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jeudi, 30 janvier 2014

A la cuisine comme à la politique (2)

Après mon avis sur l’affaire « L’Eléphant Déchainé » contre l’UNJCI et Kaba Nialé, je disais précisément ceci : « Au Burkina Faso, c’est Blaise Comparé qui fait son marché. Je tiens cette image d’un ami quand j’ai fini de lui confier mes doutes quant à la supposée révolution qui se prépare dans ce pays. Nous donnons tous l’impression que Blaise Compaoré est menacé et pourtant … »
En effet, il nous faudra faire attention aux apparences qui nous emballent un peu trop facilement et faussent nos analyses politiques. Dans les contingences actuelles, il est difficile à un homme politique sérieux, surtout Blaise Compaoré, de vouloir tripatouiller la Constitution de son pays sans soulever l’ire de son peuple et même celui de ses soutiens internationaux. Et comme c’est un homme politique qui a au minimum 3 décennies de pratique derrière lui, le moins qu’on puisse lui reconnaitre c’est l’expérience des vieux renards qui savent scénariser leur sortie. Tout le mouvement politique que nous observons au Burkina Faso m’a bien l’air d’une mise en scène, d’un scenario hollywoodien orchestré par le beau Blaise pour continuer à garder la main sans être au pouvoir. Je peux me tromper, mais c’est bien la première fois, dans la cosmogonie politique africaine, que les caciques d’un parti politique, qui doivent porter la voie du mentor, quittent le bateau justement au moment où celui a besoin de leur soutien. S’est-on une seule fois demandé s’ils étaient en mission dans leur ruée vers l’opposition. La combine est simple. Les hommes sûrs de Compaoré investissent l’opposition et comme ce sont eux qui ont les moyens matériels et financiers accumulés trente ans durant, ils le phagocytent. Sans toucher à la fameuse Constitution, les burkinabés, sans s’en rendre compte, vont se donner comme président un poulain de Blaise Compaoré qui lui aménagera une sortie honorable et pourquoi pas un retour après un repos bien mérité de cinq bonnes années ?
Un ami me demandait ce matin si ce qui se passe au Madagascar ne me rappelait pas Poutine et Medvedev. Je lui ai répondu que c’est en cela que le jeu de la politique est passionnant. Tant qu’il est le lieu de la confrontation des intelligences dans le strict respect des textes fondamentaux, et non celui des armes qui remettent en cause notre simple fait d’exister, cela devrait nous arracher des « standing ovation ». C’est quand elle est faite par des roturiers qui n’ont jamais lu une seule ligne de la Constitution du pays qu’ils prétendent diriger, qu’elle devient terrorisante. Suivez mon regard….
A mon humble avis donc, ce qui se passe au Burkina ressemble bien plus à une orchestration politique du seul marionnettiste de la place qu’à une véritable contestation de voir Blaise Compaoré rempiler en changeant la constitution. Ce dernier est en train de faire son marché pour farcir demain le peuple, l’éternel dindon de la farce.

