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vendredi, 01 novembre 2013

Rdr, Gbagbo vous a tout donné. Que lui avez-vous donné en retour ?

30/9/2013

Quand j’ai lu ceci : « Fpi, Ouattara vous donne tout. Que donnez-vous ? », à la Une du journal le patriote, la semaine dernière, man sang a fait un tour. Non de colère, mais de compassion. Ce sentiment, quelque peu condescendant, qu’on a quand on n’arrive plus à haïr son ennemi. Tellement il vous ravale dans votre opposition. L’idée était pour moi de ne pas chercher à tirer sur l’ambulance quand je suis tombé sur la réaction du juriste SERY Zadi Aurelien Gboziagnon. J’apprécie et je partage pour que l’aveugle sache qu’il n’est pas le seul sur la piste de dance :
« Dans sa parution du Mercredi 25 Septembre 2013, « le Patriote » titre avoir tout donné au FPI et s’interroge sur la contribution de ce parti au retour de la paix en Côte d’Ivoire. L’essentiel du tout, qui aurait été donné par Ouattara se résume à la libération de personnalités politiques gratuitement emprisonnés; le refus de transférer Simone Gbagbo, pour éviter de livrer dans le même coup ses chefs de guerre; et une grâce présidentielle qui exclut expressément le restant des quelques 700 prisonniers pro-Gbagbo encore détenus.
Tout témoin objectif de la crise en Côte d’Ivoire ces dix dernières années, ne peut manquer d’être surpris par l’absurdité de ces propos. (...)Libérer un homme arbitrairement emprisonné n’est point une grâce; ce n’est que justice, une consolation ponctuelle qui n’offre aucune solution pour les préjudices irréparablement subis. Le dégel tardif de certains comptes peut-il ressusciter ceux qui sont morts par manque de moyens (Bohoun BOUABRE)? Détenir Mahan GAHE, lui casser cotes et vertèbres, seulement pour s’entendre dire par le juge plus de deux ans après qu’il y a un non-lieu dans son affaire, mérite-t-il d’être ajouté à la bienveillance de Ouattara ? Le FPI en cherchant la paix en Côte d’Ivoire a donné au RDR et au PDCI, même avant la guerre, un Gouvernement d’Union National, et après, un Gouvernement de Plus Large Ouverture. Ce parti a offert à la Nation un Forum National de la Réconciliation auquel, le Président Gbagbo a, lui-même, humblement participé, sans jamais, comme l’orgueilleux Ouattara, le confier à une personnalité subsidiaire de son parti (Ahoussou Jeannot). Confronté à une rébellion, le FPI a sacrifié Affi N’GUESSAN, son Premier Ministre, pour avoir la paix. Il a financé au nom de la démocratie le RDR à hauteur de 800 million par an. Le FPI n’a eu, pendant ces années de braises, que la responsabilité du pouvoir, sans en avoir la gestion, ayant perdu la moitié de ses ministères au profit de la rébellion. Dans un ultime acte de sacrifice, le FPI a confié à l’opposition, l’organisation des élections (la CEI) au nom de la transparence et de la paix. La réponse du RDR à tous ces sacrifices fut un non au désarmement des rebelles, non à la réunification du territoire national et non à l’unicité des caisses de l’Etat. Le RDR parle de don, le FPI parle de sacrifice. De toutes les promesses faites par Le RDR, ce parti n’a tenu qu’une seule. »
Dans cette seconde partie de son intervention SERY Zadi Aurelien Gboziagnon nous présente le tableau du contraste entre la souffrance supposée du bourreau et le ressenti de la victime. La cerise sur le gâteau est que le bourreau certainement drogué par les cimes du pouvoir est convaincu de faire du bien à sa victime qui commet le crime de ne pas dire merci tant qu’il n’a pas encore succombé.
« Il a promis qu’il rendrait la Côte d’ivoire ingouvernable, et il l’a ainsi rendue. Son mentor a dit: « Au moment venu, je frapperai ce gouvernement moribond, et il tombera ». Bédier et Gbagbo en ont fait les frais. Quand Danon DJEDJE dit sans se tromper que le FPI n’a rien à donner, il parle plus d’une situation objective de dénuement, d’un contexte qui ne saurait créer des obligations à la charge du FPI.
Ayant été ouvertement soutenu par les forts et hauts piliers de l’ONU, de la France et des USA, le RDR n’a pas compris qu’en politique comme dans les faits, les hauts sommets donnent le vertige. Malheureusement, une fois au sommet, on ne peut que descendre. Ayez le courage et l’humilité de descendre du sommet pour parler à vos frères Ivoiriens qui ont fait les frais de votre affolement. Il n’y a pas que mesquineries et contrats à signer en politique, il y a aussi la sensibilité, ces choses imprescriptibles qui nous lient les uns aux autres. Nous sommes humblement surpris au FPI d’avoir encore quelque chose à donner qui intéresserait le RDR, ce parti qui a le soutien des grands, du FMI (PPTE), de la France (Licorne), des USA (Drones), de la CEDEAO (Ecomog), de l’UA (Jean PING). Si comme l’affirme notre fameux journaliste, Ouattara a souffert de la profanation de la tombe de sa ‘‘mère’’; nous au FPI souffrons pour ces nombreux disparus ivoiriens sacrifiés à la soif de Ouattara, qui n’ont eu ni l’âge de Nabintou CISSE, ni enfant pour faire leur deuil (comme Ouattara l’a fait pour sa ‘‘mère’’) et ni tombe qui subirait l’honneur d’une profanation. Car la profanation dans cette acception, consacre la fin d’une existence terrestre, bafouée mais constatée, saccagée mais reconnue. Combien plus préférable au collectif ravalement à l’anonymat, au néant, à l’inexistence absolue. Au FPI, notre douleur est amplifiée parce qu’elle ne trouve son expression que dans le silence absolu des disparus. Un très grand penseur ivoirien, auteur des Chemins de sa Vie à lui seul, ne disait-il pas des grandes douleurs qu’elles sont muettes. En vérité, le RDR ne nous demande que le silence et la soumission à l’oppression. Malheureusement pour ce parti, c’est un droit de l’Homme et même un devoir moral, que de résister à l’oppression. Nous irons jusqu’au bout. » Sans plus de commentaire.

