que mal, l’image de celui-ci à ceux des grands défenseurs des valeurs humanistes qui meublent notre mémoire collective. Voilà le débat que j’ai engagé avec lui. Par politesse pour vous, j’ai ôté les injures inutiles qui nous éloignaient du fond de la discussion. Voilà le texte que je lui ai envoyé après avoir lu son premier post sur Chavez intitulé : « Hugo Chavez et les Africains : Extraordinaires malentendus »

« Je reste admiratif de ta palette de connaissance des livres que tu lis abondamment. De ce que je viens de lire je retiens deux idées essentielles. Que Hugo Chavez est un adepte de Simon Bolivar et que celui-ci était un défenseur des valeurs universelles de démocratie, de séparation de pouvoir en politique, de l'égalité entre tous les hommes et dont le "patriotisme ne sera jamais la défense d’une terre, mais celle des valeurs qui rendent digne de vivre sur toute la terre." Mais où est le malentendu cher ami ? Pourquoi, les Africains auraient détesté Chavez s'ils avaient su que ce dernier était un grand intellectuel et non un révolutionnaire sanguinaire comme Guillaume Soro.

Cher ami dans le développement de ton anticolonialisme dogmatique, il me semble que tu es en retard d'une génération dans ton acception de la mentalité des jeunes patriotes africains. Justement ce sont les valeurs de l'égalité, de fraternité universelle, de démocratie, de séparation de pouvoir qui constituent le terreau de l'aspiration à la liberté des jeunes patriotes africains. Dans ton copinage avec Soro Guillaume, c'est finalement toi qui entend parce que tu es du mauvais coté de la barque. Il n'y a pas de malentendu dans la popularité de Chavez en Afrique. Les Africains dans leur résistance ont compris qu'ils mènent le même combat d'émancipation que Chavez. Et quand ces jeunes parlent d'émancipation, ils entendent bien parler des valeurs que promeuvent Simon Bolivar et Hugo Chavez.


Au contraire c'est à ton idole Soro Guillaume que nous devons encore en Afrique d'être assimilé à des sauvages aux esprits sectaires défendant dans des politiques de rattrapage une idée de l'homme encore tributaire d'un ethnocentrisme rétrograde. C’est à ton idole que nous devons, dans une Afrique moderne, l'accession au pouvoir politique des chasseurs traditionnels appelés dozos en Côte d'Ivoire.

Hugo Chavez est un grand Homme de la dimension des grands résistants comme Laurent Gbagbo, Patrice Lumumba, Nelson Mandela... les Africains ne se trompent pas à le vénérer aussi. »

Voilà la réponse du bloggeur
« Pour la gouverne de mon cher ami Joseph Marat, hélas toujours très mauvais lecteur et critique superficiel, Bolivar fut un révolutionnaire combattant, qui épingla le scalp de milliers de colons espagnols par la lutte de résistance armée. Il combattit l'oppression coloniale et esclavagiste, mais aussi raciste dans près de dix territoires d'Amérique latine, sollicitant même à certaines époques l'aide des Anglais pour bouter les colons Espagnols d'Amérique. On l'appela El Libertador. Mon ami Guillaume Soro, excellent lecteur, a retenu de Bolivar comme de Guevara, non seulement son pseudonyme de Che que personne de sérieux ne saurait démentir en Afrique contemporaine, mais aussi le courage de risquer sa vie pour sa conception de la juste, du beau et du vrai. Il a combattu l'ivoirité, la xénophobie et l'exclusion identitaire depuis sa tendre jeunesse. Il n'en démordra pas. La Défaite électorale, mais aussi La chute militaire de Laurent Gbagbo ont été accompagnées par la Défaite intellectuelle de l'anticolonialisme dogmatique. Soro a rempli par la démocratie et par la critique des armes, la mission générationnelle que j'accomplis depuis près de 20 ans par les armes de la critique au département de philosophie de l'Université d'Abidjan. Gbagbo, au fond, ne peut même pas dénouer un fil de la sandale d'un Lumumba, d'un Um Nyobè, ou d'un Mandela, voire même d'un Chavez. Laissez cet homme de Mama passer sa retraite en dehors du champ politique africain. Nous nous en porterons tous infiniment mieux! »
A suivre …

