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mercredi, 11 septembre 2013

Ne soyons pas naïfs

Nombreux sont ceux qui se sont rués sur la Une du journal l’Inter pour comprendre quel peut bien être ce piège que Ouattara tend au FPI, ce parti de Laurent Gbagbo qui a actuellement le vent en poupe. J’avoue que je ne suis pas allé jusqu’au bout de l’article pour comprendre qu’il s’agit en fait des signaux d’ouverture démocratique que Alassane Ouattara envoie à ses partenaires de la communauté dite internationale en permettant à son opposition de s’exprimer sur les antennes de la radio et télévision nationales. C’est un exploit pour le dictateur qui avait feint d’être un démocrate sans opposition. Et le journaliste l’a bien relevé : « Le N°1 ivoirien veut surtout faire droit à cette requête persistante de la communauté internationale qui reste attachée aux questions des droits de l'homme et de démocratie. Et la marge de manœuvre accordée à l'opposition constitue l'un des baromètres sur lesquels les organismes internationaux se fondent pour évaluer le degré de démocratie dans un pays. »
Il ajoute en revanche que la fameuse phrase du président du FPI qui lors de son investiture avait dit que le temps joue contre Ouattara, dans une sorte de cercle vicieux, vaut aussi pour l’opposition. En clair les signes d’ouverture de Ouattara doivent permettre à ses opposants de se ruer dans son gouvernement et y travailler à reformer les structures électorales pour ne pas être pris de court au bout des deux petites années qui restent avant les élections de 2015.
Conseil avisé, mais essentiellement superficiel. Et le piège reste cette petite rhétorique qui consiste à dire que le pouvoir tend la main, fait sa part d’effort, reste à l’opposition de répondre favorablement pour que le tour soit joué. C’est niais. Et c’est à cause de ces considérations superfétatoires bien plus émotionnelles que rationnelles que nous faisons du surplace en politique dans nos Etats en voie de « sous développement ». Ouattara n’a encore rien fait sur la voie de la démocratisation et des libertés individuelles dans ce pays pour qu’on considère que la balle est désormais dans le camp de l’opposition. Ce n’est pas à l’opposition d’engager les reformes sur la commission électorale indépendante. L’opposition est dans son rôle, celle de critiquer l’action du gouvernement. Ce n’est pas quand elle se compromet dans un gouvernement d’union qu’elle le jouera mieux.
Sur l’échelle des signes de démocratie que Ouattara pourrait faire à la communauté internationale, il n’a encore rien fait parce que libérer les prisonniers politiques et les faire intervenir sur les chaines nationales ne comptent pas. Il à dû mal à combler un déficit démocratique qu’il n’aurait jamais dû créer. C’est plutôt sa capacité à mettre en place une commission électorale indépendante que ses soutiens d’hier attendent certainement comme signe démocratique. Le temps joue donc contre lui parce que la communauté dite internationale peut être naïve, mais les Ivoiriens, qui selon Affi N’Guessan ne sont pas masochistes et qui savent ce qui est bien pour eux, ne seront pas naïfs pour croire que Ouattara peut encore s’imposer à eux à travers des structures électorales à sa solde jusqu’en 2015. Le temps de la naïveté est passé. Nous savons désormais faire la part des camelotes politiques. Sur la voie de la démocratie, nous savons ce qui compte pour un Etat moderne. Nous ne prendrons pas les vessies de Ouattara pour des lanternes.

Joseph Marat

LETTRE AUX FRÈRES ET SŒURS SYRIENS. OBJET: « I HAVE A DRONE ».