Joseph Marat

L’anti colonialisme dogmatique à l’épreuve de la crise burkinabé

Alassane Ouattara a envoyé la semaine dernière une délégation composée de Soro Guillaume, Ahmed Bakayoko et Ouattara Brahima le gérant des butins de guerre postélectorale ivoirienne au Burkina Faso pour sauver le soldat Blaise pris dans la nasse de ses propres turpitudes. Après 28 ans au pouvoir l’idée lui serait venue de changer encore la constitution de son pays pour rempiler cette fois ad aeternam. Une mission de bon office qui achève de nous montrer que Blaise Comparé est le père du régime en Côte d’Ivoire. Sa difficulté ne peut être que ressentie comme une menace pour les satrapes ivoiriens. C’est par instinct de survie qu’ils s’y rendent, ce qui dans le fond ne manque pas d’être une démarche légitime. Seulement les missionnaires de Ouattara s’y sont très mal pris. Ils auraient pu conseiller à Blaise Compaoré de se trouver un successeur qui continuerait son œuvre pour que, selon la Constitution de son pays, il aille jouir d’une retraite dorée. De vous à moi, il faut être sage et démocrate dans l’âme pour envisager de telle issue dans une crise politique. Mais que voulez-vous ? Que peut-on attendre de Ouattara et de ses poulains qui ont une toute autre vision de la direction des hommes, la profondeur de la crise au Burkina Faso aurait voulu qu’on prenne du recule pour donner une position avisée. La crise est profonde parce que pour l’heure ce sont les partisans, les soutiens politiques du beau Blaise lui-même qui quittent le bateau. Les véritables opposants dont la position est connue observent encore de loin le remue ménage dans le camp de ceux qui hésitent à tripatouiller la loi fondamentale sous prétexte qu’il n’y a qu’eux qui possèdent le cerveau nécessaire pour diriger leur peuple. C’est insultant et maladroit. C’est pourtant cette trompette que Soro Guillaume est ses acolytes ont embouché pour aller régler une crise qui, en fait, n’en est pas une au Burkina Faso parce qu’interne au parti au pouvoir. Et depuis, on voit voler des boit vers sur la toile pour rappeler à Soro Guillaume toute la contradiction de sa démarche. Lui qui a mené la fronde d’une rébellion sanguinaire contre le régime de Laurent Gbagbo sous le prétexte, à lui, d’être exclus du jeu politique de son pays, va-t-il cautionné l’exclusion de toute une génération de Burkinabé à prétendre diriger un jour, eux-aussi, leur pays ? Lui qui a lancé la croisade des FRCI, contre l’élection de Laurent Gbagbo sous son prétexte à lui qu’il voulait s’accrocher au pouvoir, va-t-il insulter le peuple burkinabé en leur recommandant de laisser Blaise Compaoré s’accrocher au fauteuil présidentiel ? Ce que j’ai compris de toutes les réactions de burkinabé dans les medias est simple, ils sont déçus de celui qu’ils avaient pris pour un Che Guevara. Ils découvrent un patin mû par les seuls intérêts de son nombril. Pour ma part je me demande si le Soro que nous avons connu sous la politique d’Houphouët Boigny et d’Henri Konan Bédié et même de Laurent Gbagbo aurait-il eu une telle démarche de crabe ? Nous sommes là devant la limite d’une doctrine de son mercenaire de conseiller Franklin Nyamsi. Prêt à défendre toutes les incongruités sous le concept creux et vaseux d’un anti colonialisme dogmatique. Pourvu qu’il passe à la caisse chaque fin de mois.

Joseph Marat

dimanche, 19 janvier 2014

Avec quelle constitution ?

Le gouvernement de Ouattara est-il capable d’autre chose que de faire de la communication ou de la manipulation. On s’attend à ce que ceux qui n’ont négligé aucun moyen immoral pour prendre la tête de ce pays se mettent au minimum à faire de la politique et qu’il limite un peu les effets d’annonce, pour s’occuper un tant soit peu de ce qui préoccupent les ivoiriens. Je suis toujours surpris de cette vague de frisson pour la réconciliation qui s’empare du pays ou plus précisément de la machine à communiquer de Ouattara dès qu’une délégation du FPI se montre sur le perron de l’un des ministère du régime actuel. Beaucoup croient avancer vers la restauration de notre Etat, alors qu’en réalité on fait du sur place ou on s’enfonce. Chaque fois que dans une démarche républicaine le FPI, leur montre la voie, Ouattara fait croire à ses alliés de la communauté internationale qu’il est en train de choyer son opposition. Qu’il est moins dictateur. On oublie que si ce parti de Laurent Gbagbo est constamment sur la brèche, c’est parce que les choses s’empirent pour les Ivoiriens. On oublie un peu trop facilement que Ouattara avait promis le paradis aux Ivoiriens dès qu’il aurait écarté Gbagbo du jeu politique ivoirien. Qu’il soit, deux après, en train d’exploiter chaque signe de conciliation, est pour nous le signe que ce monsieur n’a pas dit la vérité aux Ivoiriens. Mais, là n’est pas le problème pour quelqu’un qui n’a jamais caché qu’il est un « mentor ». Les problèmes des Ivoiriens sont de deux ordres. Je dirai d’ordre matériel et d’ordre moral. Avons-nous vraiment l’impression que Ouattara avance sur ces deux terrains avec ses déclarations. Au plan matériel il a déjà lui-même avoué qu’il a échoué. La seule promesse de lui qui puisse soulager les ivoiriens est qu’il le reconnaisse et en tire toutes les conséquences. Chercher à être le candidat unique du RHDP est loin d’être une bonne nouvelle pour les Ivoiriens qui ne sont pas des masochistes. Sur le plan moral, la principale question que nous nous posons tous actuellement est la suivante : sur la base de quelle loi fondamentale allons-nous vers les élections de 2015 ? Une petite réponse de Ouattara pourrait quelque peu soulager les ivoiriens qui à défaut d’avoir eu le pain promis, se contenteraient de l’espoir de changer la donne en 2015.
On reste dans le folklore tant qu’on se contentera de croire que celui qui ne peut le moins, peut le plus. Exemple, de qui se moque-t-on lorsqu’on pense que Ouattara va faire entrer les exilés politiques pour décrisper la situation politique ? Ses goulags sont pleins, les maisons des exilés sont encore occupées par des malfrats, et les comptent continuent d’être illégalement gelés s’ils ne sont pas vidés entre temps.