Joseph Marat

Débat sur le positionnement politique de Soro (2)


« Salut cher ami. Je viens de découvrir que tu as bien voulu répondre à la critique que j’ai faite de ton texte. Je note quelques invectives malheureuses qui me laissent sur ma faim. Je n’ai jamais remis en cause le fait que c’est de toi que je tiens le peu que je sais. Oui, comme tu le sais certainement, je ne lis pas beaucoup mais je ne crois pas qu’il faille lire des tonnes de livre pour avoir le bon sens. Souviens-toi de Descartes.
Tu écris que les africains n’auraient pas célébré Chavez s’ils avaient su qui il est. Je réponds qu’il n’y a pas de malentendu parce que, ce sont justement les valeurs que tu lui reconnais que les africains défendent aussi. D’où vient que je sois pour toi, sans démonstration, un critique superficiel et un mauvais lecteur.
Tu t’attèles plutôt à montrer que Soro Guillaume, « excellent lecteur …», est la version tropicale de Simon Bolivar et Che Guevara. Sauf ton respect, je suis obligé de te dire qu’il semble y avoir un gros malentendu dans tes assertions. De la biographie de Bolivar tu écris ceci : « Il combattit l'oppression coloniale et esclavagiste, mais aussi raciste dans près de dix territoires d'Amérique latine » et dans ta réflexion initiale tu dis aussi « Son patriotisme ne sera jamais la défense d’une terre, mais celle des valeurs qui rendent digne de vivre sur toute la terre ». On doit logiquement comprendre que Bolivar est un anticolonialiste à ceci de moins qu’il n’est pas dogmatique parce qu’il a incorporé à sa lutte l’aide des anglais pour combattre les colons espagnols et que son patriotisme n’était pas la défense d’une tribu.
Pour avoir été là, au début de toutes ses luttes de positionnement matériel et politique, je t’informe que Soro Guillaume s’est retrouvé à la tête de cette rébellion contre « l'ivoirité, la xénophobie et l'exclusion identitaire » de façon opportuniste et non par conviction idéologique. Il venait de faire deux mandats électifs de deux ans chacun à la tête de la Fesci. Cette fédération des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire a été loin d’exclure Soro et nulle part durant ses mandatures il n’a jamais fait cas de lutter contre une idéologie identitaire.
Bolivar luttait, selon ce que tu écris contre les impérialistes espagnols. Il me semble, en réalité, que Soro Guillaume, avec le concours des impérialistes français, a pris des armes contre une terre ou une partie de la population de son pays qui l’aurait exclu. Y a-t-il une commune mesure avec la lutte Bolivarienne qui, selon tes écris, était présente sur une dizaine de territoires soumis à l’impérialisme espagnol ?
Je te ramène, pour finir, à celui à qui tu voues une haine viscérale. Je me demande constamment pourquoi ? Parce que c’est avec lui que tu partages les canons universitaires de lectures et d’écritures. Toi qui lis énormément, sais-tu que Laurent Gbagbo a à son actif une dizaine de livres sur sa vision politique ? Il partage avec toi les armes de la critique et non la critique des armes. Dans la dernière option, ceux qu’on critique avec les armes ne sont plus là pour voir les bienfaits de la politique des armes. En clair, on ne peut être un model sociétal quand on développe le réflexe de prendre les armes pour combattre une idée.»