Chers frères et sœurs syriens, j’ai décidé de vous écrire car comme hier mon pays, la Côte d’Ivoire, a été attaquée par la France Sarkozienne avec la complicité des Etats Unis d’Obama après avoir épuisé 8 ans durant une liste impressionnante de faux prétextes et aujourd’hui, si le congrès américain l’autorise, ses deux pays s’apprêtent à livrer bataille contre vous quel que soit le temps que cela prendra pour trouver le bon prétexte. Il est vrai que je continue, quand je n’ai pas le choix, de consommer français ou américain et donc je contribue au financement des armes qui s’apprêtent à vous « protéger » en vous tuant et vous poussant à l’exil pour occuper votre pays avec des apatrides armés qui seront demain plus syriens que vous. Ayant vécu en direct la crise ivoirienne, je constate que les arguments utilisés par les initiateurs de la guerre (courte guerre, frappes ciblées, pas de troupe au sol) pour tromper les opinions publiques pour arracher leur soutien, reviennent en force. Finalement, ils ont fait tout le contraire de ce qu’ils avaient promis et sont allés au-delà de ce que la résolution onusienne autorisait en Côte d’Ivoire.
En Côte d’Ivoire après les bombardements illégaux et injustifiés de Sarkozy qui ont ciblé les armes d’origine russe et laissé intact les armes d’origine française, le nombre de massacres et d’exécutions sommaires, d’emprisonnements arbitraires se sont multipliés sous le gouvernement de l’obligé de Sarkozy qui utilise des armes exclusivement françaises sans que la même émotion contre Laurent GBAGBO ne visite les champions de l’impunité et les protecteurs du peuple ivoirien. Hollande a-t-il tiré les bonnes leçons de la crise ivoirienne malgré le geste en faveur de la libération de quelques prisonniers politiques célèbres dont le Président du principal parti d’opposition ou applique-t-il la règle du pompier pyromane ? On se pose la question au regard de son attitude sur la question syrienne.
Ainsi, je m’en voudrais terriblement de ne pas vous faire partager l’expérience ivoirienne. J’ai donc décidé de vous écrire cette lettre…
Comme hier en Côte d’Ivoire, il était question de frappes ciblées, de courte durée, contre les armes lourdes que le Président légitime, légal de la République de Côte d’Ivoire était supposé utiliser contre son peuple c’est-à-dire ses propres électeurs.
Comme hier en Côte d’Ivoire, le Président Laurent GBAGBO aurait tué sept (7) femmes avec « ses armes lourdes » ; il est apparu que c’était un film tourné avec de vrais acteurs de cinéma pour émouvoir l’opinion publique et arracher une résolution de l’ONU.
Je suis convaincu que la fameuse ligne rouge franchie par votre Président avec des armes chimiques qu’il aurait utilisées contre son peuple est encore un film sorti des studios d’Hollywood et que même s’il y a eu utilisation d’armes chimiques, l’auteur direct n’est pas obligatoirement un pro-Bachar.
Je vous informe qu’en Côte d’Ivoire pendant la guerre de huit (8) ans de la France contre la Côte d’Ivoire, la France de Chirac n’a eu aucun scrupule à bombarder ses propres soldats à Bouaké, au centre de la Côte d’Ivoire, pour faire porter la responsabilité au Président GBAGBO et détruire toute la flotte aérienne d’origine russe de l’Etat ivoirien.
Je vous informe aussi que le Président GBAGBO a été arrêté, déporté à la Cour Pénale Internationale depuis 2011. Mais, jusqu’aujourd’hui, les accusateurs que sont la France, les USA, l’Union Européenne avec la contribution de tous les services secrets qui ont brandi aux yeux du monde entier les preuves du massacre des sept (7) femmes par Laurent GBAGBO, n’ont pas pu apporter, après trois ans d’enquête, le moindre élément factuel solide pour convaincre les Juges de la CPI attestant la culpabilité de Laurent GBAGBO d'avoir tué ces femmes et encore moins à l'arme lourde.
Comme hier en Côte d’Ivoire, ils ont tous criés que le crime contre ces femmes ne peut rester impuni mais par contre leur agent installé au pouvoir a massacré 800 personnes de même ethnie avec des armes d’origine française, un véritable génocide qui reste aujourd’hui impuni.
Comme hier en Côte d’Ivoire, Laurent GBAGBO a été désigné comme co-auteur indirect du massacre de son peuple, mais jusqu’aujourd’hui les auteurs directs n’ont toujours pas été identifiés pour qu’ils désignent leur donneur d’ordre. De même, Bachar Al Hassad est désigné comme responsable d’utilisation d’armes chimiques sans qu’aucun coupable ne soit formellement identifié pour qu’il indique Bachar Al Hassad comme le donneur d’ordre. L’occident, parti pris au conflit, s’est érigé en juge du droit international contre le principe sacro-saint de la présomption d’innocence et décide de frapper la Syrie en ne faisant même pas l’hypothèse de la réaction des alliés de Bachar en cas de propagation des dégâts collatéraux comme au Mali ou pire, comme Pearl Harbour qui a précipité les USA dans la seconde guerre mondiale malgré leur neutralité initiale.
Ainsi les Etats occidentaux jouent avec le feu et hiérarchisent en grands frères et petits frères les Etats où les premiers jugent et frappent les seconds mettant de côté les institutions et règles qu’ils se sont librement données pour gérer les relations internationales entre Etats souverains. Nous constatons que ces pays, les USA, la France et la Grande Bretagne qui se sont érigé "Shérifs planétaires" font partie du Top 10 des plus gros exportateurs d'armes au monde. Avouons-le tout net, l’ONU comme hier la société des nations, est aujourd’hui incapable de régler pacifiquement les relations entre nations souveraines face à la poussée des industries d’armement qui alimentent le nazisme économique : occupation militaire, domination monétaire et économique, consommation forcée, soumission, exécution ou contrainte à l’exil des populations.
Comme hier en Côte d’Ivoire, la première cible frappée par la France n’était plus uniquement les armes lourdes d’origine russe mais la télévision ivoirienne, l’Université d’Abidjan et le palais présidentiel qui a reçu à lui seul 50 bombes dont une qui a frappé le mur de la chambre du Président, heureusement il n’était pas dans sa chambre.
Je suis convaincu que ça sera les mêmes cibles chez vous avec le même objectif : Eliminer les seules armes lourdes qu’ils recherchent : Bachar Al Assad et l’Etat Syrien ; détruire tout l’arsenal militaire d’origine non occidentale. L’arrestation du Président GBAGBO ayant permis de mettre à nu le complot et les mensonges d’Etat servis à la communauté internationale, je suis convaincu d’une chose : Bachar Al Assad et l’Etat Syrien subiront le même sort que KADHAFI ou SADDAM HUSSEIN et leurs états respectifs si le monde entier continue de rester sourd et aveugle au nazisme économique de l’occident en crise.
Comme hier en Côte d’Ivoire, le terme « courte période » n’étant pas normalisé par l’ONU seul le temps pour arrêter ou tuer Bachar et décimé l’Etat Syrien, sera le temps que prendront les bombardements. En une seule journée, plusieurs cibles peuvent être atteintes par les missiles Tomahawk. En Libye, pour la seule journée du 19 mars 2011, l’OTAN a tiré 124 missiles Tomahawk et touché une vingtaine de cibles. En Côte d’Ivoire, ces bombardements par la France ont commencé le 28 Mars 2011 pour se terminer le 11 Avril 2011, date de l’arrestation du Président Laurent GBAGBO mais la guerre des rebelles armés par la France de Chirac et de Sarkozy a démarré le 19 septembre 2002 pour prendre fin le 11 avril 2011.
Comme hier en Côte d’Ivoire, le 11 avril 2011, contrairement aux déclarations initiales qui ne prévoyaient pas de troupes au sol, ce sont les troupes françaises qui sont descendues sur le terrain à bord d’une cinquantaine de chars pour prendre possession du palais présidentiel ayant résisté à la pluie de bombes pour arrêter le Président Laurent GBAGBO.
Comme hier en Côte d’Ivoire, sachez, chers frères et sœurs que pendant cette « courte période », tout l’appareil d’Etat sera détruit, le peuple syrien sera enfermé chacun chez lui sans eau, sans électricité, sans gaz avec tous les hôpitaux, pharmacies et commerces fermés. Les malades mourront dans les hôpitaux, les femmes enceintes accoucheront à domicile et celles qui auront besoin d’une césarienne mourront, les bébés seront privés de lait. La faim, la soif, la maladie seront vos amis. Les toilettes de vos maisons seront remplies et vous dormirez avec vos urines et vos déchets. Les missiles Tomahawk, équipées souvent d’ogives nucléaires ne feront pas la différence entre pro et anti-Bachar. Les cadavres seront ramassés, incinérés et les cendres jetées à la mer pour effacer les traces et faire croire que les frappes étaient des frappes chirurgicales sans effet collatéral. Tout cela se passera hors caméra.
Paradoxe des paradoxes, punir un « présumé coupable » reviendra à punir des innocents. Autre paradoxe : punir un chef d’état supposé avoir violé le droit international passera par la violation de ce même droit édicté par la charte des Nations Unies qui recommande l’accord du conseil de sécurité pour l’usage de la force dans les relations entre états souverains sauf en cas de légitime défense. Sommes-nous dans un cas de légitime défense ? Certainement pas. Quel est l’avenir de l’ONU en cas de « frappes punitives » sans son aval ? Un machin qui risque de disparaitre comme son géniteur : la SDN. Quel est l’avenir de la Syrie en cas de frappes ? Une poudrière djihadiste.
Chers frères et sœurs, sachez que quand l’industrie militaire a soif de profit, la vie, la morale et le droit ont peu d’utilité et les commerçants de la mort n’ont pas de limites.
Comme hier en Côte d’Ivoire, la destruction de l’appareil d’Etat exposera le pays à un pillage sans précédent des commerces et des domiciles.
Comme hier et aujourd’hui en Côte d’Ivoire la destruction de l’appareil d’Etat ouvrira tout le pays à une foule de rebelles sans foi ni loi, qui se proclameront Syriens à la place des Syriens, exécutant sur dénonciation tous ceux qui seront de loin ou de près désigné pro-Bachar. Une foule de Syrien sera contrainte à l’exil, sans protection contre la faim ou d’un simple abri de la part de ceux qui sont soi-disant, venus vous protéger, abandonnant ainsi champs, commerces, usines, domiciles entre les mains de rebelles sans identité fixe qui s’en approprieront à souhait.
Comme hier en Côte d’Ivoire, même les bénéficiaires du complot qui seront à la tête du pays n’auront pas la main mise sur cette foule de rebelles et le pays sera exposé à une insécurité permanente. La punition frappera donc tous les innocents qui vivront au rythme des exécutions sommaires, des arrestations arbitraires, des tortures et des emprisonnements. Tout ceci se passera hors camera.
Comme hier en Côte d’Ivoire, tous ceux qui étaient venus avec le prétexte de vous protéger, ne parleront plus de vous dans leurs medias. Ils fermeront les yeux sur les massacres quotidiens des nouveaux seigneurs de guerre et leurs parrains installeront les principes du nazisme économique pour vous vendre de nouvelles armes sous prétexte de reconstruction de l’armée et pomper en silence sans taxe ni autorisation toutes les richesses du sol et du sous-sol au nom de la démocratie et des droit de l’homme.
Comme hier en Côte d’Ivoire, cette guerre intervient au moment où les USA sont proches de la cessation de payement. La France, quant à elle, recherche désespérément une croissance économique et vient de recevoir, comme par enchantement, une commande de un (1) milliard d’Euros de l’Arabie Saoudite, principal financier et allié de la rébellion Syrienne et des USA dans la crise syrienne. Est-ce pour acheter la participation de la France et son soutien indéfectible à la guerre ? Car l’histoire n'avait-elle pas donné raison à la France quant à sa position de "non participant" à la 2ème guerre américaine contre l’Irak ? Secret d’État. Cette hésitation dans le camp européen montre à quel point cette guerre pour punir Bashar, est difficilement justifiable.
La défection européenne est venue de là où personne ne l’attendait : Londres.
Comme hier en Côte d’Ivoire, sachez, chers frères et sœurs, que cette guerre n’est pas pour vous protéger mais pour protéger l’industrie d’armement de ces pays « shérifs de la terre » qui maquille leur commerce de la mort par une action humanitaire. Sinon, ils allaient commencer par protéger les millions d’exilés sans toit et ils n’auraient pas craint la présence des experts de l’ONU qu’on pressait de quitter les lieux pour cause de bombardement imminent. C’est pour protéger l’industrie d’armement en prenant possession de votre économie par la force après avoir accompagné certains d’entre vous au cimetière ou en exil.
Comme hier pour le cacao ivoirien, le financement de cette guerre sera fait par l’étranglement du marché du pétrole pour faire flamber les prix au profit des pétrodollars qui soutiennent et financent la rébellion. Tout le monde entier sera puni en payant cette guerre pour le malheur des syriens et pour le bonheur éphémère de l’industrie militaire américaine qui sera momentanément sauvée de la faillite, le temps d’une autre cible et d’une autre crise de surproduction d’armes.
Chers frères et sœurs syriens, sachez que la Côte d’Ivoire a souffert et souffre encore, comme plusieurs autres pays, de ce nazisme économique et que vous pouvez l’éviter si vous opter franchement et sincèrement pour un compromis politique quel que soit le temps que prendront les négociations afin de préserver le bien le plus précieux d’un pays : l’Etat.
Je sais que certains de vous n’aiment pas Bachar, mais je vous en prie, aimez votre pays et évitez de mettre sous la guillotine la tête de Bachar, en même temps que votre pays !
Vous le regretterez comme c’est le cas aujourd’hui pour beaucoup d’Ivoiriens, entre autres, qui ont soutenus la rébellion et ses alliés. Car demain, ce seront leurs experts (militaires, économistes, santé, etc.) qui viendront vous dicter la gestion de votre pays, alors vous découvrirez que la Syrie est sous tutelle.
Si le besoin de punir peut faire avancer la résolution du conflit, il ne revient pas à l’exécutif d’un autre pays de faire justice, le mode d’identification des coupables et leur punition peut faire partie de la solution politique.
Chers frères et sœurs, Obama s’était battu contre la guerre de Bush en Irak parce qu’il avait jugé les preuves insuffisantes et l’intervention sans l’ONU illégale. Il se présente comme l’héritier du plus pacifique des américains : Martin Luther KING qui avait lancé la fameuse formule « I have a dream ». Obama peut être fier de l’héritage en lançant « I have a drone ». De même Hollande s’est opposée à la guerre de Bush contre l’Irak pour les mêmes raisons et s’est retiré de l’Afghanistan pour faire des économies. Ils étaient tous deux convaincus que la crise économique et la réduction du chômage pouvaient être résolues sans faire la guerre comme Bush. Face à la concurrence des pays émergents, l’économie de marché ne marche plus pour l’occident. Le secteur de l’industrie des armes est le seul sauveur. La guerre suivie de l’occupation militaire et économique en accompagnant des citoyens du pays occupé au cimetière et en exil, restent l’unique alternative pour réduire le chômage, le déficit de la balance commerciale, le déficit budgétaire et financer la croissance. Même cette solution est devenue éphémère et ne profite qu’aux paradis fiscaux et quelques intérêts privés. Ironie du sort, Obama, prix Nobel de la paix, héritier de Martin Luther King, fait la guerre avec Hollande dans les mêmes conditions que Bush pour tenter de redresser leur économie. Ils font leur devoir de Président élu pour donner de l’emploi à leurs concitoyens et protéger leurs industries stratégiques.
Chers frères et sœurs, faites le vôtre en disant non à la guerre et oui à une solution politique pour protéger vos domiciles, vos activités économiques et vos emplois. Je vous préviens, vous regretterai tout autre choix.
Chers frères et sœurs Syriens,
Je sais que vous n’aurez pas cette lettre car aucune presse internationale n’osera la publier. Je la considère comme une bouteille à la mer.


