UA-108822782-1
topblog Ivoire blogs

lundi, 04 mars 2013

Au-delà de l’audience d’nfirmation des charges


Laurent Gbagbo veut offrir des exemplaires de ses livres, même quand cela ne sert peut-être plus à rien, aux juges et aux procureurs de la CPI. C’est tout un message. Un ami mien m’a même dit que c’est un double enseignement à tous ceux qui sont convaincus que ce qui caractérise l’Africain, c’est l’inculture la brutalité et la sauvagerie animales. Il n’est pas suffisamment rentré dans l’histoire parce qu’il n’est pas capable, comme les êtres qui vivent dans l’instant et l’instinct, de se souvenir de son passé encore moins de le réfléchir. Le même ami m’a encore confié que pendant longtemps et peut-être même aujourd’hui encore, le monopole des éditeurs européens se refuse d’éditer ou de croire qu’un nègre fut capable d’écrire un livre de réflexion.
Laurent Gbagbo est un intellectuel au sens propre du terme et un génie politique. Il dit en avoir fait son métier, de sorte qu’il ne dit et ne pose aucun acte qui n’ait pas un sens politique. A la limite, avec lui, tous les moments sont historiques.
Le premier jour de sa comparution devant la cour pénale Internationale, il a dit au monde entier : « on ira jusqu’au bout ». L’homme n’a pas rechigné et geint malgré le caractère injuste de sa déportation parce qu’il est convaincu qu’il campe un rôle historique à la Cpi pour le procès de plusieurs décennies de déconsidération du peuple africain.
Quand le monde le redécouvre le premier jour de l’audience de confirmation des charges, Laurent Gbagbo arbore des lunettes qui rappellent Mahatma Gandhi. Le message de celui qui ne prendra la parole que le dernier jour de ces audiences est clair : « je mène le même combat que le monument indien. »
A la fin de cette audience de confirmation ou infirmation de charges où il a fait détruire toutes les bornes de préjugés et de manipulation, il tend ses livres et ses essais politiques, pour dire : « nous sommes assez matures pour réfléchir nos traces et nous installer dans notre histoire »
Pour la petite histoire, Le marigot politique ivoirien, hors mis Laurent Gbagbo, grouille de noms comme Houphouët Boigny, Henri Konan Bédié, Robert Guéi, Alassane Ouattara, Guillaume Soro. Qui leur connait un livre sérieux ? Bédié, pour des intérêts bassement politiques et matériels a ravalé, depuis belle lurette, ses dires dans les chemins de sa vie. Soro n’a rien compris à la polysémie des mots et à la moralité des mœurs. Il aurait compris que nous sommes tous rebelles quelle que part. Ce n’est pas pour autant qu’on prend instinctivement les armes. Il est d’ailleurs moralement plus saint, pour un homme politique, de se déclarer démocrate que de justifier son penchant criminel. Quant à Houphouët, il se prenait pour Jésus ou Mahomet. Il a voulu laisser le soin à la postérité d’écrire pour lui. Il y a maintenant 20 ans qu’il n’est plus. Les leçons de sa vie ne semblent intéresser personne. Les houphouëtistes ont des chats plus importants à fouetter avec les va-t-en guerre que de s’encombrer des gris-gris du ‘’vieux’’ sur la paix. Robert Guei était un militaire, un homme d’action qui s’est égaré dans la politique. Il ne comptait déjà pas. Dramane Ouattara nous laissera-t-il un jour une théorie comptable, parce que les pluies de milliards sont tout, sauf une théorie économique. D’ailleurs la prestidigitation ne semble pas marcher.
Le procès qui se déroule actuellement à la Haye nous rappelle les procès historiques de Socrate et de Jésus. Ce furent, comme aujourd’hui des procès politiques qui ont confronté la raison à l’obscurantisme. Et, quelle que soit l’issue de cette mascarade internationale, Laurent Gbagbo a déjà gagné.

