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mardi, 14 mai 2013

Punie pour une leçon politique

Le dessous du retour de Madame Simone Gbagbo sur son lieu de détention initiale est pathétique. On pouvait difficilement comprendre que celui qui, la veille, s’enorgueillissait d’avoir desserré un peu l’étau de la répression politique et répondu favorablement à la volonté de Simone Gbagbo de se faire soigner, soit revenu sur sa décision. Et comme si cela n’aurait pas suffi, il y ajoute la manière pour le faire dans la règle de l’art reconnu aux petites gens. Miné par une mesquinerie infantile, Ouattara poussera le comble de la cruauté jusqu’à débrancher tous les câbles la reliant aux appareils de soin pour déporter de nouveau, dans ses bagnes de fortune, l’épouse de son adversaire politique. Elle était encore sous anesthésie et dans un état de semi-conscience. Ce jour-là, un ami n’a pas retenir ceci : « Non ! Ouattara, il est prêt pour les ivoiriens.» Pas besoin de commenter cet étonnement. Ouattara a acheté le pouvoir ivoirien pour assouvir sa soif de cruauté. Pour ce faire, toutes les occasions sont les bienvenues, même si cela doit lui coûter le peu d’honneur lié à la fonction de Chef d’Etat.
Pour comprendre à quel niveau nous sommes descendus dans l’ordre de la régression humaine depuis que Ouattara nous gouverne, voyons ce qui s’est plausiblement passé. "Notre Chef d’Etat démocratiquement élu" aurait envoyé deux missions auprès de Mme Simon Gbagbo, sa prisonnière alitée dans un hospice, pour négocier sa légitimité. Que celle-ci reconnaisse qu’il a été démocratiquement élu. Rien que cette démarche pour faire entendre à ceux qui ne l’auraient pas encore compris que Ouattara est le premier à douter de sa propre élection à la dernière présidentielle de 2010. La réponse de Madame Simone Gbagbo, à qui cela ne coûtait plus rien de dire ironiquement et pour avoir la paix « Oui Kiffi, tu as gagné !», a été digne de la grandeur politique qu’on reconnait à tous ces dignes fils de la Côte d’Ivoire en prison comme en exil que le régime de Ouattara n’arrive décidément pas à broyer. « Allez dire à Ouattara que je ne suis pas le Conseil Constitutionnel.»
Cette réponse de Madame Gbagbo n’est pas une injure. Elle n’est pas non plus négative. C’est tout un cours de droit politique. Ce n’est pas dans une cellule d’hôpital, auprès d’une patiente prisonnière qu’il faut aller chercher les résultats d’une élection dont vous jouissez de l’issue depuis trois ans. Pour cette leçon politique qui ne lui nie pas sa légitimité, mais lui indique simplement la voie à suivre en politique, Ouattara aurait du réserver un meilleur sort à cette grande dame. Mais vous avez dit Ouattarandie ! Le moins que nous puissions espérer de ce régime est le dévoiement du bon sens politique sinon il est prêt pour nous écraser tous autant que nous sommes.