Par le Dr Cheick DIABATE
Enseignant chercheur, Université du Colorado



mardi, 10 septembre 2013

De l’art de la guerre

Vigilance aujourd’hui et vigilance demain. Le plus grand ennemi du vent favorable a toujours été l’excès de confiance, l’’idée d’avoir déjà gagné avant même d’avoir combattu. La sous-estimation de l’ennemi ou de l’adversaire a toujours été le premier obstacle à la victoire. Les enseignements que je tire des 13 articles de Sun Tse sur L’art de la guerre, des conversations que j’ai avec des amis, de mes lectures et observations se résume en ceci : la paix est un état de guerre. Le démocrate doit cultiver l’art d’être vigilant parce que quelle que soit la faveur qu’on lui fait, il ne doit jamais oublier qu’il est constamment en état de guerre pour la promotion de ses idées. La politique en temps de paix est une autre facette de la guerre armée. Sun Tse dans le troisième article de son livre dit ceci : « la prudence et la fermeté d’une petite force peuvent arriver à lasser et à maitriser même une nombreuse armée »
Un excellent article de Géraldine Diomandé et une très bonne interview de Aimé Kabran Appiah réalisé par Audrey Touré dans le journal AUJOURD’HUI du vendredi 06 septembre dernier m’ont fait entrevoir la configuration politique qui prévaut en Côte d’ivoire et la ruse de ceux qui sont en face. Deux éléments forts m’ont frappé à la suite des articles cités plus haut. Sous la plume de Géraldine Diomandé il ya les confidences de Phillip Carter III et Kabran Appiah avec le phrasée qu’on lui connait, qui nous enseignent que nous sommes dans une guerre dont l’objectif final est de nous soumettre. Aussi me suis-je demandé si les confidences d’un diplomate sulfureux comme Phillip Carter III n’est pas le Cheval de Troie autour duquel il faut forcement éviter de danser ? Ce dernier qui représente symboliquement ici toute cette communauté dite internationale et qui donne l’impression d’être déçu et d’avoir lâché Ouattara a-t-il vraiment changé ? Faut-il croire que le loup a renoncé à l’agneau ou bien sommes-nous dans une stratégie plus raffinée de prédation ? Les démocrates ivoiriens doivent avoir constamment à l’esprit cette question pour ne pas sombrer dans l’euphorie du candide politique qui avale toutes les confidences de ses ennemis, se fie à toutes les prophéties et s’endort aux pieds du cadeau empoisonné.
Cette communauté dite internationale qui s’empresse de libérer tous les prisonniers politiques ivoiriens, exigent au régime de Ouattara le retour des exilés et semble se résoudre à libérer le Président Laurent Gbagbo ne s’empêche pas, pendant ce temps, de créer selon les termes du juriste Kabran Appiah, la plus grande ethnie politique en Côte d’Ivoire. La loi sur l’apatridie est suffisamment claire. Les 26 % d’étrangers peuvent sur simple déclaration (aucun mécanisme n’est prévu pour détecter si celui qui vient réclamer la nationalité ivoirienne est déjà Malien, Burkinabé, Guinéen, ghanéen, Chinois, Brésilien, français…) devenir ivoiriens et contrôler l’issue de toutes les élections en Côte d’ivoire. Alors en cautionnant la mise en place d’une telle loi pendant que nous célébrons la simple idée de la libération de celui qu’on n’aurait jamais dû emprisonner, je me demande si à notre propre jeu de démocratie, les prédateurs impérialistes ne sont pas en train de nous battre ?
Il m’est arrivé par deux fois, d’avoir froid dans le dos la semaine dernière. Deux conversations sur les stratégies politiques m’ont montré jusqu’où sont prêts à aller les puissants de ce monde pour conserver les privilèges de leur domination. Quand vous sortez de ce type d’échanges vous guérissez quelque peu de votre naïveté et comprenez à quel point ce qui, pour vous, était livresque recouvre toute la réalité. Quand le philosophe allemand Friedrich Nietzsche parle du surhomme, j’avoue que j’étais de ceux qui pensaient que le philosophe relatait une allégorie qu’Adolph Hitler a mimée maladroitement ou une réalité sempiternellement à venir. J’étais loin de penser qu’il décrivait avec exactitude la mentalité de ces « hommes sans Dieu, sans limite qui nous gouvernent. Ils sont prêts à tout pour consolider leur volonté de puissance. Et il faut se détromper. Il ne faut surtout pas croire que les notions de démocratie, de paix, de justice, d’égalité, du vivre ensemble… sont des valeurs en-soi pour eux. Ce sont des concepts qui fonctionnent comme des ouvrières de leur désir d’assujettir. Ils sont par delà le bien et le mal. Ils peuvent faire la guerre sous prétexte de rechercher la paix ; prétendre défendre les libertés individuelles et cautionner un régime liberticide ; réclamer la démocratie et bombarder des Institutions d’une république au détriment du recomptage des voies ou destituer un président démocratiquement élu… pourvu que leur domination soit préservée.
Le premier avec qui j’ai conversé sur la question des stratégies politiques est un ancien refugié politique au Togo. Il trouve que le FPI ou le mouvement pro-Gbagbo n’est pas suffisamment discret sur sa stratégie de reconquête du pouvoir. Il se demande même s’il en a une et que dans notre euphorie démocratique nous avons tendance à oublier que nous avons affaire à des hommes qui « ont tué Dieu » pour prendre sa place. C’est l’exemple de la possible perfidie de ces immoralistes qui pique mon attention. Il relève que même si on est tous d’avis que les prisonniers politiques ne retourneront plus en prison, il ne faut pas perdre de vue que nos ennemis sont capables de nous pousser à la faute d’un mouvement dit insurrectionnel pour éliminer ceux dont l’emprisonnement dérange. L’aile dure de la rébellion ivoirienne fait d’ailleurs des confidences de son regret de n’avoir pas éliminé le Président Gbagbo lors du bombardement de sa résidence.
Le second interlocuteur a lu un excellent livre de Luc Ferry sur le mouvement écologiste (Le nouvel ordre écologique). Ce mouvement que je n’aurais jamais soupçonné de criminel m’a apparu comme l’idéologie politique la plus dangereuse de toutes, au bout de deux phrases sur son réel fondement. La terre se porterait mieux avec un milliard d’habitants. Nous sommes aujourd’hui à près de sept milliards. L’option de la guerre là où on peut trouver une solution politique ne relève donc pas d’un principe moral de construire la paix. Il répond à l’objectif de sauvegarder la nature et augmenter l’espace vitale des puissants en débarrassant la terre de ses parasites humains.
Devant ces prédateurs sans moral, les démocrates ont leur conviction, leur foi. Bien. Mais cela suffit-il ? Ont-ils une stratégie ? Cette question est simplement rhétorique et interpellative parce que ce n’est pas sur la place publique qu’on parle de stratégie de guerre.