Joseph Marat

dimanche, 24 février 2013

Le discours de la méthode

Je viens de revoir la vidéo du 4ème jour d’audience du procès du Président Laurent Gbagbo à la CPI. Le moins qu'on puisse dire c'est que le désordre ne résiste pas à la force de l'ordre et au discours de la méthode ou à la méthode du discours. "Venons-en aux faits" a bien voulu intimer comme ordre le procureur à la défense. La réponse de Maitre ALTIT ne s’est pas attendre : « pour la compréhension des faits incriminés et imputés à tort au Président Gbagbo, il faut bien aller à l’origine ». Toute la différence entre le sage et l’insensé réside là. Le premier sait que les événements sont toujours complexes en dépit du voile de la simplicité dont on le recouvre souvent. Il met donc un point d’honneur à dénouer tous les enchevêtrements pour comprendre le fait. De sorte que, pour le sage, la vérité est toujours dans un ailleurs de la réalité. Platon, dans l’antiquité, disait que la vérité est une catégorie du monde intelligible. Pour Hegel, il ya une raison qui préside les événements. Quant à Kant et Descartes, ils disent qu’il ne faut jamais se fier au divers sensible dans le recherche du vrai. Le sage est donc toujours dans un ailleurs du factuel pour percevoir le vrai fond du fait. Il n’est pas hors sujet. C’est l’insensé, dans sa volonté de vouloir perdre les hommes de bon sens, ramène tout aux faits divers, croyant pouvoir imputé aux autres ses propres crimes. C’est donc à juste titre que Maitre ALTIT demande au procureur de prendre son mal en patience. Ce lundi on arrivera au fait et il comprendra alors qu’on ne être, dans le même instant, à la fois victime et bourreau.

Joseph Marat

vendredi, 22 février 2013

Agrégat de faits divers

Ils ont passé pratiquement trois heures à ressasser les crimes qu’aurait commis le Président Laurent Gbagbo. Dans leur accusation il y a du tout. Du crime crapuleux au viol de pauvres femmes en passant par des délits d’opinion tenue contre Ouattara. C’est de bonne guerre. Les Procureurs mandatés par Dramane ont intérêt à dépeindre le Président des Ivoiriens comme un monstre de la pire espèce. Peu importe que leurs soi-disant témoins traficotent la vérité ou non. Ce n’est pas important. Pourvu que ce qu’ils racontent serve à salir au maximum leur accusé qui d’ailleurs ne leur a jamais dit qu’il était saint. Mais dans le fond, là n’est pas le paradoxe. Même si, à l’allure ou vont les choses, dans un an ou deux, ils n’auront pas fini de lister tous les témoignages de chaque partisan de Dramane. Ils sont au moins deux millions et Laurent Gbagbo est certainement un criminel contre l’humanité pour avoir mis en place une politique qui ne plait pas à Dramane et qui les offense tous.
Ce qui me laisse perplexe dans cette affaire de preuves contre le Woody de Mama, est soulevé par la question suivante et je peux me tromper : les procureurs de la CPI ne nous éloignent-ils de la véritable signification de la notion de crime contre l’humanité ? Né au lendemain de la deuxième guerre mondiale et contre l’extermination systématique des juifs par le régime Nazi, la notion de crime contre l’humanité implique, en mon sens, une politique autocratique (elle ne peut donc pas être consécutive à une élection démocratique pour laquelle on a plaidé pour le recomptage des voix) et donc systématique d’extermination d’une partie ou toute une communauté. Dans une histoire récente cela s’est vu au Rwanda. Deux communautés se sont dressé l’une contre l’autre dans le but affiché d’exterminer l’autre.
Est-ce cela que nous avons vécu en Côte d’Ivoire après les élections de 2010 ? Les accusations des procureurs de la CPI ressemblent bien plus à un agrégat de faits divers qu’à un éclairage sur la mise en œuvre d’un système ou d’une politique d’extermination. Dans un pays, tous les crimes font-ils du chef de l’Etat de ce pays un criminel contre l’humanité ?


