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vendredi, 16 août 2013

Allons-nous revivre 2010 en 2015 ?

Allons-nous revivre 2010 en 2015 ? Les puristes de l’histoire diront non. Le temps passé ne revient plus. Un philosophe de l’antique Grèce a pu dire en substance qu’il est impossible à un homme de se baigner deux fois dans la même rivière. Le devenir ou l’histoire est irréversible. Même si les sages de l’histoire sont tous d’accord pour dire qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil et que la plus grande leçon de l’histoire des hommes est une succession des événements qui ont déjà pris date quelque part dans l’espace et le temps. Et si pour guérir le mal ivoirien, pour réparer le dérèglement sociopolitique dans lequel nous sommes depuis quelques temps, il fallait réinitialiser l’androïde politique de la Côte d’Ivoire ? C’est l’impression que m’ont laissée deux amis avec qui j’ai longuement échangé au cours des deux derniers jours qui viennent de s’écouler.
Le premier a bénéficié d’une audience du président Affi NGuessan. J’avais déjà noté la nuance que le président du FPI ne se sentait pas du tout en liberté provisoire, mais en liberté tout court et que son premier discours à sa sortie de prison n’était en rien différent de celui qui l’y conduisit. Mon ami est venu ajouter à mes certitudes que le président du parti de Laurent Gbagbo s’était bonifié. Il l’a trouvé jovial, très en forme avec des idées politiques encore plus percutantes et plus ouvertes. En somme, les deux ans de répression et d’encasernement de l’homme ont simplement servi à affaiblir ses ennemis d’en face. C’est cet Affi qui sort de prison que le pouvoir de Ouattara, pour sa survie, devrait incarcérer et non libérer. J’ai simplement ajouté que les quatre murs de la prison ont souvent servi, dans l’histoire de la politique, à forger des grands hommes et que le régime actuel ne s’est pas seulement sabordé, il a rendu un énorme service à la Côte d’Ivoire en faisant vivre l’expérience de Mandela à un grand nombre de nos valeurs politiques. N’avons-nous pas l’impression de respirer l’air des années 90. Nous attendons seulement le retour du Woody de Mama pour revivre la renaissance de 2000.
Le second, un militant PDCI, ami des années de braise universitaires, m’a confié sur un ton de confidence que le plus grand des ennemis de Ouattara reste toujours Henri Konan Bedié. J’avoue que j’ai marqué ma surprise parce que nous sommes tous sans ignorés que l’un des derniers combats de ce dernier est de livrer sa troupe, mains et pieds liés, à celui qui veut être le seul candidat du RHDP en 2015. Il me reprend et m’explique que la jurisprudence de Tia Koné rend Ouattara inéligible en 2015. Ce dernier sortira donc le traité de Marcoussis selon le principe de la prévalence des textes internationaux sur les textes nationaux pour se constituer un bétail électoral (suivez mon regard) et vouloir rempiler. C’est alors que le vieux rusé, qui cache bien son jeu, lui rappellera que le même Marcoussis avait fait sauter les clauses de l’âge et rendu tout le monde éligible. Il va donc susciter sa candidature au sein de son parti au moment venu. Je réplique que si nous devons ressusciter Marcoussis, peut-il y avoir élection présidentielle apaisée ou réparatrice sans Laurent Gbagbo ? Mon ami PDCI me répond calmement que c’est pourquoi l’Homme de le Haye sera déjà Mama. Vous comprenez aisément pourquoi je pense que nous allons revivre 2010 en 2015. Cette fois avec le recomptage des voix pour ne pas faire mentir Héraclite et Dieu qui répare toute chose en son temps.

Joseph Marat

lundi, 12 août 2013

Soro Guillaume ira-t-il à Gagnoa comme il a été à Ouaga ?