Joseph Marat

vendredi, 06 septembre 2013

« La paix n’est pas un mouroir. »

J’ai aimé donner ce titre à cet aphorisme. Je le tiens d’un sage avec qui j’ai un commerce intellectuel assez nourrissant sur toutes les questions d’actualité. Il refuse d’ailleurs que je lui dise qu’il est un sage. Mais j’ai aussi compris qu’il n’y a pas plusieurs manières de ne pas m’en dissuader. C’est l’heureux signe de la modestie qui hante constamment les élus de la muse philosophique. Socrate disait constamment que tout ce qu’il sait c’est qu’il ne sait rien. Il n’a pas moins été le père de la civilisation occidentale.
Je devisais tranquillement avec lui, sur des sujets brulants de l’actualité du pays quand, dans une sorte de dépit assez mesuré, reprouvant l’attitude morbide de ceux qui nous dirigent actuellement et qui ne font rien pour soulager le peuple du misérabilisme croissant, le sage me sort cette idée concise et incisive : « la paix n’est pas un mouroir ! Autant on s’est donné les moyens de financer la guerre autant il faut se donner les moyens de financer la paix. Aujourd’hui toutes les régions, sans exception, réclame au pouvoir la réalisation de ses promesses de pluies de milliards. Elles ne peuvent plus attendre… » Nous venions de parler de la tournée de Soro Guillaume à Gagnoa. De son arrogance devant la misère du peuple. Selon les chiffres de la mansuétude de l’envoyé de Ouattara à Gagnoa, il a non seulement déçu par ses propos, mais il a surtout tué tout espoir d’espérer que lui et son gourou tiennent leur promesse d’assurer le bien-être des ivoiriens. Le bilan du déplacement de l’ex-rebelle ivoirien à Gagnoa nous a confirmé qu’il a pris la décision expresse d’aller narguer les Gôgnoa. Devant la litanie des souffrances de la population de Ouragahio, il aurait même dit ceci au maire de la localité : « Et ton frère qui était là au pouvoir qu’a-t-il fait pour vous sortir de la misère ? » De la part d’un homme qui ambitionne diriger un Etat moderne… il faut se dire que ce n’est pas demain la veille de notre sortie du sous-développement mentale.
Cette sortie du sage m’a rappelé une autre conversation que j’avais eu avec un militant d’en face qui m’a interpellé un jour sur la relative accalmie du pays depuis que Ouattara est au pouvoir. C’était pour lui le signe que le "bravetchè" est l’homme de la situation. Il n’y a qu’avec son mentor que nous pouvons vivre autant en paix. J’ai eu la réplique adéquate mais j’étais loin de penser que la paix signifiait autre chose que l’absence de guerre. Je lui ai simplement dit que la guerre dans un pays est toujours le fait d’une opposition barbare. Et son bravetchè avait la chance d’avoir en face lui une opposition civilisée, des démocrates. Je ne me rendais pas compte que je faisais une réplique partielle, que je disais une demi-vérité. « La paix n’est pas un mouroir » m’a, l’instant de quelques secondes, ouvert les yeux sur l’autre dimension de la guerre dans laquelle nous sommes tous plongés. Ils ont compté près de 3000 morts qu’ils ont passés aux armes pendant la phase armée de la guerre qu’ils faisaient à la Côte d’Ivoire, mais sait-on combien meurent de faim, de maladie, d’insécurité…tous les jours dans ce pays ? Cela n’est pas spécifique à la Cote d’Ivoire. Mais Où avez- vous vu les rebelles d’hier se retrousser les manches pour prendre à bras le corps la lutte contre cette misère qui gangrène notre pays. Avons-nous vraiment l’impression que Ouattara voyage beaucoup pour sortir ce pays du sous développement ?

Joseph Marat

lundi, 02 septembre 2013

Soro, Nyamsi fait mal le boulot !

