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jeudi, 16 janvier 2014

Le paradoxe de l’absence de preuve contre Gbagbo

Les professeurs Raymond KOUDOU Kessié, Hubert OULAYE et Félix TANO viennent de publier chez l’Harmattan un livre sur la « Cour Pénale Internationale : l’introuvable preuve contre le président Laurent Gbagbo ». Il est prévu qu’il soit en librairie dès le 02 décembre prochain. Les auteurs sont des partisans du célèbre prisonnier de la Haye et ils sont en exil pour sa cause. Cela est suffisant pour douter de l’objectivité de cette œuvre. Le moins qu’on puisse attendre des partisans de Gbagbo qui peuvent écrire des livres est qu’ils produisent des œuvres qui le défende. Nous sommes tous dans cette logique. Celle de défendre par tous les moyens notre champion. De toute façon, il ne nous incombe pas de trouver des preuves de la culpabilité du président Gbagbo. Nous sommes comme lui dans le box des accusés. Il revient à l’accusation d’apporter la preuve de leur plainte. Les professeurs ne font donc rien d’extraordinaire.
Je n’ai pas moins été plongé dans un questionnement intérieur à la vue de l’annonce de la sortie de ce livre. Quelques observations devraient donner à la sortie de ce livre tout le caractère d’un événement loin d’être anodin. La première observation vient du titre des auteurs. Ce sont des professeurs d’université qui écrivent avant tout pour l’élite intellectuelle et pour défendre aussi leur notoriété dans l’intelligentsia ivoirienne. Il faut subséquemment s’attendre à ce que le livre ne soit pas un tissu de ragots, mais une œuvre de démonstration intellectuelle rigoureuse. Sans quoi et ils sont les premiers à le savoir, le silence aurait été mieux. Les professeurs Hubert Oulaye, Félix Tano et Koudou Kessié sont loin d’être la racaille intellectuelle qui pullulent dans l’ex-rébellion au pouvoir pour soutenir sans rigueur le contraire de ce qu’on a pratiquement finit par nous faire admettre depuis le 11 avril 2011. Après tout ce qui s’est passé et tout ce qu’on a pu dire sur la crise ivoirienne, que des intellectuels s’élèvent pour écrire qu’il n’y a pas de preuves contre Gbagbo ne peut être dénué d’intérêt. Au contraire c’est même un paver dans la grosse m… que l’impérialisme entretient en Côte d’Ivoire.
La seconde observation reste justement le sujet du livre. Dire que les preuves contre le président Gbagbo sont introuvables ne devrait laisser, toute personne éprise de justice, indifférente. Laurent Gbagbo est enfermé dans une prison internationale depuis la fin de l’année 2011. Pour les preuves de crime contre l’humanité, nous sommes tous d’accord que la crise ivoirienne a fait au bas mot 3000 morts. Où se trouve donc le problème ? Sous la plume d’un éminent juriste comme Hubert Oulaye, il y a certainement une énigme qui se dénoue. Ce livre devrait intéresser les pontes du régime Ouattara, eux qui exhument les corps par ci et par là. Comprendront-ils ce qu’on leur demande de produire comme preuve. Ce fameux lien de commission de crime entre les corps qu’ils exhibent et le président Gbagbo. Ceux qui ont fait irruption dans la politique en brandissant des armes comprendront-ils qu’il y a une différence irréductible entre la vérité dans un prétoire et les agrégats de faits macabres qu’on veut à coups de bruits médiatiques attribuer à l’innocent.

Joseph Marat

Il est devenu la solution

Une discussion amicale a débouché sur le problème de la réconciliation en Côte d’Ivoire et il faut dire que c’est surprenant que le sujet fasse encore partie du top 2 des débats que les ivoiriens tiennent sur la vie de leur nation. La réconciliation nationale est l’une des grandes promesses non tenues par le mentor du Rdr aujourd’hui au pouvoir. Ce fut l’un de ses projets majeurs. On se souvient encore de lui vociférant, devant tous les crachoirs qu’on lui tendait, qu’il suffisait d’extirper Gbagbo du milieu des ivoiriens pour que ceux-ci renouent avec la paix, l’union et l’attente. Apparemment cela n’a pas suffit. Le fait que le gouvernement soit aujourd’hui en train d’en parler, est révélateur de l’un des plus gros mensonges d’Etat. Et ce n’est pas par faute de n’avoir pas essayé ou non, mais par pur sabotage du désir des ivoiriens de se retrouver et reconstruire leur pays après une décennie de gestion des caprices d’une rébellion sauvage. En d’autres termes le régime de Ouattara ne veut pas que les ivoiriens se réconcilient. Cela ne sert pas ses intérêts. Une Côte d’Ivoire unie, comme un corps en bonne santé, se serait déjà immunisé.