Guillaume Soro a annoncé, il y a quelques semaines qu’il se rendra dans la région de Gagnoa. Nous nous souvenons aussi que dans un dépassement de soi, le chef des chefs de village de Gagnoa, rendant visite à Alassane Ouattara à Kong avait invité ce dernier à faire une visite d’Etat dans ledit département. Ouattara n’a pas refusé la demande de la chefferie bété, du coup et depuis lors nous savons que Soro se rend officiellement à Gagnoa en éclaireur pour Ouattara. Officieusement, sous le prétexte d’y aller inaugurer un siège social provisoire des chefs du département, le président de l’Assemblée Nationale a son propre agenda. C’est d’ailleurs pourquoi ce déplacement à Gagnoa n’est plus une mission de bons offices mais un véritable acte politique dont Soro compte bien se servir pour récolter des dividendes et renforcer son positionnement dans l’alternative que recherche Big Brother. Le débat bien animé de savoir s’il y va ou pas n’est que factice parce qu’en réalité les chefs traditionnels qui ne sont pas nés de la dernière plus ont fait comprendre aux émissaires de Soro que, tout comme les accords de Ouagadougou, cette fanfaronnade qu’il prévoit faire dans le département de Gagnoa sur fond de reniement des douleurs et sinistres des populations de cette région ne saurait être gratuit pour celui qui peut largement payer. C’est, au bas mot, avec plus 30 milliards, sans oublié les marchés et les avantages faramineux liés aux nominations, que Laurent Gbagbo, pour la paix dans son pays, a arrosé tous ceux qui se tapent aujourd’hui la poitrine d’avoir accepté sa main tendue. Le message des têtes couronnées à Abel Djohoré et Louis Dakoury, ex-rebelles, aujourd’hui députés du peuple a été clair : « la paix et l’attente entre les fils d’un même pays n’a pas de prix. C’est pourquoi nous avons initié malgré la douleur qui nous serre le cœur, cette diplomatie traditionnelle pour inviter le chef de l’Etat en visite officielle ici et Soro Guillaume à inaugurer notre siège social. Ce sont des mains que nous leur faisons tendre et nous sommes prêts au nom de la réconciliation nationale à la saisir et nulle n’ignore que nous y sommes vraiment disposés. Nous n’aurions rien initié sinon. En revanche, tout comme les rebelles hier dans les accords de Ouaga, allez dire à Soro que nos yeux sont encore imbibés des larmes face aux sinistres, à l’emprisonnement et à l’exil forcé de nos fils. Nous ne saurions faire comme si nous ne pleurions pas et le porter en triomphe dans cette région natale de Laurent Gbagbo et Blé Goudé.» Le message d’essuyer les larmes de ces pauvres villageois a-t-il été bien perçu ? Apparemment non. Les ex-rebelles députés ont tranché dans le vif : « Soro Guillaume viendra à Gagnoa malgré vos jérémiades ». Ce, à quoi le président de l’Assemblée Nationale dont la fortune est à la hauteur de sa très grande sagesse politique aurait ajouté qu’il ne lui sera pas interdit, en tant que deuxième autorité suprême de ce pays de se rendre là où il veut et quand il veut. Sauf changement de dernière minute, Soro ira donc à Gagnoa le 15 aout prochain le couteau entre les dents. Il est avant tout un "saigneur" de guerre et en face de lui, il n’y a que des sages qui n’ont pour seule arme que leur prescription pour soigner la plaie purulente de la nation.

Joseph Marat

mardi, 06 août 2013

Nationalité bâtardisée (1)