Joseph Marat

mercredi, 23 octobre 2013

Rions un peu

Les anecdotes et les rumeurs n’ont pas pour but absolu de nous rapporté la vérité scientifique. Sinon elles ne seraient plus anecdotiques. Celui qui écoute la rumeur a toujours ses pincettes en mains. Celui qui parle n’a donc pas besoin de recommander qu’on prenne ses propos avec des pincettes parce que celui qui écoute n’est pas idiot. Au même titre que le cartésien, il aime aussi la vérité mais ce qu’il recherche, en tendant les oreilles, c’est de s’évader de la réalité sclérosante pour un monde tout aussi logique que plaisant. Notre imagination en se délectant des histoires vraisemblables nous fait vivre l’instant d’un moment le bonheur de voir l’ennemi dans les cordes de sa propre turpitude. Dieu seul sait comment l’imaginaire défie quelque fois la réalité.
Il parait que le démiurge des milliards a perdu la magie, il n’a vraiment plus l’oseille. Pour le pays on le sait déjà. Les fins de mois difficiles pour les travailleurs, la grogne des commerçants parce que l’argent ne circule plus, les primes impayées à cause de la ratification des excédents financiers. Une sage femme me disait hier qu’elles étaient nombreuses en attente d’affectation depuis deux ans. Non par manque de poste mais parce que l’Etat ne peut pas assurer, pour l’instant, leur salaire. Où sont passés les effets de l’initiative PPTE. Sur cette sécheresse des caisses de l’Etat, il existe une petite histoire qui continuera de tenir la route tant qu’on continuera de tirer le diable par la queue.
Le président Gbagbo détiendrait encore tous les codes secrets des comptes de l’Etat ouverts dans des Etats amis qui attendent toujours la preuve qu’il a vraiment perdu les élections de 2010 au profit d’un certain Alassane Ouattara. Ces comptes qui continuent de recevoir les dividendes des participations de l’Etat dans une multitude d’entreprises ne sont accessibles que par le Woody de Mama. Ils les auraient rendus au cours d’une passation de charge si on n’était pas passé de l’Etat de droit à l’Etat de nature. Mais, on sait comment les dozos ont pris le pouvoir. On sait aussi pourquoi Ouattara aurait demandé expressément qu’on ne tue pas Laurent Gbagbo et pourquoi celui-ci est passé par la case torture à Korhogo avant de rejoindre la Haye où on lui passe désormais la pommade pour qu’il remette les clés de la République à Ouattara. Tout en continuant de leur demander « Qui a gagné l’élection présidentielle de 2010 ? », le président Gbagbo, dans la très grande mansuétude et le très grand humanisme qu’on lui connait, signerait, des fois, des chèques pour débloquer la situation salariale de ses concitoyens. Ouattara n’aurait donc pas le pouvoir d’argent pour la Côte d’ivoire et c’est peut-être pourquoi il admet que l’argent ne circule pas. Mais ce constat serait aussi vrai pour le ménage de l’individu lui-même.
La rumeur raconte qu’il se serait rendu en suisse pour faire un retrait sur ses comptes qui datent d’avant sa prise de pouvoir. Arrivé au guichet, il sort sa pièce. Le banquier constate qu’elle est à l’image de cette banderole que Denis Sassou NGuesso a confectionnée pour le recevoir et sur laquelle une bande noire séparait Alassane de Ouattara. Au Congo on n’a eu cure de se moquer d’un chef d’Etat constamment en tournée de gamelle. En Suisse, le banquier, carré sur les principes, lui aurait dit qu’il n’y a pas d’Alassane Ouattara dans ses livres de comptes, avant de tourner les talons.

Joseph Marat

« Les nègres de maison »

Je n’y ai pas cru au départ. J’ai même pensé qu’elle émanait des officines des activistes comme Kemi Seba et qu’elle se laisserait couvrir, avec le temps, par le brouillard poussiéreux de la contrattaque de la communauté dite internationale. Quand elle est devenue un sujet à l’ordre du jour du sommet des Chefs d’Etats Africains, j’ai continué d’être sceptique. J’ai cru à un coup de bluff. Il a fallu que j’entende Kofi Annan et Desmond Tutu donner leur avis sur la question pour que je me réveille de désespérer de mon continent. Le premier, certainement à la sortie d’une audience que venait de lui accorder Jacob Zuma a dit que ce serait une honte pour l’Afrique de sortir de la CPI. Le second a rué dans les brancards des autorités africaines en dénonçant le fait qu’elles veulent se tailler une immunité sur mesure et être au dessus de la loi dans leur pays. La cognée a été portée dans la fourmilière du système et les esclavagistes ont lâché les mieux domptés d’entre nous pour nous ramener dans le rang.
L’image est assez pathétique. C’est à se demander si l’histoire est linéaire ou cyclique. Au moment où Kofi Annan demandait à Affi N’Guessan de rentrer dans le gouvernement de Ouattara, un ami m’a appelé pour me poser une question suggestive. « Vois-tu une différence entre Ouattara et Kofi Annan ? » apparemment oui. Il y en a des multitudes. Mais dans le fond ce sont les mêmes personnalités formatés par le même système impérialiste. Ils ont été cooptés tous deux, à un moment donné de leur parcours, par le système, appartenu par voie de conséquence au monde de la finance et de la politique internationale et se sont mariés en deuxième nonce à des juives. Les deux ne peuvent pas avoir de points de vu divergents. Ils sont les fruits d’un investissement à long terme pour servir le système impérialiste. Ce sont des blancs qui portent un masque noir. C’est d’eux que parlent Marcus Garvey et Malcom X dans leur description du « nègre de maison » par opposition au « nègre des champs ». « Le nègre de maison, lui, vit, respire et se règle sur le pas de son maître et de sa famille. Il est majordome, cuisinière, servante ou mieux encore nourrice. Il aurait même la possibilité de racheter sa liberté ou de s’émanciper quand la bonne fortune le met entre les mains d’un maître éclairé, mais n’en veut pas vraiment car elle l’éloignerait de sa protection et ses bienfaits. Il voit même dans le droit de cuissage exercé par son maître ou ses fils une chance de purification de sa descendance, et accepte les châtiments corporels comme une œuvre de redressement moral salutaire pour lui ».
Kofi Annan n’est donc pas venu en Côte d’Ivoire pour tordre le bras à Ouattara comme j’ai cru le lire dans la presse de l’opposition ces derniers jours. Et sa croisade contre la sortie de la CPI des Etats africains ne relève aucunement d’une réminiscence de sa filiation africaine. Il est en mission tout comme Desmond Toutou dont je fais la promesse de revenir sur la plaidoirie pour une Afrique-marchepieds.
Les esclaves de maisons sont en réalité des géants aux pieds d’argile. On les reconnait à la tremblote qui s’empare d’eux dès qu’une moindre idée lumineuse jaillit du cerveau de ceux qu’ils contribuent à opprimer. La frénésie diplomatique qui a secoué les Elders, m’a rappelé la sortie pathétique de Ban Ki-moon pendant la crise postélectorale de 2010 en Côte d’Ivoire. Quand le président Laurent Gbagbo a proposé le recomptage des voix pour solder le contentieux électoral, le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies censée épuiser toutes les voies pacifiques de recours pour préserver la paix dans les nations a eu la malheureuse idée que cela serait injuste. On était loin de penser qu’il pouvait confondre justice et droit du plus fort en cautionnant le bombardement des Institutions d’une République pour faire droit à son idée de justice dans une crise électorale. Ils sont reconnaissables, non pas par la couleur de leur peau ou la forme de leurs yeux, mais par la contorsion de leur discours qui perd pieds devant le réveil de l’opprimé.
Kofi Annan a cru dire une chose très importante en déclarant que ce serait un honte pour les Etats africains de sortir de la CPI. Ce sera quoi alors pour ceux qui n’ont pas daigné ratifier le traité de Rome? C’est par cette forme de racisme condescendant qui veut faire croire que les Africains doivent se mouvoir à la marge de l’universalité, et se tailler l’image d’une humanité spécifique, peu ordinaire, gobant le rejet des autres, qu’on reconnait les esclaves de maison. Desmond Tutu, cet évêque anglican à qui on aurait confié le bon Dieu sans confession pour la cause des victimes de l’apartheid n’échappe pas à cette catégorie de nègre-verge. Sa déclaration à la veille du sommet de l’Union Africaine arrache la palme de l’idiosyncrasie : « Chers amis, D'ici deux jours, les dirigeants africains pourraient décider de se retirer de la Cour Pénale internationale, un des outils les plus prometteurs pour affronter et sanctionner les génocides et crimes contre l'humanité.(…) Mais les dirigeants du Soudan et du Kenya, qui ont répandu la peur et la terreur dans leur pays, tentent de faire sortir l’Afrique de la CPI, ce qui leur permettrait de tuer, de violer et d'inciter à la violence et à la haine en toute impunité. Je sais qu'ensemble nous pouvons empêcher cela. Rejoignez mon appel pour que les voix de la raison l'emportent au sein de l'Union africaine et fassent triompher la justice -- ensemble, protégeons cette institution cruciale(…) C’est une lumière dans le noir que l’on ne peut laisser s’éteindre. » Le drame n’est pas dans le fait que Desmond Tutu considère la CPI comme une « institution cruciale… lumière dans le noir » qu’il faille défendre coute que coute. C’est normal. La CPI est l’instrument de ses maîtres fouetteurs. Nous nous demandons seulement si ce monsieur est encore capable d’ouvrir les yeux et l’esprit pour penser l’impunité et la justice dans le cadre de la souveraineté des Etats africains. Oui, il ne faut pas laisser les Chefs se mettre au dessus des lois de leurs Etats et massacrer leur peuple, mais est-ce en restant des Etats vassaux des autres qu’on assure la justice chez soi. Tutu oublie que le moins qu’on puisse subir dans ce cas de figure est l’injustice de ceux à qui on est soumis. J’aurai signé la pétition de Desmond Tutu s’il avait eu l’intelligence de proposer que l’Union Africaine crée sa propre Cour Pénale Internationale.

