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vendredi, 19 juillet 2013

Demandons pardon

Que le FPI ne veuille pas demander pardon et qu'il faille pour cela dissoudre ce parti politique ivoirien. J'avais voulu ne pas m'intéresser au sujet jusqu'à ce qu'il meure de sa belle mort. Mais je ne peux empêcher les amis d'exprimer leur indignation à chacune de nos rencontres. Depuis qu’Alassane Ouattara, devant des affidés, ne sachant plus ce que leur dire pour continuer à les impressionner, s'est indigné que le FPI ne veuille pas demander pardon au peuple de Côte d'Ivoire pour tout ce qui s'est passé, nombreux sont ceux qui ne dorment plus. Surtout quand un de ses suiveurs a donné quelques temps après le prolongement de la voix du maitre. Ils n’ont peut être pas tort. Ce monsieur a rendu ce pays ingouvernable après l’avoir annoncé tambour battant. Il pourrait bien dissoudre le FPI dont le père fondateur est pour lui un dictateur de la pire espèce qu'il n'a pas hésité à déporter dans une prison internationale. Devant cette énième provocation ou énième projet funeste de Ouattara les réactions officielles de mes compatriotes et surtout du FPI me laissent perplexes. Et je ne doute pas que la mienne les rendent encore plus triste. C'est pourtant ce que la sagesse recommande devant les brutes.
L'un des plus grands sages de notre humanité se nomme Jésus Christ. Il a été conduit à la croix pour des raisons aussi politiques que spirituelles. Il était encore sur cette croix quand il a crié au Père céleste de pardonner à celui qui lui transperçait, à l'instant les entrailles. Mais avant, ce monsieur a enseigné que si quelqu’un vous gifle sur la joue gauche tendez-lui la joue droite. C'est une illumination qu’Alassane Ouattara a eu en recommandant au Fpi de demander pardon au peuple ivoirien, en le menaçant même de le dissoudre s'il refuse de le faire.
Le peuple de Côte d'Ivoire souffre depuis plus de 20 ans. Il faut bien quelqu'un pour lui demander pardon de toutes ses souffrances. A qui va-t-il revenir cet honneur ? Qui a le cœur aussi pur que celui du Christ. Qui est capable d’une telle hauteur d'esprit ? Saluons plutôt la clairvoyance d'Alassane Ouattara que la transcendance utilise ici pour nous rappeler notre nature christique. Ne soyons pas offusqués parce qu'il n'y a que le FPI qui peut être capable d'une mission aussi noble pour panser quelque peu les plaies des Ivoiriens que les autres ne cessent d'ouvrir.
Demandons pardon aux Ivoiriens de n'avoir pas eu la force suffisante de protéger le rêve d'une Cote d'ivoire prospère que nous leur avons promis. Demandons pardon pour avoir cru que nous avions en face de nous des démocrates et que nous ayons baissé la garde devant des prédateurs sanguinaires. Demandons pardon aux ivoiriens parce que nous avons pris le risque de leur ouvrir les yeux, négligeant que les force rétrogrades tapies dans l'ombre comme des sorciers pouvaient surgir d'on ne sait d'où pour nous replonger dans le pire des ténèbres. Il faut demander pardon. Il n'y a pas de honte à reconnaitre sa faiblesse devant l'irruption de la force brutale et sauvage. Les ivoiriens sont murs politiquement. Ils savent ou se trouve les hommes politiques de valeur même quand ils sont à genoux.

Joseph Marat

A bas la démocratie

On commence certainement à oublier la braise de la Syrie. Il se passe maintenant des heures et mêmes des jours sans qu’on ne nous serve en boucle un décompte macabre des assassinats en Syrie. On a semble-t-il tiré le rideau. Bachar Al Assad peut mater sa rébellion tranquillement. Se sont-ils rendu compte de l'impasse ? Dans tous les cas les projecteurs sont désormais orientés vers l'Egypte. Les pyromanes ont depuis quelques temps un autre chat à fouetter. Il n'aime pas Morsi à la tête de l'Egypte. Il n'a pas été programmé par Big Brother. Une fois encore, comme en 2000 en Côte d'ivoire, la démocratie a encore fait des siennes.

