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vendredi, 22 juillet 2011

A propos des 55 soldats pro Gbagbo arrêtés au Ghana


« Menace de déstabilisation : 55 ex-combattant ivoiriens arrêté au Ghana », voici le flop qui barrait la Une de certains journaux parmi les plus sérieux de la place le mercredi 20 juillet dernier. N’eut été le souci de booster un peu le moral des ivoiriens qui souffrent déjà suffisamment de la psychose qu’on leur sert quotidiennement depuis le 11 avril passé, on aurait fait comme si ces unes n’avaient pas existé. Mais cela n’a rien couté pour comprendre que cette prétendue capture de 55 soldats pro Gbagbo au Ghana est un coup de communication mal ficelé autour d’un gros mensonge d’Etat. De sources concordantes il n’en est rien. Les officines de rumeurs se sont simplement remises au travail pour équilibrer quelque peu le tsunami de réprobations qui s’abat sur un régime qui ne sait même pas être dictatorial.
Ce qu’on a voulu faire passer pour un scoop de pointe, n’est en fait qu’une vieille information réchauffée pour la circonstance pour cacher l’incompétence notoire qui caractérise la gestion actuelle de l’Etat de Cote d’ivoire. Selon les sources proches du chef de l’Etat lui-même, les soldats dont il est question, à moins qu’on ne nous serve l’une de ces mises en scène macabres de personnes séquestrées, n’existent pas. S’ils avaient existé, ce qui est probable, la source fait comprendre que se sont les soldats qui avaient été surpris par l’attaque de la coalition international ONUCI-Licorne dès les premières heures de la guerre postélectorale et qui en essayant de traverser la frontière Ghanéenne du coté de Boudoukou ont été presque tous éliminés. Pour ceux qui ont réussi à atteindre le Ghana, il faut qu’ils soient pires que les zozos des rues d’Abidjan pour se promener en grappe avec leurs armes dans les rues d’Accra et se faire cueillir comme des novices.
Alors en attendant que la diplomatie Ghanéenne ne s’actionne elle-même pour démentir cette machination sulfureuse, on s’interroge sur les véritables enjeux de cette information. Les ivoiriens peinent à voir le bout du tunnel avec ce régime qui a érigé les slogans démagogiques en programme de société. Pouvait-il en être autrement ? Quand on a consacré sa vie politique dans l’opposition à comploter au lieu de réfléchir aux véritables solutions sociales de ses concitoyens, on ne peut que leur servir ce qu’on a préparé. Les complots à la place d’un véritable programme de société.
Les étudiants sont retournés à la terre laissant les cités universitaires à des dozos. Le chômage on n’ose même pas en parler. Avant d’embaucher, On s’accorde un petit mandat de licenciement abusif pour assouvir le désir compulsionnel de régler le compte de ceux qui ont osé gagner leur pain sous le régime Gbagbo. On dit que les soins sont gratuits, mais on n’a cure de savoir que ce ne sont pas les ordonnances médicales qui soignent. Quant à la question sécuritaire, c’est actuellement la foire au banditisme. Il a conquis le pouvoir d’Etat et le premier des soucis c’est l’aménagement des prisons pour y enfermer tous les honnêtes opposants. Pour l’éducation des ivoiriens on a trouvé Kandia Camara… Politiquement la tension est à couper au couteau parce qu’on a décidé d’érigé la vengeance mesquine en programme de gouvernement. Pour ce qui est du développement économique du pays, il faut repasser plus tard. C’est la bérézina pour la Cote d’Ivoire et le jackpot pour la France. Sarkozy, Jupe, Longuet, Fillon sont tous déjà venus. Mais aucun n’a été préoccupé par le sort des ivoiriens. Si ! Ils ont envoyé Fillon pour dire qu’ils renouvelleront la force de travail des esclaves en assurant au moins les salaires.
En somme, avec un projet de société et un programme de gouvernement qui tienne à peine sur 02 feuillets, une équipe constituée de personnes rongées par la myopie intellectuelle, on peut comprendre qu’on ait rien à proposer aux ivoiriens. Mais alors de grâce, les conquistadors de notre jeune histoire peuvent-ils continuer leur commerce triangulaire et laisser les ivoiriens ronger leur frein dans l’attente de leur rédemption.
Joseph Marat

Le cynisme des Ivoiriens

J’ai fait un tour au Plateau, le principal quartier des affaires de Cote d’Ivoire pour voir ou nous en étions trois mois après le Kidnapping du Président Laurent Gbagbo. Il était 11 heures du matin et j’avais le sentiment de circuler dans une maison hanté. Les rares ivoiriens que je rencontre dans la rue ont le regard généralement perdu et la circulation si dense à pareille heure était réduite à 50 %. Je refuse de penser qu’on a cessé de travailler en Cote d’Ivoire. Alors je m’engouffre dans le bureau d’un ami de longue date au ministère de la fonction publique. Je le trouve grelotant et rangeant ses affaires pour rentrer. « Si tu étais venu 5 minutes plus tard, tu ne m’aurais pas trouvé. » Mais, cher ami il est à peine 11h et demi ! « Ah ! J’ai trop duré, il n’y a personne ici, nous sommes même en train de préparer une grève. » Pourquoi !? « On nous doit deux primes. On s’apprêtait à nous verser la première fin mars dernier, quand le régime précédant a été chassé. Ça fait encore trois mois que nous attendons les primes de mars. Nous allons donc bientôt arrêter de travailler. » Mais, avec tout ce qui s’est passé, tu ne penses pas qu’il faille laisser un peu de répit au nouveau chef de l’Etat ? « Quel répit ? Tu sais mon frère, ce n’est pas la première fois qu’on assiste à un changement de régime. Je ne me souviens pas que Bédié ait interrompu de verser les primes des fonctionnaires au lendemain de sa prise de pouvoir. Robert Guei qui a dit avoir trouvé les caisses vides ne s’est même pas donné un délai de carence. Quant au fils de pauvre, Laurent Gbagbo qui a tout le temps trainé la casserole de l’élection calamiteuse, il n’a jamais prétexté les contrecoups de la rébellion pour interrompre les primes, au contraire, il les a même revalorisées partout. Alors pourquoi veux-tu que ce soit l’homme des pluies de milliards qui nous impose un tel traitement ? » Je l’ai fermée. J’ai rarement perçu autant de cynisme dans l’attitude des fonctionnaires ivoiriens. Est-ce la rançon de l’arrogance et de la démagogie ? Je m’interroge.