Joseph Marat

Etats généraux de la République : non par idéologie

Une délégation du FPI s’est rendue à la rue Lepic, rencontrer ceux que le RDR compte de personnalités importantes du parti au pouvoir, sauf Ouattara. Et depuis lors, ce dernier, comme s’il attendait énormément de cette rencontre ne fait que mousser l’idée que les pro-Gbagbo qu’il continue de maltraiter dans ses goulags et de maintenir en exil avec même de velléité d’assassinat dénoncé par l’Onu, est dans tous ses états. Effet Mandela oblige peut-être, ses pires ennemis dont il a annoncé avec son ami Yongi Choi la disparition de la scène politique ivoirienne sont devenus aujourd’hui ses frères. Il annonce même qu’ils vont bientôt le rejoindre dans son gouvernement. La couleur du fil dont est cousue la grande manipulation de l’opinion est que les concernés ne sont au courant. Ils ne sont pas allés négocier leur entrer au gouvernement. Mus par une grande conscience de la survie de leur pays, ils sont allés expliquer à ceux qui sont trop occupés à « bouffer », les biens fondés des états généraux de la République. Avec un peu de profondeur, on devrait arriver à la conclusion que ce n’est pas l’entre du FPI dans le gouvernement de Ouattara qui sauvera ce pays. Cela s’est déjà vu. Ils étaient tous dans le gouvernement de Laurent Gbagbo en 2001 quand en 2002 ils ont fomenté un coup d’Etat qui s’est mué en une rébellion interminable. L’invitation de Ouattara à Affi de rentrer dans son gouvernement n’est donc pas une proposition pertinente. Mais les Ivoiriens qui le connaissent savent bien que, toujours égal à lui-même, son intention n’est nullement de régler les problèmes de ce pays. Il est constamment en train de s’adresser à la communauté internationale, son véritable « électorat » pour leur montrer ce que nous considérons ici comme une mauvaise foi notoire. Un frère d’en face, très heureux de la proposition de son mentor, m’a lancé ceci au détour d’une conversation: « entrer au gouvernement pour manger aussi parce qu’on a l’impression que ca ne va plus là …» je lui ai répondu qu’ils ont tous tort de vouloir résoudre les problèmes d’une République en terme de satisfaction des besoins du ventre. Le peuple a besoin de se nourrir et cela doit être le premier souci d’un véritable comme politique. Seulement, lorsque cette noble idée est souillée par des considérations mesquines du genre « je suis exclu parce que je suis de telle région, ou lorsqu’on rédige une charte régionaliste pour conquérir le pouvoir, et une fois qu’on l’a acquis, le rattrapage ethnique devient un programme de gouvernement, on ne sort pas du cycle de la pagaille politique. Parce qu’en réalité personne n’a le monopole de la gouvernance clanique. Une république se construit sur des textes justes pour tout le monde. C’est pour quoi Affi N’Guessan invite Ouattara à des états généraux de la République pour qu’on puisse s’entendre sur les conditions minimales de notre vivre ensemble. C’est la seule façon de mettre fin en Côte d’Ivoire au cycle de la violence. Et c’est par générosité que le FPI tend cette perche à Ouattara qui devrait la saisir s’il veut rentrer dans l’histoire de la Côte d’Ivoire.

Joseph Marat

Et si Mandela avait déjà montré le chemin ?