On a provoqué la révolution. On s'est laissé entrainer au jeu de la démocratie. A la fin, celui qui sort du chapeau ne fait pas l'affaire. Il faut changer. Contre tout principe démocratique, on destitue Morsi. On se précipite, comme si on voulait atténuer l’effet de la bourde et maintenir le peuple dans son lit, pour former un gouvernement de transition qui se dote d'un programme rapide de sortie de crise. Rien n’y fit. Les pro-Morsi ont remplacé les anti-Morsi dans la rue. On a caller le monteur de la démocratie. Depuis lors l’armée d’Adly Mansour tire sur la population comme Assad sur le peuple Syrien. Le premier est totalement excusable. Il fait même bien parce que c’est le larbin oint par la communauté dite internationale. Et si on nous disait plus clairement : « désormais considérer que la démocratie ce n’est plus le pouvoir du peuple mais celui de la communauté dite internationale ». Cela aura l’avantage de mettre tout le monde d’accord sur le mode de fonctionnement de la gouvernance mondiale. Sinon, pourquoi ne pas laisser la démocratie s’autoréguler. Il faut laisser Morsi aller jusqu’au bout de son mandat.

A supposer que Morsi soit devenu très dangereux pour son peuple, même si de lui on n’a jamais entendu dire qu’il tire sur son peuple, pourquoi son éviction n'est-il pas applaudie? Pourquoi une liesse populaire n'accueille pas la nomination de Mansour et de Mohamed Elbaradei ? Pourquoi le changement crée-t-il autant de problèmes là où on a cru les résoudre. Ces questions relèvent, pour ma part, d'un peu de bon sens.

En Cote d'ivoire Laurent Gbagbo a appelé au recomptage des voix. Personne ne l'a écouté. Aujourd'hui ils prennent le calme naturel des ivoirien pour une victoire. Mouammar Kadhafi avait même finalement voulu qu'on vienne tranquillement instaurer la démocratie dans son pays. Ils ont fait comme s'ils ne l'ont pas entendu. En Syrie ils arment des terroristes contre un régime dit dictatorial, oubliant du coup que la fin ne justifie pas toujours les moyens. Et même si c'était le cas, où a-t-on vu le terrorisme conduire à la démocratie ? En fait ce concept de démocratie est-il encore une valeur en politique ?

Joseph Marat



Qu'est ce que la démocratie ?


A la suite de mes deux derniers aphorismes sur la crise égyptienne un lecteur qui m'est certainement proche m'a appelé pour me poser une question : « cher ami, qu'est ce que la démocratie ? » Passé l'effet de surprise, j'ai pris la mesure de la pertinence de la question. Avec tout ce qui se passe dans le monde autour de la notion de démocratie, il y a finalement de quoi avoir des doutes sur la véritable appréhension de ce concept. J'ai eu du coup une réminiscence du reste de mes connaissances bibliques. Face au Seigneur Jésus Christ qui affirmait sans sourciller « je suis le chemin et la vérité » Ponce Pilate qui avait quelques bribes de la philosophie de Protagoras avait eu cette boutade « qu'est-ce que la vérité ? ». Pour le puissant de ce moment, la vérité est tout au plus relative sinon elle n'existe pas. C'est cela que les puissants d'aujourd'hui, en dépit du discours ambiant, veulent nous faire comprendre a propos de la démocratie. Elle n'existerait pas ou si elle existait elle serait relative, fonction des peuples et cultures comme le dit Protagoras, la vérité serai relative à l'homme à sa sensibilités. De ce point vu des peuples seraient plus démocratiques que d'autres au point qu’ils s’autoriseraient à faire des leçons de démocratie aux autres quelquefois contre tout principe démocratiques.
Pourtant la démocratie est la notion la plus universelle et la plus simple possible qui soit. Au delà de l'interprétation étymologique qui la présente comme le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple, c'est avant tout un jeu, le plus sérieux pour réguler la coexistence pacifique des hommes. Comme tout jeu, elle a des règles qui se résument en un seul: le pouvoir du plus grand nombre durant les mandatures. Il suffit de se battre simplement pour ses règles pour en faire la promotion. Tous les conflits dans le monde sont dus à la volonté de la minorité à vouloir le pouvoir simplement sur la base de la force et du nombre.
Prenons l'exemple du football qui est jeu. Ce ne sont pas tous les buts qu'on accorde. Ce ne sont pas toutes les manifestions de rue qui attestent du nombre. Un arbitre dans son rôle de souverain du terrain, n'a pas le droit d'interrompre un match et déclarer une équipe vainqueur sur la base de son penchant. En 2010 Youssouf Bakayoko avait-t-il le droit de proclamer les résultats des élections sans un procès verbal de délibération confirmant sa comptabilité? Un match de foot dure 90 minutes et la coupe du monde se joue tous quatre ans. Et entre deux coupes aucun moyen n'existe pour denier la victoire au vainqueur de la finale jouée selon les règles de l'art. Un mandat reste un mandat. Il est réglé pour se renouveler. En dehors de la règle qui fixe sa longueur, tout renouvèlement est un vice, un coup d'Etat. Morsi est en cours de mandat, aucune règle démocratique ne le rend destituable. L'application stricte des règles de la démocratie peut amener les hommes à vivre dans un monde apaisé. Et sur la question tout peuple qui se prévaut d'en avoir le monopole au point de vouloir l'imposer aux autres montre par la même qu'il n'en a pas compris l'esprit. Il ne devrait pas avoir de plus grande priorité pour tout gouvernant dans le monde que d’enraciner les principes de la démocratie dans les mœurs de son peuple. Le reste relève de l’accessoires.