Joseph Marat

jeudi, 22 novembre 2012

Des luxes pour sauvages

Ce ne sont pas les sujets qui manquent. Le folklore mal exécuté de Alassane Ouattara qui, sous un coup d’humeur, dissous un gouvernement de « technocrates » avant de s’offrir une petite balade dans les couloirs du Vatican, ses 33 minutes face à Bédié pour liquider notre sort, le rapport de Human Right Watch, l’organisation alliée du régime qui ne peut plus cacher le soleil avec la main, sont autant de sujets auxquels j’ai pensé. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de rester contemplatif devant les fresques de l’histoire.
Il y a eu, avant-hier, un rebondissement dans l’élection du président de l’UMP, le parti de Nicolas Sarkosy. En tenant compte des voix de 3 circonscriptions électorales d’outre mer, oubliées dans le recomptage par la commission électorale du parti, François Fillon coifferait l’autre François de 23 points. On a donc abondamment parler de coup de théâtre hier et comme si je m’y attendais un peu, je me suis dit que c’aurait été un peu trop facile. Nos amis d’en face qui avaient le regard fuyant sur cette crise à l’UMP, l’allié naturel, s’apprêtaient à nous sortir l’une de ces formules clichées du genre « la leçon de Fillon à Gbagbo !». Mais Dieu laisse rarement son œuvre en friche. Il fallait ce dernier retournement de situation pour que le tableau soit parfait.
Ecoutez Fillon sur le plateau de 20 H de TF1 avant-hier « je renonce à la présidence de l’UMP parce que je pense qu’avec 23 points d’écart, je ne pense pas le parti ait franchement tranché. Par contre je tiens à ce que Jean François Copé dirige une transition vers de nouvelles élections pour que d’ici là nous puissions réunir notre famille politique… » Ce monsieur qui renonce à sa victoire au nom de l’unité de sa famille politique est celui qui, au lendemain de la crise dite postélectorale, est venu marcher sur les ruines de l’unité du peuple ivoirien après que son gouvernement ait bombardé nos institutions pour que celui dont l’élection était encore plus douteuse que la sienne aujourd’hui s’installe au pouvoir. Dans le même élément de TF1, le crachoir a été tendu à Jean François Copé qui semble ne pas beaucoup aimer la proposition de Fillon et se refugie derrière le caractère solennel et univoque de la proclamation des résultats définitifs. En Côte d’Ivoire ces mêmes « copains » ont fait dire à Yao Paul Ndré une chose et son contraire pour que finalement, ne sachant pas ou se trouve la vérité, nous soyons livrés à la force sauvage.
A l’occasion je me suis souvenu de ce que m’a dit un ami au cours d’une conversation sérieuse. Il m’a dit de me méfier de tous les occidentaux. Il n’y a pas un seul qui nous prenne pour des être humains. Excessif ? Je n’en sais rien. Mais ce qui est certain c’est qu’avec eux nous n’étions pas déjà assez murs pour la démocratie. Avec ces élections à l’UMP, nous apprenons aussi que le recomptage des voix, l’unité nationale, une décision insusceptible de recours d’un conseil constitutionnel … sont des luxes pour les « sauvages » du continent noir.