Joseph Marat

vendredi, 11 octobre 2013

Le peuple le réclame et ils le savent

Je peux me tromper. Mais j’ai cru entendre le procureur de la Cour Pénale Internationale demander, au cours de l’audience du 9 octobre dernier, à la juge Silvia Alejandra Fernandez de Gurmendi de ne pas prêter attention à l’idée, désormais populaire en Côte d’Ivoire, que sans Gbagbo, il n’y aura pas de réconciliation. Dans un procès où l’accusation n’a pas de preuve pour justifier son action, on peut bien se permettre de faire du dilatoire de ce genre : « Maintenons-le en prison. De toute façon on n’a pas besoin de lui en Côte d’Ivoire. Qu’il soit coupable ou non n’a plus d’importance. Le seul fait que les ivoiriens n’aient plus besoin de lui pour vivre ensemble devrait suffire pour le condamner …». Je ne m’attarderai pas sur les contradictions dans les termes. Laurent Gbagbo étant un ivoirien, on ne devrait logiquement pas penser que son absence est facteur de réconciliation si on ne peut pas prouver qu’il est un sujet, unanimement reconnu, de division.
Je voudrais plutôt faire une observation à partir d’un fait banale qui dit long sur la prépondérance de la personne de Laurent Gbagbo dans le "village ivoirien". Sur le chemin de mes occupations, j’ai fait une escale devant l’étalage d’un vendeur de journaux hier. L’idée m’est venue instantanément de compter les journaux qui n’affichaient aucune image du Président Laurent Gbagbo. Je n’en ai pas vu. Poursuivant l’exercice pour Konan Bédié, je l’aperçois, luttant contre les rides, sur un canard de son bord. Alassane Ouattara n’a été aperçu nulle part sur les Unes des journaux de ce jeudi 10 octobre 2013. Une analyse statistique de cette observation aurait produit un histogramme très parlant. Pendant que la colonne représentant l’image de Gbagbo culmine à 100%, celle de Ouattara est totalement inexistant. Le message est loin d’être ambigu et les journalistes qui sont, quel que soit le bord politique, des vendeurs de papiers, le savent encore mieux : Ouattara ne fait pas vendre. Son image ne passe pas. Laurent Gbagbo par contre, quel que soit le support sur lequel, il parait, les organes de presse sont sûrs d’attirer l’attention de la population ivoirienne sur leurs tabloïds et de gagner le jackpot. Pour les analystes de la communication, il n’y a pas plusieurs façons de parvenir à la conclusion que les ivoiriens veulent qu’on leur serve du "Laurent Gbagbo" tous les jours. En Côte d’Ivoire, même si nous feignons tous de faire autre chose, consciemment pour certains et subconsciemment pour d’autres, nous attendons tous que ce monsieur rentre chez lui. C’est le contraire qui est devenu, au fil du temps, utopique.
Laurent Gbagbo est en prison depuis bientôt trois ans pour avoir massacré le peuple ivoirien. Le paradoxe est que les victimes rescapées et leurs parents sont tellement masochistes et ingrats qu’ils aspirent au retour du "dictateur" pendant qu’ils refusent de voir en photo leur bienfaiteur Alassane Ouattara.

Joseph Marat

Nos juges sont-ils au-dessus de la loi ?