Joseph Marat

mercredi, 17 juillet 2013

La bouée de sauvetage appelée RHDP

Alassane ne cache plus son intention de se présenter aux élections présidentielles de 2015. C'est d'ailleurs la seule véritable bonne nouvelle pour lui qu'il se plait à distiller partout où il va. Comme s'il voulait se convaincre lui-même qu'il sera candidat une fois encore. Ca n'a pas été évident la première fois. Alors maintenant qu'il a tous les pouvoirs et vu l'état dans lequel il a mis la Constitution ivoirienne, Ouattara peut se présenter à toutes les élections en Côte d'ivoire. Nous prions chaque jour pour qu'il ait longue vie, il peut donc se présenter aussi à celle de 2020. Il n'y aura rien et il n'y aura personne pour oser lui tenir tête. Mais derrière la répétition de l'information de sa candidature, il ya un message subliminal que Ouattara envoie à ses partenaires d'hier. Ça peut toujours servir qu'ils prennent les mêmes dispositions surtout qu'il est convaincu qu'il gagnera ou il gagnera.
Mais, c'est là que l'obsession de cette candidature devient suspecte. Pourquoi Ouattara craint-il que ceux qui étaient prêts hier alors que ce n'était pas évident ne le seraient pas suffisamment aujourd'hui. En fait ils n'ont pas à prendre des dispositions particulières puisque le mentor a le vent en poupe. Les statistiques montrent qu'il gagne toutes les élections depuis qu'il est pouvoir. Pourquoi faut-il craindre qu'il ne gagne pas en 2015. Derrière cette agitation il ya la peur de ne plus en réalité avoir le même soutien qu'en 2010. Le capital soutien a été noyé dans un bilan politique inexistant. Peut-il encore compter sur la France de Sarkozy ? Apparemment non! Avec les casseroles qu'il traine aux pieds en France, ce dernier est loin d'être encore une référence pour candidat à une élection présidentielle. La communauté internationale à travers leur ONG n'ont pas vu en Ouattara le messie tant espéré. Leurs rapports sont de plus en acerbes à son égard et ils ont pris la mesure de ce que vaut l'homme.
On comprend aisément pourquoi l'homme tient à être le candidat de la coalition RHDP. Le RHDP qu'ils ont crédité de 60% de l'électoral ivoirien est plus crédible à représenter que le RDR qui ne cache plus son accointance avec l'ex-rébellion aux pratiques sanguinaires. Avec 60% de l'électorat au départ de la course, Ouattara peut justifier aisément auprès de ceux qui considère encore les nègres pour du bétail électoral qu'il ne peut pas ne pas gagner avec ce taux initial. C'est malin. Mais là encore pour avoir pratiqué le rattrapage ethnique au détriment de ses alliés du RHDP, le soutien ne semble pas être acquis. Ainsi va la Ouanttarandie. On prépare tranquillement l'explosion politique en 2015.