Je me souviens de ce texte écrit à plusieurs mains mis sur mon blog le 27 septembre 2013. Le titre était « faut-il toucher au fétiche ? » Avec la contribution des internautes comme Joël Curtis, Arsène Dogba, Ayaké Germain Kokou, j’avais remué le sujet de la possibilité de remplacer la cause de Gbagbo pour poursuivre le combat avec celui qui est désormais sur le terrain c'est-à-dire Affi N’Guessan. Même en terminant mon texte avec cette idée : « Ceci n’est pas un reniement encore moins un froid sur la détermination à conquérir notre dignité d’être humain à travers le retour de Gbagbo au pouvoir. » cela n’enlevait rien au fond du débat. Pour moi, il ne fallait pas cristalliser la résistance dans un culte à la personne de Gbagbo pour ne pas tomber dans les travers politiques des « adorateurs » et des « suiveurs ».
J’ai lu récemment un très bon texte de Koné Katina à l’occasion des funérailles de Mandela où il faisait une sorte de comparaison entre le destin de celui-ci et celui de Laurent Gbagbo. Koné Katina pense contrairement à ce que j’ai pu penser que la libération de Gbagbo n’est pas négociable, comme ne l’a jamais été celle de Mandela jusqu’à ce qu’elle vienne mettre fin à l’apartheid. Il profitait pour donner son avis sur l’entrée ou non du FPI dans le gouvernement de Ouattara. Pour lui la velléité de remplacer Mandela pour poursuivre la lutte a existé au sein de l’ANC, mais l’intelligence a voulu que sa liberté sans condition soit le symbole et la marque de la fin de l’apartheid. C’est cet exploit que le monde entier salut aujourd’hui en la personne de Mandela, oubliant, ce qui n’est pas grave, la dextérité politique des animateurs de l’ANC.
J’avoue que dans une sorte de conversion intellectuelle, je me suis posé la question comme beaucoup de mes lecteurs actuellement. Vais-je me renier ? Un ami au sens de jugement pointu a qui j’ai demandé de relire le texte du Ministre Katinan, a plutôt trouvé qu’une démarche intellectuelle qui intègre les données historiques objectives pour s’affiner ne se renie pas. Au contraire elle affiche sa démarche dialectique et critique.
J’ai pensé à un moment donné qu’on pouvait faire de la libération du Président Laurent Gbagbo, une préoccupation secondaire, arracher le pouvoir à Ouattara et le libérer nous-mêmes. Je crois finalement que c’est ce qu’il faut qu’on évite de faire si nous voulons éviter le piège des marionnettistes qui se sont tous retrouvés en Afrique du Sud pour saluer la détermination et la grandeur de celui qu’ils avaient d’abord qualifié de terroriste, poseur de bombes. En Côte d’Ivoire, l’histoire nous enseigne qu’à libération du « criminel contre l’humanité » enfermé injustement à la Haye, nous devons notre salut. Devant cette préoccupation et ce combat pour la liberté de Gbagbo, ce sont les autres questions qui deviennent secondaires. Ce n’est même pas un préalable. Si je me souviens encore des derniers passages de « Un long chemin vers la liberté » de Mandela, quelques temps avant qu’il ne franchisse officiellement les portes de Robben Island, c’est lui qui a posé les préalables de la liberté des Sud Africains.

Joseph Marat

Le pays de Ouattara est dangereux

L’information n’est pas passée inaperçue. Le 28 décembre dernier, sous la plume de Coulibaly Zie Oumar de Notre Voie, on pouvait lire ceci « Alerte, Ouattara récolte ce qu’il a semé: Côte d’ivoire classée troisième pays le plus dangereux au monde! » Il tient l’information de RFI, cette radio mondiale qui fait référence dans le camp d’en face et d’une institution internationale, l’Institut pour l’Economie et la Paix (IEP). Cet institut aurait eu pour critères d’évaluation le taux d’homicide, le niveau de militarisation, la population carcérale d’un pays donné. Malgré toutes les raisons de s’alarmer devant cette vérité de l’analyse de ceux qu’ils ne soupçonneraient jamais de partialité pour la cause de leurs ennemis politiques, je suis sûr qu’il se sont déjà trouvé des journalistes pour dire que la Côte d’Ivoire a gagné deux places sur cette liste macabre avec la politique du sieur Ouattara . Et je vais peut-être vous surprendre en disant qu’ils n’ont certainement pas tort puisque nous avons connu pire. Nous devons avoir occupé la première place en 2011 quand nos Institutions publiques croulaient sous les bombes assassines des mercenaires de tous les pays de la sous région et des légionnaires de l’armée française. En revanche à qui nous avons du devoir cette première place ? Une question qui vaut son pesant d’or quand on sait qu’à cette époque le chef d’Etat en exercice, le président Laurent Gbagbo appelait au recomptage des voix pendant qu’Alassane Ouattara ameutait des troupes de tout acabit pour conquérir le pouvoir d’Etat. La sécurité ou l’insécurité des ivoiriens est donc fonction des humeurs de Ouattara. Il peut par voie de conséquence mieux faire que de gagner deux places après trois ans de gouvernance. Mais apparemment il ne veut et il ne peut pas. Il ne saurait gouverner ce pays sans cette terreur qui maintient le peuple ivoirien dans son lit. Ce ne sont pas les revendications d’ordre social ou corporatiste qui manquent dans ce pays, mais nous vivons tous une sorte de trêve sociale et politique parce que nous restons tous tétanisé par la peur entretenue par le régime de la terreur.