J’ai posté le 04 septembre 2011 sur mon blog le texte qui va suivre. Je l’ai intitulé : « Incroyable ! Coulibaly Gnénéma s’ennuie » Je croyais ouvrir un débat pour le clore immédiatement et inviter nos responsables politiques à s’intéresser à ce qui est essentiel pour notre nation. Je ramène ce texte de son archive pour deux raisons : le débat sur la nationalité a refait surface et une très belle réaction de Natalie Yamb conseillère de Mamadou Koulibaly m’a plongé dans une méditation métaphysique. Je republie ces ceux textes pour attirer une fois encore l’attention du peuple ivoirien sur le dessein caché de la politique de Ouattara. S’il était le chef de l’Etat des Côte d’Ivoire, le sort des ivoiriens semble être le dernier de ses soucis.
« C’est dans le numéro 1849 de Nord Sud quotidien du vendredi 26 août dernier que je suis tombé sur un petit compte rendu de la journaliste Anne-Marie Eba. Elle rendait compte d’une table ronde organisée par le ministère des droits de l’Homme. Cette assise avait pour objectif « l’analyse comparative de la convention de 1961 sur la réduction des cas d’apatrides et celle du code de la nationalité ivoirienne ». A l’occasion, Gnénéma Coulibaly, à travers son représentant, Fructueux Bako, dit devoir prendre « toutes les dispositions possibles pour apporter une réponse à la question de l’apatridie en Côte d’Ivoire ». Et la journaliste, forte de tout ce qu’elle a pu voir et entendre donne, à son article, le titre suivant : « la Côte d’Ivoire veut mettre fin à l’apatridie ». Entre nous, depuis quand le phénomène d’apatridie est-il devenu un problème crucial des droits de l’Homme ? Tout se passe comme si dans un pays quelconque, une maladie décime la population au point qu’elle est devenue plus qu’une question de santé publique et le ministre affecté à la santé de ses concitoyens, au lieu de s’en préoccuper, utilise l’argent des contribuables pour organiser des séminaires sur les acnés. Est-ce que ce sont les problèmes des droits de l’Homme qui manquent, dans le contexte actuel dans ce pays ? Quand on interroge la notion d’apatridie, on se rend compte qu’elle est devenue fictive. Dans ce monde quadrillé par le GPS, il est difficile de naître sans patrie. La notion même de naissance est une notion juridique qui confère aujourd’hui à chaque nouveau-né un lieu de naissance. C’est Alassane Ouattara qui nous a révélé cette notion d’apatridie dans ce pays. Je me souviens qu’il s’offusquait de ne pas pouvoir être candidat aux élections présidentielles pour cause de nationalité douteuse. Je ne pense pas qu’il y ait plus de dix personnes qui aient eu le même parcours que Ouattara pour que cela fasse l’objet d’une assise nationale. Alors, que Coulibaly Gnénéma nous dise ce qu’il veut cacher. Si c’est pour naturaliser les trois millions de personnes annoncées à Marcoussis qu’il sache qu’ils ne sont pas apatrides. »

Joseph Marat

Nationalité bâtardisée (2)

Le samedi, 27 juillet 2013, Nathalie Yamb, Conseillère exécutive du Président du Prof. Mamadou Koulibaly, a été interrogée par Danielle Tagro du quotidien Nord-Sud au sujet du débat sur l’apatridie qui divise les partenaires gouvernementaux du Rhdp. Voici la question : « Question : Quelle est la solution, selon vous, pour régler le problème de l’apatridie ? » La réponse de se cette dame montre à quel point ceux qui prétendent défendre les intérêts des Ivoiriens trahissent sans vergogne notre cause.
« Quel problème de l’apatridie ? Qui a un problème d’apatridie ? En tout cas pas la Côte d’Ivoire. Le code de la nationalité règle la question après la succession d’Etats dès 1961. En 1972, le code de la nationalité redonne une opportunité à ceux qui auraient raté l’échéance de 1961 de se mettre à jour. En 2003, Marcoussis règle une fois encore la question. Enfin, l’accord politique de Ouagadougou, à travers le processus d’identification mené par la Sagem, donne la chance à ceux qui ne l’auraient pas déjà fait de se faire enrôler sur simple présentation de leur acte de naissance et d’obtenir ainsi leur carte d’identité ivoirienne. On veut nous faire croire qu’il y a des apatrides d’avant 1961 en Côte d’Ivoire qui auraient raté les opportunités d’utiliser leur droit d’option en 1961, en 1972, en 2003 et en 2007 ? Que le président Ouattara, son parti le Rdr et son partenaire gouvernemental le Pdci arrêtent de nous tourner en bourriques ! Je pense qu’aujourd’hui comme hier, cette discussion est mal à propos. Il y a des centaines de milliers de réfugiés ivoiriens à l’étranger. Ce sont eux qui devraient préoccuper la coalition gouvernementale, plutôt que d’hypothétiques apatrides dont on nous parle depuis 1960. Il est temps de tourner résolument le dos à ces thématiques divisionnistes et aux acteurs et partis politiques qui les utilisent de façon malsaine pour dresser continuellement les populations les unes contre les autres. Il faut que ça cesse et il faut rompre avec cela tout de suite ! A LIDER, nous disons : Que le gouvernement s’occupe des vrais problèmes : nous voulons que les Ivoiriens qui sont contraints à l’exil depuis trop longtemps puissent sans danger rentrer chez eux. Nous voulons que les paysans puissent devenir propriétaires du sol et du sous-sol. Nous voulons que la capacité de nuisance des politiques à travers un pouvoir présidentiel hypertrophié soit limitée. Nous voulons que les habitants de ce pays soient recensés et que les citoyens qui peuvent prétendre au droit de vote soient inscrits sur les listes électorales, afin qu’on mette fin à l’exclusion de millions de jeunes qui ont atteint leur majorité depuis 2009, date de confection de l’actuelle liste électorale, à laquelle les auteurs du chaos ivoirien s’agrippent encore aujourd’hui de toutes leurs forces. Voilà les problèmes qu’il faut régler en urgence. » Après tout ça, comment arrive-t-on à se convaincre que la Cote d’ivoire est un Etat gouverné par des nationaux ? Une simple question que suscite l’altruisme exaspérant du régime actuel au détriment de ceux à qui on a fait le serment de protéger les intérêts.