Joseph Marat

Ouéremi survit aux fils du pays


Ouattara peut-il se permettre d’échouer devant le cas Amade ouéremi sans se laisser suspecter de connivence ? La Une du journal Notre Voie d’hier laisse nettement croire qu’il a jeté l’éponge. « Le cas Ouéremi est en règlement. Il n’y aura pas d’impunité ». Cette réponse laconique de Ouattara au journaliste qui lui pose la question sur ce dossier brulant est un aveu d’échec parce que le Ouattara que nous connaissons ne remet jamais rien à demain en la matière. On s’explique facilement qu’il rencontre de sérieux obstacles à relever l’économie du pays. Que politiquement, il peine à réconcilier les ivoiriens et à organiser des élections transparentes. Que sur le plan social, ses promesses quant à l’amélioration de la condition de vie des ivoiriens restent lettres mortes. Il n’est apparemment pas un bâtisseur d’écoles, d’hôpitaux, d’universités. Créer des emplois est une gageure pour lui… C’est aux humanistes de la trempe de Laurent Gbagbo qu’on connait ces qualités d’homme politique. Alassane Ouattara nous a plutôt habitués à organiser la violence et à éliminer les obstacles politiques en faisant des coupes réglées dans l’adversité.
Pour illustrer, on ne parlera pas de tous ceux qui ont été passés aux cribles des balles lorsque la charte du nord est entrée dans sa phase active le 19 septembre 2002. Par contre, malgré le fait que plus rien ne l’en n’empêche, il continue d’entretenir le flou sur l’assassinat de Robert Guéi et la disparition du journaliste Guy André Kieffer. Nous savons tous comment Désiré Tagro a fini avec une balle dans la bouche le 11 Avril 2011 ; comment Laurent Gbagbo a été déporté à la CPI après avoir souffert les affres dignes d’un véritable malfrat dans les goulags du nord. Les images de Simone Gbagbo violentée par les sicaires du régime actuel et la file de toutes ces autorités politiques ivoiriennes, en tenu d’Adam, buvant leur sang sur la route de l’hôtel du Golf, escale avant les bagnes septentrionaux, sont encore vivaces dans nos mémoires. Ibrahim koulibaly, le patron du commando invisible a été liquidé sans pitié dès qu’il est devenu un grain de sable dans les bottes de la charte. Ne demandons pas des nouvelles de Maguy le Tocard. Celui-ci a cru qu’il pouvait jouir de la torture et de l’incarcération du régime de Ouattara. Il a disparu dans une embuscade victime de trahison. Bohoun Bouabré et Gomont Diagou Jean Baptiste… sont les plus connus de ceux à qui on a coupé les vivres et qui sont décédés en exil par manque de soin. Lida Kouassi, Blé Goudé, Commandant Abehi ont été traqués, torturés et extradés…Cette liste des haut faits des œuvres de l’artiste Alassane Ouattara est non exhaustive et est même devenue banale dans le subconscient des ivoiriens.
Ce qui par contre est sidérant et défi toutes les grilles de la compréhension du comportement de Ouattara, c’est sa trop grande timidité devant Amade Ouéremi. On n’aurait pas tort de croire que dans l’ordre de la cruauté contre la société ivoirienne ce dernier est le maître que Ouattara n’ose affronter. Celui qui a broyé « fognon », le vent terrifiant du commando invisible d’Abobo, visite l’ouest du pays la queue entre les pattes et est frappé d’aphonie quand il est question d’Amade Oueremi. Faut-il raisonnablement penser que, détenteur du grand appareil répressif de l’Etat, Ouattara ait peur d’un troublions burkinabé qui joue le Django dans une forêt de l’ouest de la côte d’Ivoire ? Ou Faut-il dénoncer une certaine affinité qui pourrait justifier un agenda secret de confrérie liée à la recolonisation du territoire ivoirien ? Il n’y a que cela qui peut justifier que pendant que des ivoiriens sont oppressés quelque fois pour moins que leurs opinions, un criminel sanguinaire comme Amade Ouéremi court toujours.