Le premier signe de ce sabotage de notre unité nationale, restera toujours l’échec de la fameuse CDVR de Charles Konan Banny. Non seulement il fait un casting qui ne sied pas pour la circonstance, mais il a constamment travaillé à la désincarner. Le succès de Banny n’aurait pas servi sa cause. Second signe que la réconciliation des ivoiriens est nocive pour le régime de Ouattara réside dans le chantage et l’échange contre nature auquel beaucoup veulent croire naïvement. Récemment, ses thuriféraires médiatiques faisaient encore croire que si Ouattara libère Simone Gbagbo et les autres prisonniers politiques, cela donnera un coup de fouet à la réconciliation comme s’il suffisait de revenir sur une injustice pour en effacer les séquelles. De toute évidence, l’histoire même en se mordant la queue comme une roue, draine toujours l’imperfection de ne jamais restaurer totalement le passé. Ce qui veut dire que ce n’est pas parce que le mal fait aux ivoiriens par le régime de Ouattara ne sera jamais réparé, que la réconciliation est impossible. Elle le sera tant qu’on feindra d’en ignorer le principe dans une république moderne. Il faut même penser qu’associer libération des prisonniers et réconciliation est une diversion dont se sert Ouattara pour gagner du temps. Lui-même sait que cette réconciliation nationale qu’on appelle de tous les vœux, ne sera pas consécutive à l’ouverture de tous les goulags du pays. Les citoyens d’un Etat digne de ce nom se réconcilient autour des principes rationnels qui le régissent. Le romantisme politique que Ouattara et ses marionnettistes veulent nous faire prendre pour une démarche de restauration de notre pays est un leurre qui ne trompe que ceux qui veulent avoir les yeux constamment fermés et se nourrir de l’illusion qu’ils émergent. Tant qu’on ne se sera pas assis pour repenser ensemble notre Etat, nous perdons du temps et servons les ambitions de ceux qui sont venus le détruire pour prospérer sur ses ruines. A ceux qui savent lire entre les lignes, le problème de la Côte d’Ivoire ce n’était pas Laurent Gbagbo, au contraire et n’en déplaise à ceux qui ont été "stupéfianisés" pour y croire, il est devenu la solution.

Joseph Marat

Affoussy Bamba et l’assassinat de Désiré Oué !

C’est déjà heureux que Affoussy Bamba, Ministre de la communication de Ouattara ait reconnu qu’un journaliste a été assassiné froidement devant son domicile. Même si elle nous recommande de faire la nuance entre un journaliste en train de rédiger et un autre en train de rentrer chez lui. Celui qui rentre chez lui est beaucoup moins journaliste que celui qui est en train d’écrire un papier. Cette analyse dans le cerveau d’Affoussy Bamba me semble, vous allez être surpris, assez réaliste. Pour une fois elle ne crie pas au loup pour faire croire à un montage ou même pour nier totalement au journaliste son statut. Elle aurait pu dire que Désiré Oué n’est pas un journaliste, mais un mafieux et se fier à sa très grosse machine de communication pour que cela prospère. Il faut qu’on se réjouisse qu’elle ait reconnu que nous sommes sous un régime de braqueurs. Et que c’est un fait banal que des citoyens mêmes modestes soient visités et abattus devant chez eux.
Je vous surprendrez moins en disant que le célébrissime Ministre Affoussy Bamba nous met à l’aise en libérant une forme de pensée cynique sur l’assassinat et la disparition des journalistes. Sans entrer dans le détail de ce qu’ils faisaient exactement au moment de leur assassinat ou disparition, le monde s’est trop souvent ému du drame mortel qui frappe les journalistes. Le Ministre de Ouattara n’est-il pas en train de nous dire qu’il faille regarder de plus près ce qu’ils faisaient avant de jaser ? Et je suis certainement d’accord avec Affoussy Bamba parce qu’elle va certainement nous permettre de penser comme elle à propos de Jean Helene, Guy André kieffer et des deux derniers journalistes français assassinés comme des lapins à Kidal.
Jean Helene était-il un espion ou un journaliste ? La question s’est toujours posée sous cape. Affoussy nous donne l’occasion de la poser ouvertement. Dans laquelle des fonctions était-il quand il s’est retrouvé nez à nez avec Dago Séry ? Y’avait-il une conférence de presse à la Sureté de l’Etat de Côte d’Ivoire dans les environs de la présidence de la République ou bien était-il en train d’espionner nos services de Sureté Nationale ? Sacrée Affoussy Bamba ! Elle nous fait réfléchir.
Et Guy André Kieffer. On dit dans le jargon criminel que s’il n’y a pas de cadavre, il n’y a pas de meurtre. Tout le bavardage sur la disparition de ce monsieur pour incriminer le régime de ne serait-il creux par hasard selon la théorie Affoussy ? Qu’est-ce qu’elle peut bien penser de cette version tout aussi plausible que Guy André Kieffer se la coule douce dans une contrée israélienne ? Qu’il aurait touché le pactole et aurait croire à sa mort pour accabler le régime des refondateurs au profit évidemment de ceux à qui profite le crime.
Et enfin les deux derniers journalistes de RFI assassinés dans le désert sécurisé de Kidal. Etaient-ils réellement en train de faire du journalisme ? Parce que selon Affoussy, leur assassinat ne devrait émouvoir personne s’ils n’étaient pas vraiment en train d’émettre sur RFI. Ou bien s’ils étaient en exercice de leur fonction au moment où les terroristes les canardaient, imaginé le nombre de témoins du carnage sur la radio mondiale.
La Côte d’Ivoire est vraiment tombé très bas d’avoir des ministres comme Kandia… pardon comme Affoussy Bamba.