Franklin Nyamsi est l’ivoiro-franco-camerounais qu’il faut s’habituer à voir dans l’entourage de Soro Guillaume. D’aucuns diront qu’ils ne le connaissent pas. Ce ne sera pas nouveau. Il faudra s’y faire. Il y’aura de plus en plus d’ivoiriens avec qui on n’aura pas fait le primaire, le collège et le lycée. Il est venu du Cameroun au début des années 90. Il a fait l’université d’Abidjan, là où je l’ai connu, épousé une ivoirienne et rallié la France. Il est aujourd’hui agrégé de philosophie et apparemment très Sorophile. Dans le cadre de cette dernière passion, il a accordé une interview de 3 pages au journal Inter du lundi26 août dernier. Il a été immense devant le pauvre journaliste qui n’avait pas assez de ressources pour être impertinent ou pertinent. C’est aussi cela le charme de celui que je continue de considérer comme un ami et qui après que je l’ai retrouvé par le biais de Face book m’a fait comprendre un jour qu’il ne voulait plus d’échanges avec moi. Après les premiers moments d’enthousiasme, l’ami m’a brutalement ferme la porte au nez parce que je devenais impertinent. Je ne comprenais pas qu’il soit devenu un défenseur acharné des "Visigoths" des temps modernes. J’ai récemment compris que 10 000 euros par mois valent bien le sacrifice d’une amitié qui veut empêcher de tourner en rond. J’avoue que j’ai eu un regain d’admiration pour le maitre de philosophie. Comment une telle intelligence pouvait passer à coté d’une telle aubaine ? Nyamsi mérite bien des milliers d’Euros là où des idiots, avec quelques coutelas et moignons de kalachnikov, amassent des milliards en dévalisant les banques centrales. Nous sommes par-delà le bien et le mal et nous nous comprenons.
Je tiens toutefois à signaler à Soro Guillaume que le casting est malavisé et le travail est par voie de conséquence mal fait. Soro doit se raviser s’il avait l’intention de pénétrer le monde des intellectuels en choisissant Franklin Nyamsi. Ce dernier sabote le travail parce qu’il prend justement ceux qui peuvent le comprendre pour des idiots. Il n’est certainement pas fautif parce que pour parler à l’intelligentsia ivoirienne, il faut la con-naître. Compulser des piles de fiches sur la Côte d’Ivoire ne suffit pas pour prendre l’avantage de la connaissance de ce peuple sur ceux qui ont tété à la mamelle de la patrie. Franklin Nyamsi doit faire ses classes, s’immerger d’avantage avant de nourrir la prétention de nous parler de nous-mêmes.
Après la lecture de son interview, il se dégage la nette impression que l’homme ignore beaucoup des ivoiriens. En Côte d’ivoire ce n’est pas en canonisant Guillaume Soro qu’on le vendrait le mieux. C’est une erreur de naïf. Il étale sa méconnaissance du pays en accablant le FPI de toutes les dérives d’agressivité politique pendant qu’il dresse des couronnes de démocrates sur la tête de ceux qu’on nous contraint à appeler ex-rebelles. Les ivoiriens ont compris depuis belle lurette que c’est pour éviter de faire un millième des sacrifices consentis par le FPI sur la voie des libertés individuelles et de la démocratie que Soro Guillaume a choisi la facilité de la « critique des armes » selon les termes de l’hagiographe Nyamsi. Et Soro le sait, lui qui a prétendu être de gauche à un moment de son histoire.
C’est aussi cette méconnaissance du marigot politique ivoirien qui conduit Nyamsi à traiter le parti de Laurent Gbagbo d’être atteint de « monomanie mentale ». Soit le compliment lui a échappé, soit il a manqué de remonter à l’hygiène totale du concept. Faire le contraire de ce qu’on dit doit avoir un autre nom que l’obsession du même. On est d’avis qu’avoir la manie d’une chose et son contraire est bien proche de l’obsession de deux choses que d’une seule puisque l’on n’est pas le même dans son contraire. Nous les partisans de Laurent Gbagbo, allons retenir le compliment parce que notre obsession pour la démocratie et toujours la démocratie n’est pas négociable tant qu’on aura en face de nous des gens atteint de polymanie mentale. Des personnes qui sont à la fois obsédées par la notion abstraite de démocratie et qui mettent des fusils sur la tempe du peuple, là où, il faut le consulter.
Pour d’autres raisons plus évidentes, Soro guillaume s’est trompé sur la personne de son nègre. Là où il aurait voulu qu’il lui serve de la philosophie critique pour redresser les effets de sa rébellion et lui tailler une image salubre de politicien, il lui sert du sophisme à partir d’une certaine hémiplégie mentale. L’homme s’assoit sur son esprit critique et croit pouvoir discourir sur la crise ivoirienne parce qu’il se dit qu’il suffit d’être cohérent. Le philosophe ne sait plus, quand il doit faire son boulot, que la cohérence du discours n’est pas un critère de vérité et que Hegel a déjà dit dans la Phénoménologie de l’esprit que « C’est le tout qui est vrai ». Tous les postulats de ses raisonnements sont au départ faux parce qu’il ne prend pas la peine lui-même de comprendre leur complexité. Il part des ragots sur l’ivoirité, sur la mort de Robert Guéi (comme s’il était présent), sur le rattrapage et l’exclusion ethniques et pense pouvoir persuader son auditoire. Nyamsi peut s’enfermer dans la caverne pour mérité son salaire. Mais qu’il sache que l’ivoirité par exemple, quelles que soient les connotations dont on charge le concept n’est rien d’autre que le simple fait d’être ivoirien. Il n’y a donc rien de scandaleux dans le fait d’être ivoiritaire. C’est même une attitude idéologique qui ne devrait pas scandaliser celui qui reconnait, dans la dernière interview, qu’on ne peut pas reprocher à Soro « d’avoir une conscience précise et aiguë de ses intérêts ». Nous sommes tous des hommes et participons tous, quel que soit ce qui nous différencie naturellement et socialement, à l’idée d’humanité. Cela ne fait pas de l’humanitaire un acte de renfermement identitaire. Et, pourquoi la recherche d’une identité nationale devrait être prise pour un acte criminel surtout quand on acense celui qui a pris les armes pour la charte du nord, un régionalisme plus étriqué ?
Nyamsi et moi sommes ivoiriens. Selon le principe juridique de l’égalité devant la loi, nous sommes égaux. Nous avons tous deux les mêmes droits que consacre d’ailleurs notre Loi Fondamentale et personne dans ce pays ne le conteste sauf les rebelles qui ont pris les armes à partir d’une nébuleuse : l’exclusion ethnique. En revanche, le débat intellectuel qui par principe est libre, critique et analytique peut bien se permettre de dire que malgré le nivellement de la loi, nous sommes différents parce que nous n’accédons pas tous à la nationalité de la même manière (par naissance, mariage, adoption, naturalisation…) et qu’à l’instar de tous les Etats modernes, il faut réguler toutes les manières d’y accéder. Le nier et recommander la pensée unique à ce sujet n’est pas digne d’un penseur. Mais, nous comprenons aussi cela parce que nos réminiscences sociologiques montrent qu’on ne saurait s’encombrer de toutes les complexités de la réalité quand avec la « critique des armes » on peut trancher dans le vif.
Il me faudra aussi trois bonnes page de journal pour relever toutes les superficialités incongrues de Nyamsi. Mais ce n’est pas à moi qu’on reverse par mois 6,56 millions de FCFA du butin d’une rébellion. Attention ! Ceci n’est pas une demande d’emploi parce que comme tout monomane démocrate mes convictions ne sont pas négociables.