Joseph Marat

La révolte du fidèle

Le journal Aujourd'hui n'est pas un organe du PDCI RDA. Depuis deux jours en revanche, il se fait l’écho du ras-le-bol du président de la jeunesse dudit parti politique. Ce n'est pas, comme certains pourraient le croire, par calcul politicien. Nous ne partageons pas l'idéologie politique de KKB, mais les démocrates que nous sommes, avons toujours eu conscience que toute démocratie se nourrit de controverses. Et comme dans toute discussion, sans être d'accord on peut au minimum s'entendre sur les termes de référence. KKB est certainement le seul homme politique dans la coalition politique d'en face qui tient un discours que les ivoiriens comprennent sans forcement en partager tous les compartiments. Ce n'est pas la première fois qu'il parle. Il avait déjà fait une conférence de presse, il ya un an et demi, pour tenir dans la constance le même discours que les ivoiriennes comprennent. Nous avions salue en son temps la naissance d'un leader audible et démocratiquement crédible dans le magma d'en face. Souvenir : « Il en va de l'histoire des partis politiques comme de celle de tout organisme vivant. Avec le temps, elle s'enrichit d'expériences et grandit. Le PDCI, affublé du titre du plus vieux parti de Côte d'Ivoire et de l'un des plus importants d'Afrique, n'a pas beaucoup mûri depuis ces vingt dernières années. A force de louvoyer avec les principes politiques et à force de s'engager sur des voies douteuses par pure ambition personnelle de ses leaders, il a flétri comme une peau de chagrin et le voilà aujourd'hui pris dans le tourbillon de ses propres turpitudes. Qui l'eût cru ? Personne n'aurait jamais parié qu'un jour Kouadio Konan Bertin aurait tenu une conférence de presse à la maison du parti du PDCI, dans ce lieu quasi mythique de l'appareil politique, pour braver l'autorité d'Henri Konan Bédié. Pour les observateurs du marigot politique ivoirien, tout le monde peut s'opposer à Bédié au Pdci sauf KKB, reconnu pour son militantisme et surtout pour son attachement à la personne du ‘'sphinx'' de Daoukro. Mais pour peu qu'on ait une dose de bon sens politique, Kouadio Konan Bertin, qui n'est plus un néophyte en politique, pouvait-il continuer de laisser son parti couler chaque jour ? Sous la direction d'Henri Konan Bédié, le parti est passé de la première place à l'avant dernière position dans le carré d'as des partis politiques ivoiriens. Et rien ne semble annoncer la fin de la descente aux enfers. Le parti est complètement en hibernation s'il n'est quelque fois secoué pour être manipulé par le RDR dans une alliance de dupes. La démocratie se nourrit de la force, de la rigueur des démarches critiques et de la grandeur des partis politiques qui ne sont pas au pouvoir. C'était donc gênant pour tout démocrate de voir le Pdci s'aplatir complètement devant le Rdr et se contenter des strapontins que lui jette le pouvoir au détriment des véritables causes politiques. Nous saluons donc très bas le réveil de KKB qui en secouant le PDCI tel qu'il est aujourd'hui, nous donne l'occasion d'espérer au retour de la démocratie »


Joseph Marat

dimanche, 14 juillet 2013

Gbagbo est mon frère

L’un des faits marquant du déplacement d’Alassane Ouattara dans le nord de la Côte d’Ivoire a été sa rencontre avec la délégation des têtes couronnées venue de Gagnoa et conduite par le chef de village de Tchedjelet par ailleurs président du conseil des chefs de village dudit département. Quelque temps après, le chef Gbisié Lambert a accordé une interview à un organe de la place pour éclairer l’opinion quant à l’esprit de cette rencontre avec Alassane Ouattara dans le village de Kong. Un ami qui suivait tout cela à une bonne distance m’a appelé pour savoir si je suivais ce qui se passe. Pas l’événement du déplacement des parents de Gbagbo à Kong en lui-même, mais ai-je entendu Ouattara dire que Gbagbo est son frère ? Sur le coup on s’est demandé si cela n’était pas dû au fait qu’avec tout ce qui se passe et se dit, les mentalités ne seraient pas en train de changer chez les gens d’en face. Est-ce que Ouattara ne se serait pas finalement rendu compte que cela a été une erreur d’avoir pensé et agi comme s’il suffisait de déporter Laurent Gbagbo hors de la Côte d’Ivoire pour qu’elle se porte mieux ? Question de bon sens ! Est-ce que dans une famille, lorsqu’on voue un « frère » aux gémonies et qu’on finit par le déporter après l’avoir torturé, cette famille se porte-t-elle mieux ? Dans cette même logique de traintrain familiale, quand le mal est fait, quelle action mène-t-on pour ressouder les liens familiaux ? Se contente-t-on d’un verbiage creux autour de la notion de réconciliation ? Ouattara se croit-il vraiment à la tête d’un Etat-famille ou d’un Etat-colonie ? En reprenant les propos du chef Gbisié pour dire que Gbagbo est son frère, Alassane Ouattara a dû, l’instant d’un moment, percevoir l’esprit de la loi fondamentale qui interdit d’assigner tout Ivoirien à l’exil.
Après ces observations peut-on encore reprocher au chef Gbisié d’avoir trahi la cause du président Laurent Gbagbo ? La question mérite d’être posée parce que son interview après cette rencontre avec Ouattara est une explication-justification. Il faut se rendre à l’évidence qu’il n’en avait pas besoin parce qu’il a agit et parlé comme un véritable chef. Le chef c’est celui qui est capable de voir l’intérêt général surtout quand la vision est brouillée par ce qui est appelé aujourd’hui rattrapage. Un chef c’est celui qui est capable de voir la fraternité dans la diversité des hommes. Un véritable chef c’est celui qui écoute la raison et non la passion. Contrairement à ceux qui ont lu Malaparte et qui ont pris des armes pour balafrer la société ivoirienne et asseoir une politique plus exclusionniste, Gbisié Lambert, en homme responsable, est seulement allé rappeler à Ouattara et Soro Guillaume que nous sommes des frères. Un seul regret, ce chef bété a-t-il trouvé oreilles attentives ?