Joseph Marat

Les intellectuels de Ouattara ont du mal à le rester



C’est un ami pour qui j’ai un énorme respect. Je l’ai connu à l’université d’Abidjan. Fuyant le régime de Paul Biya, il a transité par la Côte d’Ivoire avant de se rendre en France où il vit avec une Ivoirienne. Mon ami Franklin Nyamsi a donc une triple nationalité. Il est, dans l’ordre, Camerounais, Ivoirien et Français. En France où il vit, il est Agrégé de philosophie et enseigne aux descendants de Descartes "le penser". Je suis fier et je me réjouis pour les enseignés parce que j’ai été moi-même enseigné par l’homme qui a une maitrise incontestable de la matière philosophique. Après l’avoir perdu de vue une dizaine d’années durant, j’ai retrouvé mon ami sur la toile, ensuite physiquement, lors d’un colloque international à Abidjan sur la renaissance africaine après le bombardement par la puissance prédatrice de ce qui nous restait encore d’institutions républicaines. J’ai été un peu surpris que nous n’ayons pas la même vision sur la crise Ivoirienne. Après quelques échanges il me dit ceci : « ça sert à rien, tu n’y arriveras et moi je sais que je n’y arriverai pas. Tu es Gbagboiste et moi Dramaniste. Aucune de nos discussions n’y changera rien ! » Et une fois encore il n’avait pas tort. Pourquoi, moi qui a les yeux bandés quand il s’agit de Gbagbo, j’insisterai pour que les autres les ouvrent quand il s’agit de leur mentor. Mais paradoxalement c’est de là que vient la grande déception. Les pamphlets de mon ami sur Laurent Gbagbo manquent de rigueur et ses contradictions où ses omissions volontaires quand il parle de la crise Ivoirienne me laissent toujours pantois. J’aurais voulu avoir en face un Dramaniste qui me secoue dans mes convictions tellement la rigueur des raisonnements en impose. Comme l’Albatros sur ce fameux quai baudelairien, la démarche du ″roi de la pensée″ est boiteuse quand il essaie de parler des crises ivoiriennes. J’ai toujours l’impression que le "philosophe" est en mission commandée. L’homme est méconnaissable parce qu’il refuse apparemment dans ses écrits de prendre la distance critique que nous savons tous cardinale en philosophie. J’avais décidé de me faire à l’idée que notre amitié pouvait bien se passer des discussions sur les contorsions de la politique Ivoirienne. C’est d’ailleurs ce qui me guide en écrivant ces lignes. Comme Charles Baudelaire, je veux rire un peu de la démarche de mon ami.
Dans un texte que Frat-Mat a publié le lundi 12 novembre dernier, Franklin Nyamsi s’en prend à Amnesty International. Le jeu de mot sur l’amnésie de l’Amnesty International (AI) est quelque peu gauche. De quoi AI devrait-il se souvenir ? Faut-il rappeler à mon ami qu’AI n’est pas une organisation qui fait de l’histoire pour s’attacher à un devoir de mémoire. Il dénonce les violations des droits de l’homme là les régimes les pratiquent comme moyens de gestion du pouvoir. C’est d’ailleurs au nom de ce principe que Franklin Nyamsi est devenu un fanatique de l’ex-rebelle Soro Guillaume. Lui est-il déjà arrivé de trouver des circonstances atténuantes au régime de Gbagbo parce que ce dernier l’attaquait ?
Alassane Ouattara a été présenté par des "demi-intellectuels" lors d’un colloque international à Abidjan comme le messie qui devrait nous apporter la renaissance africaine le jour même où il déportait Laurent Gbagbo à la Haye pour crime contre l’humanité. Il y est encore. Ouattara n’a donc pas le droit de se faire épingler par une organisation des droits de l’homme même si c’est pour plaisanter. Et ceux qui veulent le défendre doivent avoir l’intelligence de penser qu’il n’y a aucune raison qui puisse justifier la violation d’un seul droit d’un seul être humain.