Au début du mois dernier, un ami, toujours à la pointe des informations sur la violation des droits de l’homme, a transféré à mon adresse mail l’information suivante :
« Dictature de Pinochet: les juges chiliens demandent pardon. «L'heure est venue de demander pardon aux victimes, à leurs proches et à la société chilienne», ont dit mercredi soir les juges dans une déclaration inédite. Celle-ci est publiée à quelques jours du 40e anniversaire du coup d'État militaire qui avait renversé le gouvernement du socialiste Salvador Allende et installé au pouvoir le général Pinochet le 11 septembre 1973. Entre 1973 et 1990, environ 3200 personnes sont mortes ou ont disparu, selon les organisations de défense des droits de l'homme «Nous devons le dire et le reconnaître clairement et avec force : le pouvoir judiciaire - et, en particulier, la Cour suprême de l'époque - a manqué à son devoir de garant des droits fondamentaux et de protection des victimes face aux abus de l'État», ont déclaré les juges. Quelque 5000 demandes de protection pour les disparus ou les personnes détenues illégalement avaient été rejetées sous la dictature par les tribunaux chiliens, qui prétextaient ne pas avoir d'information à ce sujet. »
Cette information a été publiée le 05 septembre 2013 par l’Agence Française de Presse (AFP). Je n’y ai pas prêté attention dès le premier abord. Je l’ai trouvée trop lointaine de mes préoccupations dans l’espace et dans le temps. Mais, il n’y a, en fait, pas de distance dans le monde intellectuel. Il a suffit du titre «Ouattara : les magistrats sont en colère » sur le soir info du vendredi 27 septembre dernier pour que ce qui s’est passé à mille lieu de mon époque et de chez moi me revienne sous forme d’une question toute simple : les juges sont-ils au dessus de la loi ? J’ai voulu la poser à un ami juriste mais je me suis ravisé parce que dans une république personne n’est en principe au dessus de la loi. Et ce corps est certainement le premier à savoir que nul n’est censé ignorer la loi. Les juges commettent donc des crimes graves, tout autant répréhensibles qu’incompressibles en refusant de dire le droit et en s’érigeant en instruments juridiques des dictatures les plus criminelles.
Comment les juges chiliens qui ont porté à bout de bras la dictature de Pinochet en sont-ils arrivés à cette idée saugrenue qu’il leur suffit de demander pardon pour expier leurs crimes ? Je ne sais pas si le peuple chilien leur a accordé ce pardon. Ce qui est sûr, en revanche, est que, cet acte de contrition n’effaçant pas les effets dévastateurs de leurs décisions dites de justice, on sera forcement loin du compte de l’équité républicaine. Le plus grand service qu’ils rendraient à leur nation, si tant est qu’ils sont taraudés par le remords, est de demander que s’applique à eux la rigueur de la loi face à leurs forfaitures. Dans un Etat où des juges habille de juridisme un régime tortionnaire, ce n’est pas le pardon des victimes qui absout le criminel. Pour leur bien-être psychologique elles peuvent pardonner. Mais l’Etat cet arsenal froid fondé à rationaliser tous nos penchants asociaux n’a que faire de nos regrets. Sinon il se saborderait. C’est donc incongru pour des magistrats de recourir au pardon pour espérer javelliser leur conscience.
Sous les tropiques, sous nos bananiers, les juges sont-ils seulement capables de remords ? Même si la demande de pardon n’est pas la panacée républicaine pour solder les drames des décisions de justice criminelles, elle est déjà le début d’une prise de conscience salutaire pour l’avenir. Nos juges sont-ils seulement capables d’un tel sursaut ? J’en doute fort malheureusement. Le juge Zoro Bi Ballo, plastronnant récemment sur la couverture d’un canard de la place a dit que s’il avait à le refaire, il le referait. Ce juge ivoirien n’a aucun regret d’avoir donné un certificat de nationalité à un fantôme parce qu’ironie juridique, sans aucun autre acte de sa part, le nom que porte son fameux certificat de nationalité a disparu de la circulation par le fait simplement du prince.
Croyant pouvoir lire dans le numéro du Soir Info qui titre : «Ouattara : les magistrats sont en colère », une révolte des magistrats ivoiriens dénonçant l’instrumentalisation de leur corporation, mal m’en pris de tomber sur les revendications d’un syndicat mû par des préoccupations non sacerdotales. Nos juges envoient, à travers cet article suscité, des signaux de protestation à leur maître dont le rattrapage ethnique les bousculerait quelque peu trop dans leur confort matériel.
Notre indignation a des repères plus profonds. Les deux décisions de Yao Paul N’Dré à l’élection présidentielle de 2010 est un véritable souci juridique qui empêche de penser que notre Etat a encore une Constitution. La question de la légalité et de la légitimé du régime actuel part de ces deux décisions. Selon notre Constitution, le président du Conseil Constitutionnel ne peut rendre qu’une seule décision en six ans de mandat unique. Yao Paul N’Dré en a rendu deux en moins de six mois. Laquelle des deux est-elle conforme à la volonté du peuple ? La deuxième décision invalide naturellement la première. Mais qu’avons-nous pour savoir si celui qui a menti la première fois, n’a pu le faire la seconde fois. Si le magistrat a rendu, la première fois, une décision inique, souillée par son affinité avec le candidat sortant, qu’est-ce qui a motivé la pureté de la seconde ? Pour être sérieux, le régime actuel aurait dû disqualifier et punir le président du conseil constitutionnel pour haute trahison et ce dernier aurait dû renoncer à se dédire. Le pays portera toujours les séquelles de cette décision controversée du juge des élections que fut Yao Paul N’Dré.
Mahan Gahé Basile est un syndicaliste bien connu dans ce pays. Défenseur infatigable de la cause des travailleurs, on pouvait difficilement se tromper à son propos. Il était dans ce pays une identité remarquable. Des gens qui ne le connaissent certainement pas l’ont arrêté, torturé à mort et incarcéré. L’arrestation de ce monsieur était déjà un vice puisqu’on l’a pris pour un général de l’armée. Un juges intègre aurait purement et simplement demandé sa relaxe et son dédommagement pour erreur sur sa personne. Non seulement nos juges l’ont gardé en prison pendant 18 mois avant de prononcer un non lieu à son endroit, mais ils ont certainement bien veillé à ce qu’il fasse long feu à sa sortie. Les criminels qui lui ont broyé les organes, bien que reconnaissables dans des vidéos sur le net, peuvent toujours attendre que la maffia des procureurs dit de la république s’autosaisissent. Nos juges, il faut les supplier pour qu’ils s’intéressent à la cause véritable des citoyens. C’est à croire qu’ils sont payés par les contribuables ivoiriens pour mettre leur justice au service du crime.
Il n’y a eu aucun juge pour reprendre Jeannot Ahoussou quand ce dernier, alors Garde des sceaux, Ministre de la justice du premier gouvernement de Ouattara, déclarait, goguenard, qu’il a fait arrêter Michel Gbagbo justement parce qu’il porte le nom Gbagbo. Il ne démontrera jamais la criminalité du port de ce nom. Sur la question, Ahoussou Jeannot était le porte-voix du pouvoir exécutif. Il pouvait bien se permettre de naïvement croire qu’arrêter le fils, pouvait servir de pression sur le père afin de l’amener à reconnaitre un pouvoir illégal. C’est tout à fait ressemblant à ce qu’on peut attendre d’un pouvoir s’installant dans le brigandage. Mais, qu’avons-nous entendu ou vu du pouvoir judiciaire ? A-t-il seulement dénoncé ce délit de patronyme ? Non ! Nos juges accompagneront les violations flagrants des droits de l’homme en se leurrant eux-mêmes à trouver des arguties juridiques pour justifier toutes les voies de fait sur des citoyens. Oubliant du coup, qu’il n’y a, en réalité, de justice que pour défendre les faibles contre un pouvoir conquérant arme au poing. Nos juges ont entretenu l’illusion de dire le droit en poursuivant et incarcérant Michel Gbagbo 2 ans durant, sur la base qu’il porte son nom. Qui payera un jour pour cette incongruité criminelle ? Ahoussou Jeannot ou les juges ?
C’est Pascal Affi N’Guessan, recevant les ressortissants de la région de Gagnoa qui nous donne avec une lucidité d’homme politique très avisé la réponse à cette question. Le président du FPI pense que le projet de l’impunité zéro comme ciment de la réconciliation nationale d’Alassane Ouattara n’est pas politiquement viable. Il n’a, à la limite, aucun sens dans l’état actuel des choses. Non parce qu’il voudrait jouir d’une certaine impunité, mais parce que le mal est plus profond. Les juges, garant de cette impunité devraient être les premier à faire les frais de cette justice équitable. Affi N’Guessan part de cette idée toute simple qu’un juge qui laisse se commettre un crime sous ses yeux et qui ne dit rien commet un délit. Et que lui Affi N’Guessan, en tant qu’ancien Premier Ministre, il faut des dispositions particulières qu’aucun juge n’ignore, pour le mettre aux arrêts. Il faut au minimum que le parlement siège afin d’ôter l’immunité que lui confère la Constitution en tant qu’ancien PM. Sur quelle base Ouattara et ses juges feront donc leur impunité zéro, s’ils sont eux-mêmes coupables d’avoir commis le crime de piétiner la loi fondamentale. Qu’est-ce qui leur servira de boussole ?
Mais ces juges se rendent-ils ainsi complices des ripoux politiques pour leurs beaux yeux ? Je terminerai cette trilogie par le témoignage d’un homme d’affaires qui a tout perdu dans l’affaire. Il dit avoir été arrêté à la faveur de la crise poste électorale et jeté à la MACA. Là-bas, il subira toutes les pressions nécessaires (invention de délit, incarcération indéfinie ou même assassinat dans l’enceinte de l’établissement pénitencier….) de juge et homme politique afin de céder toute son entreprise. Quand on sait malheureusement qu’au dessus de ceux qui vous menacent, il n’y a rien comme recours, on fait le choix de continuer à vivre. Les hommes d’affaires sont ces anonymes dont on ne saura peut-être jamais l’ampleur de ce qu’ils ont cédé aux rebelles et juges véreux. Ce que nous savons tous par contre, est que cette même mafia, sur la base de rien, a dressé une longue liste d’hommes politique dont elle a gelé et vidé les différents comptes bancaires. C’est ainsi que nos juges en complicité avec les politiques se sucrent donc sur le dos d’honnêtes gens en profitant du système qu’ils rendent totalement incontrôlable…