Joseph Marat

« Ouattara est assis sur nous »

Le ridicule ne tue pas. Sauf que pour un régime, il est pire qu’une gangrène. Il ronge le capital crédit qu’on croit avoir auprès du peuple. Les ivoiriens n’ont rien demandé à Alassane Ouattara. La preuve, il a fallu que Bédié demande que ses électeurs rapportent leur voix sur lui au deuxième tour de la présidentielle de 2010 pour qu’il se sente élu. Et même cela n’a pas suffit. Son clan et lui ont dû, comme des vulgaires preneurs d’otage, kidnapper le président de la commission électorale indépendante, l’enfermer dans un QG de campagne pour qu’il sorte de son chapeau, des résultats controversés. Et là, nous n’étions toujours pas au bout du compte. Le « démocrate » Alassane Ouattara s’est trouvé dans le besoin d’ameuter tous les mercenaires de la sous-région et les légionnaires de l’armée française pour venir à bout de son adversaire politique qui ne demandait que le recomptage des voix. Il était tellement sûr de transformer ce pays en un eldorado qu’il trouvait que ce serait une perte de temps de passer un mois ou deux à recompter des voix.
Il ya bientôt trois ans que Alassane Ouattara a été installé, dans le fauteuil présidentiel en Côte d’Ivoire. Et depuis, le sentiment que les ivoiriens partagent le plus communément est que rien ne va. Tout se passe comme si la pièce Ouattara n’était pas adaptée à la mécanique ivoirienne. Il y a du sable dans l’engrenage de la société ivoirienne. Très tôt, des expressions du genre « Gbagbo Kafissa » nous avaient déjà prévenus de nos premier pas dans le désert. Désert de véritable vision politique, désert électoral, désert de paix, désert de cohésion sociale, désert d’argent qui ne circule plus… Une anecdote révélatrice en passant. Il parait qu’aujourd’hui dans le nord, l’expression malinké pour dire qu’on est misérable, se traduit littéralement comme suit : « Ouattara est assis sur moi ». La brutalité de cette image rappelle bien les conditions de son ascension au pouvoir et nous étouffons, avec l’impossibilité de nous indigner.
Lui qui s’est toujours pris pour le N’Zueba des milliards, aux pieds du mur de la gestion d’un Etat, Ouattara s’est vu obliger de pondre une formule controversée : « l’argent ne circule pas, il travaille ». Il y a eu des gens pour soutenir cette incongruité devant l’évidence que le travail de l’argent consiste à circuler. Ouattara s’est retrouvé récemment au Congo devant une banderole digne d’un véritable incident diplomatique. Officiellement en visite d’Etat. Mais nous allons apprendre plus tard qu’il y était en fait pour demander l’argent qui a cessé de pleuvoir et de circuler chez lui. Quand des ivoiriens se sont indignés d’être ainsi trainés dans la gadoue, il s’est encore trouvé des analphabètes pour charger Laurent Gbagbo. Celui-ci aurait vidé les caisses de l’Etat avant d’être transféré à la Haye. Ce serait pourquoi Ouattara a des problèmes de trésorerie. Ils ne savent pas que le budget de l’Etat s’équilibre en recettes et en dépenses et qu’un régime n’a pas pour vocation de faire des épargnes, cela est laissé aux citoyens, mais de travailler pour redistribuer le maximum de biens et services. Ils feraient peut-être mieux de demander à Ouattara combien il a laissé à Bédié en 1993 ou combien celui-ci a laissé à Guei dans sa fuite … Ces chiffres qu’ils détiennent tous au RHDP intéresseraient bien les ivoiriens.