Joseph Marat

lundi, 08 avril 2013

Décidément D’UN CAMP


Pourquoi, il est si difficile, pour des ivoiriens prétendument intelligents de suivre Ouattara. C’est à croire que dans le pacte qui les lie à ce monsieur, il leur est demandé de surseoir à leur capacité de réflexion, à leur bon sens et au sens de l’Etat pour se ‘’dozoïfiér’’ et ne défendre que les intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général.
Daniel Kablan DUNCAN était devant la presse avant-hier. On dit dans le jargon qu’il est monté au créneau pour donner un coup de nettoyage à l’image de son gouvernement qui prend l’eau de toute part. A-t-il réussi ce coup de com ? Les espoirs ont été anéantis. Il n’y a décidément personne au RHDP, autour de Ouattara pour sauver ce pays. Kablan DUNCAN dont on aurait pu dire qu’il est le premier de la classe et en qui les Ivoiriens étaient en droit de placer quelques attentes au regard de son passé peu tortueux, a plus que déçu. Il a perdu le peu de crédit qu’on confère aux hommes qui ont un sens de l’Etat, même quand les contingences de l’existence les placent dans des postures peu honnêtes.
Au cours de cette conférence, il a torpillé comme un jeune premier, le dialogue de son gouvernement avec l’opposition significative. Oubliant totalement que le pays qu’il dirige est bloqué parce que ces discussions sont dans l’impasse. La sagesse politique recommande que quand on a la responsabilité de diriger un Etat, on se donne l’attitude et le langage qui conviennent pour ne pas le fissurer davantage. Il a oublié que les bailleurs de fonds du PND, qui doit propulser la Côte d’Ivoire dans le gotha des pays émergeants d’ici 2020, attendent les résultats de ces pourparlers avec le FPI à qui on reconnait le soutien d’au moins 46 % de la population. Les investisseurs sont des personnes très intelligentes et très informés, elles ne risquent pas leur sou dans un pays où des dozos font le rodéo et où les clients sont soit en exil ou en prison.
Je passe la plaisanterie de mauvais goût qui a consisté à dire aux Ivoiriens qu’ils sont à la veille de vivre pleinement une croissance à deux chiffres. Ce qui au fond ne veut rien dire parce que à quoi DUNCAN compare ses données de croissance. Sont-ils capables de nous montrer qu’un point de croissance en Côte d’Ivoire est le même qu’un point de croissance au Brésil, en Afrique du Sud ou en Chine où les agrégats économiques sont tels que le chiffre d’affaire d’une seule entreprise fait plusieurs fois le budget annuel du dozoland.
Ce qui m’étonne le plus chez DUNCAN, c’est la réponse qu’il donne à la question de la justice des vainqueurs. J’ai la nette impression qu’il ne sait pas ce que cela veut dire. La préoccupation de ceux qui dénoncent cette justice à double vitesse n’est pas relative à une justice indépendante qui doit prendre son temps pour poursuivre tous les criminels. La question est : pourquoi ne poursuivez-vous et n’emprisonnez-vous que les pro-Gbagbo dans une affaire où vous reconnaissez, vous-mêmes, que les crimes ont été commis de part et d’autres ? Il y a un principe qui dit : qui peut le plus, peut le moins. Comment dans votre soif de justice impartiale, arrivez-vous à extrader et incarcérer les fugitifs sans vous soucier des criminels qui se pavanent sous votre nez….

Joseph Marat

vendredi, 05 avril 2013

Ils tirent sur la RTI



La Radio Télévision Ivoirienne, cet ensemble de médias nationaux, qui, pour sa proximité était la vitrine de la société ivoirienne avait fini par être annexé. Tous les ivoiriens se souviennent de ces images de la veille du 16 Décembre 2010 dans lesquelles Soro Guillaume passait le relais à Issiaka Ouattara alias Wattao pour mettre en ordre de bataille une horde de rebelles prêts à attaque la RTI "Comme si le pouvoir se trouvait à la télé " pour parler comme le chanteur zouglou. Ce fut pour ces conquérants du pouvoir du ventre, un moment épique. Même aujourd'hui, on digère difficilement que la résistance ait opposé une réaction farouche à cette volonté de lui braquer son feu du soir, cet âtre autour duquel le peuple se retrouvait chaque soir pour se ressourcer, se remobiliser contre les forces impérialistes. Même les jugent de la CPI en ont encore les oreilles qui bourdonnent.