Joseph Marat

vendredi, 27 septembre 2013

Faut-il toucher au fétiche ?

Le sujet que suscitent les ennemis d’en face sur le positionnement supposé ou non d’Affi N’Guessan par rapport à la présidentielle de 2015 est pernicieux. Et c’est de bonne guerre. C’est même le signe qu’ils sont de retour dans la république. Parce que c’est cette façon de guerroyer qui est républicain et démocratique. Cette fois, sans accessoires criminels, ils veulent nous pousser à la faute. Ils veulent nous faire toucher notre fétiche. C’est subtil et cela peut faire mouche. A condition que nous pensions réellement que nous avons un fétiche et que nous n’avions pas à y toucher. Dans le fond, nos ennemis n’ont pas besoin de notre avis pour nous pousser à la faute. Il leur a simplement suffit de susciter le débat. Nous avons donc déjà touché le fétiche et notre survit dépend de notre capacité à gérer notre moral post sacrilège. Soit nous sombrons dans les effets pervers d’un débat qui ne s’arrêtera plus, soit nous nous vaccinons contre le mal en affrontant le sujet de face. Pour ceux qui, comme moi, sont, par déformation intellectuelle, des intrépides de la démarche dialecticienne, l’érection d’un tabou est en-soi un sacrilège. Nous revendiquons notre statut de prophètes d’un monde du dévoilement et de la transparence. Si malgré notre liberté de penser nous suivons Laurent Gbagbo c’est parce que nous sommes convaincus qu’il est des nôtres. Aussi sommes-nous persuadés qu’il aurait lui-même ouvert ce débat sur sa succession ou substitution pour qu’il soit dépassé et qu’il ne devienne pas notre talon d’Achille. Avant de donner un avis personnel sous forme de questionnement pour ne pas froisser les sensibilités et inviter à la réflexion, je voudrais donner la parole à ceux qui ont éveillé en moi le sentiment qu’il faut débattre pour ne pas périr.

Joël Curtis, un internaute très prolixe a été le premier, dans mon cercle d’amis, à écrire ceci : « Affi par ci et Affi par là "Le Rdr-rébellion est devenue une agence de communication d’Affi. Depuis quelques jours je lis par ci et par là des articles concernant l'activisme du président Affi dans la presse rebelle. Il ne manque plus que cette presse annonce sa candidature aux prochaines élections en Côte d'ivoire. Chers camarades, le Rdr-rébellion a perdu la tête et est surpris de la mobilisation du Fpi à l’intérieur du pays. Déboussolés qu'ils sont, ils ne cessent de délirer sur le Fpi et ses responsables. Ils ont été les premiers à parler d’une soi-disant guéguerre Affi-Miaka. Ensuite ils sont passés à autre chose après avoir vu que la passation de charges entre les deux s'est très bien passée. Le nouveau refrain est désormais : Affi est dans un deal avec les rebelles!! Affi doit toucher ceci de la part de Ouattara ! AFFI annonce sa candidature! Affi se prend pour le messie ! Ainsi de suite..... Chers camarades, ne les écoutez pas. Ils ont le blues du pouvoir depuis la sortie des cadres du Fpi de prison. (…) Ils ont en tête de diviser les militants du Fpi en faisant passer la Haute Direction du parti pour des dealers. Habitué à jouer avec les émotions, la presse rebelle se lance dans des dérives du genre AFFI touchera" 500 millions CFA" pour on ne sait quoi? Après, c'est AFFI "premier ministre avec les pleins pouvoirs" d'on ne sait quel régime? Camardes, soyez rassurés que le président Affi a une feuille de route qui ne laisse aucune place à l'émotion: - libération de Gbagbo Laurent ; - libération de Simone Gbagbo, blé Goudé, Dibopieu et tous les autres civils et militaires ; - retour sécurisé de tous les réfugiés et exilés politiques civils et militaires ; - dégel des avoirs ; - réhabilitation des domiciles de tous les cadres du Fpi ; - recomposition de la CEI. Voici la feuille de route qui fait courir le régime rebelle dans tous les sens. Cette feuille de route s'appelle "fin de parcours pour un imposteur" »

Arsène Dogba est un ami internaute. Je l’ai connu pendant la crise postélectorale à travers "Raison d’Etat". Cette émission de débat politique passée de l’autre coté de nos rêves de démocrates. Il écrit ceci : « Je crois qu'il faut abréger le débat sur la volonté d'Affi de vouloir devenir président de la république. Simplement parce que quand on décide d'être président d'un parti politique c'est qu'on veut devenir président de la république. C'est vrai que cela ne s'applique pas à des marchepieds comme Bédié. Mais au moment où Affi s'était présentée au congrès du FPI pour être président de ce parti, c'est en ce moment-là qu'il avait rendu public sa volonté de devenir président de la république. Dans le même temps, en l’élisant président du parti, les militants du FPI le mettaient implicitement sur leur liste de présidentiables. Cependant, n’oublions pas qu'au FPI, on ne devient pas candidat du FPI à la présidentielle par déclaration même quand on est président du parti. C’est vrai que dans notre nouvelle Côte d’Ivoire tout se fait par déclaration, mais au Front Populaire Ivoirien c'est une convention (ordinaire ou extraordinaire) qui choisit le candidat à la candidature présidentielle parmi plusieurs candidats. Affi et les militants du FPI le savent très bien. S'il est candidat, il affrontera d'autres candidats et la convention décidera. Au FPI, il n'y a rien de mal à ça. Il faut donc taire ce débat honteux sur une quelconque candidature à la présidentielle d’Affi pour le compte du FPI. Le camarade Affi n’est pas devant une Convention, il est devant ses parents, c’est donc une affaire de famille. Mais si j’étais à sa place, je m’éloignerais de ce débat qui fâche parce qu’il n’est pas opportun. Simplement. Il vaut mieux aller à l’essentiel comme le font les militants et résistants. Il vaut mieux allez à l’essentiel parce que le mal qui ronge la Cote d’Ivoire est profond, même très profond. »