Joseph Marat

jeudi, 01 août 2013

On continue de traquer pensées et penseurs

Un ami qui me fait l’honneur de revisiter mes aphorismes ne me lâche pas depuis un moment pour que j’enrichisse l’un d’entre eux qui l’a particulièrement marqué. Il trouve que ce que je disais à l’époque est tellement d’actualité que c’est plus que jamais le moment de le reprendre en mettant le doigt sur les occurrences de l’actualité qui l’illustrent. Il n’a pas tort. Mais j’ai bien envie de lui dire que c’est ce je fais tous les jours quand je m’assoie devant mon écran d’ordinateur pour dénoncer les dérives du régime Ouattara. C’est le titre « Est-ce qu’on pense ? » qui n’est pas repris chaque fois, sinon dans ce pays, la tête refuse de penser. Je crois même que le régime s’organise pour mener une lutte farouche contre tous ceux qui essaient de penser. Nous sommes dans la caverne et le philosophe est ostracisé là où il aurait fallu solliciter sa lumière. On ne cite pas ses contemporains, mais entre nous, dans un pays où le cercle de la pseudo-réflexion est animé par Kandia Camara, Cissé Bacongo, Ahmed Bakayoko, Guillaume Soro, issiaka Ouattara, Koné Zakaria et j’en passe…peut-il y avoir une place pour la pensée. Mêmes les Yacouba Konaté et Abou Karamoko qui pouvaient sauver l’honneur d’animer des contradictions bancales pour mériter leur salaire sont devenus inaudibles devant le vacarme de l’idiotie. Y a-t-il encore des débats contradictoires sur TCI…pardon RTI ?
Je n’irai pas loin parce qu’avec ce régime les faits de la non-pensée ne se cherchent pas. On y est tellement englué qu’on deviendrait maniaco-dépressif à vouloir dénoncer toutes les incongruités de la Ouattarandie. Tenez, une campagne associant spots télévisés et messages bidons sur des panneaux publicitaires, sensée sensibiliser les ivoiriens sur la corruption a été épinglée par les confrères comme l’un des plus grand faits de corruption des 20 dernières années de la Côte d’Ivoire. Plus de 81 milliards de surfacturation pour dire halte à la corruption. En clair, la structure que dirige Méité Sindou pour sortir le pays de la corruption s’en est fait le champion. Voilà comment on refuse de penser pour laisser toutes la place à la danse du vendre. Mais au-delà de ce qui pour moi est un niveau déjà inadmissible de corruption par un organisme censé la combattre, je vois un véritable scandale politique qui consiste à détourner notre conscience du véritable mal qui a totalement délitée notre société. L’un des messages de Meité Sindou dit ceci : «J’ai institué le racket, ça a tué mon fils. » Apparemment ce n’est pas le fruit d’une pensée. Il n’y aucun rapport entre la perte d’un fils et le racket qui est d’ailleurs loin d’être une institution. C’est un mal qu’on ne saurait instituer. Un de mes maîtres me disait que la corruption est l’huile du moteur administratif. Sans cautionner la pratique, ce n’est pas la forme de corruption que veut dénoncer ici Meité Sindou qui ruine un Etat. Cela pourrait même servir l’effet contraire parce que je ne pense pas que le volume de petites monnaies qui circulent dans la société moyenne ivoirienne soit vraiment ruineux au point de détourner 81 milliards pour en parler. Si Méité veut vraiment sensibiliser sur la bonne gouvernance, qu’il s’adresse à ceux qui ont introduit des armes non conventionnelles en politique et qui usent de force pour détourner tout le budget d’un Etat en gouvernant par ordonnance et en dévoyant les lois de passation de marchés publics. Pour cela, Méité Sindou n’a pas besoin de débourser un rond, il n’a qu’à actionner la justice et en plus il les connait tous. Ils n’ont rien avoir avec des anonymes pleurant sur des pancartes.