Le premier critère de l’IEP est le taux d’homicide dans les pays. En Côte d’ivoire ce sont les nantis de l’opposition qui meurent subitement de crise cardiaque, d’insuffisance rénale et même de diabète à cause des avoirs illégalement gelés. Imaginez le drame que vivent en cachette les démunis et les anonymes comme les témoins de la tragédie de Nahibly qui n’a pas, elle-même, échappée l’IEP. Le second critère parle du niveau de militarisation. Après une décennie de rébellion couronnée par une guerre postélectorale, la priorité d’un gouvernement qui veut la sécurité pour sa population aurait été le désarmement de tous les combattants. Il n’y a pas longtemps Ouattara leur a demandé de garder par devers eux leurs kalachnikovs. Une recommandation subtile de se faire payer sur le terrain. Le dernier critère relève de la population carcérale du pays. Il n’a pas échappé aux experts de l’IEP que la prison est un instrument de gouvernance du régime Ouattara. Plus ses opposants sont en prison, mieux il se porte et Dieu seul sait combien sont ceux qui se sentent incarcérés dans ce pays, même dans le confort de leur domicile.

Joseph Marat

jeudi, 16 janvier 2014

Entre bombardement et bavardage, un monarque nous est-il né ?

Je suis difficilement arrivé à bout de la chronique d’Oumou Dosso dans le Fraternité Matin du lundi 06 janvier 2014. Pris entre le dépit et la révolte j’en étais à me demander s’il fallait définitivement désespérer du pouvoir actuel et de son intelligentsia. Je peux avoir mal lu et donc mal compris l’idée de la compatriote Oumou, mais si ce n’est pas de l’ironie son « Et si on expérimentait la monarchie » est intellectuellement indigeste. Et, elle en est certainement là parce qu’elle écarte le discernement rationnel devant le texte de Thomas Hobbes. Je ne suis pas un spécialiste du philosophe anglais, mais le peu que j’ai appris de mes maîtres est qu’il part d’un postulat tout comme Jean Jacques Rousseau. Pour lui, l’homme étant essentiellement mauvais, il lui faut la crainte d’un Léviathan pour le contenir dans les liens de l’Etat. Pour Rousseau, l’homme est bon naturellement c’est la société qui le corrompt. Les deux, dans l’inversion de leur raisonnement, font le même constat de la nature advenue ou naturelle de l’homme. Ce sont les solutions qu’ils proposent qui divergent apparemment. Je dis apparemment parce qu’une exégèse poussée conclurait à la similarité des vues de Hobbes et Rousseau quant à la naissance des Etats modernes. De l’Etat de nature de Hobbes à la société corrompue de Rousseau, le Léviathan n’est rien d’autre que le symbole de la rationalité qui régit la société dans un Etat moderne. Le respect des Institutions d’une République fonctionnent exactement comme la crainte que devrait avoir un loup pour ne pas l’être pour l’autre. Le retour au solitaire des bois mystiques (dozos) ou à la jungle (rébellion sauvage) n’est donc pas nécessaire au point de proposer l’expérimentation d’une monarchie. Il suffit seulement de s’asseoir et de se mettre d’accord sur les lois qui doivent régir notre vivre ensemble. Ce n’est pas du bavardage. Au contraire c’est la voie du salut pour celui que les militants du Rdr veulent couronner comme monarque. Et là, la polysémie des mots qui en fait des symboles ou instruments de langage m’emmène à dire que le président de la République est un monarque oint par la volonté générale ou le suffrage universel. En clair, si Ouattara veut être le monarque des Ivoiriens qui sont désormais loin historiquement de l’Etat de nature et qui pensent désormais Etat moderne, il lui faut montrer pattes blanches par rapport aux principes élémentaires d’une « République monarchique ». La Constitution de 2000 dit qu’il est inéligible, qu’il ne peut être oint par les Ivoiriens pour être leur monarque. Les bombardements de 2011 des Institutions Républicaines ont fait de lui un monarque de fait. Oumou Dosso et le Rdr sont-ils en train de nous préparer à devenir des sujets craintifs de la monarchie de Ouattara ? On comprend aisément cette allergie que le régime actuel fait à la Constitution ivoirienne. Elle est un épouvantail pour celui qui veut inspirer la crainte. Sauf que si les Ivoiriens ont tourné la page des Etats de nature et fait le choix des bavardages qui préservent la vie des hommes, j’ai bien peurs que Ouattara et ses sous-fifres se soient trompés de peuple et d’époque.