Joseph Marat

mercredi, 08 mai 2013

Opération expropriation


La radio français RFI a consacré sa Une matinale d’hier à la question du foncier rural et de la nationalité en Côte d’Ivoire. L’information allait dans tous les sens pour montrer qu’il y a un problème grave de nationalité et de foncier rural qu’il faille régler pour éviter des conflits à venir. Comme à son habitude, cette radio qui aime créer des tempêtes dans des verres d’eau, a fait un grand bruit autour du soi-disant problème sans jamais en exposer clairement le fond. Pourquoi la Côte d’Ivoire est-elle devenue le seul Etat de la sous région à avoir un tel embarras liant sa terre à la nationalité de ses citoyens ?
L’allusion au sujet faite par Ouattara dans une interview retranscrite dans un canard de la place ne nous avance pas suffisamment. Les Ivoiriens doivent simplement accepter sans réfléchir qu’ils ont un problème d’identité et de foncier rural. C’est à croire que ce sont les seuls domaines que, dans la construction juridique de l’Etat Ivoirien, le législateur a laissé pour compte. Il a légiféré en tout et sur tout, sauf sur notre identité et sur nos terres à telle enseigne que le handicap de notre contrat social est aujourd’hui la source de notre péril.
Un ami qui, à la faveur la crise postélectorale s’est retrouvé en Tunisie, m’a dit un jour que dans ce pays, la loi interdit aux étrangers, exceptés les diplomates, de posséder un véhicule. Il faut le louer au Tunisien. C’est la loi. La Tunisie est aujourd’hui une démocratie naissante, comme ici par ailleurs. Mais je ne pense pas que cette loi discriminante portant sur un matériel mouvant y soit source de conflits. En Côte d’Ivoire les lois sur le foncier rural et la nationalité existent ; elles sont des plus généreuses au monde et elles ont été votées à presqu’unanimité des parlementaires dans une assemblées nationale qui regroupait toutes les sensibilités politiques. Pourquoi Ouattara et ses amis de la communauté internationale veulent-ils contourner ces lois ivoiriennes pour faire plaisir à des personnes qu’ils identifient bien. « De nombreux Burkinabés vivent sur ces terres depuis de longues années » disaient hier matin le journaliste de RFI qui tentait de justifie l’existence d’un problème lié au foncier et à l’identité. Apparemment vous convenez avec moi qu’il n’y a pas problème puisque ceux pour qui l’on veut créer des crises de toutes pièces sont de Burkinabés. Ils sont bien identifiés comme des nationaux du Burkina Faso dont les terres sont les leurs. Pourquoi pour les ivoiriens la charité bien ordonnée devrait commencer par les burkinabé ? Pour quoi le souci de caser des burkinabé sur nos terres devrait nous empêcher de dormir ?
Cher concitoyen Alassane Ouattara, ne demandez pas aux Ivoiriens d’être plus royalistes que les rois. Si les burkinabés qui vivent sur nos terres depuis bien longtemps avaient voulu être ivoiriens, il y a longtemps ils le seraient devenus et n’auraient pas eu, par ricochet, de problèmes de possession de terre. Ce que vous voulez faire, en vous auto saisissant par ordonnance, pour changer les lois ivoiriennes et attribuer nos terres à des hors-la-loi comme Amade Ouremi ne résoudra durablement pas le problème imaginaire de foncier et d’identité en Côte d’Ivoire.

Joseph Marat

ONU: Organisation Vautour

L’organisation des nations unies a produit un dernier rapport sur la situation sociopolitique en Côte d’Ivoire. Après avoir lu quelques lignes de commentaire sur ce rapport, j’ai été traversé par un sentiment de pitié pour la Côte d’Ivoire. J’ai vu l’image d’un éléphant terrassé agonisant servant de pitance pour des charognards de tout acabit. Chacun y allant de son argumentaire pour continuer à becqueter. Il y en a encore beaucoup parmi les ivoiriens qui pensent que l’ONU est une organisation neutre qui vient en médecin ou en secours pour sauver la Côte d’Ivoire. Il faut cesser de se leurrer et plaindre nos enfants à qui on continue de mentir dans les écoles sur les véritables motivations de cette organisation vautour. L’ONU fait partie de ces charognards qui se repaissent de notre putréfaction. Pour continuer son festin, elle s’est résolue à produire régulièrement des rapports farfelus et justifier son maintien. Sinon qu’est ce qu’on retient de moralement sain dans ce dernier rapport de l’ONU ?

Je me souviens que suite à la présidentielle de 2010, le Secrétaire général de cette organisation, Monsieur Banki Moon avait trouvé que le recomptage des voies était injustice. Il ne nous a jamais dit ce qui l’était moins. Mais nous avons compris qu’il avait besoin qu’on compte les têtes des ivoiriens pour continuer à justifier sa présence sur cette terre providentielle. Dans son avant dernier rapport qui date du début de la guerre au Mali, la même logique a prévalu. Les soi-disant experts de l’ONU avaient créé de toute pièce une connexion entre les pauvres exilés ivoiriens et Ançar Dine, le groupe terroriste qui sévissaient dans le nord du Mali. Un mensonge qui a valu son pesant d’or dans le mécanisme tendant à faire croire que la Côte d’Ivoire, Malgré Ouattara au pouvoir, n’est pas sortie de l’ornière.