Finalement, ils sont entrés en possession de cette RTI, le 11 avril 2011 et nous savons tous comment. Après avoir fait irruption dans le séjour du peuple, enlevé et déporté le sage de la place, ils avaient pris possession de ce symbole de notre unité nationale qui du coup s'était éteint. Non parce qu'il n'était plus allumé, mais parce que les Ivoiriens avaient pris la décision de ne plus le regarder. Il a été désacralisé et était désormais l'œuvre de profanateurs sans âme.

C'est sur cette TCI devenue ensuite RTI-rdr, instrument de propagande du régime actuel, que les ex-rebelles de Bouaké ont tiré le jour de la pâque dernière. Tenez-vous bien, pour mieux comprendre à quel point le régime des conquérants dozos est désespérant, ce ne sont pas les journalistes en mission officielle à Bouaké et canardés qui donnent l'information. Relayer simplement une telle information serait forcement trop critique pour un régime allergique à la liberté d’expression. C'est une amie, deux jours plus tard, qui me met la puce à l’oreille. Peut-être que j'exagère un peu parce que si je ne suis plus auditeur de la RTI comment aurais-je pu savoir qu’elle en a parlé ou pas ? Une chose est sûre, le ton de l’amie était confidentiel.

Mais au delà de nos « mauvaise foi » aussi bien partagées que le bon sens cartésien, pourquoi ceux qui ne juraient que par la prise de la RTI en sont-ils arrivés à tirer sur l'instrument de propagande de leur idéologie ? N'imaginez pas qu'ils se soient trompés et qu'ils n'aient pas su que c'était la RTI. Le logo de la télévision nationale pavoisait tous les cotés du véhicule de liaison. Les ex-combattants de l'ex-rébellion de Guillaume Soro ont malgré tout attaqué l'équipage de la RTI en mission dans cette partie du pays pour couvrir Paquinou. Il me semble donc qu’ils ne se reconnaissent plus dans les œuvres du mentor parce que la RTI, depuis sa métamorphose, n’a pas changé. Elle reste toujours cette caisse de résonance du pouvoir en place. Que des pro-Ouattara tirent aujourd’hui sur les symboles du pouvoir, y a-t-il mille lectures à faire ? Avant le 11 avril 2011, il y a eu le 16 décembre 2010. Et ce sont les mêmes !