Ayaké Germain Kokou est aussi un ami internaute qui veut rester concentré sur la résistance. Voilà ce qu’il pense : « En réalité, lorsqu'on décide d'être président d'un parti politique, bien évidemment c'est qu'on rêve de devenir président de la république. Mais ce que je n'arrive toujours pas à comprendre, c'est l'attitude de certaines personnes qui pensent aimer Affi au point de vouloir qu'il soit coûte que coûte PR. Aujourd'hui la situation du pays nous commande d'être un peu mesurés dans nos propos car c'est une lutte très compliquée que nous menons contre des gens qui ne respectent aucunement la morale humaine. Une lutte, si elle veut se gagner doit se mener autour d'un leader et non deux ou trois. Le leader incontesté et incontestable de notre lutte demeure Laurent Gbagbo. Depuis qu'il a été écarté du jeu politique en Côte d'Ivoire, le FPI n'a pas disparu, il a tenu bon parce qu'il a privilégié d'abord le combat pour la libération de son leader et de ses militants. Jusque là, cette politique marche très bien. (…) D'où vient subitement cette polémique que ces personnes veulent créer autour des ambitions d'Affi d'autant plus qu'en dehors de Gbagbo, il n'y a vraiment pas d'opposition en face de celui-ci pour briguer la magistrature suprême. Vous savez, en politique on ne force pas les choses, le chef se dégage toujours du lot et au jour d'aujourd'hui, Affi se dégage. Il n'y a rien à dire. Mais le hic c'est qu'il y a un contentieux qui n'a pas encore été vidé, alors parler maintenant des élections de 2015, c'est croire et le souhaiter sans le savoir que jusqu'à cette date, Gbagbo sera encore en prison. Sinon, sincèrement pour une élection qui aura lieu jusqu'en Octobre 2015, pourquoi peut-il avoir déjà des désaccords en notre sein si ce n'est pas pour nous déstabiliser nous-mêmes. S'il vous plaît, ne faisons pas le jeu de ceux qui pensent que c'est fini pour Gbagbo, figure emblématique de la lutte pour la libération de l'Afrique. Moi je pense que Affi sera un jour PR, peut être plus tôt en 2015, mais tout va dépendre de l'aptitude de Gbagbo à diriger la lutte s'il sort de prison avant cette date. »

Marat. Je résume. Le premier intervenant trouve que l’érection du débat sur la prétention d’Affi de devenir président de la république à la place du camarade Laurent Gbagbo est une malice des hommes d’en face qui veulent nous distraire de la véritable feuille de route de la nouvelle vitalité du FPI. Je note ici le fait que l’érection du débat n’a pas dépendu du front de la résistance. Il serait donc herculéen de vouloir le clore. Même si par pudeur pour le combat, nous refusons d’en parler, cela n’empêchera pas les ennemis de dire qu’Affi « y pense en se rasant le matin ». Le projet du second intervenant de clore le débat est donc naturellement voué à l’échec. Toutefois, Arsène Dogba a le mérite de nous ramener à l’essentiel en brandissant textes et procédures du parti. C’est le dernier blogueur qui met les pieds dans le plat en disant tout haut ce que les autres ont pensé bas. Il pense que Laurent Gbagbo est le fétiche qu’il faut préserver dans la lutte pour la restauration de la Côte d’Ivoire. C’est un fait. J’avoue que je continue d’être dans cet état d’esprit, sauf que devant l’histoire qui génère ce débat, mon esprit critique ne peut s’empêcher de prendre du recul devant la palissade mentale. Ma première question est donc la suivante : suis-je différent de tous les "adorateurs" et Bédéistes qui ont mis ce pays à sac au nom de cette idée demeurée fixe que Ouattara doit nous gouverner à tout pris et Bédié doit retrouver le fauteuil présidentiel perdu en 1999 ?
Par pur principe de justice et de liberté, Laurent Gbagbo doit sortir de la Haye et même revenir occuper la présidence après qu’on ait fermé cette parenthèse honteuse de la violation de ses droits. Mais étant donné qu’il n’est pas le seul, dans l’histoire de notre nation, dont les droits ont été bafoués, il m’apparait simplement comme le symbole qui cristallise toutes les frustrations et dont le rétablissement des droits peut avoir une fonction cathartique sur toutes les victimes de l’impérialisme. En revanche, si cette résistance ou lutte cesse de recouvrir cette dimension symbolique et universelle pour se fixer sur la personne de Gbagbo, nous ne seront pas à l’abri d’un autre débat plus pernicieux et plus nocif pour le front de lutte que soulèverons les ennemis de la nation autour de la spécificité de la personne du Président Gbagbo. « Il est bété… il est de l’ouest… il est chrétien…il a déjà fait dix ans au pouvoir pourquoi devrait-il revenir là où Bédié n’a jamais retrouvé son fauteuil et là où Ouattara n’a fait que 5 ans… ». Pouvons-nous, nous prémunir de tels niveaux de débats si nous nous obstinons à prendre le camarade Gbagbo pour un fétiche intouchable ? Nous sommes sans ignorer que c’est ainsi, en gourou clanique et ethnique que Bédié et Ouattara sont arrivé à la politique et ont mis à sac ce pays. C’est le culte de ces personnes qui conduit aujourd’hui leur mouvement politique à la perdition. Les militants ont tué Dieu et mis leur leader à sa place. Ils se rendent compte que leurs dieux sont aussi mortels qu’eux-mêmes. C’est en sa capacité de prendre de la hauteur par rapport à toutes ces considérations schizogamiques que Laurent Gbagbo est devenu le symbole de notre égalité citoyenne, de notre démocratie et de notre liberté. C’est donc lui-même, au nom de toutes ces valeurs politiques, qui nous mettrait en garde contre notre penchant de déification de sa personne. La lutte pour sa liberté ne devrait empêcher personne d’avoir des ambitions politiques. Le camarade Laurent Gbagbo reviendra certainement au pouvoir selon la mystique de l’histoire et de la démocratie et non parce qu’on aura fait lui un bouddha. NB : ceci n’est pas un reniement encore moins un froid sur la détermination à conquérir notre dignité d’être humain à travers le retour de Gbagbo au pouvoir. C’est simplement une invitation à compter avec nos ambitions naturelles et individuelles sur le front de la lutte. On ne peut reprocher à Affi de puiser sa motivation dans l’ambition, du reste légitime, de succéder un jour au camarade Gbagbo.