Joseph Marat

Gouverner et communiquer

Dans une conversation a bâton rompu, avec un ami cette idée perspicace que la refondation a eu un sérieux handicap dans sa gestion du pouvoir. Elle l’a prise pour un accessoire du pouvoir alors qu’on leur rabâchait à longueur de journée qu’elle représentait le quatrième des pouvoir politique. J’ai approuvé cette observation pertinente et un retrait méditatif j’ai pondu cette réflexion sur cette question : « Quel doit être la place de la communication dans une organisation politique ? La question est souvent relayée au second plan parce qu’on ne mesure pas, à sa juste valeur, son impact sur l’action politique. En réalité peut-on faire de la politique sans communiquer ? Lieu par excellence d’échange entre le politique et ceux dont il veut conduire le destin, la politique ne devrait pas se faire sans communication parce qu’il faut convaincre et persuader les autres à vous confier leur destin. Comment y parvenir si l’on ne communique pas ou si l’on communique mal ? Il ya des combat en politique qu’on perd parce qu’on n’a pas suffisamment communiqué sur la justesse de sa position.
En côte d’Ivoire et peut-être dans le monde entier, on sait qui est Laurent Gbagbo, son combat pour la démocratie et même son ouverture d’esprit sur les questions qui touchent à la liberté individuelle de ses concitoyens. Par quoi pensons-nous que ses ennemis sont passés pour l’ériger en « dictateur sanguinaire » afin d’avoir la conscience tranquille en bombardant son palais. Aujourd’hui, ses ennemis nous emmène à penser, à travers le concept de la justice des vainqueurs que Laurent Gbagbo ne serait pas si saint que ça.
Un père de famille se fait braquer chez lui. On l’arrête, on le jette ne prison et on laisse les criminelles prospérer dans leur forfait. Devant l’indignation, on transforme le débat, non en manque de justice, mais en manque d’équilibre de justice. Une façon sinueuse de faire admettre, sans preuve, que la poche de moralité politique en Côte d’Ivoire est percée. Que le père de famille est aussi un vulgaire bandit. Que Laurent Gbagbo est le principal auteur, même en parlant de coaction, de la rébellion qui endeuille son peuple depuis une décennie. Et tout le monde est réduit à gober cela comme si la vérité n’était pas ailleurs.
L’opposition a déjà fait toutes ses concessions sous l’effet du discours ambiant sans jamais avoir sérieusement fait connaitre ses revendications. C’est cela la communication. Présenter le mensonge dans un écrin de vérité. Ce n‘est pas une fatalité, mais il se trouve qu’on communique mal autour de la vérité.
On dit de la presse qu’elle est le quatrième pouvoir. Celui qui veut aller loin en politique doit faire du pouvoir de la communication le premier pouvoir. Une idée politique dont on ne parle, quelle que soit sa beauté, n’en sera une. L’anecdote dans le milieu raconte même que si Jésus Christ revenait aujourd’hui et que la presse décidait de ne pas en faire écho, il ne sera pas venu. Il faut donc faire de l’outil de communication un atout essentiel dans toute démarche politique.
Et communiquer, ce n’est pas forcement être présent sur tous les supports de communication à tout moment. C’est un art de la guerre qui nécessite qu’on s’exprime, qu’on se fasse voir, qu’on pose un acte fondamental au moment opportun. La communication est un art de stratégie qui a ses règles. On décide de communiquer avant, pendant, et après tout acte politique quand on veut lui donner toutes les chances de succès. Un homme politique doit maitriser ou contrôler son système de communication. C’est un appareil politique qui doit accompagner le parcours du leader politique. Ce n’est pas un accessoire de condescendance avec les journalistes. C’est tout un organe dans l’organigramme d’une organisation politique à qui on doit demander des comptes quant à l’image du leader dans la presse et qui doit réfléchir constamment à l’améliorer auprès du public cible.
Le monde de la communication s’est aujourd’hui complexifié. C’est un domaine technologique qui évolue aussi vite que la science. Il ne suffit donc pas de créer un journal ou distribuer des per diem à des journalistes pour prétendre communiquer. C’est une affaire de spécialistes de l’image et une affaire de volonté politique clairement affiché. Il ne faut pas attendre l’approche des élections pour y travailler parce que, justement les élections viennent sanctionner, tout le travail qui a été fait en amont sur les idées et l’image du leader. Quand on s’y met la veille il ne faut pas s’entendre à des miracles. Ce sera pareil pour un élève qui décide de bosser ses leçons la veille de l’examen.
Lors du dernier aménagement de la direction générale du FIP la communication a été logé dans l’une des cellules que dirige le Professeur Dédi Séry. Avec tout le respect que j’ai pour cet éminent professeur, j’ai du mal à ne pas penser que c’est une erreur. Sans penser à quelqu’un de spécifique, je pense que la communication mérite un poste de Vice de présidence. Et les hommes politique qui veulent nous gouverner aujourd’hui n’ont certainement plus d’excuse pour ne pas s’approprier tous les instruments de la communication qui évolue a la vitesse de la lumière. Sur la question, nos hommes politiques quelle que soient la pertinence de leur idée ont aujourd’hui le choix entre se démettre et se mettre à la retraire ou se recycles pour ne pas donner l’impression des analphabètes qui veulent diriger des érudits de l’ère nouvelle.