Joseph Marat

jeudi, 04 avril 2013

Il paie déjà


Il paie déjà. C’est sa délivrance qu’il faut maintenant espérer. Ils sont encore nombreux ceux qui pensent que ce sont les pro-Gbagbo ou Gbagbo qu’il faut plaindre. Ceux d’en face, comme dans un triomphe absolu de l’injustice, jouissent du pouvoir pendant que leurs victimes crèvent la dalle, croupissent dans les prisons et sont traqués au-dedans et delà des frontières nationales. Il y a de quoi être impatient de voir les bourreaux payer leurs crimes aussi durement qu’ils les ont infligés aux autres. Il y a même de quoi perdre la foi en un Dieu de justice. En revanche, si vous êtes dans un tel état d’esprit, ne soyez pas surpris de partager leur destin. Votre conception de la rétribution n’étant pas différente de la leur, votre espérance ne sera pas différente de celle des juifs qui attendent encore la promesse messianique de Dieu. Vous continuez de souffrir alors qu’il y a belle lurette leur tour est venu de payer et ils paient déjà depuis. Changez de perspective. Arrêtez d’appréhender littéralement la justice de Dieu, le Karma en termes d’échange de cruautés de la victime au bourreau. Libérez-vous parce que vous n’êtes pas des criminels et vous n’en avez pas l’âme. Nous sommes des démocrates, cela veut tout dire et cela suffit. Dans cette position et avec cette perspective nous devrions tous être en train de boire du petit lait, de savourer notre victoire sur les forces régressives au regard de tout ce qui nous parvient comme informations, aveux, regrets, désillusions … et Gbagbo Kafissa.
Ce qui différencie l’être humain des autres êtres de la nature, ce n’est pas la force sauvage, c’est ce qu’il y a de moins rare dans la nature, c’est son intelligence. L’handicap intellectuel est donc beaucoup plus ruinant que l’handicap physique. Il n’y a pas de pire souffrance que celle de la conscience de son incapacité intellectuelle. L’activité politique est essentiellement cérébrale parce qu’il s’agit justement de la gestion des intelligences. Alors pensez-vous que l’innommable soit heureux de se savoir incapable devant les défis de république, après avoir bavé pour acquérir ce pouvoir d’Etat? A l’âge où la sagesse, la crédibilité et la légitimité, pour les politiques, sont des parures grisonnantes pour septuagénaire, pensez-vous qu’il soit heureux de passer pour un politicard, menteur illégitime ?
La seule chose qu’on pouvait espérer de lui, parce que c’est ce qu’il a dit savoir faire, était qu’il nous impressionne en faisant vraiment pleuvoir les milliards. Je ne pense pas qu’il soit heureux d’être obligé de sortir des énormités du genre « l’argent ne circule pas parce que ça travaille ». Je ne pense pas qu’il se réjouisse particulièrement du retour des « DENO » sous son régime. Je crois même qu’il doit vivre très mal les négociations sous-terraines qu’il engage avec les opérateurs économiques pour ne pas communiquer sur la montée du coût de la vie en Côte d’Ivoire. Il doit vivre très mal son échec économique dans une situation favorable, là où un historien a fait des prouesses avec un pays coupé en deux.
Après avoir expérimenté la limite des armes en politique, il rase les murs hanté par son handicap congénital : vouloir diriger un peuple contre son gré sans en avoir la baraka.