Joseph Marat

Le langage de l’Eternel


On a beau être cartésien, la logique a beau être notre seule façon de comprendre les phénomènes, il est difficile de ne pas apprécier la maestria de l’Eternel qui fait chaque chose en son temps pour confondre ceux qui méritent de l’être. Ceux qui ne croient pas en Dieu mais qui croient tout de même en l’ordre naturel des choses parlent de Karma. Quelqu’un a dit : l’autre nom de Dieu c’est le temps, j’ajoute que le langage de Dieu est expérimental. Généralement la foi en lui est plus grande quand il a décidé de te faire vivre l’expérience de sa rencontre. Et les hommes, ceux qui ont encore de la jugeote, comprennent mieux les événements de l’histoire lorsqu’ils sont confrontés eux-mêmes à le vivre.
Les Français et plus précisément les militants de l’UMP, les ex-partisans de Nicolas Sarkozy vont-ils enfin comprendre ce qui s’est vraiment passé en Côte d’Ivoire ? Rien n’est sûr ! ils ont déjà oublié ce petit pays Africain où il ont bien voulu déverser leur déchéance. Personne, parmi les pro-gbagbo ne boudera son plaisir. Nous boirons notre petit lait jusqu’à la li parce que Dieu mène notre combat. Admirez la précision du géomètre : l’UMP de Nicolas Sarkozy dans un imbroglio électoral ! qui l’eut cru ! tenez vous bien, la COCOE, la commission électorale du parti de Nicolas Sarkozy a recompté et rerecompter les voies de Copé et Fillon. Dans ce parti dont le régime au pouvoir en France a préféré le bombardement comme solution pour liquider un contentieux électoral le recomptage des voix est devenu tacite. On n’a pas hésité. On s’est mis à recompter comme des automates. Comme quoi, le président Ivoirien avait raison. Il avait du génie. Son idée était politiquement la plus intelligente, la plus correcte. On s’en est rendu compte subitement à l’UMP sans demander conseil à Nicolas Sarkozy ou même à son ami Alassane Ouattara qui ont une certaine expertise en la matière. Les deux ont trouvé une solution à pareil imbroglio en Côte d’Ivoire. Le premier est même devenu maitre de conférence et promène même sa tronche à travers le monde pour vendre sa potion magique. Quant au dernier, il se fait appeler dans le pays qu’il dirige, « Docteur solution ». Alors quand on a autant d’experts dans ses rangs, qu’est-ce qui peut bien expliquer qu’on n’assiste pas à une bagarre de rangée entre les militants de l’UMP pour savoir qui réellement a gagné l’élection du président de parti. A son temps le recomptage des voix avait été jugé injuste et la force sauvage avait été soutenue comme solution de règlement d’un conflit électoral.
Je me suis donc amusé un peu à chercher dans les pages du web, où le débat bat son plein, pour voir si les militants de l’UMP avait compris le langage de la transcendance et s’il leur arrivait de citer le cas de la Côte d’Ivoire, citant le maître politique du recomptage des voix en pareil circonstance. Je n’ai rien trouvé. Si plus tard dans la nuit, un ami m’a appelé pour me dire que sur une chaine française d’information on comparait Copé à Gbagbo pour se moquer. J’en déduis que le racisme a tellement la peau dure qu’il leur bouche tous les orifices. De tout cela, je me suis tout de même réjouis parce que j’ai compris que dans les brousses où nous sommes entrés, dans les prisons où nous croupissons, c’est nous qui portons le flambeau de la nouvelle civilisation.

Joseph Marat

lundi, 12 novembre 2012

Blondy, demi-vérité égale mensonge !