Joseph Marat

vendredi, 30 août 2013

Clash ou non au PDCI

Un sage qui suit avec une attention particulière les changements de la vie politique ivoirienne m’a envoyé un courriel pour me dire de faire attention à ce qui se passe au PDCI. Djédjé Madi pourrait créer la surprise en donnant un coup de patte dans la fourmilière et transformer le visage politique de la Cote d’Ivoire en récupérant la tête du vieux parti de Félix Houphouët Boigny. C’est ce qu’il ajoute qui me surprend. Djédjé Madi est un Gbagbo de droite. Alors je réponds ceci « Quoi que Djédjé Madi ait fait ou dit au PDCI, je reste un spectateur froid des mouvements dans ce parti. Il a une idéologie qui m'amène toujours à regarder avec circonspection tous ses animateurs. Tu comprends que je suis de gauche et il faut plus pour m'impressionner. Je salue le réveil tardif de Djédjé Madi parce qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire, mais je reste froid parce qu'il n'y a pas que la stratégie en politique, il y a surtout la conviction en des valeurs républicaines. C'est en cela qu'il nous faut arrêter de comparer Madi à Gbagbo. Même si c'est pour dire qu'il est de droite. Les deux sont peut-être de grands stratèges. Le premier est par contre un opportuniste notoire. Je ne pense pas qu'il puisse prospérer avec sa stratégie actuelle dans ce parti où les opportunistes qui réussissent foisonnent ». Il m’a relancé, cette fois au téléphone pour dire qu’un intellectuel doit avoir l’esprit ouvert et éviter de s’enfermer dans une idéologie. Il n’a pas tort. Je me souviens que je n’ai pas pu lui dire la raison profonde, pratiquement freudienne, qui justifie mon attitude. Comme un phénoménologue sceptique je suis toutes les gesticulations de KKB à qui vient de s’ajouter le SG Djédjé Madi avec sa déclaration de candidature à la présidence du PDCI. Je reste mesuré en leur capacité à produire un véritable séisme dans la maison de Bédié. Je trouve même que nous assistons à une sorte de duplicité de la part des responsables de ce parti pour ne pas assumer le bilan de la gouvernance du RHDP et continuer à rester dans le jeu malgré l’échec patent de leur alliance au pouvoir. Ils ne nous ferons pas croire qu’on ne leur a pas dit qu’ils s’engageaient à s’asseoir à la table du diable. Je refuse d’être naïf pour ne pas croire que le patron du directoire du RHDP et l’un des gladiateurs de la campagne de Ouattara en 2010 se sont subitement senti interpelés par le salut de la République. Les ivoiriens aujourd’hui n’ont qu’une seule alternative c’est le retour du FPI au pouvoir. Je me garde donc d’écouter le chant des sirènes qui ont, en leur âme et conscience, embarqué ce pays dans une aventure aveugle et qui veulent, pour les mêmes intérêts mesquins de positionnement personnel, reprendre la main en faisant croire au peuple qu’ils ne sont plus les suiveurs de Bédié.
Ce qui, par contre me montre que, Bédié a désormais du mal à tenir ceux qui le suivent, c’est la sortie de Georges Ouégnin. Sur lui j’ai reçu l’information suivante de la part d’un ami qui le connait bien : « Georges Ouégnin (le cacique des caciques) est sortir du bois distiller les secrets qu'il voulait garder à jamais. (N'est-ce pas Georges Ouégnin qui déclarait à Jeune Afrique en 2002 qu'il n'écrirait pas le livre de ses mémoires de son vivant, car s'il parle ou écrit, il allait se faire encore des ennemis, et surtout, il allait perdre les amis qui lui restent encore.) Georges Ouégnin est un homme assez lucide. Mais il y'a des moments de l'histoire où il faut sortir du bois ! Et il le fait avec un certain doigté. » Cette information m’a conduit à lire la réplique du célèbre diplomate à ses détracteurs. J’avoue que Georges Ouégnin a eu de la répartie dans ce texte qui pour moi est le véritable signe du malaise au PDCI. La principale leçon de cette sotie est simple : c’est Bédié le véritable problème du parti et de ce pays. Il doit dégager. C’est alors que je me suis souvenu de cette conversion que j’ai eue avec un bédiéiste fanatique. Il m’a sorti l’idée que Bédié est un homme qui lit beaucoup. Je n’ai pu réagir en conséquence parce que comment apporter la preuve du contraire. Ce sont les révélations que Georges Ouégnin fait dans cette introduction à ses futures mémoires qui me convainquent que Bédié ne saurait lire des tonnes de bouquins ou bien ses lectures ne sont pas sérieuses. S’il lisait des livres sérieux, il aurait perçu dans la génuflexion de Ouégnin le condensé d’un message politique capital dans conduite des affaires d’un Etat comme la Côte d’Ivoire. Lorsqu’on hérite d’un chef de protocole comme lui, à la limite, on fait l’économie de certaines lectures, il suffit simplement de cultiver l’écoute pour apprendre. Je ne connais pas particulièrement cet homme qui est pratiquement devenu un mythe dans ce pays, mais je pense qu’on ne peut avoir été le chef de protocole, les yeux et les oreilles, pendant trois décennies de Félix Houphouët Boigny, un homme d’Etat qui a façonné quoi qu’on dise, l’être Ivoirien, sans être une bibliothèque vivante des connaissances politiquement utiles sur la côte d’Ivoire. Il faut être Bédié pour faire dire à Georges Ouégnin ce qui suit : « Si mes supplications avaient de l’effet sur M. Henri Konan Bédié, il n’y aurait jamais eu le 24 décembre 1999 et la Côte d’Ivoire aurait fait l’économie de toutes les meurtrissures, toutes les haines, tout le sang du peuple ivoirien versé inutilement depuis la disparition du père fondateur, Félix Houphouët Boigny. Je n’en dirai pas plus… » La suite du texte est même une menace directe. Alors quand le diplomate délaisse ainsi gants et pommade pour retrousser les manches, il faut comprendre que le malaise est profond au PDCI. Ce n’est pas parce que nous vouons un culte particulier au chef de protocole d’Houphouët que nous le distinguons des KKB et Djédjé Madi, qui font pire, mais ce monsieur qui a servi tous les régimes jusqu'à la plaie de Gbagbo avec la même constance nous a permis de prendre la mesure de la loyauté et du silence autour des secrets et convictions personnelles à un certain niveau de responsabilité étatique. Sous réserve du contenu des déballages qui vont suivre, je pense qu’il faut être politiquement nul pour ne pas profiter de lui et le pousser à trahir ses propres principes.