Joseph Marat

A bas la démocratie

On commence certainement à oublier la braise de la Syrie. Il se passe maintenant des heures et mêmes des jours sans qu’on ne nous serve en boucle un décompte macabre des assassinats en Syrie. On a semble-t-il tiré le rideau. Bachar Al Assad peut mater sa rébellion tranquillement. Se sont-ils rendu compte de l'impasse ? Dans tous les cas les projecteurs sont désormais orientés vers l'Egypte. Les pyromanes ont depuis quelques temps un autre chat à fouetter. Il n'aime pas Morsi à la tête de l'Egypte. Il n'a pas été programmé par Big Brother. Une fois encore, comme en 2000 en Côte d'ivoire, la démocratie a encore fait des siennes.
On a provoqué la révolution. On s'est laissé entrainer au jeu de la démocratie. A la fin, celui qui sort du chapeau ne fait pas l'affaire. Il faut changer. Contre tout principe démocratique, on destitue Morsi. On se précipite, comme si on voulait atténuer l’effet de la bourde et maintenir le peuple dans son lit, pour former un gouvernement de transition qui se dote d'un programme rapide de sortie de crise. Rien n’y fit. Les pro-Morsi ont remplacé les anti-Morsi dans la rue. On a caller le monteur de la démocratie. Depuis lors l’armée d’Adly Mansour tire sur la population comme Assad sur le peuple Syrien. Le premier est totalement excusable. Il fait même bien parce que c’est le larbin oint par la communauté dite internationale. Et si on nous disait plus clairement : « désormais considérer que la démocratie ce n’est plus le pouvoir du peuple mais celui de la communauté dite internationale ». Cela aura l’avantage de mettre tout le monde d’accord sur le mode de fonctionnement de la gouvernance mondiale. Sinon, pourquoi ne pas laisser la démocratie s’autoréguler. Il faut laisser Morsi aller jusqu’au bout de son mandat.
A supposer que Morsi soit devenu très dangereux pour son peuple, même si de lui on n’a jamais entendu dire qu’il tire sur son peuple, pourquoi son éviction n'est-il pas applaudie? Pourquoi une liesse populaire n'accueille pas la nomination de Mansour et de Mohamed Elbaradei ? Pourquoi le changement crée-t-il autant de problèmes là où on a cru les résoudre. Ces questions relèvent, pour ma part, d'un peu de bon sens.
En Cote d'ivoire Laurent Gbagbo a appelé au recomptage des voix. Personne ne l'a écouté. Aujourd'hui ils prennent le calme naturel des ivoirien pour une victoire. Mouammar Kadhafi avait même finalement voulu qu'on vienne tranquillement instaurer la démocratie dans son pays. Ils ont fait comme s'ils ne l'ont pas entendu. En Syrie ils arment des terroristes contre un régime dit dictatorial, oubliant du coup que la fin ne justifie pas toujours les moyens. Et même si c'était le cas, où a-t-on vu le terrorisme conduire à la démocratie ? En fait ce concept de démocratie est-il encore une valeur en politique ?