Joseph Marat

lundi, 23 septembre 2013

Ouattara ne libère personne

Vous avez certainement rectifié de vous-même. Ouattara ne libère en fait personne. Le communiqué du conseil de ministres précipité le vendredi dernier n’était qu’un immense coup de communication orchestré par un gouvernement qui veut gagner du temps. Ouattara est rentré de Bamako où il a eu droit, selon des indiscrétions, à un véritable réquisitoire de François Hollande. Celui-ci n’aurait pas cherché ses mots pour lui dire de libérer tous les prisonniers politiques et d’entrer en discussion véritable avec son opposition le FPI. Comme ces personnes peu ordinaires qui regardent le doigt qui leur montre la lune, Ouattara est rentré à Abidjan, a convoqué un conseil des ministres pour annoncer, sans les avoir au préalable identifiés, qu’il libère 3000 prisonniers et qu’il renonce à transféré Simone Gbagbo à la Haye. Ceux qui comme moi s’en sont tenu aux effets d’annonce, sont allé en weekend avec l’idée que Ouattara va vider les goulags ivoiriens de tous ses prisonniers politiques. Même certains organes de l’opposition, d’habitude très vigilants, sont tombés dans le panneau de cette vaste opération de communication du tortionnaire de Kong. J’étais encore dans les vapes de ce coup de théâtre de Ouattara quand un ami m’a tendu le communiqué lu par le porte parole du gouvernement et qui stipulait exactement ceci : « Sont exclus du bénéfice de cette grâce, les auteurs d’infractions militaires, de crimes de sang, d´atteintes à la sûreté de l’Etat, de vols de nuit, de vols en réunion, de vols avec effraction ou à main armée, de viols, d´attentats aux mœurs (attentat à la pudeur, abus sexuels contre des personnes mineures), d´enlèvements d’enfants, d’évasions, de trafics de stupéfiants et d’infractions contre les biens ( abus de confiance et escroquerie, extorsions de fonds), et les auteurs de détournements de fonds publics. »

Après lecture de cette longue liste des personnes non concernées, je me suis demandé s’il n’aurait pas été plus simple de faire droit à la rigueur administrative en ne faisant que la liste des concernés. Il y a là visiblement une volonté de vouloir perdre les autres et de ruser pour ne pas tenir la parole donnée. Mon informateur m’a posé une question toute simple : penses-tu qu’il est possible de trouver 3000 prisonniers en dehors de cette liste ? En réalité, là n’est pas le problème. Avec un seul délit dit mineur le régime-prison d’Alassane est capable de dresser une liste de plusieurs milliers d’individus. la question que je me pose par contre est celle-ci : pourquoi Ouattara fait-il un conseil de ministres extraordinaire pour gracier des prisonniers de droit commun ou de délits mineurs, au moment où on attend qu’il libère les innocents rescapés de sa guerre postélectorale qu’il a incarcérés par pur sentiment mesquin de vengeance ? Quel est l’intérêt de vider les prisons ivoiriennes de ses véritables pensionnaires ? C’est très curieux pour quelqu’un qui continue de se prendre pour le messie de l’impunité zéro ? A quoi rime cette comédie ? Quelqu’un répond qu’il veut gagner du temps ! Bizarre.

Joseph Marat

mercredi, 18 septembre 2013

Mahan Gahé a été victime d’un contrat !

C’était la consternation totale hier devant le message qui m’annonce le décès de Mahan Gahé, le Secrétaire général de la Centrale syndicale Dignité. Un grand Monsieur vient de tombé. Notre pays perd l’un de ses grands leaders d’opinion au bout de 18 mois d’incarcération dans l’un des camps de concentration de la dramanie. Et sur le coup je m’inquiète pour tous les prisonniers politiques de Ouattara. Nous reviendront-ils en bonne santé ? Ou ont-ils été programmés, de façon métabolique, pour finir au bout de 1 ou 2 ans de liberté ? La question n’est pas anodine quand on connait la perfidie de ceux qui nous gouvernent. Bref…à suivre.
Le peuple de Côte d’Ivoire pleure un grand syndicaliste qui avait fait du combat, pour l’amélioration de la condition des travailleurs ivoiriens, un sacerdoce. Personne ne peut dire de lui qu’il a trahi une quelconque lutte ou qu’il a été partisan parce c’est naturellement qu’il était de gauche. Sa vocation indiquait sa position sur toutes les questions sociales. Il était dans le camp opposé au patronat. Il était pour le droit et l’épanouissement de celui qui travaille. Il était forcement contre l’esclavagisation du travail. Et on comprend donc aisément pourquoi ceux qui ont attaqué ce pays et dont le projet n’a jamais été autre que de nous assujettir ont pris le syndicaliste pour un politique et l’ont traité de la pire des façons. Quand ils ont su qu’il n’avait plus pour longtemps à vivre, ils l’ont libéré pour qu’il meure de ces blessures et du poison dans les bras des siens.
Un ami qui souffre énormément de la disparition de son partenaire dans la lutte m’a confié autour d’un café que le syndicalisme de Mahan Gahé n’est pas la cause profonde de l’acharnement des sbires de Ouattara sur sa personne. Il est convaincu que Mahan Gahé a été victime d’une machination beaucoup plus subtile et pernicieuse des personnes insoupçonnables qui ont fait le choix à un moment donné du pacte avec le diable. Au lendemain de Marcoussis le syndicaliste faisait partie de la Commission des Droits de l’Homme mis en place par le président Gbagbo. Elle était composée des représentants de toutes les parties présentes au sommet de Marcoussis et présidé par l’épouse de l’actuel président du Conseil Constitutionnel, Mme Francis Wodié. La Commission rendait publique son rapport annuel en tenant compte de toutes les sensibilités pour être chaque fois proche de l’objectivité jusqu'à ce qu’à la veille du 11 avril 201, en pleine réunion des commissaires, Mahan Gahé, avec le franc-parler qu’on lui connait demande à Victorine Wodié de démissionner si elle était désormais incapable de faire une lecture objective de la situation des droits de l’homme qui prévalait dans le pays. Cette dernière n’a pas caché qu’elle a été offusquée par une opinion contraire à la sienne en pleine réunion. Elle a suspendu les indemnités du commissaire Mahan Gahé, menaçant dans des confidences de lui faire payer son outrecuidance.
J’ai compris qu’il faut avoir été l’objet d’un contrat spécial pour subir une maltraitance qui vous broie les vertèbres cervicales, les côtes et la plupart des organes vitaux. Que Dieu nous garde !