Joseph Marat

mardi, 27 août 2013

Gbagbo est un monument pour eux

Je m’en souviens comme si c’était hier de ce grand moment de télévision en 2003, au lendemain du sommet de Kleber qui jouxtait la table ronde de Marcoussis. Je me souviens de Laurent Gbagbo dans le rôle magistral qu’on lui connait dans l’histoire de notre jeune nation. Ce soir là, Il lui fallait convaincre le peuple de Côte d’Ivoire de faire asseoir sur sa table de conseils des ministres des gens comme Koné Mensamba, Tuo Fozie, des roturiers de l’armées rebelles, Konaté Sidiki, un bagagiste dont l’opportunisme se devine derrière le métier de manœuvre et un certain Soro Guillaume dont on se souvenait difficilement avoir une autre ligne sur son CV qu’une probable licence d’anglais et un titre de chef rebelle. J’avoue, avec du recul, que c’était une véritable gageure parce qu’il fallait à la fois baisser la tension politique et faire admettre à des citoyens qui aspirent à la civilisation qu’ils devraient accepter, pour la paix, la déplanification de leur Etat. Laurent Gbagbo a parlé pendant une heure au peuple de Côte d’Ivoire et il est parvenu à faire atterrir l’avion des rebelles à l’aéroport Félix Houphouët Boigny de Port-Bouët. J’étais encore plus jeune et révolté. J’avais même toutes les raisons de me rebeller contre mon pays parce qu’aucune des promesses de l’Etats, à mon égard, n’avait encore eu aucun début de réalisation. J’étais plus avancé, dans mes études, que Soro Guillaume, mais prendre les armes contre la mère patrie ne m’a jamais traversé l’esprit. J’étais à juste titre dans le même état d’esprit que la plupart des jeunes de mon âge parce que nous savions que notre continent a un si grand fossé de retard parce que certains africains se prennent un peu trop souvent pour des "vikings", les hommes de la préhistoire européenne. Et ils se complaisent dans le confort de l’idée qu’ils ont, eux aussi, leur préhistoire à parcourir au moment où la planète se transforme en un village. Nous étions donc dans la plupart des cas des révoltés, des rebelles parce que nous en voulions non pas à notre pays mais un système néocolonial deshumanisant. De là, il n’y a qu’un pas pour dire que nous étions en majorité des pro-Gbagbo qui, les mains nues, ont affronté la soldatesque de Robert Guéi pour qu’advienne un démocrate à la tête de la Côte d’Ivoire. Ce soir-là, malgré nous, nous avons eu un regain d’admiration pour la stature politique de Laurent Gbagbo qui nous a fait voir l’intérêt général et la complexité de la raison d’Etat qui fait souvent des compromissions des passage obligés. Même certains opposants n’ont pas manqué d’avouer qu’ils avaient en face d’eux un animal politique qui venait de retourner à son avantage un coup mortel de l’impérialisme.
Aujourd’hui, ceux qui ne cessent pas de s’essayer à la politique, parce qu’ils ont mal appris le métier, veulent faire comme lui. Mais quand ils l’ouvrent c’est la catastrophe. J’avais déjà dit ici, dans ma position d’observateur lointain que le déplacement et le discours de Soro Guillaume à Gagnoa étaient nuls sur l’échelle de la réconciliation nationale. C’est Boga Sivori, journaliste à Notre Voie par ailleurs chef d’un des villages de Gagnoa, membre actif du comité d’organisation de la réception de Soro qui nous dit que, pire, Soro Guillaume a carrément insulté le peuple de Gagnoa. On peut dire qu’on savait déjà cela. Mais c’est la réplique de Soro à travers son chargé de communication Touré Moussa qui nous révèle à quel niveau nous sommes descendus dans le choix, si choix il y a, de nos hommes politiques.
Moussa dit, dans une interview qu’il accorde à Soir Info du mercredi 21 aout dernier, qu’il est étonné que le citoyen Boga Sivori soit déçu de Soro Guillaume. Les raisons qu’il avance sont les suivantes : « je trouve étonnant ce sentiment de déception. Boga est-il déçu parce que le Pan (président de l’assemblée nationale) va construire une école primaire à Gnagbodougnoa, qu’on ait réparé le château d’eau de Kpogroblé ? (…) Nous sommes déçus de Boga Sivorii. C’est lui qui a insisté auprès du Pan pour qu’il se rende dans le Gôh. Boga à la tête d’une délégation de chefs, a fait savoir que si Guillaume ne se rendait pas Gagnoa, ils auront honte. (…) il a demandé, pour la mobilisation sur le terrain des moyens financiers et matériels qui lui ont été remis. C’est lui qui a dit à Guillaume Soro que Danon Djédjé a donné des consignes dans trois villages pour qu’on l’empoisonne…il nous a fait savoir qu’il était menacé par les responsable du Fpi et que malgré ces menaces, il était déterminé à faire en sorte Soro se rende dans le Gôh. Selon ses propres termes, le FPI est un parti totalitaire et que lui ira jusqu’au bout » Avec des insinuations dignes d’un commérage de ménagère, y a-t-il une autre façon plus indigne de vouloir descendre quelqu’un ou de le livrer à la vindicte populaire pour avoir exprimé un sentiment de déception ? Quand on sait comment Soro Guillaume et ses hommes sont arrivés à la tête de l’Etat, on n’est pas surpris qu’ils prennent une opinion pour un délit tellement grave qu’il faille passer son auteur aux armes.
Dans une conversation froide avec mon ami de tous les jours, nous sommes allés au-delà de cet objectif d’extermination de Boga Sivori pour faire une psychanalyse de la génération des politiciens datant de la rébellion de Soro Guillaume. La région du Gôh n’est pas en sécession, pourquoi y construire une école, y réparer un château d’eau et mobiliser des moyens matériels de l’Etat pour s’y rendre, devraient conduire quelqu’un à s’asseoir sur son opinion ? Ont-ils pris les armes et le pouvoir pour que les ivoiriens perdent leur liberté d’expression en échange de ce qui leur revient de droit dans un Etat soi-disant normal ? A travers cette sortie de Touré Moussa, on devine nettement cette mentalité d’esclavagistes africains qui dans le commerce des esclaves livraient les leurs en échange de miroiteries, camelotes et pacotilles. C’est toute la quintessence du néocolonialisme. Et Touré Moussa pense que ce qui est valable pour lui dans son rapport avec les puissances prédatrices devrait l’être pour Boga Sivori. Il devrait se taire sur la misère de son peuple et sur la division de la société ivoirienne parce qu’il a reçu des sous pour mobiliser ses frères et recevoir Soro Guillaume. Bago Sivori est déçu, avons-nous fini par conclure, parce qu’il a cru naïvement que Soro Guillaume était de la dimension de ces grands hommes politiques (puisqu’il se promène dans leurs habits) qui soignent la souffrance de leur peuple rien qu’avec la parole. Le journaliste-chef de village a cru que Soro, loin des discours démagogiques, pouvait faire voir l’intérêt général au peuple bété et les soulager de la douleur qui serre leur cœur depuis septembre 2002. Il était loin de penser qu’on viendrait infecter leurs plaies…les narguer et montrer la profondeur du vide depuis que Laurent Gbagbo est à la Haye.

Joseph Marat

jeudi, 22 août 2013

Forcement ridicule

Je comprends désormais pourquoi le président Laurent Gbagbo s’est toujours battu contre tous les courants de provocations et même de délits avérés pour éviter de mettre ses adversaires politiques en prison. Au contraire, quel que soit ce qui les poursuit et ce qu’il a contre eux comme dossier de compromission, il les a invités sur la table de discussion. « Asseyons nous et discutons ». Il était convaincu que c’est en discutant avec eux qu’ils paieraient leurs crimes. Les mettre en prison aurait été une sorte d’absolution pour ceux qui rusent avec la volonté du peuple et trouvent dans la haute trahison de l’Etat leur unique apport à la communauté. Laurent Gbagbo avait compris que le peuple n’oublie pas les salissures que les hommes politiques accumulent au cours de leur parcours et qu’il suffisait de les mettre en prison pour les laver, les blanchir. Il en aurait fait des martyrs. Il deviendrait facile d’oublier leur crime contre l’Etat. C’est pourquoi durant les 10 ans de sa gouvernance, il a évité de mettre ses opposants en prison. Pourtant, Dieu seul sait le nombre de casseroles qu’ils traînent aux pieds. Le pire d’entre eux se nomme Soro Guillaume. Il en a fait un premier ministre alors qu’il aurait pu s’entêter à le poursuivre pour tous ses crimes de guerre, crimes économiques avec les casses des agences de la BCEAO et le détournement des recettes douanières et fiscales des zones CNO. Aujourd’hui, cet homme, malgré toutes les justifications et gesticulations dignes d’un damné, arrive difficilement à se positionner comme une alternative politique en Côte d’Ivoire. Nuance, il peut toujours y arriver, mais jamais avec la caution d’un peuple conscient des valeurs sociétales.
Dès son ascension au pouvoir, Alassane Ouattara a mis tous ses opposants en prison pour assouvir un soi-disant sentiment mesquin de vengeance politique. Il a prétendu pendant longtemps que c’est avec lui que l’impunité allait prendre fin en Côte d’Ivoire. Il a transféré le chef de l’Etat en exercice dans une prison internationale et enfermé tous ses partisans dans des goulags au nord du pays en promettant des procès équitables. On passe sur les tortures, exil, et mort pour gèle de leurs avoirs… On a rarement vu un homme politique faire preuve d’autant d’inhumanité, sans tact, avec ceux qu’il considère lui-même comme représentant plus de 46% de la population qu’il gouverne.
Aujourd’hui, après trois ans d’une politique inouïe de répression, Alassane Ouattara est obligé d’ouvrir ses prisons sans jamais avoir organisé un seul procès. Il avale actuellement comme une pilule amère son projet d’impunité zéro au point de s’étrangler. Y’a-t-il un honneur, pour un souverain de se faire tordre le bras au point où il est obligé de se déculotter devant son peuple en reniant ses propres principes ? J’ai compris cette amie qui a failli s’étrangler de rire quand elle a lu dans Le Patriote, le seul organe de presse censé transcrire des discours cohérents sur la politique de Ouattara, cette réponse de Tapé Doh : « Vous savez, moi je tiens à remercier le président de la République. Parce que ce qu’il a promis, il l’a fait. Moi, j’appelle ça un homme, au sens noble du terme. Il a dit qu’il voulait que la justice fasse vite pour que ceux qui sont en prison soient jugés. Eh bien, c’est chose faite. »