Joseph Marat

lundi, 08 juillet 2013

La convergence des combats


Nous étions tous surpris hier de voir autant de blancs et de drapeaux africains dans une manifestation pro-Gbagbo en Europe. Alors qu'on a du mal à les apercevoir dans les manifs pro-Mandela, devant la clinique de celui qui jouit d'une opinion favorable des deux cotés de la barque, ils débordent pour la cause de Gbagbo. Le paradoxe s'explique lorsqu'on déchire le voile du racisme primaire et qu'on arrête de catégoriser les hommes en fonction de la couleur de leur peau. Dans cette mobilisation qui ne cesse de grandir, je préfère voir l'humanité qui se soulève pour défendre les principes élémentaires et rationnels qui devraient régir notre coexistence.
En fait la vague de blancs, venue gonfler le rang des manifestants pro-Gbagbo est celle des Egyptiens. C'est par leur drapeau qu'ils brandissent qu'on les reconnait. Ils ont compris que ce qui les révolte aujourd'hui est le même que ce qui révolte les Ivoiriens dans les rues d'Europe depuis deux ans et demi. La ligne de démarcation est nette. Derrière toutes les crises crées de toutes pièce dans les Etats tranquilles, il y a un seul conflit qui traverse le temps depuis des millénaires : celui de la force brutale contre les principes de base de notre aspiration légitime à être des humains. Les détenteurs de la force brutale et terroriste défendent dans les conflits qu'ils créent des intérêts bassement matériels et civilisationnels. Les pauvres, les faibles, hier, les serfs, esclaves, les colonisés se battent pour faire valoir leur droit à l'humanité, à la fraternité à l'égalité et à la liberté.
Je lisais hier matin dans un organe panafricain que le parti politique du président Morsi demande à ses partisans de rester dans la rue jusqu'à ce que ce dernier retrouve son fauteuil présidentiel.
Qu'est ce que l'armée égyptienne, Adly Mansour et Mohamed Elbaradei croyaient ? C'aurait été trop facile de réunir quelques milliers de manifestants dans les rues d'une ville pour renverser un chef d'État démocratiquement élu, s'emparer du pouvoir et se prévaloir d'une certaine légitimité. Le président Morsi, quel que soit ce qu’on peut lui reprocher, est le chef d'État élu de l'Égypte. Il est le chef que le peuple désormais libre d'Égypte s'est donné. Nous ne pouvons faire comme si le coup d'État en Égypte était la continuation de la révolution. Celle-ci à pris fin avec une élection démocratique. La démocratie a ses règles et ces règles ne sont nullement édictées par la combinaison qu'on pourrait faire entre la rue et un coup de force. Tant que l'élection de Morsi n'est pas remise en cause selon les principes de la démocratie Égyptienne, tous les égyptiens, je dis bien tous, pourraient descendre dans la rue avec toute l'armée égyptienne, cela ne rendrait pas Morsi destituable. Une fois encore la démocratie a ses règles et c'est elle la fin de la révolution et non le moyen. Ceux qui ont marché contre Morsi devront montrer qu'ils sont plus nombreux que ceux qui marchent aujourd'hui pour Morsi. Comment vont-ils s'y prendre ?

Joseph Marat

vendredi, 14 juin 2013

Stéphane Richard, un instigateur va tomber

Il se passe actuellement en France, un événement qui devrait réjouir les ivoiriens. Leurs bourreaux d’hier, sont, lentement mais surement, en train payer. Chacun à sa manière. J’étais loin de m’en douté et je ne m’en serais jamais douté. Il faut dire que pour établir ce rapport entre l’affaire Tapie et la Côte d’Ivoire, il faut être un sage de la vie politique ivoirienne. Au sens où il faut être connecté et à cheval entre ce qui se passe en France et en Côte d’Ivoire. Il faut connaitre les deux milieux et connaitre ses ennemis comme aime à le dire cet ami dont je parle. Sans cela on croira que, les gens agissent, font le mal et rien ne se passe. Dieu serait injuste de laisser prospérer les grands criminels de notre époque.
Non, il ne s’agit pas de Christine Lagarde. Elle est aussi éclaboussée et cela sert notre cause. Mais pour l’heure il s’agit de son directeur de cabinet du temps où elle était ministre de l’économie et des finances en France. Il s’agit de Stéphane Richard. Ce monsieur est Président Directeur Général de Orange, l’une des plus grosses entreprises de France et il a été aussi reconduit par le gouvernement de François Hollande pour service rendu à la nation française. Voila ce qui a été dit sur ce monsieur dans le courant de cette semaine : « affaire Tapie : Stéphane Richard mit en examen pour escroquerie en bande organisée ». À un si haut niveau de responsabilité les autorités judiciaires françaises ne joueraient pas avec les mots. Les juges pèsent bien leurs mots dans cette sentence. Et imaginez avec qui ce monsieur constituerait « cette bande organisée » ? Nicolas Sarkozy, l’hyper président à son temps et sa ministre seraient-ils hors de cette bande, ignoreraient ce que Stéphane Richard tramait dans leur dos avec les milliards des contribuables français ? Nous nous interrogeons. C’est une somme trop importante qui rend dérisoires les misères de Claude Guéant pour que le sommet de l’Etat ignore les contours de l’affaire et n’en ait pas fixé les règles. Il a même déjà indiqué que l’Elysée était le lieu des réunions de stratégie.
Pour notre part, si la justice française devait aller jusqu’au bout dans cette affaire de détournement sans se sacrifier sur l’autel de la raison d’Etat qui limite quelque peu trop la démocratie dans cet Etat français qui s’en gargarise artificiellement, elle devrait punir la « bande organisée de criminels » qui n’est pas à son premier forfait avec l’affaire Tapie. Ce monsieur est la cheville ouvrière de toute cette machination qui a obtenu de l’Union Européenne l’embargo sur les médicaments et la fermeture de toutes les banques en Côte d’Ivoire pendant la crise dite postélectorale. La cupidité de Stéphane Richard et sa Bande organisée ne se limitait pas seulement à mener une guerre sauvage de prédation en Afrique. Il pompait aussi dans les caisses de l’Etat français pour le compte de qui on sait.