Il faut le dire honnêtement, si Blé Goudé, Gadji, Aicha Koné, et même l’ex-chef rebelle Issiaka Ouattara sous la férule de Laurent Gbagbo et de l’ex-patron de la rébellion ivoirienne Soro Guillaume n’ont pas réussi à réconcilier les ivoiriens par toutes les caravanes et flammes de la paix qu’ils ont organisé à travers le pays, dans des circonstances où les prisons ivoiriennes ne grouillaient pas de politiques torturés, pourquoi c’est la connivence des vainqueurs qui réussiraient à rallier à leur cause les vaincus. Si nous avons échoué dans une situation où il n’y avait ni vainqueur ni vaincu, pourquoi pousse-t-on la naïveté à croire que c’est après avoir soumis l’autre de force qu’on se convainc soi-même à pouvoir vivre en paix avec lui. Tout ce qu’on obtient après avoir imposé la guerre à un peuple, ce n’est pas la paix, c’est plutôt l’état de nature selon Thomas Hobbes dans lequel l’homme est un loup pour l’homme. Aussi ai-je toujours pensé qu’une caravane pour la paix dans la situation politique actuelle de la Côte d’Ivoire ne peut être que l’organisation d’une grande comédie humaine. Elle peut avoir réuni du monde autour des décibels des stars mondialement connu comme Alpha Blondy, Tiken Jah, Meway, mais était-ce vraiment des moments de communion fraternelle ? Ceux qui avaient intérêt à se déplacer sont aussi nombreux que ceux qui, comme moi, y ont vu un autre moyen de gaspiller les maigres ressources des contribuables ivoiriens. Le succès de tels événements, pour peu qu’on y pense, ne se mesure pas à l’aune de son audience parce que ce n’est pas un sondage.
La Méga star Alpha Blondy a pourtant essayé de nous distraire de notre indifférence. Ses déclarations équivoques au cours de cette caravane qui est au fond la célébration d’une victoire ponctuelle des forces rétrogrades sur les forces du progrès, pourraient laisser penser que la lucidité se serait emparée de lui pour réclamer, avec sincérité, la libération des prisonniers politiques, gage d’une véritable réconciliation. « Je demande une fois encore à mon grand frère Ouattara de donner un signal politique fort pour la réconciliation nationale. Pour cela, je vais réitérer ma demande de libérer les pro-Gbagbo qui n’ont pas commis de crime de sang » a assené Jagger lors de la dernière étape de la caravane le 3 novembre dernier à Treichville. Dans la lettre le célèbre musicien reggae a tout juste parce que la charte du nord est une affaire de famille et son rôle a été remarquable. Mais dans l’esprit, ne soyons pas dupe. Alpha sait très bien que selon l’idéologie du régime qu’il célèbre, il n’y a pas de pro-Gbagbo qui n’ait pas commis de crime de sang. Même Koné Katinan, le frère perdu, dont la Côte d’Ivoire a découvert les grandes compétences et l’humanisme dans la crise des banques, a eu le temps de se rendre dans un ghetto de Port-Bouët pour assassiner un vieillard de 83 ans. Alpha, les pro-Gbagbo sont tous en prison parce qu’une rébellion sauvage est venue les attaquer et plus de 3000 personnes sont mortes. Et si dans le même esprit, Koné Seydou voulait, comme son frère Ouattara, la justice absolue, qui devrait continuer d’être écroué pour crime de sang, pour la mort de Marcellin Yacé, Boga Doudou, Dali Oble, Dagrou Lula, Désiré Tagro… et les centaines de gendarmes assassinés dans cette crise ? Blondy, demi-vérité égale mensonge !

Joseph Marat

Soro Guillaume, Alassane Ouattara et Amade Oueremi


Après « Pourquoi je suis devenu rebelle » de Guillaume Soro, je suis tombé le mardi 30 octobre passé sur « pourquoi j’ai pris les armes » de Amadé Ouedraogo Rémi, le chef de guerre burkinabé qui hante les forêts classées du mont Peko dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire. C’était dans les colonnes du journal pro-gouvernemental Frat-Mat. Dans un premier reflexe, je me suis demandé pourquoi le journal que financent les contribuables ivoiriens se met-il à faire la communication ou à polir l’image d’un malfrat burkinabé qui dit défendre son droit sur une partie du territoire ivoirien qu’il a annexée. Passé l’effet de cette répulsion qui sonne toujours en tout homme raisonnable comme la cloche du bon sens, je me suis mis à lire attentivement le dossier consacré par Venance Konan à la terreur de l’ouest ivoirien.
Amadé Ouedraogo Rémi dit être venu de son Burkina natal rien qu’avec une machette pour débroussailler. A force de « subterfuges » selon ses propres termes, il s’est retrouvé à la tête d’une importante possession foncière. A la faveur de la rébellion de 2002, Amade Oueremi s’est retrouvé à la tête d’un collectif de « propriétaires terriens » comme lui, pour défendre leur possession. Il ne dit pas qu’ils ont été menacés d’être déposséder de leur « biens » par des hommes armés, mais que lui et ses compatriotes ont pris les armes pour défendre ce qui s’apparente désormais à leur territoire. Nuance fondamentale, parce que dans un Etat moderne je ne pense pas que les armes soient des titres fonciers. La terre appartient à l’Etat de Côte d’Ivoire, pour s’en approprier une parcelle, il existe toute une procédure qui vous donne accès à un titre foncier. Dans le dossier que fait Frat-Mat sur l’homme, il ne brandit aucun titre foncier. Au contraire il montre sa carte de nationalité burkinabé et son arsenal de guerre qui lui permet de continuer de chasser, de leur terre, les Ivoiriens.
La leçon de l’histoire est simple. La situation à l’Ouest est à l’image de toute la Côte d’Ivoire jusqu’au sommet de l’Etat. Pour défendre son droit, on n’a cure du droit. On prend les armes. Guillaume Soro, après avoir dirigé l’une des plus importantes organisations syndicales estudiantines du pays, s’est dit, un matin, exclus de la communauté des Ivoiriens. Il a donc pris les armes pour s’intégrer. Quant à Alassane Ouattara, après toutes les convulsions liées à son intégration, a ameuté toutes les armées du monde pour bombarder les institutions de la république de Côte d’Ivoire parce qu’il a pensé qu’on lui dérobait sa « victoire électorale ». Voilà les modèles politiques de la nouvelle Côte d’Ivoire.
Amade Oueremi peut plastronner sur le journal pro-gouvernemental pour se justifier. Le gouvernement ivoirien peut le caresser dans le sens du poil même quand il est une terreur pour les Ivoiriens. Il peut se croire lui-même dans son ″droit″ : celui d’avoir recours aux armes pour défendre le non-droit. En Côte d’Ivoire nous sommes désormais dans le meilleur des mondes possibles.