Joseph Marat

mardi, 30 juillet 2013

La parenthèse douloureuse I

Un ami m’a posé la question de savoir ce que je pense de cette réflexion du philosophe français Michel Onfrey « La philosophie est un sport de combat ». Je lui ai répondu exactement ceci : « le philosophe n'a pas tort. C'est une lutte cérébrale contre toutes les barrières de l'obscurantisme. » La philosophie nait dans l’antiquité contre le paralogisme de la barbarie. Elle n’a jamais cessé d’être cet exercice intellectuel qui comme la lumière de la rationalité et de l’éthique guide toute société vers son épanouissement. Dans cette démarche, elle lutte contre toutes les forces rétrogrades qui ignorent dans la plupart des cas qu’elles rament à contre courant de l’Histoire de l’humanité. Comme Adolph Hitler a pu écrire Mein Kampf, ils sont encore aujourd’hui très nombreux qui écrivent des livres pour justifier leur barbarie, leur rébellion, et la sauvagerie. Ils nomment cela aussi « philosopher » et dans l’antiquité, on les appelait des sophistes. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil et les maux d’hier sont les mêmes aujourd’hui. Et malgré les apparences, la lutte est des intellectuels ivoiriens est épique. Ils savent que nous traversons la période la plus sombre de notre histoire ou des hommes sans foi ni loi veulent leur faire prendre des vessies pour des lanternes. Leur conscience reste éveillée et leur foi est surtout inébranlable en l’idée que le bout du tunnel n’est plus loin. La parenthèse va se refermer bientôt et mettre fin au folklore de ceux qui croient faire de la politique quand chaque jour ils exposent la laideur de leur ignorance en la matière.
Soro Guillaume a reporté son déplacement à Gagnoa à une date ultérieure. On ne nous donnera pas de raison officielle. Mais je me dis que quelqu’un lui a certainement soufflé qu’il serait politiquement incongru qu’il se rende à Gagnoa les bras ballants. Laurent Gbagbo en prison à La Haye, sa mère une octogénaire en exil avec ses autres enfants, quel acte de réconciliation où quelle parole de conciliation serait-il allé dire à ce peuple qui souffre d’être traité comme des pestiférés. A défaut de ramener Laurent Gbagbo de La Haye pour des raisons objectives d’incompétence politique, le numéro 2 du régime de Ouattara peut au minimum réhabiliter le domicile villageois de la mère du président ivoirien Gbagbo et la ramener d’exil. Cela aurait au moins l’avantage d’être un signe d’intelligence politique. Quoique pour ceux qui redescendent dans cette caverne où Ouattara, Soro, Bakayoko, Bacongo, Koné, Issiaka, Ouedraogo, Kaboré et consorts sont rois, ce cinéma relèvera d’un folklore mal orchestré parce qu’un Etat n’a que faire du particularisme. Je citerai pour finir Alexis Gnagno, un intellectuel ivoirien qui attend aussi que la parenthèse de la gouvernance aveugle se referme pour que renaisse un Etat ivoirien plus fort : « Gagnoa, comme d'ailleurs beaucoup de régions de Côte d'Ivoire, n'a pas de problème avec le régime de Ouattara dont certains cadres sont des fils et même des personnalités connues originaires de cette région (...) Ils n'ont jamais été menacés parce qu'ils appartiennent à d'autres formations que le FPI de Gbagbo. Par ailleurs, le premier tour de l'élection présidentielle a montré un maillage territorial de l'électorat de Gbagbo qui devrait obliger à poser le problème de la réconciliation sur un plan national. (…)