Joseph Marat

Empêcher le président Gbagbo de rentrer au pays

Quelques fois tu ne peux t’empêcher d’écouter aux portes. Il arrive que pendant que tu passes devant la porte, tu entends parler d’un sujet d’une très haute importance. La curiosité est humaine. Elle est même recommandé sur certains sujets parce qu’elle est source de progrès. Hier, j’étais simplement passant devant un kiosque à journaux quand, dans une posture décalée, j’entendais deux de mes compatriotes deviser. Je n’ai pas eu à faire un effort particulier pour ouïr dire ceci : « lui-là, ils vont le libérer, mais il ne reviendra pas ici !» Vous avez certainement deviné qui sont ceux qui parlent et de qui ils parlent. Devant l’évidence de la libération prochaine du président Laurent Gbagbo, nos amis d’en face essaient de se construire une morale. Ils ne sont plus surs que Laurent Gbagbo est un criminel. Leur doute s’est mué en certitude mais ils ont encore du mal à l’avouer. Laurent Gbagbo est innocent, mais il n’est pas facile pour eux de se départir du poids du mensonge qu’on leur a habitué à porter quotidiennement. L’adage qui dit qu’on ne montre pas son village avec la main gauche prend ici tout son sens. Ils n’osent pas reconnaitre qu’on leur a constamment menti. Que leurs responsables politiques sont maîtres dans l’art de distiller des contre-vérités. Aussi sont-ils dans une sorte de conversion difficile qui veut recouvrir de valeur héroïque le fait d’interdire à Laurent Gbagbo d’avoir accès à son pays. Au lieu de désavouer leurs dirigeants politiques, ils vont essayer, comme des êtres automatisés, de les accompagner dans une autre voie qui ne peut être autre qu’insensé. Si le président Gbagbo est encore en prison, c’est parce que les négociations achoppent justement sur sa volonté de rentrer dans son pays. S’il est donc libérer, c’est pour rentrer chez lui et non trouver que les murs de l’exil sont mieux que ceux de la CPI. Pour les puristes de la liberté comme la première valeur à défendre par les hommes, ne pas pouvoir rentrez chez soi est le pire des enfermements. Et les constitutionnalistes ivoiriens ont eu le nez creux en interdisant l’exil des ivoiriens. Alors, que ceux qu’on ne reconnaît que par leur propension à souhaiter et à violer constamment la loi fondamentale ivoirienne se le tiennent pour dit : Laurent Gbagbo à la CPI, lutte comme toujours, pour sa liberté et le respect de son peuple à travers sa Constitution et non pour un exil, même doré. Ce monsieur est reconnu pour laisser la fascination matérielle à ses adversaires politiques. En définitive, je me suis dis une seule chose : ils ne savent pas de qui et de quoi ils parlent. Il n’y a pas longtemps, Laurent Gbagbo sortait des décombre d’un bombardement assassin justement parce qu’il refusait de renoncer aux valeurs auxquelles il tient pour le salut des peuples opprimés. Vers la fin, j’ai été traversé par un sentiment de commisération. Ils sont victimes de la culture de l’obscurantisme politique dans un parti qui jure constamment avec la morale politique.

Joseph Marat

dimanche, 18 août 2013

Le pardon de Soro à Gagnoa

J’irai de considérations éparses qui, lorsqu’elles engendrent la méditation montrent à quel point la communication est brouillée dans notre perception du vivre ensemble, dans notre volonté d’aller à la réconciliation, ce qui, pour moi dans un Etat moderne, ne renvoie pas à tout le folklore qu’on voit. La couverture d’un journal fait dire ceci à un prélat : « Il ya des personnes qui continuent d’appeler leur frères "rebelles" ». La question à celui qu’on appelle couramment «Homme de Dieu » est la suivante : « Mon Père, me conseillez-vous de me mettre à mentir si le frère en question n’a pas cessé d’être un "rebelle" ?». Hier matin sur une radio chrétienne, un pasteur, cette fois-ci, dans un prêche insinue simplement que les pécheurs, pour retrouver leur première ferveur chrétienne, ont du mal à demander pardon à Dieu. Je me suis immédiatement dit ceci : « voici un autre qui nous donne un message littérale de la parole biblique. Dieu, il est certainement partout, mais nous ne le voyons pas, (il a même dit a Moise selon cette même bible que celui-ci ne pouvait se permettre de le voir et continuer à vivre), je trouve donc qu’il n’y a rien de plus facile que de s’agenouiller dans le secret de sa cellule pour dire "Seigneur pardonne mes péchés", c’est d’ailleurs ce qu’il y a de plus facile. Le plus dure c’est notre incapacité immanente à demander pardon aux autres, à ceux que nous voyons et que nous offensons réellement par notre cruauté. Pour cela il faut un dépassement de soi dont nous ne sommes pas tous capables et qu’on devrait souventes fois nous enseigner dans les églises, dans les rassemblements politiques… et même dans les écoles. C’est une vertu morale et civique qui pourrait panser beaucoup de plaies consciemment ou inconsciemment ouverte chez les autres qui sont en définitive l’image de Dieu que nous cherchons à rencontrer dans un ailleurs inaccessible.
Je n’ai pas toute la substance de la déclaration de Soro Guillaume devant la notabilité villageoise de Mama, mais en fait ce n’est pas nécessaire parce qu’il a suffit d’une seule phrase pour solder le compte d’une décennie de méchanceté à l’endroit d’un peuple qui a eu la malchance d’être proche de Laurent Gbagbo. De la part du président de l’assemblée nationale pour, selon lui, réconcilier les cœurs, le montage de la RTI m’a fait entendre exactement ceci : « je vous demande pardon, mais vous aussi vous devez demander pardon. » Sur l’échelle de l’objectif qu’il voulait atteindre, c'est-à-dire celui de la réconciliation cette phrase est nulle. Elle n’est ni positive, ni négative. Les mathématiciens le schématise bien (1-1=0). C’est comme s’il était allé dire au pauvres villageois exactement ceci : « vous avez mérité ce que je vous ai fait. Nous sommes donc quittes. » Les pauvres villageois encore sous le choc du martyr qu’ils vivent depuis, se sont certainement demandés : « A quel moment lui avons-nous fait du mal et pourquoi n’attend-il pas que nous allions lui demander pardon d’abord ? » Un ami m’a envoyé un message pour me demander qu’est-ce que les ressortissants de cette région font pour laver cet affront, pour de-profaner et ré-sacraliser leur souffrance. On oublie souvent que ce peuple est profondément attaché aux valeurs démocratiques et républicaines. Il a donc fait ce qu’il fallait. Il a écouté Soro et lui a accordé les honneurs dus à son rang pour qu’il fasse son numéro. Et entre nous, qu’est-ce qu’il aurait bien pu faire devant un Soro qui n’a pas cesser d’être l’auteur de « Pourquoi je suis devenu rebelle » et qui s’est effectivement rendu à Gagnoa avec les mêmes Morou Ouattara, wattao, Dja Gao, Ben Laden, Loss... leurs chars au poing et dans leurs habits de casseurs de République. Alors : « Mon Père, me conseillez-vous de me mettre à mentir si le frère en question n’a pas cessé d’être un "rebelle" ? »

Joseph Marat