Joseph Marat

lundi, 10 juin 2013

La version politique du surréalisme


Panique ou surréalisme ? Il n’y a pas, en fait, de choix. C’est la panique qui inspire les actes politiques surréalistes du régime actuel. On se croirait devant une œuvre picturale de Salvador Dali qui défie toutes les lois du réalisme en associant, dans ses esquisses du beau, la représentation de la nature à des formes qui jurent avec la réalité. Ici, il s’agit de l’art. Et je me demande ces derniers temps si ce qui est valable en art pur ne l’est pas aussi en politique. D’après mon petit Larousse « le surréalisme est un mouvement littéraire et artistique né en France au lendemain de première guerre mondiale qui se dresse contre toutes les formes d’ordre et de conventions logiques, morales, sociales et qui leur oppose les valeurs de rêve, de l’instinct, du désir et de la révolte, dans le fonctionnement réel de la pensée ». Pendant que nous y sommes, n’est-ce pas la version politique de ce mouvement artistique que nous servent depuis toujours nos amis d’en face ? Le RDR, aujourd’hui au pouvoir, n’est-il un creuset de politiciens surréalistes. Et cette observation n’est pas loin d’être un compliment. Tenez ! « 3 jours après la décision de la CPI, les corps sortent de terre. 52 corps exhumés hier à Yopougon » voilà ce qu’on pouvait lire sur le quotidien pro-RDR, Nord Sud, le jeudi 06 juin dernier. A coté, le journal Le Patriote faisait dire au porte-parole de la CPI ceci : « Il n’a jamais été question de libérer de Laurent Gbagbo ». En réponse à la décision de la Cour Pénale Internationale de renvoyer Ben Souda à sa copie pour insuffisance de preuves.
Quand on va déterrer des corps pour combler les insuffisances du dossier de la procureure de la CPI, on se demande si nos artistes surréalistes se sont donné la peine de comprendre ce que la CPI leur demande de produire comme preuve. Même si Laurent Gbagbo avait tué un dizaine de personnes, il ne serait pas moins un criminel. Ce n’est donc pas en déterrant les 3000 morts qu’on lui attribue, qu’on prouverait suffisamment sa culpabilité. Ce qui est surréaliste est que nos amis d’en face ont certainement cru comprendre qu’on leur demande de faire prendre des avions aux 3000 morts qu’ils attribuent à Gbagbo pour les faire comparaitre devant les juges qui n’ont pas suffisamment de preuve. Sinon, entre nous, à quoi ça servirait de les exhumer maintenant ? Ils n’ont pas compris que les juges, à l’unanimité leur demande de rendre un peu digeste leur discours d’accusation. Et lorsqu’on parle de discours, on est au-delà du divers sensibles, on parle de cohérence rationnelle. On leur demande par exemple de démontrer comment celui qui demandait le recomptage des voix pour régler le contentieux électoral aurait pu être plus responsable de la mort de 3000 personnes que le va-t-en guerre qui a ameuter toutes forces militaires du monde pour conquérir son pouvoir ? C’est cela que veut dire rétablir la chaine de commandement qui fait du Président Gbagbo le responsable de tous ces morts. En la matière un exemple de démonstration existe. Le 27 mars 2011 une personne A prend un décret instituant une armée pour attaquer une personne B. 10 jours plus tard, c'est-à-dire le 27 mars, cette armée, lancée depuis le nord contre la personne B au sud, laisse l’ONU ramasser derrière elle près de 1000 cadavres. Il y a eu crime contre l’humanité et ce serait incohérent de dire que c’est la personne B du sud qui est responsable de ce massacre.
Quant à la question de la libération de Gbagbo, il faut douter que le porte-parole de la CPI ait dit ce qu’on lui prête. Une fois encore l’imagination déborde chez nos amis d’en face. Ils ne se rendent même pas compte que deux ans de détention, c’est déjà trop pour une personne contre qui on enregistre un défaut de preuve. Il n’y a que dans le monde surréaliste du RDR que le principe de la présomption d’innocence n’existe que pour les criminels avérés.