Joseph Marat

La tournée des « brouteurs » sanguinaires


« Nous avons trouvé nulle part des personnes torturées … Personnes ne nous a allégué avoir été torturé. Nous n’avons trouvé nulle part des personnes dans un état piteux qui soit le résultat des maltraitances ou des tortures qu’elles y auraient subies ». Le journaliste plus loin ajoute « à la brigade de gendarmerie, les ministres n’ont vu que des personnes de droit commun dans des conditions au-dessus des normes. »( cf : Frat-Mat du lundi 05 novembre) Voilà en substance la réponse du gouvernement ivoirien face aux accusations de torture et de maltraitance des prisonniers et autres détenus politiques qui croupissent dans leurs différents goulags à travers le pays. Il faut bien se défendre surtout quand on s’est toujours prévalu d’être porté par les valeurs de droit de l’homme dans un régime démocratique. La parade des sieurs Gnénéma Coulibaly ministre des droits de l’homme et des libertés publiques et Paul Koffi, ministre délégué chargé des droit de la défense a été de se promener dans les prisons et les liens de détentions abusives pour vérifier toutes les dénonciations de torture dont le régime de Ouattara est sujet depuis quelques temps. En clair, pour le gouvernement ivoirien, toutes les organisations internationales des droits humains et toutes les victimes des tortures sont dans la délation. Au contraire les détenus sont mêmes mieux traités que le premier des citoyens ivoiriens. Rares sont dans nos républiques bananières d’Afrique, les régimes qui auraient agi autrement. L’exception qui confirme la règle est le Président Laurent Gbagbo qui au lieu de donner dans le folklore ridicule des dénégations, portait plainte et gagnait toujours ses procès en diffamation devant les tribunaux qui ne relevaient de sa juridiction. Nous ne pouvons pas attendre cela de Ouatara Alassane parce que les hommes ne sont pas les mêmes. Mais les Ivoiriens peuvent-ils attendre au moins que ce dernier ne les prenne pas pour des nez percés ? Où a-t-on vu un régime criminel avouer, tout de go, ses crimes. Même si dans les rangs de ce régime, il ya quelqu’un qui est fier de conduire au cimetière tous les opposants, on voit mal le régime de Ouattara avouer ne pas caresser les récalcitrants avant de les mettre en terre.
Là n’est donc pas le problème. Tout le gouvernement de Ouattara pourra faire le tour de toutes les prisons, passer la serpillère et nourrir les prisonniers au camembert, ce n’est pas ce qui changera la nature et l’image du régime. Il y un canard de la place qui accuse frontalement les tortionnaires d’avoir tué deux de leurs victimes. Ce ne sont pas les promenades des ministres repus qui les ramèneront en vie.
Gnénéma Coulibaly et consorts… devraient plutôt s’asseoir pour réfléchir à la façon dont ils ont perdu tout le crédit de confiance que la communauté internationale avait placé en eux au point de renier ses propres principes pour bombarder une République. Les dénonciations tout azimut des soutiens d’hier sont le ras-le-bol d’une communauté internationale qui s’est fait avoir par des arnaqueurs politiques sanguinaires. Elle n’a que ses yeux pour pleurer et le gouvernement ivoirien n’a apparemment rien pour les consoler parce que le chien change rarement sa manière de s’asseoir.