Joseph Marat

mercredi, 20 juillet 2011

Bienvenue dans la république des démagogues

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Me rendant à mes occupations, je me suis arrêté devant l’étalage d’un vendeur de journaux pour titrologuer comme tout le monde. J’avais commencé à peine à lire les premiers titre lorsque j’entends quelqu’un, à coté de moi, jurer en ces termes : « ils continuent de nous prendre pour des ploucs ceux-là. Ils croient que nous sommes tous dans un film policier. Même dans les pays dits développés, ce n’est pas du jour au lendemain qu’on a doté la police d’hélicoptères. Ils n’ont qu’à commencer par payer l’entièreté des salaires et baux des policiers et même à libérer les commissariats »
Ma curiosité est interpellée, je fais alors un tour rapide des Unes, et je découvre sur quelques journaux Rhdp, la fanfaronnade du ministre Hamed Bakayoko. Je perçois immédiatement tout le dépit de ce titrologue qui était déjà en train de s’en aller. Mon esprit se mis à scruter la profondeur de cette réaction, bien plus un ras-le-bol qu’autre chose.
Je me souvins que dans le mois de mars dernier, alors que le gouvernement Ake Ngbo se débattait contre les embargos pour payer les salaires, le ministre Kobenan Koussi Adjoumani, sur la télévision pirate Tci, s’étranglait presque pour montrer à quel point, à l’ère de la monétique, Laurent Gbagbo ramenait notre société à l’époque de la pierre taillée en faisant faire des paperasses aux fonctionnaires pour toucher leur pécule.
En effet, que faut-il dire aujourd’hui des ‘’monéticiens’’ qui exposent les ivoiriens aux intempéries devant des caisses d’argent dans les casernes ? Que faut-il dire de la rosée qui a fait place aux pluies de milliards dans le ciel ivoirien ? On avait même promis une université par an et un lycée par mois à notre belle Cote d’ivoire qui va bientôt enregistrer son premier pont flottant. Hier encore, on pouvait lire que le chef, depuis Monrovia, rêve d’une maison pour chacun des 20 millions d’ivoiriens.
Mon compagnon d’un instant a-t-il trop compris que nous n’avons pas seulement changé de chef d’Etat. Nous avons changé aussi de république. Bienvenue dans la république des démagogues.
Joseph Marat

lundi, 18 juillet 2011

Cote d'ivoire parmi les pays les plus dangereux au monde



Freedom House a publié le vendredi passé la liste des 20 pays les plus dangereux au monde et la Côte d’Ivoire en 15ème position sur cette liste est aujourd’hui le 7ème Etat africain le plus répressif de la planète. Selon cet organisme l’élection présidentielle de novembre 2010 a provoqué de violents conflits, et a plongé le pays dans l’impasse politique. Selon les estimations, plus de 3000 personnes auraient perdu la vie dans les affrontements qui ont suivi la contestation électorale. Là s’arrête l’objectivité de ce classement qui aurait pu mettre la Cote d’ivoire à la première position sans que cela n’émeuvent personne. On comprend généralement le manque de lucidité de ces organismes qui mesurent la dangerosité des Etats. Ils ne s’abreuvent que des dépêches toujours biaisées de l’Afp sur la Cote d’ivoire.
Sinon en septembre 2002 une horde de rebelles a arraisonné le pays exigeant la déplanification de toutes les structures étatiques pour le compte de leurs commanditaires. Depuis cette date la société ivoirienne vie au rythme des desiderata de personnes soutenues qui sous des cieux plus rationnels devraient être traités comme des hors la loi. Aujourd’hui ou depuis le 11avril de cette année, ils sont parvenus à leur fin. Ce qui aurait été surprenant c’était de voir la Cote d’ivoire sortir de ce bourbier des sociétés infréquentables trois mois après leur accession au pouvoir d’Etat. Ce que savent le mieux faire les nouvelles autorités de Cote d’Ivoire, c’est ce qu’elles font depuis le 19 septembre 2002, c’est maintenir la population dans la terreur.
Les pays africains qui précèdent la Cote d’ivoire sur cette listes sont la Libye, la Guinée équatoriale, L’Érythrée, la Somalie le Soudan, le Tchad. Pour une bonne frange des ivoiriens cette succession est contestable. Leur pays, au regard de ce qui s’y passe actuellement mériterait, bien d’occuper la deuxième place après la Libye qui vient finalement d’être frappée aussi d’ostracisme.

Joseph Marat