joseph Marat

La parenthèse douloureuse II

Je ne ferai pas d'effort dans cette deuxième partie de cet aphorisme que j'ai intitulé la parenthèse douloureuse. Je disais tantôt que dans cette brousse où nous sommes entrés et face à la comédie politique des roturiers de l'heure, les ivoiriens continuent de réfléchir à l'issue heureuse de notre histoire. Elle ne sera pas vengeresse parce que la lumière ne tue pas le sorcier qu'elle éclaire. Elle sera seulement salutaire pour tous. Et c'est cette voie que Monsieur Alexis Gnagno montre à Soro s'il veut vraiment aller à Gagnoa pour la réconciliation. Il lui dit qu'il y a mieux parce que la crise ivoirienne ne pose aucun problème de personne. Elle est politique. Et il suffit d'un peu de jugeote pour en percevoir l'issue: « Le problème ivoirien est politique, la réconciliation sera donc politique, ou ne sera pas. Il n'y a pas un contentieux entre les Bétés et les Dioulas, sinon il faudrait dire lequel, ni entre les Bétés et les Baoulés, encore moins entre les Dioulas et les Baoulés, ou même entre quelques populations de la Côte d'Ivoire que ce soient. Le problème est essentiellement politique, uniquement politique. Il faudrait donc une solution politique, et arrêter d'instrumentaliser les populations en essayant de les opposer les unes aux autres. La réconciliation que veulent les Ivoiriens, ce n'est pas une réconciliation pour aller manger ensemble au maquis (restaurant), pour aller danser ensemble en boîte, ou pour s'embrasser dans la rue, ou encore pour jouer ensemble à on ne sait quel jeu. C'est une réconciliation autour de la Constitution qui puisse donner lieu à une justice équilibrée, une armée républicaine, un égal accès aux emplois publics, un Etat laïc dans lequel toutes les religions sont respectées, un accès équitable aux médias d’Etat, une éducation de la population à la démocratie car tout cela serait vain si la population ignore les règles du jeu politique, un renforcement de la lutte contre les propos incitant à la haine ethnique ou religieuse. Bref, un Etat où les droits de chacun et de tous soient respectés. Il s'agit donc de trouver les moyens d'un vivre ensemble politique. Et ce débat doit être mené par des hommes politiques. Cela suppose que tous les acteurs censés y participer puissent le faire. Or, dans notre cas, les interlocuteurs les plus légitimes de Guillaume Soro et de son maître Ouattara sont en prison, ou en exil. Donc, si Guillaume Soro veut vraiment donner du sens à sa volonté de réconciliation, et ne pas donner l'impression d'une nouvelle initiative pour tromper l'opinion nationale et internationale, il sait ce qu'il lui reste à faire : libérer les prisonniers politiques pour que le débat sur l'avenir du pays ait lieu. Et il n'est pas trop tard. Pourvu que ceux qui sont désormais au pouvoir le veuillent, mais le veulent-ils vraiment ? Personnellement, j'en doute sérieusement pour la simple et unique raison que les gouvernants actuels ne sont pas à leur place, à la place que le peuple leur a effectivement donnée. Un accord politique et de nouvelles élections inclusives, libres et transparentes sont la seule clé pour sortir le pays de l'impasse politique dans laquelle il se trouve. Tout le reste n'est que pure diversion. » En effet, quand on a la prétention de diriger un Etat aussi cosmopolite que la Côte d'Ivoire, il ne faut pas avoir la paresse politique et la courte vue pour faire de chaque problème qui engage la vie de la nation une occasion de débat libre. Ce n'est pas de la faiblesse. Au contraire, c'est seulement ainsi qu'on grandit politiquement. Mais que voulez-vous ? Quand le nanisme politique est congénital, il faut attendre que la parenthèse se referme.