Joseph Marat

Ouattara est fier de nous ruiner

Il y a eu un Conseil de ministres le vendredi 8 novembre dernier. Le communiqué final livré par Koné Bruno authentifie ce qui n’aurait pas cessé d’être perçu comme une rumeur si on n’avait pas eu droit à cet aveu du gouvernement. Le Congo Brazzaville a prêté 100 milliards à la Côte d’Ivoire. Cette information qui date du dernier voyage de Alassane Ouattara au Congo était jusqu’à ce jour perçu comme une rumeur et une plaisanterie de mauvais goût. Aujourd’hui l’information est devenu officielle parce qu’il n’est pas aisé de cacher le soleil avec la main. Dis-moi qui te prête et je te dirai qui tu es devenu. Le soleil que Ouattara et son gouvernement n’arrive plus à cacher est que la Côte d’Ivoire s’appauvrit et le monde de la finance internationale les a lâché. Il a beau brandir des chiffres de croissance à faire rougir de jalousie les puissants de ce monde, Ouattara n’a plus la côte auprès des véritables bailleurs de fonds. Qu’est ce qu’il serait allé chercher au Congo sinon ? Malgré la crise et le fait que le territoire était divisé en deux, vampirisé par des sangsues rebelles, Laurent Gbagbo disait toujours que la Côte d’Ivoire était un pays solide. On n’a rien contre Denis Sassou N’ Guesso, mais on aurait du mal à imaginer Laurent Gbagbo quémander la pitance du peuple ivoirien au Congo. Son respect pour les Ivoiriens était tel que même dans les rapports privilégiés qu’il avait avec les puissances économiques d’Afrique comme l’Afrique du sud et l’Angola, on n’a jamais entendu dire qu’il se soit autant rabaissé. Les ivoiriens sont habitués à entendre que le budget de leur pays aide à payer le salaire des fonctionnaires des autres pays. La main de celui qui donne étant toujours au dessus de celui qui reçoit, la fierté des ivoiriens a toujours été nourrit de ce sentiment d’avoir les moyens d’être un Etat généreux vis-à-vis des autres. Allons-nous désormais raser les murs devant les autres parce qu’on a eu la malchance d’être gouverné par Ouattara ? C’est la réaction du gouvernement face à ce qui a tout l’air d’être un scandale pour les ivoiriens qui achève d’assommer. « Dans notre budget cette année, il y a une part qui est réservée à des ressources extérieures. Vous pouvez voir vous-mêmes les emprunts d’Etat qui sont lancés. Je peux vous assurer que dans un emprunt d’Etat, il y a des zones bien plus pauvres que ce que vous imaginez ou vous citez. Il faut savoir que l’un des pays les plus endettés au monde aujourd’hui, ce sont les Etats-Unis. Pourtant c’est la 1ère puissance mondiale. Le premier créancier des Etats-Unis aujourd’hui c’est la Chine. Nous pensons que c’est un débat inutile tout simplement parce qu’un pays qui a besoin de ressources peut faire appel à tous ceux qui peuvent lui en apporter. Ça peut être des pays voisins, des pays plus éloignés, des pays plus riches ou plus pauvres. La trésorerie d’un Etat ne se gère pas en termes de pauvreté ou de richesse. Ce sont des pratiques normales. Les pays les plus puissants au monde s’endettent », dixit Bruno Koné. Au lieu de faire preuve d’initiatives et réduire la part de l’extérieur dans le budget de l’Etat, le gouvernement de Ouattara consacre la mendicité de l’Etat et trouve même les mots pour dire que c’est normal. Non ! Ce n’est pas normal parce que nous avons au minimum la dignité de vouloir nous comparer à la chine qui est une puissance qui prête aux puissants au lieu de prendre, toute honte bue, l’ascenseur qui descend.

Joseph Marat

Une rébellion pratique

Comme si cela ne pouvait tenir en quelques mots, Soro Guillaume a fait écrire tout un livre pour dire pourquoi il est devenu rebelle. Comme si on ne pouvait pas le deviner aisément, il a écrit des tonnes de lignes pour dire que le peuple avait soif d’une rébellion. Maintenant que nous somme repu de l’arraisonnement de l’Etat, des casses des agences bancaires, du rattrapage ethnique, de la batardisation de l’identité nationale, de la dictature des dozos, de la violation de notre Loi Fondamentale… peut-être va-t-il sortir un bavardage sur les nombreuses raisons pour lesquelles il pourrait devenir démocrate. Parce que ce serait tout de même indécent de faire de la rébellion une fin en soi. Cette réflexion m’est venue, quand j’ai vu des jeunes désœuvrés transformés en libraires de rue, vouloir me vendre l’unique demi-réflexion de Soro Guillaume. Il est devenu rebelle parce qu’il a certainement cru que le peuple avait besoin de la rébellion. Maintenant a-t-il conscience que la rébellion ne peut être un état durable sans nuire à ce à quoi elle devrait servir ? Soro a fait la rébellion pour, selon lui, sauver le peuple ivoirien de la « dictature » de Laurent Gbagbo. Son champion va-t-il s’installer indéfiniment dans un état de rébellion sans porter préjudice au peuple ou sans reproduire les mêmes pratiques qui ont conduit à la fameuse rébellion ? Pour un observateur attentif tout est là pour que le "noble rebelle" reconduise sa rébellion. Ce que Ouattara fait vivre aux ivoiriens est pire que l’exclusion d’une partie des ivoiriens (il les maintient en exil en violation de la Constitution) et la dictature (la torture des opposants est devenue monnaie courante, aucune des élections organisées par ses services ne répond à aucune norme démocratique et il n’est pas sur la voie d’organiser une présidentielle certifiable). Ou bien Soro Guillaume s’est illicitement embourgeoisé pour reprendre le maquis et conférer toute la noblesse à sa révolte. Ou bien il faut se garder de prendre Soro au sérieux dans sa tentative d’ennoblir sa rébellion. Comme un hors-la-loi de bas étage, il a arraisonné l’Etat et les Institutions de la République par pure opportunisme. Le peuple peut continuer à souffrir la dictature et le rattrapage ethnique de Ouattara Alassane, Soro n’est plus concerné. Il trône sur un butin de guerre et il n’a plus le temps de se révolter ou de se rebeller. Pire, je crois même que Soro et son mentor s’apprêtent, au fur et à mesure que le temps les presse et que nous approchons vers les échéances électorales de 2015, à justifier leur inaction à offrir aux ivoiriens l’unique occasion de s’exprimer. Devinez ce qu’ils savent faire et ce qu’ils pourraient faire pour se maintenir au pouvoir sans élection. Ils peuvent bien nous fabriquer une rébellion pratique dans une partie du territoire pour brandir cette clause de notre Constitution qui préconise qu’on n’organise pas d’élections tant que le pays est morcelé et s’arroger même le pouvoir absolu de l’article 48 et se proclamer empereur à vie. Je parie qu’il y aura toujours des hagiographes comme ceux de Soro pour nous vendre les mérites de l’impérialisme de Ouattara sur la Côte d’Ivoire.