C’est à cette fonction que sert le dernier rapport de l’ONU qui ne nous donne finalement pour seule issue de crise que son maintien sur le sol ivoirien. Sinon ce n’est pas aujourd’hui que tous ces « sai-gneurs » de guerre pillent notre économie. Cela n’a pas commencé hier, cela a toujours été et les « experts » l’ont toujours su. Ils se sont plutôt rendus compte qu’ils ne peuvent plus cacher le soleil avec leur main. Que le régime actuel n’est en réalité pas à la hauteur. Mais l’ONU peut-elle laisser les ivoiriens regretter le régime de Laurent Gbagbo sans se dédire complètement et se voir obligé de réparer le tort qu’elle cause au paisible peuple de Côte d’Ivoire ? Il lui fallait trouver cette idée saugrenue du genre « ce sont les pro-Gbagbo qui sont désormais derrière les chefs de guerre dans leurs œuvres funestes !» Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre d’une organisation minée par la malhonnêteté de ses dirigeants ?

Joseph Marat

Le message du taux de participation

Je trouve que les débats que nous engageons de part et d’autre sur le taux de participation, chaque fois après les échéances électorales, me semblent quelque peu stériles. C’est pour ma part la meilleure façon d’occulter le fond du problème. Nous n’y faisons suffisamment pas attention mais la question des élections dans un Etat est la clé de la modernité et du développement dudit Etat. Un Etat est dit démocratique lorsque son appareil électoral est maitrisé et lorsqu’il est capable de faire des élections transparentes. La participation à ces élections ne devrait pas se rechercher parce que c’est la confiance en l’appareil électoral qui déplace une population qui a bien compris l’enjeu de son vote. Dans le cas contraire, il ne faut rien attendre d’une population qui sait pertinemment que ce n’est pas sa voix qui empêchera qu’on bombarde une institution républicaine pour installer un non élu.

Le Fpi a lancé un appel à boycotter les dernières élections municipales pour des raisons qui leur sont propres et qui peuvent aisément se comprendre. Il ne prend part à ces élections qu’il considère par ailleurs comme une mascarade. C'est-à-dire une élection qui a pour objectif de couvrir d’un voile démocratique une dictature de fait. A l’issue de ces élections on constate, selon des chiffres dits officiels, que 30 personnes sur 100 se sont rendues aux urnes. Pour le FPI près de 85 % des ivoiriens ont entendu son appel et comprennent qu’ils ont mieux à faire que de prendre part à une comédie électorale. Cette lecture est la seule que le FPI peut faire parce que dans son appel au boycott il y a déjà la dénonciation de la dictature politique qui prévaut. C’est de bonne guerre.

Ce qui est désolant pour notre pays, c’est la réponse du régime face au désintérêt de la population qui se mobilise peu pour prendre part aux échéances électorales. Le régime de Ouattara et sa CEI refusent de se remettre en cause. Ce qui est de bonne guerre aussi, il faut le leur concéder parce que d’eux on peut difficilement attendre mieux, même si nous pensons que lorsqu’on a été élu avec un taux participation de 70 à 80%, on devrait être interpelé par la chute de plus de 50 points de ce taux à toutes les élections qui suivent. Parce que cela veut dire d’une part que la vie politique et les questions liées à l’avancée de la nation n’intéressent plus les ivoiriens depuis que Ouattara a pris le pouvoir et d’autre part que lorsqu’ils se mobilisaient à plus de 80 % aux dernières présidentielles, ils ne s’attendaient pas à se donner un tel régime.