Joseph Marat

C’est la France qui le permet


Quand nous dénonçons le caractère dictatorial du régime de Ouattara, il y a des langues pour trouver à redire. Mettant nos cris de cœur sur le compte du principe mesquin de l’opposant qui ne veut rien concéder au parti au pouvoir. C’est peut-être sur cette base que la grande France et sa communauté dite internationale dénoncent avec la dernière énergie sur tous les signes de dictature dans tous les régimes politiques du monde et ferment les yeux sur les pratiques politiques de Ouattara qui, avec ses airs d’homme politique policé, les a convaincus d’être un démocrate. Et nous disons cela parce que nous voulons accorder le bénéfice du doute à la France et à sa communauté dite internationale de ne pas être dans une certaine connivence avec un régime qui opprime son peuple et ne néglige aucun vice de tout régime liberticide et tortionnaire. Ce ne sont pas les preuves objectives et palpables des hauts faits de dictature de ce régime qui manquent. Elles sont récurrentes et achèvent de convaincre que Ouattara est un homme politique d’un autre âge dans des habits d’hommes politiques modernes. Mais, une observation attentive de la situation nous conforte dans l’idée que le régime dictatorial prend pour force tous les ingrédients de sa faiblesse. Et on ne reste pas longtemps à la tête d’un peuple quand on est autant fébrile.
Un ami m’a appelé dès qu’il a appris que les sicaires de Ouattara étaient en train de réprimer le rassemblement autorisé des jeunes de l’UDCY à Dabou. Ceux-ci voulaient simplement apporter leur contribution à la marche normale d’un Etat moderne en posant les bases d’une réflexion sur les élections présidentielles de 2015. Qu’est-ce qu’il y a de plus normal dans un Etat qui se dit démocratique. L’ami était triste et je le comprenais. Parce que de vous à moi, sans minimiser le projet politique de la jeunesse de l’UDCY, en quoi cette manifestation à mille lieues du centre névralgique du pouvoir de Ouattara aurait pu être une menace ? Mon ami me relance et me dit qu’il faut dénoncer ces pratiques parce que les Occidentaux par principe n’aiment pas les régimes qui répriment les espaces de liberté et embrigadent leur peuple. J’ai froidement répondu que c’est l’impression que donne la grande gueule qui crie égalité, droit de l’Homme, fraternité, démocratie...et j’en passe. Mais depuis que leur poulain crédité de tous les superlatifs d’homme politique providentiel est aux affaires, combien de manifestations démocratiques a-t-il encadrées avec succès ? Quelles solutions politiques et sociales a-t-il apportées au peuple ivoirien ? Nous sommes à 2 ans des échéances électorales qui devraient consacrer son départ, les Occidentaux ne peuvent pas dire qu’ils ignorent que ce pays a régressé et que la répression, les emprisonnements, les tortures… tout ce que qu’on peut difficilement reprocher à Bachar Al Assad sont monnaies courantes en Côte d’Ivoire ? Si de la classe politique française et de ses medias on n’entend rien, ce n’est pas difficile à comprendre, la Côte d’Ivoire reste pour l’heure leur torchon.

Joseph Marat

vendredi, 26 juillet 2013

Nationalité : sait-on de quoi on parle ?

Je me suis toujours interrogé sur le caractère explosif de la question de la nationalité particulièrement en Côte d’ivoire. Le débat n’est peut-être pas typiquement ivoirien, mais je me dis que la charge émotionnelle qu’il porte s’estompera quand les acteurs politiques qui l’empoisonnent aujourd’hui auront tiré leur révérence de la scène nationale. Trois jours après que le gouvernement se soit rebiffé en retirant à l’ordre du jour de la session ordinaire des parlementaires ivoiriens du vendredi 19 juillet dernier le sujet sur la nationalité, un ami qui reste très sensible à ce genre de sujet a attiré mon attention sur un long texte sur la question publié dans les éditions du lundi et mardi 23 juillet de Fraternité Matin. Je n’ai pas eu besoin de lire la première partie pour me rendre compte qu’en voulant arrondir les angles on brouille le débat sur la nationalité. Sur la question je suis de ceux qui pensent que les mentalités ont énormément évolué. Et il suffit de peu de sensibilisation pour faire comprendre à l’ensemble de la population que la question de la nationalité n’est pas liée au patronyme, au faciès, à l’accoutrement, au dialecte, au lieu de naissance, au lien de sang et à la propriété d’une parcelle de territoire. L’idéal serait que nous soyons tous des citoyens du monde et qu’on se reconnaisse en tant que tel partout où l’on voudrait se trouver. C’est cela la grande ouverture d’esprit sur la question. Qu’un Dakoury soit français, un Kaboré, Ivoirien, un Yao égyptien, ne devrait pas être un problème parce que cela devrait relever de la liberté que tout citoyen du monde devrait avoir de choisir sa nationalité ou ses nationalités. Si, selon le principe universel des droits de l’homme les hommes sont égaux, ils devraient surtout être libres de choisir la trajectoire de leur existence. Le problème est que la nationalité est un patrimoine qui appartient à un Etat de droit. Ce n’est pas une donnée extensible à souhait et accessible sans condition pour une simple raison : elle est bien un instrument de gouvernance qui détermine aussi le choix des personnes outillées pour conduire la destinée de l’Etat. La nationalité a un lien avec les statistiques démographiques d’un Etat et c’est avec la maitrise de la croissance de la démographie qu’on contrôle la gouvernance et le développement. La nationalité est donc un patrimoine qui ne devrait donc pas se donner à tout va. Et nous avons l’exemple de tous les pays développés. On donne la nationalité à ceux qui ne l’ont pas a priori quand ils ont beaucoup apporté au pays ou quand ils sont susceptibles de lui apporter quelque chose. En Côte d’Ivoire et je me permets de mettre les pieds dans le plat, on veut faire de la naturalisation de masse parce qu’on veut reconfigurer le corps électoral. Vision étriquée. Sinon cela répond à quel logique de vouloir donner la nationalité ivoirienne à des gens qui ne la demandent pas ? Je finirai par dire que les lois sur l’acquisition de la nationalité ivoirienne ne sont pas plus iniques ici qu’ailleurs. Et une loi reste la loi tant qu’elle n’est remise en cause par un débat national. Il n’y a pas qu’en Côte d’Ivoire qu’on était tous français avant les indépendances, il n’y a pas qu’en Côte d’Ivoire qu’on vienne tous d’ailleurs, il n’y a pas qu’en Cote d’Ivoire qu’il ya des frontières pour déterminer l’espace vital des Ivoiriens. Mais on devrait savoir, et cela est valable pour tous les pays au monde, qu’une nationalité est un patrimoine étatique qu’on ne brade pas. Et un gouvernant sérieux devrait savoir cela parce que là il ne s’agit ni de la xénophobie, ni du renfermement identitaire. Au contraire c’est un instrument qui permet de mesurer l’ouverture d’un peuple aux autres. Sans nationalité en tant que bien précieux, sans frontière à défendre, il n’y pas d’Etat et d’identité. Ainsi on n’a rien à offrir et on n’a rien à ouvrir au sens d’ouverture au monde puisqu’on est sans visage. On se dilue dans un monde qui ne nous reconnaît pas en fait.