Joseph Marat

Le complexe de Caïn

J’ai récemment publié un texte sur la popularité du Président Laurent que j’ai intitulé « Le peuple le réclame et ils le savent ». J’y tirai la conclusion toute simple qu’à partir du baromètre de la presse qui faisait son chou gras à partir de l’image de Gbagbo, celui-ci était incontestablement l’homme le plus populaire de Côte d’Ivoire. Que ce soit en bien ou en mal, ce monsieur représente beaucoup dans l’imaginaire collective. Au point que les organes de presse ne vendent réellement que quand ils ont quelques chose de nouveau à dire sur le président Laurent Gbagbo. Je me souviens qu’une fois, le journal Aujourd’hui, en ses débuts, précisément en juin 2011, avait mis à sa Une la Photo de Ouattara avec le titre « Le dictateur ». Le promoteur voulait certes donner dans la provocation dans cette période de répression totale contre tous ceux qui osaient remettre en cause le caractère démocratique de son accession au pouvoir, mais il voulait surtout faire du chiffre. Il nous confiera plus tard que le dernier objectif n’a pas été atteint. Le chiffre de vente n’a jamais été aussi mauvais. Cela s’est répété plusieurs fois. Nous en avons tiré la conclusion que l’image de l’homme passe difficilement dans le public ivoirien. C’est pourquoi on voit rarement la Photo de Ouattara sur les journaux bleus. Ce qui n’est pas le cas du Président Gbagbo sur les journaux verts. Il intéresse les « rattrapés ». C’est une activité inconsciente qui fait qu’ils veuillent tout savoir sur cet homme qui, dans son retrait d’une prison internationale, continue de les fasciner.
Alors j’ai été surpris d’enregistrer le plus grand taux de réactions du camp vert à mes papiers à la suite de « Le peuple le réclame et ils le savent ». Je devrais m’y attendre puisque j’ai touché au fétiche. Elles étaient toutes insultantes, parce qu’en réalité, j’ai frappé dans le mil d’une conscience hantée par le retour psychologique du fratricide. On reconnait aisément le complexe de Caïn qui mentit à celui qui sait tout. En Genèse 4 verset 9 à 12 on lit ceci : « L’Eternel dit à Caïn : Où est ton Frère Abel ? Il répondit : je ne sais pas ; suis-je le gardien de mon frère ? Et Dieu dit : qu’as-tu fait ? La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu’à moi. Maintenant, tu seras maudit de la terre qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère. Quand tu cultiveras le sol, il ne te donnera plus sa richesse. Tu seras errant et vagabond sur la terre. ». Ils n’ont pas en réalité tué Laurent Gbagbo, mais ils ne veulent plus qu’il existe politiquement. Pour preuve cette affiche de tous les chefs d’Etat de Côte d’ivoire, que je ne vois plus vendre aux feux des artères d’Abidjan (parce qu’elle est mensongère), sur laquelle l’image de Gbagbo ne figure pas. Le message ici, quoique subliminale contraste fortement avec l’intérêt qu’ils portent à son sort. Ce projet irréaliste s’est mué en une sorte de polymanie de celui qui veut une chose et son contraire. Caïn qui voulait attirer l’attention de Dieu sur ses offrandes a fait ce qu’il ne fallait. Les adorateurs veulent la réconciliation mais pensent pouvoir y arriver en excluant ceux avec qui ils doivent se réconcilier. Ils parlent de sécurité et essaiment le pays de dozos et rebelles. Ils veulent la justice et maintiennent dans les liens de la prison les innocentes personnes. Ils se croient dans un Etat de droit alors que violer constamment la Constitution est leur sport de prédilection. Ils veulent faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent, mais le ciel s’est asséché sur leur tête…

Joseph Marat

Oumou Dosso ou l’esthétique d’une doxa sur le patriotisme

Elle se nomme Oumou Dosso. Elle est chroniqueuse dans l’organe pro-gouvernemental Fraternité Matin. Elle a pondu le vendredi 11 octobre dernier deux pages d’écrits sur « l’esthétique du discours "patriotisé" ou discours belliqueux » J’avoue que je ne la lisais jamais. Une erreur qu’il a fallu que je corrige parce qu’elle a soulevé une polémique autour de la notion de "patriote" sur un ton qui rappelle cette réflexion d’un ami qui trouve que pour mieux abattre l’ennemi il faut le fabriqué. Dans le texte Oumou Dosso participe de cette fabrique des patriotes à ostraciser et exterminer. C’est de bonne guerre et il n’y a rien de surprenant. Seulement en donnant des contours scientifiques à des propos viscéralement subjectifs, elle fait de la prestidigitation. Il a fallu réagir afin de montrer les limites de cette magie qui tend à remettre en cause la conviction de ceux qui, parce qu’ils s’aiment, défendent leur patrie contre la prédation. Franklin Nyamsi, l’un des inspirateurs d’Oumou Dosso a même dit quelque part qu’on ne pouvait pas reprocher à Soro Guillaume d’avoir une claire conscience de ses intérêts. Et les intérêts de l’ex-rebelle sont connus : la charte du nord, braquage des banques et de l’Etat pour un enrichissement personnel. Je ne recommanderai à personne de lire le texte d’Oumou. Ce serait une perte de temps précieux parce qu’elle a tenté de dire en mille mots une seule chose : les patriotes sont des pestiférés et attardés sociaux dangereux. Pour l’équilibre du discours et pour ne pas être prise, soi-même, pour une personne qui délire, il aurait mieux valu qu’Oumou Dosso nous décrive la ligne de conduite des gens normaux. Quelle est l’esthétique du discours non-patriotisé ? Le bon sens veut qu’avant de stigmatiser les marginaux, il faille montrer, au minimum le caractère des normaux. Après un discours essentiellement réactif, plein de ressentiments, nous attendons d’Oumou Dosso qu’elle crée des valeurs ou parle des valeurs à suivre. Sans quoi, si elle avait la prétention d’avoir philosopher, elle se leurre parce que ceux qui peuvent la lire connaissent bien le chemin de la dialectique. « C’est du chaos de la contradiction que jaillit la vérité » nous dit Nietzsche. Montrer que le patriote est dangereux, sans montrer en quoi son contraire, est plus avenant dans une république laissera inachevée une réflexion qui n’en avait pas la prétention. C’est d’ailleurs cette invitation à compléter sa réflexion qui transparait à mon sens dans les deux réactions que je vous donne en partage maintenant.