Joseph Marat

jeudi, 08 novembre 2012

Le « général » des rebelles et dozos



Dans l’une de mes ballades sur la toile, je suis tombé sur une brève du journal Le Patriote. C’était vraiment une brève parce que l’article a simplement consisté à transcrire les propos du chef d’Etat-major des armées, le Général Soumaîla Bakayoko. Ce dernier, face aux attaques successives des différentes localités du pays, a initié une tournée dans les casernes pour, selon l’auteur de la brève sensibiliser. Le journaliste, par contre, n’a retenu que la menace à l’endroit des corps habillés. A l’étape d’Akouedo, Soumaïla Bakayoko, le rebelle devenu chef d’Etat-major dit précisément ceci : « Ceux qui nous attaquent, nous trouverons toujours sur leur chemin. Je ne ferai pas de cadeau aux soldats parmi nous qui s’adonnent à ces activités et jouent à un double jeu »

Dans ce qui est censé être une mise en garde, j’ai noté deux incongruités et on a forcément le froid dans le dos lorsqu’on arrive à cette idée qu’en Côte d’Ivoire aujourd’hui il n’existe plus de dirigeants qui prennent du recul face aux problèmes pour produire des attitudes ou tenir des discours sensés. Monsieur le « Général » ceux qui vous attaquent ne cherchent pas à vous éviter sur leur chemin. C’est vous qu’ils attaquent. Vous ne pouvez donc pas être ailleurs que sur leur chemin. On en déduirait qu’il n’a rien dit et pourtant… et c’est cela qui fait peur au simple citoyen qui rêve de sécurité. Le « Général » Soumaïla Bakayoko avoue être dans une posture attentiste face aux assaillants. Il ne faudra pas compter sur ce « Général mille torches » pour prévenir les attaques et sécuriser le pays. Il attend sur leur chemin ceux qui viennent perturber la quiétude des Ivoiriens. Ce n’est donc pas demain la veille de la fin des attaques parce qu’apparemment on ne prend aucune disposition pour y mettre fin. Au contraire on menace et on se prépare à y faire face sachant qu’ils sont des milliers de soldats maintenus hors du territoire national.

Le « Général » Soumaïla Bakayoko se croient investi du devoir de ″réagir″ au lieu ″d’agir″ face au péril de notre système de défense. Je me souviens que ces mêmes avaient reproché au Président Gbagbo de n’avoir pas négocié avec la centaine de soldats qui avaient fuit le régime de Robert Guei. Aujourd’hui ils ne font pas mieux face aux milliers de soldats qui veulent rentrer chez eux. Pis le « Général » Soumaïla Bakayoko menace ceux qui sont restés et qui n’ont pas pu fuir la furia des Frci dans leur croisade sur Abidjan. Il ne leur fera pas de cadeau s’ils jouent à un double jeu. Allez savoir comment il fera pour détecter les traitres sans user de la grille inventée par Venance Konan : BAD.

Devant de tels propos ou attitude il me vient automatiquement que ce « Général » qui appartenait à l’équipe des maçons militaires du président Gbagbo a peut-être du génie pour diriger une armée de rebelles et de chasseurs dozos, mais pour la stratégie et le génie militaire pour une armée nationale, on est loin du compte. Et on ne sort par de l’auberge à se faire gouverner par des roturiers de tout genre.

Joseph Marat