Joseph Marat

Gardons les yeux ouverts

La fin de la semaine dernière a été marquée, par, ce qui est encore pour moi une rumeur persistante, le projet d’entrée du FPI au gouvernement. La donne semble même très intéressante. Cohabitation, reconfiguration du paysage politique en RHDP /LMP ou CNRD. La primature à Affi N’Guessan pour un gouvernement de 30 personnes. 15 ministres de part et d’autres. Ministères de souveraineté identifiés et occupés à part égale. Nous en sommes-la à vouloir reproduire un mode de gestion politique obsolète. Parce que celui que la communauté internationale avait pris pour un démocrate s’est révélé, au pied du mur, être un dictateur incompétent. Le pays est bloqué. Malgré toute l’armada d’énergie mise en œuvre pour lui assurer une gouvernance paisible, le manque de vision politique a enrayé la machine prédatrice. Cela change tout. On s’est rendu compte que le casting est mauvais, il faut donc sauver la mise. C’est ainsi qu’il faut comprendre que de l’arrogance et du snobisme de départ, l’homme de la communauté internationale soit aujourd’hui réduit, comme un automate, à exécuter un programme de réparation.
Tout un symbole. Affi N’Guessan n’est plus enfermé à la Pergola. Il fait des tournées, encadré par les FRCI. Qui l’eu cru ? Et son discours est plus acéré que celui qui le conduisit dans le goulag du nord. Apparemment Ouattara semble ne plus voir et entendre tout ce qui se fait et se dit. Il y a peu de temps qu’il suffisait d’un millième de tout cela pour être au minimum écroué. A-t-il été édenté ? En tout cas il semble que l’homme s’est souvenu de certaines vertus démocratiques. Ce sont l’inénarrable Joël N’Guessan et des crapuleux tolards comme Tapé Doh, qu’il envoie pour répondre au président du FPI. La répression systématique a subitement cédé la place au débat démocratique. On a subitement compris que le peuple ivoirien était suffisamment mûr pour se parler rationnellement. Même si, pour Tapé Doh, désormais plus flatteur que planteur, le discours rationnel est un discours injurieux, il faut saluer le vent de la démocratie qui revient, comme un boomerang, souffler sur la Côte d’Ivoire.
Mais, est-ce que cela n’est pas un peu trop facile ? Oui les Ivoiriens souffrent énormément du régime rétrograde d’Alassane Ouattara. Oui nous avons énormément envie de renouer avec les valeurs républicaines, seules gages de notre développement. Mais à quel prix ? Cette question mérite qu’on se la pose parce que ceux qui donnent l’impression de s’être trompés ne sont pas à leur dernier coup de ruse politique. Le sage de Scheveningen s’y trouve aujourd’hui parce qu’il avait les yeux suffisamment ouvert sur notre souveraineté. C’est parce qu’ils n’ont pas réussi à le prendre au piège de la ruse qu’ils en sont venus aux bombardements pour installer leur homme lige. Alors, ont-ils vraiment renoncé à leur projet initial, celui de continuer à sucer ce pays pour soutenir leur économie ? Ne faut-il pas nourrir une certaine suspicion légitime devant la pirouette de ceux qui ont délibérément, pendant longtemps, fermé les yeux sur les actes de dictature de Ouattara ?
Ma petite idée sur la question me vient de la réaction d’un internaute sur cette ouverture subite du gouvernement de Ouattara à l’opposition. Pour lui, le fait que la ouattarandie soit perçue comme une parenthèse constitutionnelle ne manque pas de faire peur aux puissances impérialistes. Le régime s’est endetté plus que de raison et c’est un investissement énorme qu’il faut craindre de perdre si on laissait un régime de rupture s’installer. Alors, un régime de transition dans la forme d’un gouvernement d’union est certainement la parade toute trouvée pour faire endosser à la continuité de l’Etat tous les engagements de Ouattara. Il faut peut-être y aller, mais il ne faut surtout pas éviter de garder les yeux ouverts.

Joseph Marat

vendredi, 13 septembre 2013

Oui, le Rdr doit avoir peur !

J’ai furtivement jeté un coup d’œil sur les Unes de couleurs autre que bleues hier. Pendant que l’un affichait « Réveil du FPI : le RDR doit-il avoir peur ?», l’autre, a mis dans son oreillette ceci : « le RDR doit se restructurer ». La veille c’est un papier rapportant la récente conférence de presse d’Adama Bictogo que je découvre sur mon mur. Ses mots, sonnent, pour moi, comme un désaveu de la gouvernance de son parti : « on ne peut pas réconcilier si on n’a pas une maîtrise des causes. Il faut qu’il y ait d’abord un cadre de règlement entre les politiques. Il faut trouver l’astuce de gérer le pays sans que certains ne se sentent spectateurs de la gestion de la Côte d’Ivoire. La réconciliation est un long processus. (…) Nous au pouvoir, nous avons besoin de faire plus d’efforts que ceux qui ne sont pas au pouvoir (…) L’administration qui doit refléter la Côte d’Ivoire dans sa diversité, une armée ouverte, une justice équitable pour tous (…) il faut donner la chance à tous les Ivoiriens d’où qu’ils viennent. La réconciliation doit naître des différentes concessions de part et d’autre que l’on doit consigner dans un répertoire ». Sur un autre support, je crois avoir lu que durant cette même entrevue avec la presse, il aurait même dit que le Rdr serait en train de devenir un petit parti. L’un dans l’autre, il n’y a pas à chercher midi à 14 h quant à la réponse à la question de savoir si le Rdr doit avoir peur de la renaissance du FPI. Oui, le Rdr doit avoir peur et c’est cette peur qui va l’emporter parce que le match retour se joue au domicile de l’autre. Pour entrer sur le terrain, il faut se dépouiller de tout ce qui faisait la force du parti d’Alassane Ouattara. C’est-à-dire abandonner les armes, les gris-gris, les mensonges, l’idéologie de la charte du nord traduite en rattrapage ethnique, la rébellion et la cruauté gratuite… Tout ce qui, en mon sens, fonctionnait comme des béquilles d’un handicapé politique ne seront plus des atouts là où il est désormais recommandé d’asseoir un véritable débat républicain. Dans ce match retour, dans cette nouvelle Côte d’Ivoire qui s’annonce, il faudra ressusciter les débats politiques contradictoires. Et dans cette confrontation qui disqualifie la force brutale, le Rdr devrait sortir ses arguments purement rationnels pour défendre son bilan et convaincre le peuple ivoirien de lui renouveler le bail de la gouvernance. Or, sur la question ce ne sont pas les dernières sorties d’Affi N’Guessan qui renseignent le peuple ivoirien sur les faiblesses politiques du parti au pouvoir. C’est le président de parti, Alassane Ouattara himself, qui a dit avoir échoué et c’est le Rdr lui-même qui avoue n’être pas vraiment prêt pour diriger un Etat moderne. Vouloir se restructurer après trois ans au pouvoir est un aveu de pagaille politique et d’incompétence.
Alors, oui, le Rdr doit s’apprêter à déposer tranquillement le tablier ou avoir peur de la résurgence du FPI. De toutes les façons, qui est cet assassin qui n’aurait pas eu peur de revoir sa victime après tous les coups mortels qu’il lui a porté. Le plus lucide d’entre eux, en l’occurrence Bictogo, leur rappelle simplement qu’ils doivent apprendre le métier. Laisser de côté toutes leurs pratiques de roturiers. Elles n’ont servi qu’à les rendre hideux politiquement. Sans quoi il faudra s’apprêter à fuir sa propre ombre.

Joseph Marat