Cette première réaction est celle que j’ai eu instantanément quand un patriote, et fier de l’être, m’a signalé ce texte d’Oumou Dosso qu’il a eu du mal lire. Dès que j’ai fini de le lire, j’ai ouvert ma boite électronique pour lui envoyer ceci : « J’ai compris pourquoi tu n'y as rien compris. Justement l'auteur a écrit pour perdre même les initiés au discours hégélien ou heideggérien. Et c'est là, le paradoxe de cette publication. A qui Oumou Dosso s'adresse-t-elle ? Apparemment au cercle fermé des philosophes qui ont des pré-requis et qui pourraient voir derrière les jeux de mots, une certaine cohérence d'un discours qui parle d'ouverture tout en restant fermé. Mais même là, je ne pense pas qu’Oumou Dosso ait fait preuve de beaucoup de pertinence et de maîtrise des instruments philosophiques qui lui auraient permis de faire une bonne psychanalyse du discours "patriotisé". On ne sait pas d'où elle part et où elle va parce qu'elle omet, minée par le complexe du pirate, de définir ses éléments de langage. Elle semble ignorer que les mots sont par nature polysémiques. Ils s'éclatent dans tous les sens et s’interprètent en fonction des perspectives. C'est pourquoi leur usage ou leur invention libre obéit à une règle simple : situer le domaine de définition et l’espace contextuel. Cette démarche n'est pas seulement mathématique, elle est intellectuelle depuis la théorie de la relativité d’Einstein. Sans cela, vous aurez beau pirater les manières hégéliennes de penser, vous exposez vos limites. Personne ne peut comprendre votre discours qui mêle finalement la subjectivité à la prétention d'être objectif.
A part la démonstration laborieuse de cette idée fixe que les patriotes sont des Nazis et que le style humoristique d'Adama Dahico est inhumain, Oumou Dosso nous apprend-elle autre chose ? Ou bien, faut-il se garder de la cataloguer et lui accorder le bénéfice de l'esprit ouvert pour que, dans une prochaine production, non seulement elle corrige sa démarche mais aussi nous fasse percevoir ce que peut bien être "l'esthétique" du discours dozoïsé ou discours armé"? Parce que si l'espace de la politique est celui de la parole, quelle que soit sa nature, comme elle semble le dire au début de son texte, elle n'aura rien dis ou elle aura noirci les pages de Fraternité Matin d’un écrit brumeux tant qu'elle n'aura pas montré ce que viennent faire les armes, là où on demande aux Hommes de seulement parler aux autres.
Celui qui a inspiré tous les discours patriotiques, qu’Oumou fustige, a surtout dit « asseyons-nous et discutons » et « recomptons les voix ». Celui à qui il le disait est celui qui a engendré la charte du nord, qui a divisé par son milieu la carte nationale sur son journal paradoxalement nommé Le Patriote, entrainé la chute violente de tous les régimes qu'il a jugé moribonds, financé la rébellion, proclamé le rattrapage ethnique... Si Oumou Dosso ne peut pas nous dire qui est l'esthète politique entre les deux, permets-moi, de tourner la page chaque fois que je verrai ce nom signer un texte. »

Le veilleur et éveilleur qui m’a signalé le texte au vitriole sur le patriotisme d’Oumou Dosso m’a fait parvenir plusieurs réactions. Je publie celle-ci et j’arrête cet honneur que je fais à cette amie de fac qui déçoit de s’asseoir sur son esprit critique pour laisser s’exprimer son "moi" irrationnel. Un "moi" qui n’a aucun mérite à rester attaché à la défense, sans hauteur, de sa "case". C’est ce que font trivialement tous « les prisonniers de la caverne ». Un penseur, même dans la défense de ses intérêts bassement matériels devrait prendre, face à l’immédiateté sensible, la distance qu’impose l’élévation dialectique. Ce n’est pas parce qu’on s’appelle Oumou Dosso et qu’on est RDR qu’on devrait, dans une sorte de manichéisme intellectuellement désuet, voir le mal dans l’autre et canoniser son clan. Ce n’est pas ce que nos maîtres nous apprennent en philosophie.