Joseph Marat

mardi, 04 juin 2013

Big Brother ne perd jamais !

Nous avons une fois encore gagné. Et il ne faut pas bouder sa joie. Notre champion, décidément ne perd pas de procès. Parce qu’il a toujours été convaincu d’une chose : un homme politique, digne de ce nom, doit toujours inscrire son action dans le strict respect du droit et Laurent Gbagbo s’est toujours adossé au droit, et à la constitution de son pays. C’est pourquoi, là où le droit se célèbre, il ne craint rien. Ils lui ont proposé de lui accorder la liberté provisoire à condition qu’il reste déporté dans un autre pays que le sien. Il leur a répondu qu’il préfère plutôt être jugé, condamné et finir ses jours dans une prison selon le verdict du droit ou de la justice, fut-il inique, que de finir ses jours en exil, en violation flagrante de la loi fondamentale de son pays. « Aucun Ivoirien ne doit être contraint à l’exil.» Cette posture rappelle bien celle du philosophe Socrate, le Père de la civilisation occidentale. Un ami m’a dit un jour que le cas Gbagbo est un casse-tête pour la communauté internationale parce qu’il leur oppose avec la rigueur juridique qui l’accompagne, les principes élémentaire de la civilisation qu’elle croit détenir et qu’elle croit nous apporter. Elle se rend compte qu’avec ce monsieur, de quelque façon qu’elle veuille le prendre, elle passera pour être le creuset de la sauvagerie.
Le Président Gbagbo a gagné son procès contre les procureurs O Campo et Ben Souda. N’en déplaisent à ceux qui veulent se contenter aujourd’hui du report du procès de confirmation des charges. Ils ont perdu et il devrait avoir honte d’être si indignes de diriger un peuple qui est attaché à son âme, c’est-à-dire au droit. Le droit et la loi sont les éléments constitutifs de l’âme d’un peuple. Ils peuvent être durs, tyranniques, mais c’est son respect qui maintient le peuple dans son concept. Lorsqu’on n’obéit pas aux lois et au droit qu’un peuple s’est librement donné, on ne mérite pas de le diriger parce qu’on est simplement un hors-la-loi. Nulle part dans notre constitution, il n’est dit qu’il faut recourir à la violence pour solder un contentieux électoral. Notre constitution prévoit tous les recours démocratiques possibles. Ce qu’on a vu après les élections de 2010 relève simplement du banditisme.
Qu’on demande aujourd’hui à Fatou Ben Souda de repartir sur les lieux du crime pour ramener plus de preuves qu’elle n’en a déjà produites est tout simplement un aveu d’échec d’une communauté internationale qui ne sait que faire du cas Gbagbo. Le "nègre" a été plus intelligent que la machine civilisatrice. Parce que comment celui ou celle qui n’a pu rassembler des preuves suffisantes sur un lieu de crime encore tout frais, peut-il en trouver quand celui-ci a été souillé ? L’enquêtrice trouvera les preuves qu’elle viendra chercher en Côte d’Ivoire. Le régime actuel est prêt pour ça. On lui connait difficilement d’autres prouesses. Mais comment Ben Souda, qui inventait déjà les preuves, quand elles étaient encore fraiches et disponibles, procédera-t-elle pour démontrer qu’elle n’invente plus rien ? comment a-t-elle fait pour ne pas voir, la première fois, ces preuves accablantes qui devraient condamner Gbagbo dès que possible ? La cause est perdue pour eux. L’habillage temporel dont il recouvre leur décision n’est rien d’autre qu’une façon pour eux de sauver la face.
J’étais dans cette euphorie infantile quand un ami dont j’apprécie la perspicacité m’a appelé pour me dire ceci : « Jeune homme, c’est dans cette posture de vaincu que Big Brother est très dangereux parce que, dans le fond, il ne perd jamais. Ne nous laissons surtout pas endormir par le fumigène. Continuons de rester vigilant en ayant le triomphe modeste et travaillons maintenant à ce que Big Brother se convertisse et change de camp… »

Joseph Marat