Joseph Marat

L’assassinat des opposants, une question de méthode

Le monde va mal et l’actualité que les media nous servent chaque jour s’en ressent. En Côte d’Ivoire la météo politique est mauvaise. C’est du « déjà vécu ». Tous les signes d’avant-veille des grands embrasements, connus par ce pays, sont là. Mamadou Koulibaly l’annonce et Ouattara le prépare par son arrogance. Même en affichant des mines qui veulent prétendre le contraire, les animateurs du régime actuel en sont conscients. Leur conscience en est tellement inondée que leurs réactions face aux problèmes des droits humains que leurs alliés d’hier leur posent se trouvent déstructurées.

Hier à la Une du journal Le Patriote, le gouvernement de Ouattara a interpelé l’Onu et a jugé ses accusations irresponsables. Les experts de l’organisation ont pourtant pris des gants. Ils ont dit douter des affirmations du gouvernement Ghanéen à qui ils se sont gardés de demander des preuves pour ne pas enfoncer le clou contre leur poulain installé à la tête de la Côte d’Ivoire. Le très policé Amadou Gbon Coulibaly leur ruera tout de même dans les brancards et trouvera que les experts de l’Onu sont irresponsables. Le sont-ils pour avoir enquêté ou pour avoir remis en cause la probité du gouvernement Ouattara ? L’Onu est-elle devenue irresponsable ou l’a toujours été ? Question intéressante parce qu’on se souvient très bien, dans ce pays, que c’est à la « certification » de cette organisation que le mentor du Rdr doit d’être dit élu.

Un autre à qui le porte-parolat du gouvernement ne fait pas du tout de bien était lui, le jours d’avant, dans tous les canaux médiatiques pour dire que chercher à assassiner les opposants refugiés dans les pays frontaliers ne fait pas partie de leur méthode. Désigner pour parler au non d’un gouvernement abonné aux scandales politiques, Koné Bruno n’a pas assez de marge pour prendre le recul critique nécessaire à une réaction mesurée. Les Ivoiriens qui connaissent bien le Rdr avaient bien compris. Assassiner les opposants est une question de méthode et non de principe. Koné Bruno ne dit pas que le projet d’assassinat des opposants refugiés que dénonce l’Onu est faux, c’est la méthode, la façon dont les experts de l’Onu le décrivent qui n’est pas exacte. Il dit sans le savoir ou de façon subconsciente qu’assassiner les opposants exilés n’est pas un projet moralement répréhensible. La preuve, le gouvernement de Ouattara ne prendra aucune disposition politique pour qu’ils regagnent leur pays. L’houphouëtiste Alassane Ouattara trouve des vices au dialogue politique pour ne pas favoriser leur retour chez eux. Ils peuvent attendre 2015, voter sur place et espérer que Ouattara tombe pour rentrer. Selon le porte-parole du gouvernement Ouattara l’Onu se trompe et c’est certainement pourquoi, elle est irresponsable.