« Je viens de terminer le texte de Oumou ; un calvaire intellectuel. Du pédantisme à l'agressivité inutile. C'est une doctorante de philo, transfuge de l'Ecole de musique de L'INSAAC et qui travaille sur Heidegger avec Dibi. Il n'est donc pas étonnant de retrouver certaines expressions de Nyamsi, de Dibi et autres. (Ça c'est mon côté préjugés que j'assume) J'ai eu des prises de bec intellectuelles avec elle sur le rôle des intellectuels. Elle m'a sorti la rengaine des illettrés du genre : les intellectuels ont échoué, ils ne font rien, ils cherchent de l'argent et tutti quanti. Revenons-en à son texte. Selon moi, elle part d'un préjugé et d'un présupposé : le discours patriotisé (un néologisme) est un discours vulgaire, passionné, mensonger et totalitariste. Le reste du texte a été habillé avec sa formation de musicienne pour essayer de nous convaincre de deux idées superflues: elle est instruite, les autres, les patriotes, sont cons. Dans une vie passée, peut-être que j'aurais tenu un tel discours manichéen qui a l'outrecuidance de penser que les autres ne pensent pas toujours bien parce qu'ils sont dans une logique différente de la nôtre et ont des choix politiques ou affectifs également différents. Evidemment, Frat/Mat donne l'impression, dans certains de ses textes, de confondre défendre un parti politique et servir l'Etat. La confusion entre gouvernement et Etat, aboutit à des excès de ce genre qui radicalise la pensée des autres en les présentant comme pensée belliqueuse. Etre contre la politique d'un gouvernement, ne fait pas de nous des imbéciles dangereux. La fin de son texte peut lui être retournée: "La démesure bannit l'harmonie, la conciliation et le sens de la mesure (sic). Au total, c'est un discours fauteur de troubles, un discours dangereux". Ce qu'elle dit, est une reprise tropicalisé des critiques du nazisme et d’Hitler. D'ailleurs, tous ces gens-là, ne sortent que ce seul exemple de discours totalitariste. Ils font comme si Hitler était un imbécile, un ignare. Ils s'appuient sans doute sur la caricature que Charlie Chaplin fait de Hitler ».


Joseph Marat

Le mur du « démocrate »

Alassane Ouattara va-t-il s’étrangler de lui-même ? La question vaut certainement son pesant d’or dans cette course contre la montre qui emmène aux échéances électorales de 2015. Si les élections doivent avoir lieu en octobre 2015, il ne reste plus que 725 jours au « démocrate » venu restaurer la situation politique en Côte d’Ivoire. Dans une conversation avec des amis, le sujet s’est invité dans le débat. J’étais, pour ma part, convaincu que Ouattara pourrait même passer 2015 sans organiser les élections et cela ne changerait rien dans ce pays. Ce monsieur a déjà violé maintes fois la Loi Fondamentale sans conséquence majeure pour sa gouvernance; le soutien de la communauté internationale étant très intéressé, leur soi-disant promotion des valeurs démocratiques relève de la pure hypocrisie et j’ai des raisons objectives de ne pas croire en un soulèvement populaire dans un pays dirigé par des personnes qui ont désacralisé la vie humaine et qui ont créé leur propre dieu en leur ascension sociopolitique. La peur est un sentiment humain et Ouattara, peut toujours jouer sur cette donne naturelle pour se maintenir au pouvoir en continuant d’entretenir le climat de terreur en Côte d’Ivoire. L’un des interlocuteurs s’est souvenu de cette sagesse de l’Ecclésiaste qui dit que chaque chose a son temps et que toute chose a une fin. Pendant combien de temps Ouattara tiendra-t-il avec cette tension sociopolitique ? C’est contre lui, ajoute mon vis-à-vis, que se serre l’étau du temps qui passe parce qu’au-delà des intérêts bassement matériels, les animateurs de la communauté dite internationale ont engagé leur honneur et la crédibilité des Institutions communautaires qu’ils dirigent en s’engageant derrière Ouattara en qui, ils ont vu avant tout un "démocrate". Vont-ils donc le laisser rater l’échéance des élections présidentielles de 2015 ? Toutes ces organisations internationales vont-elles laisser prospérer l’idée qu’elles ont contribué à remplacer le démocrate par le dictateur ? Cette argumentation peut paraitre naïve à tous ceux qui observent la démarche de la communauté dite internationale dans la crise ivoirienne uniquement sous le prisme d’une grosse combine. En revanche, pour peu qu’on pense qu’ils prennent leur idée de gouvernance mondiale au sérieux, il faut envisager avec rigueur qu’elles n’ont pas installé Ouattara au pouvoir en Côte d’Ivoire pour qu’il y foute la pagaille. Il y a au minimum un cahier de charge qu’ils lui ont confié pour ne pas perdre totalement la face dans cette grosse forfaiture du 11 avril 2011. C’est contre l’exécution de cette feuille de route que le temps presse. Aux pieds du mur des exigences démocratiques, Ouattara semble décevoir ses mandataires qui, s’ils sont sérieux, devraient songer à changer de fusil d’épaule. De quoi s’agit-il ? La liste des reformes à faire avant les élections de 2015 est encore impressionnante quant on la met en rapport avec le temps qui reste. Youssouf Bakayoko est toujours à la CEI. Chaque jour qui passe réduit la marge de manœuvre de son successeur pour organiser une élection transparent. Les 60 000 ex-combattants à désarmer pour sécuriser cette échéance électorale, continuent leur rodéo criminel. Cette fois, sur toute l’étendu du territoire. Le dialogue politique qui doit consacrer l’adhésion populaire à la politique de réconciliation pour qu’on aille à cette élection dans un climat apaisé, est au point mort. Quel temps faut-il pour le toilettage de la liste électorale ? Depuis 2010, nombreux sont ceux qui ont eu l’âge de voter qu’il faut introduire et nombreux sont qui ont disparu et qu’il faut extraire… le « démocrate» Ouattara est-il sur le point de reproduire le schéma du « dictateur » Gbagbo ? Le temps qui passe nous conduit vers le point de rupture qui révélera l’impossibilité de Ouattara d’incarner un démocrate, même avec tous les moyens dont n’a pu disposer Laurent Gbagbo. Il faudra en tirer les conséquences salutaires pour le peuple de Côte d’Ivoire.