La froideur des ivoiriens aux différentes élections devraient préoccuper le régime de Ouattara. C’est ce qui doit se faire dans un Etat qui veut émerger. C’est à l’occasion des échéances électorales seules que le peuple s’exprime. Il y a donc forcement un message qu’il transmet dans le fait qu’il boude. Ne pas le percevoir est une erreur politique. Les réactions du genre « ce n’est pas une victoire pour le FPI … Les taux de participation aux élections municipales et législatives n’ont jamais excédés 40% donc c’est normal…30 % révèle en réalité que le FPI ne pèse que 10% de l’électorat » n’est pas responsable.

Joseph Marat

jeudi, 25 avril 2013

La pagaille du pouvoir ou le pouvoir de la pagaille

C’est le cas de le dire, nous ne savons pas, en Côte d’Ivoire, à quel sein nous vouer pour qualifier le régime d’Alassane Ouattara. Fait-il exprès pour semer la pagaille, n’a-t-il en réalité que la pagaille comme programme de gouvernement ? Et là faut-il parler du régime de la pagaille ? C'est-à-dire d’un régime congénitalement brouillon pour ne pas dire violent et anti démocratique. Ou faut-il penser que le pouvoir de Ouattara est traversé momentanément par une convulsion accidentelle ? Nous aurions souhaité que tout ça soit conjoncturel. Mais, a-t-on une seule fois fait l’expérience du calme et de la normalité politique avec le RDR.
Nous nous souvenons que ce parti est sorti du PDCI, après le décès d’Houphouët Boigny, créateur de ce parti. Pour ceux qui se souviennent de la crise de succession consécutive au décès de ce dernier, il n’est pas faut de dire que le RDR nait en réaction à l’ordre légal en Côte d’Ivoire. Contre la constitution ivoirienne, Alassane Ouattara a voulu prendre le pouvoir en 1993. En termes triviaux, il a voulu prendre le pouvoir contre la volonté du peuple. Le RDR est donc le fruit d’une frustration. Or apparemment, être né de frustrations mal contenues, rend impossible toute lucidité pourtant nécessaire pour penser à l’intérêt général, base de toute véritable activité politique.
Le vivre ensemble qui passe pour être l’idéologie politique de ce parti n’est donc qu’un trompe l’œil qui ne défend pas l’intérêt général, mais la charte du nord. On se doute nettement de quel nord il est en réalité question. Ce n’est pas pour rien que les notions de xénophobie et d’ivoirité cohabitent dans l’épouvantail qu’ils brandissent contre le peuple ivoirien. Idéologiquement, le Rdr est donc un groupement politique clairement constitué pour servir d’instrument de déplanification de l’Etat ivoirien.
L’une des premières actions de sabotage politique que tout ivoirien retient de ce parti est cette image prémonitoire de la Côte d’Ivoire divisée en deux sur son « canard » dénommé à leur corps défendant Le Patriote. La suite, nous la connaissons tous. Une rébellion qui a effectivement divisé ce pays en deux pendant une décennie. Et nous n’avons aujourd’hui pas la certitude que c’est fini.
La démarche du leader est-il, tout le moins, populaire ? La réponse de Alassane Ouattara face à la controverse sur sa nationalité a été de dire aux ivoiriens qu’il rendra ce pays ingouvernable aussi longtemps qu’il n’en sera pas le premier citoyen. Pour le salut de ce pays, la sagesse politique a bien voulu que l’on se renie pour faire de lui un candidat exceptionnel. Ouattara est donc un Chef d’Etat exceptionnel. Mais avons-nous eu le salut ? Il est difficile dit-on à un chien de changer sa manière de s’asseoir. En faisant la revue de presse je me suis rendu compte hier matin que les bonnes nouvelles pour ce pays n’existent plus. Le CEPICI désormais rattaché à la présidence de la république a licencié plus d’une vingtaine de travailleurs. Signal malheureux depuis la présidence. Le prix du riz a encore augmenté. Duncan rentre bredouille d’une quête de pluie de milliards. Et le comble, depuis le scandale de la présidentielle de 2010, la CEI ne s’est pas améliorée. Elle n’en a tiré aucune leçon. Sous Ouattara elle a carrément érigé la fraude en pratique électorale pour qu’à chaque échéance électorale la division du pays s’en trouve renforcée. A-t-on besoin de faire un dessin ? Ils ont pris le pouvoir pour anéantir la côte d’Ivoire. N’en déplaise à Joël N’Guessan, le pauvre, la chienlit actuel est un programme.