Joseph Marat

dimanche, 21 juillet 2013

Faut-il prendre les armes contre le rattrapage ethnique ?



Guillaume Soro prépare activement un déplacement à Gagnoa. Le chef de la communauté des chefs de village du département lui fait cette invitation lors de la dernière visite d’Etat de Ouattara dans le nord. En plus de leur invitation au chef d’Etat d’effectuer une visite d’Etat à Gagnoa, le Chef Gbizié avait demandé aussi à a Soro Guillaume, en tant que président de l’assemblée nationale, de venir inaugurer le siège social des chefs du département de Gagnoa. Telle que la chose se présente, Soro va certainement en éclaireur dans cette localité natale de leur pire ennemi Laurent Gbagbo. L’inauguration du siège des chefs n’est en fait qu’un prétexte. Ce ne sont pas les préfets et autres autorités locales qui manquent sur place pour arroser une bicoque dédiée aux chefs villageois du département de Gagnoa. Tout le symbole réside donc dans le déplacement de Soro Guillaume lui-même pour voir s’il est possible aux autorités actuelles de Côte d’Ivoire de se donner le luxe de prendre un bain de foule chez Laurent Gbagbo. Il faut saluer une fois encore le "courage" de celui qui a porté le glaive dans le sain de la mère patrie pour combattre le vent de l’exclusion et l’ivoirité, l’idée de notre être au monde en tant qu’Ivoirien. A Gagnoa quelle soit la façon dont il sera accueilli, à coté des flatteries et civilités dues à son rang, on ne manquera pas de lui demander s’il est contre l’exclusion de son clan ou contre l’exclusion sous toutes ses formes. Dans le premier cas Soro Guillaume ne pourra pas se prévaloir d’être un homme d’Etat et son statut de président du parlement ivoirien sera vu comme une immense imposture. Parce que ce qu’on appelle intérêt général dans un Etat digne de ce nom ne s’accommode pas d’hommes aux visions claniques et étriquées. Dans le cas où il voudrait se mettre à la hauteur du titre qu’il porte pompeusement et laisser au peuple du Gô l’image d’un homme d’Etat sur qui il faut compter demain, il faudra demander à Soro s’il faut prendre les armes pour combattre le rattrapage ethnique ? Ce peuple qui le recevra sous peu, et il n’est pas le seul, est en voie de disparition dans le cosmos politique ivoirien et la litanie de sa souffrance sera certainement tue pour ne pas indisposer l’hôte. Mais la question restera fondamentale face au frère qui a réussi en ayant été fier d’être rebelle. Que devons-nous faire pour lutter contre le rattrapage ethnique qui nous ronge à petit feu ? Il ya des réponses aux énigmes qui permettent de jauger la valeur des hommes dits prédestinés. Soro Guillaume va bientôt rendre visite à un peuple qui rase les murs depuis le 11 avril 2011. Il faut saluer ce déplacement. Mais de ce qu’il leur dira dépendra sa notoriété politique et la guérison des plaies causées par ses armes dites critiques.


Joseph Marat