Joseph Marat

Le Patriote dans tous ses états.

Quand j’ai fait la revue de presse ce matin, j’ai remarqué que Laurent Gbagbo occupait encore goulument l’espace médiatique ivoirien. Selon un papier de Guillaume Gbato, sourcé du service de la communication de la CPI, 86% des ivoiriens souhaitent qu’il rentre chez lui pour que la famille se reconstitue et se réconcilie. Ce taux rappelle celui de la participation au premier tour de la présidentielle de 2010 et celui du résultat de la consultation électorale pour la constitution de 2000. On sait désormais à quel taux se mesure la cohésion nationale. Que ce soit en bons et mauvais termes, la question de la liberté provisoire occupe une fois encore le terrain. A croire même que les autres, ceux qui ont promis monts et merveilles au peuple ivoirien dès qu’ils l’auraient neutralisé, se sont mis en congé de communiquer leurs rêves aux Ivoiriens. Ceux-ci sont tous devenu nostalgiques de revoir le Woody de Mama dans le jeu politique. Même ceux qui s’en défendent ignorent à quel point leur subconscient les trahi. Parler d’un « vulgaire criminel » alors que le chantier du bonheur des « Ivoiriens sans Gbagbo » demeure encore intact, est symptomatique. Le journal Le Patriote, qui devrait être avare en espace pour parler de celui qu’ils ont voulu refouler dans le « ça » des ivoiriens, lui a consacré sa Une et 4 bonnes pages intérieurs dans le numéro d’hier. Je parie que le promoteur de ce canard a rarement eu autant de verves pour parler des prouesses de la gouvernance de Ouattara.
J’ai essayé de me taper toute la logorrhée des pages de ce journal qui donne toujours dans l’excès, pour comprendre ce qui pourrait bien me permettre de doutée de la tournure du vent en faveur du Président Gbagbo. J’ai perçu une seule chose : la panique du camp Ouattara. Une panique qui les emmène à perdre totalement le sens critique de la réalité. Premièrement qu’est-ce ce le RDR, qui prétend travailler à la réconciliation des Ivoiriens, gagne à vouloir maintenir en prison celui dont la libération apaisera la grande partie des Ivoiriens ? Cette attitude qui consiste à distendre la cohésion sociale, toute en prétendant y contribuer, n’est-elle pas aussi criminelle que tout ce qu’on peut reprocher au Président Gbagbo ? J’ai voulu comprendre les arguments dont le poids, dans la balance, peuvent amener des hommes qui souhaitent la paix et le bien-être des Ivoiriens à vouloir que Gbagbo reste en prison. J’ai donc lu à la Une « l’impossible libération d’un criminel ». Alors que tout tend à associer le retour de la paix en Côte d’ivoire à la libération de Gbagbo, que vise cette volonté manifeste de ramer à contre courant ? Cette panique est réjouissante parce qu’elle prouve au moins que les ennemis de Gbagbo ont échoué à faire évoluer le débat vers sa détention définitive. A la deuxième page Charles Sanga échoue à montrer que la Cpi fera une erreur en libérant Gbagbo. Dans l’un de ses arguments majeurs, il avance que Gbagbo à citer un verset biblique qui dit ceci : « mille morts à gauche, mille morts à droite, moi j’avance. » Bizarre ! Il faut condamner Gbagbo parce qu’il a osé espérer vivre alors que ses ennemis semaient la mort autour de lui. Pour Charles Sanga l’espoir de Gbagbo devant le chaos que sèment les partisans de Ouattara est un crime contre l’humanité. A la page 3, le journal a trouvé un certain Ali Ouattara pour expliquer le mot provisoire « Même avec la liberté provisoire, la procédure n’est pas arrêtée ». Ils refusent de se laisser abattre par l’idée qu’ils ont échoué à écroué un « crapuleux criminel » devant une cour de justice acquise à leur cause. A la page 4, ils relèvent les graves crimes du président Gbagbo. Où, ces preuves étaient-elles passées, depuis qu’on les cherche à la CPI ? La page 5, rappelle tous les chefs d’accusation contre le Président Gbagbo. Quel intérêt ? Ils oublient que c’est par faute de les avoir prouvées qu’on parle aujourd’hui de liberté provisoire.

Joseph Marat