Joseph Marat

dimanche, 10 mars 2013

Et pourtant ça change



J’ai eu une conversion atypique avec un ami la dernière fois. Il m'a paru tellement abattu moralement que je m'en suis, en effet, quelque peu étonné. Au moment de l'élection de François Hollande, mon était de ceux qui étaient très lucides. Malgré la joie de voir la chute de Nicolas Sarkozy, il gardait toute sa lucidité et tout son pessimisme de voir cette France changer sa manière de s'asseoir du jour au lendemain. C’est d'ailleurs à lui que je dois cette très image assez démoralisante pour un combattant de la liberté que la France politique est comme un train sur ses rails. Ce n'est pas le changement de la tête du conducteur qui changera sa trajectoire. Aujourd’hui cet ami est déçu par le mutisme de François Hollande devant la dictature de Dramane Ouattara. Je comprends aussi qu'il aurait tellement souhaité être un faux prophète pour le succès du combat de la liberté que nous menons tous.
Pour lui remonter le moral, je tiens à lui dire ceci : « et pourtant ça change ». Je me souviens que ce même ami m’enseignait que les Chinois avaient mis quelque centaines d’années à faire leur révolution. La plupart des Etats africains étaient, eux-disant, indépendants depuis une dizaine d’années quand Nelson Mandela est entré en prison pour la même cause. C’est à sa rencontre avec le président sénégalais d’alors, Léopold Sedar Senghor que Mandela lui-même a compris toute la subtilité du néocolonialisme naissant. Ce dernier était assisté d’une assistante française, oreille de la France, qui ne lui a pas permis d’avoir un tête-à-tête avec le chef de l’Etat du Sénégal indépendant.
Aujourd’hui, pour les Etats "ex-colonies" françaises, Laurent Gbagbo est cette graine qui a été mis en terre. Il faut se faire à l’idée qu’il doit mourir pour laisser place au bourgeon de l’espoir. Je crois qu’on se comprend. Laurent Gbagbo pourrait ne plus revenir de la Haye et je ne pense pas que lui-même n’envisage intérieurement pas cette éventualité parce que c’est un coureur de fonds en politique. Ceux qui le détiennent actuellement pourraient, malgré le caractère apparemment infondé de leur accusation, continué à le gardé, mais le combat est déjà gagné. Ce sont eux qui auront désormais des difficultés à articuler devant le peuple africain leurs fallacieux discours de recolonisation. Ils ne lâcheront rien si facilement. Ils continueront à se mentir à eux-mêmes, mais l’éveil de conscience que nous apporté le Président Gbagbo dans ce laps de temps suffira largement pour gripper la machine de la répression coloniale.
Cher ami le silence de Hollande est révélateur de ce que, malgré lui les choses changent. Il aurait pu être loquace comme Sarkozy, mais je crois qu’il est victime du tournis que lui donne la tournure des événements. Ces événements composent avec le temps qui est, selon le même sage, un autre nom de Dieu. Il est vrai qu’il serait déprimant, de ne pas pouvoir voir le changement total des choses, l’expérience a montré que le temps d’une vie peut ne pas suffire. Mais soyons tout simplement heureux de vivre et de participer à cette étape de notre histoire.
Pour ma part je bois du petit lait quand je vois le Woody de Mama au perchoir d’une tribune internationale établir la vérité des faits. Je bois du petit lait devant la gêne de la France. Et je continue d’en boire quand je vois Dramane Ouattara, comme un cheveu sur la soupe, s’embourber dans la politique nationale d’un Etat qui n’est, apparemment, pas le sien…

Joseph Marat

mercredi, 06 mars 2013

Oubli coupable



Il faut être assez futé pour soutenir un mensonge jusqu'au bout. Ce n'est pas une "vertu" qu'on connait au maïs d'en face. J’ai lu un texte très perspicace de Benjamin Koré dans Notre Voie de ce mardi 05 mars 2013. Il a certainement attendu que ce soit si flagrant avant de lever le lièvre. Le Rdr a oublié l’évènement qui l'a porté au pouvoir et précipité la chute de son ennemi juré Laurent Gbagbo. Le dimanche dernier était le 03 mars, date commémorative du "massacre des 7 glorieuses" d'Abobo. Il y a eu samedi pour annoncer le souvenir de ce jour inoubliable pour le Rdr. Il y a eu ensuite lundi pour rendre compte d'une cérémonie de recueillement à l'ombre tutélaire de ces désormais bienheureuses âmes inconnues. Rien ! Même pas une ligne dans leurs nombreux tabloïds sur cet évènement monté en épingle pour arraisonner un Etat et déporter son Président devant une cour de justice internationale pour crime contre l'humanité. Ils ont oublié. Et ils ont oublié la mémoire de ces pauvres dames justement au moment où leur "assassin" est en procès avec toutes les chances de s'en sortir pour preuve inexistante.
L’oubli est une qualité parce qu'il efface de notre conscience le souvenir des évènements douloureux et nous donne le goût de revivre. Mais quand il est collectif, quand il n'y a personne pour porter le fardeau de la souffrance infligée aux survivants de cette tragédie, il devient un aveu. Il n'y a vraiment pas de quoi se souvenir. Ces comédiennes sur qui le Rdr a versé du sang de mouton se sont levées, comme dans la vidéo, perçu leur cachet et disparu dans la nature.
Continuer à faire croire à leur mort est au-dessus de l'intelligence des gens d'en face. Surtout après le cyclone Altit qui a emporté ce qui restait encore de la foi des pauvres militants de Panurge.

Joseph Marat