Le régime de Ouattara n’a pas besoin d’envoyer des mercenaires armes au poing pour éliminer ses opposants en exil. Dans la Ouattarandie, on a finalement acquis le raffinement de la discrétion. Ce n’est pas la première fois que les opposants Ivoiriens décèdent ici ou en exil. Ce qui les tue n’a pas besoin d’autant d’ostentation. La torture dans les goulags nationaux et le gel des avoirs pour les désargenter et les rendre incapables de faire face à leur soin peuvent suffire. Quoique pour la gouverne des Koné Bruno et consort… dans un monde immoral une méthode ne saurait exclure une autre.

Joseph Marat

Abdourahmane Cissé, le choix de Big Brother

Nous avons découvert sur la toile, il ya environ deux semaines une histoire d’alcôve sur la succession d’Alassane Ouattara au sein de son parti. L’histoire disait que ce dernier avant de se rendre en catimini en Europe pour deux jours avait organisé un déjeuner, chez lui, pour opérer le choix de celui qu’il souhaiterait lui succéder. Selon cet article Ouattara aurait désigné Soro Guillaume au détriment d’Ahmed Bakayoko.
Aujourd’hui je me rends compte que ce fut une grosse diversion comme sait le faire le mentor du RDR. Dès son retour de France, dans la foulée, l’homme à procédé à un réaménagement technique de son gouvernement. Il a sorti de son chapeau un certain Abdourahmane Cissé polytechnicien, 32 ans, ancien trader à la célèbre banque américaine d’investissement Goldman Sachs et l’air de rien, l’a bombardé ministre du budget. Pour couvrir le subterfuge on fera courir la fascination de son âge et on dressera sur la tête de Ouattara la couronne de celui qui fait la promotion de la jeunesse. Les ivoiriens y voient du feu. Habitués à des « rempilards » comme Bédié, ils ne peuvent pas ne pas lui reconnaître ce coup politique de penser, lui, à la relève. En réalité c’est ce que Ouattara est certainement obligé de faire et c’est ce qu’il a voulu nous faire croire quand il a fait courir la rumeur de porter son choix sur Guillaume Soro comme successeur. Sauf que la réalité est ailleurs. La guéguerre entre Soro et Bakayoko amuse Ouattara parce que dans le fond ils sont Ivoiriens. Un ivoirien à la tête de Côte d’Ivoire aurait trop de ressources pour comprendre le mal ivoirien et Big Brother n’est pas prêt à lâcher du leste actuellement. Ceux qui ont une perception plus profonde de la crise ivoirienne et qui mesure à sa juste valeur les enjeux économiques qu’elle renferme ont dû percevoir toute la subtilité des changements et rumeurs de ces deux dernière semaines. On fait croire que Ouattara part en France pour des raisons médicales alors qu’il y est allé en réunion pour prendre les ordres du marionnettiste en chef. Quand il revient deux jours plus tard, il nomme un Abdourahmane Cissé.
J’ai entendu quelqu’un dire qu’il est dans le rattrapage à fond. Non ! Le rattrapage ethnique est encore mieux. Ce sont des Ivoiriens qu’on nommerait dans cette logique et un ivoirien valant un autre, la méchanceté de ne nommer que ses parents serait plus tolérable. Avec Ouattara, même en nous faisant croire autre chose, l’idéologie qui sous-tend son action politique est implacable. Il faut constamment avoir les yeux ouverts pour ne pas la perdre de vue. La Côte d’Ivoire doit devenir un territoire qui n’appartient à personne ou du moins qui appartient aux multinationales qui doivent être libre d’y ce qu’elles veulent. Le « nomanslandisme » ou la « cedeaorisation », voilà des idéologies qu’il ne faut pas perdre de vue tant que Ouattara sera au pouvoir en Côte d’Ivoire.
J’ai compulsé aussi toute la littérature qui attribue la nationalité Sénégalaise à Abdourahmane Cissé. J’ai même pu voir, dès les premiers moments, que sur sa fiche d’inscription de l’Ecole Polytechnique de France, il était marqué Sénégal devant son nom. Erreur ou vérité ? L’auteur de l’un des premiers articles relevait innocemment que cette nomination lui rappelait celle d’un certain Alassane Ouattara. Il ne croyait pas si bien dire. Où a-t-on vu un manguier produire des noix de coco ?

Joseph Marat