Joseph Marat

mardi, 23 avril 2013

Le métier de Gbagbo

J’ai vu la vidéo de la réception que Charles Konan Banny a voulu donner aux ivoiriens de la diaspora à Londres dans le cadre de ses activités de réconciliation du peuple de Côte d’Ivoire. J’ai été, au bout des 11 minutes qu’à durées l’entrevue, traversé par un sentiment pathétique de compassion pour ce haut cadre de la politique nationale. Il est entré dans la salle, il a été installé mais il n’a pas eu le temps d’être présenté. 11 minutes plus tard il sortait de la salle la tête baissée. Les ivoiriens qui ont attendu de 15 H à 21H pour rencontrer le président de la CDVR ne lui ont pas laissé le temps de placer un seul mot. Ils sont restés débout avec des écriteaux sur les assiettes qui devraient servir pour diner « no Gbagbo No peace » et ils scandaient tous « libérez le Président Gbagbo ». Tout s’est passé comme si ce beau monde avait attendu près de 6 H pour envoyer un message aux hommes politique ivoiriens : « libérer Gbagbo pour que les ivoiriens se retrouvent. Sans quoi vous perdez votre temps »
Dans une sorte de recul critique face à l’action de tous ces patriotes qui mènent une lutte juste, je me suis demandé qu’est-ce que Banny ou le gouvernement de Ouattara peut faire par rapport au dossier Gbagbo ? Ont-ils le moyen politique d’influencer le sort du président Gbagbo ? Ont-ils en réalité tort de dire que la libération ou non de Gbagbo ne relève plus de leur compétence ? Il est traduit devant une juridiction internationale qui échappe totalement à leur pouvoir. J’étais en train de faire cette réflexion quand j’ai eu la lumière de cette anecdote qu’un refondateur m’a racontée au lendemain d’une rencontre de dialogue politique que le Fpi a eu avec le gouvernement. Il m’a dit exactement ceci : « Nous leur avons demandé de libérer Laurent Gbagbo, en réponse, ils ont sorti leur rengaine habituelle du genre « son sort ne dépend plus de nous ». Alors nous avons répliqué qu’ils ne nous apprennent rien, mais qu’ils peuvent écrire officiellement à la CPI pour lui demander de libérer le président Gbagbo et qu’ils se sont trompés de l’y avoir conduit. La Cpi peut toujours jeter cette lettre à la poubelle, mais ici, ce repenti nous suffira. » Au lieu de parcourir monts et collines pour se faire ridiculiser par le peuple où qu’il soit, Banny pourrait concentrer son énergie à convaincre Ouattara et ses ouailles de redescendre de leur piédestal pour confesser que sans Gbagbo, la Cote d’Ivoire est bloquée.
S’ils prennent un peu de recul en se replongeant quelque peu dans l’histoire récente de notre pays, ils peuvent comprendre mieux pourquoi Laurent Gbagbo s’est battu pour les ramener d’exil, pourquoi il a organisé le forum de réconciliation nationale, pourquoi il a avalé et nous a fait avaler les couleuvres de Linas Marcoussis, pourquoi il a pris l’article 48, malgré le fait qu’il l’exécrait, pour faire de Ouattara un candidat exceptionnel, pourquoi il a fait de Soro Guillaume son premier ministre dans le cadre d’un dialogue direct….
Laurent Gbagbo n’est pas un surhomme politique. C’est un être humain normal qui a fait de la politique son métier. Il n’a pas envouté le peuple ivoirien, il lui a simplement montré comment vivre ensemble dans un Etat moderne. Et le peuple dans sa diversité ne supporte pas l’injustice. Il n’accepte pas qu’on veuille faire à l’autre le mal qu’on n’a jamais reçu de lui.

Joseph Marat

L’art de l’hypocrisie politique

Ceux qui y croient encore sont allés aux urnes hier ! En attendant qu’on nous balance les contre vérités sur le taux de participation et les véritables résultats de ces élections, je voudrais profiter de cette pause pour parler d’autre chose. De l’hypocrisie des hommes politiques français ! Il est toujours surprenant de les voir s’émouvoir et d’embarquer tout le peuple français, via les média peu critiques, dans une sorte de folie émotionnelle qui voudrait faire la morale au monde entier. Ils ont la plus grande gueule du monde. On pense donc généralement qu’il leur suffit de dénoncer quelque chose pour qu’on commence à croire c’est le plus grand crime qui puisse exister ! C’est ainsi qu’avec leurs instruments de haute manipulation, ils sont capables de faire prendre le mensonge pour la vérité !
En Côte d’Ivoire, après avoir suscité et publié une dizaine de sondages sur la victoire de Laurent Gbagbo, quel que soit le cas de figure, au second tour de la présidentielle 2010, ces politiques français ont trouvé scandaleux que celui-ci sorte vainqueur de ladite élection. Ils ne se sont mêmes pas émus qu’à la place de la voie démocratique du recomptage des voix, leurs gouvernants aient systématiquement opté pour le massacre du peuple. Quand on a vécu cela, on peut à peine accorder du crédit à la moralisation de la vie politique en France suite à l’affaire Cahuzac. Le tolet consécutif à cette affaire relève de la pure hypocrisie. Les rares esprits perspicaces dans cette classe politique Française relèvent même que cela n’a servi a rien de publier le patrimoine des ministres parce qu’on n’est pas parvenu à dire réellement qui est à jour de ses impôts sur sa fortune dans ce gouvernement.
Et observons bien, ce sont ces mêmes hommes politiques qui sont amis à tous les dictateurs et rebelles arrivistes du continent africains. Jérôme Cahuzac est frappé d’ostracisme, mais il n’y a pas longtemps le président de l’assemble nationale française Claude Bartolone recevait en audience Soro Guillaume, l’ex-rebelle ivoirien, qui trône aujourd’hui à la tête d’une fortune qu’il peu difficilement justifier. Qu’en Cote d’Ivoire l’actuel chef d’Etat, contre la loi fondamentale, n’ait pas encore publié son patrimoine ne dit rien à la grande France ou il défile toutes les deux semaines. Il passe même pour un chef d’Etat modèle de probité pour eux. Que Laurent Gbagbo soit déclaré indigent après dix au pouvoir en Afrique ne change rien quant à ce qu’ils pensent de lui.
Sans vouloir mélanger les torchons et les serviettes, je finirai mon propos en relevant un paradoxe. Cette classe politique française qui s’apprête à mettre Jérôme Cahuzac sur un bucher pour avoir menti sur ses avoirs est en train de légaliser l’homosexualité en France. Pour donner mauvaise conscience au peuple, ils assimilent de façon malhonnête le sentiment naturel de répulsion d’une pratique contre nature à l’homophobie.

Joseph Marat

CEI : « frauder sera possible »

Après Bamba Yacouba, voilà Inza Diomandé, un autre porte-parole de la Commission Electorale dite Indépendante (CEI) qui plastronnait sur la couverture d’un confrère hier matin pour annoncer que les élections municipales de dimanche prochain seront immaculées. Il dit précisément ceci : « Frauder sera difficile ». Heureusement pour les fraudeurs armés, il ne dit pas que ce sera impossible. C’aurait été un peu gros au regard du passé très controversée de cette commission. Les promesses de transparence sont dans son cahier de charge, mais elle n’est pas tenue de les tenir. Et ce n’est pas par accident, la CEI est en elle-même une officine de fraude. Elle est le symbole de tout ce qu’il y a de frauduleux, d’illégitime et de vicieux dans l’arsenal politico-juridique ivoirien.
Lors de la présidentielle de 2010, le sieur Youssouf Bakayoko, président de cette commission, comme un lâche, a semé tous les membres de son groupement électoral pour se retrouver, seul, au QG de campagne d’Alassane Ouattara afin de le déclarer vainqueur de l’élection. Soit, mais il ne nous a jamais montré le document ou le procès verbal de la délibération de cette commission électorale. Le PV consigné par tous ceux qui avaient voix délibérative dans cette commission électorale aurait pu au minimum justifié de l’authenticité des résultats qu’il a proclamés au Golf Hôtel entouré d’hommes en armes. Cette image d’un président de commission pris en otage par les sicaires du régime actuel ne nous a pas semblé servir énormément la transparence. En sus, que devons-nous attendre en termes de transparence d’une commission électorale illégale. Cela a tout l’air d’un voleur qui renie sa main dans la poche d’autrui. Les accords de Ouaga qui ont institué cette commission ont mis fin à ses fonctions depuis la fin de la dernière élection présidentielle.
Tout compte fait, le véritable enjeu des élections de dimanche prochain, sera le taux de participation. Ceux qui font la promesse de la transparence aujourd’hui seront-il à mesure de nous en donner les vrais chiffres ? Les banques sont toujours rendues difficiles à cambrioler. Cela ne veut nullement dire qu’on ne les braque pas ou qu’on ne réussit pas à les cambrioler. De vous à moi, que vaut la promesse de transparence de Youssouf Bakayoko dans le régime d’Alassane Ouattara devant des candidats qui n’ont rien à envier à tous ceux qui ont dévalisé la plupart des agences BCEAO du territoire nationale.

Joseph Marat

Militants PDCI yako !


Au départ, j’ai cru comme tout le monde que le Secrétaire Général du PDCI avait été chassé de Séguéla par les dozos locaux du RDR. Mecontents que celui-ci vienne jeter son poids dans la balance du candidat PDCI contre Amadou Soumahoro, le patron local du régime. Que non ! Ce sont les militants du PDCI de Séguéla, bravant la soldatesque du RDR qui ont refoulé leur SG de cette localité. « S’il ne vient pas pour soutenir notre candidat, vaut mieux pour lui qu’il n’entre pas dans la ville ». Ce qui est loin de manquer de bon sens et d’une certaine honnêteté politique. Et voyons ce que Djédjé Madi dit à propos de cet incident : « Vous savez, le fanatisme de tout côté n’est pas une bonne chose. Le secrétaire général par intérim du RDR m’a invité à son meeting. Je partais pour délivrer un message d’apaisement, de réconciliation nationale pour tous. Malheureusement, c’est le candidat et les militants du PDCI RDA qui m’ont barré la route. Alors que je ne suis pas allé pour supporter un candidat contre un autre »
Entre-nous, depuis que ce pays brûle, est-ce que ce sont les tribunes qui manquent pour lancer un appel d’apaisement à l’endroit du RDR, ce parti si « pacifique » ? Fallait-il que Djédjé Madi se rende à Seguela, trahir sa base politique en allant soutenir l’adversaire du PDCI sur le terrain sous le fallacieux prétexte de répondre à une invitation pour lancer un message de paix. Argumentaire par ailleurs malhonnête parce que les meetings de campagne sont rarement faits pour moraliser ou parler d’autre chose que de soutenir le candidat hôte. Cette attitude lèche-botte est donc indigne, encore plus la velléité de la justifier.
Au-delà, cette réaction des militants du PDCI dans cette région où ils sont supposés être férocité par les militants RDR, est pleine d’enseignements. Les militants du PDCI ne sont dupes. Ils savent qu’ils sont dans une relation de dupe avec la clique dirigeante tiraillée entre la défense d’intérêts particuliers et une vision politique claire. Henri Konan Bedié, l’héritier de l’houphouëtisme, après avoir écrit Les chemins de ma vie, créé les « démons » de l’ivoirité, n’a eu aucun scrupule pour s’allier à des putschistes pour dévoyer l’héritage d’Houphouët et se renier lui-même. Au prix de quel avantage ?
Cette réaction de la base du PDCI, dans une localité insoupçonnable pour un tel sursaut nous révèle au moins une chose : elle n’a pas pu suivre Bédié, même dans le nord, quand celui-ci leur a demandé de voter Ouattara au second tour de la présidentielle de 2010.

Joseph Marat